Debout sur mes paupières – Jessica L Nelson

9782714474216.jpgRésumé : Il va falloir parler de Lee, à présent. Statue fragile, rebelle infatigable, amazone aux boucles dorées, joyeuse et sur le précipice de la dépression, nuque distinguée et bouche de charretière, sensualité animale et grâce royale, la plus européenne des Américaines. » Muse des surréalistes, mannequin, photographe de mode puis de guerre, Lee Miller est l’incarnation de la femme libre du XXe siècle. Mais elle représente certainement plus encore pour Élisabeth M., véritable héroïne du livre, retrouvée à demi nue et profondément endormie sur un banc en plein coeur de Paris. Qu’est-il arrivé à cette sculptrice subjuguée par son sujet, comme entraînée dans une quête frénétique de beauté qui l’a laissée aux portes de la folie ?
Un roman sur la création et l’obsession, explorant les formes multiples de ce qu’est la maternité à travers un jeu de miroirs tour à tour intrigant et bouleversant.

Mon avis : Dans un premier temps, je remercie encore une fois Gilles Paris, son équipe ainsi que les éditions Belfond pour ce très beau partenariat. Je suis heureuse d’avoir pu lire ce livre surprenant. Je commence à croire que cette maison d’édition ne publie que des très bons livres, sur trois romans, trois sont des romans dont j’aurais beaucoup de souvenirs pour une période assez longue je crois. Ils sont surprenants, originaux et très bons.

6d5e0a4443ae8251033796daab027cc8_400x400J’ai trouvé les personnages très originaux. Au départ, j’ai eu un peu de mal à m’y faire et à comprendre : Le personnage principal est aussi le narrateur. On a une omniprésence qui pèse sur la compréhension du texte. On est un peu perdu au départ, puis on s’y fait. Mais dès le départ, c’est assez déstabilisant.

Elisabeth est une sculpteuse. Elle sculpte pour oublier. La sculpture est une sorte de thérapie pour elle pour oublier que son rêve ultime ne se réalisera pas : être danseuse. Elle prépare une exposition sur le corps de la femme et encore plus précisément sur les seins : partie du corps de la femme qui nous évoque la sensualité, l’érotisme et la poésie du corps humain féminin. On retrouve cela dans la plume de l’auteure, beaucoup de douceur.

Le sujet du désir de la création féminine est assez présent dans le roman, c’est très beau. Ce n’est pas un sujet que l’on a l’habitude de traiter dans les romans. En tout cas, c’est pour moi, la première fois que je le lis dans un roman.

Elisabeth va finir par se passionner pour Lee Miller, grande figure du XXème siècle. Une passion qui va finir par la noyer, la déborder, cela va devenir une folie qui va la pousser au pied du mur, au bord du gouffre.

J’ai trouvé très intéressant la manière dont l’auteure aborde cette passion qui vient lentement et sournoisement insuffler un vent de folie à l’intérieur de l’esprit d’Elisabeth. Elle devient le personnage qui la passionne. C’est devenu très complexe à vivre pour notre personnage principal mais aussi un peu plus ardu pour moi de lire ce roman, par la complexité et l’omniprésence du personnage principal.

 Je tiens aussi à saluer toutes les recherches de l’auteure sur le personnage de Lee Miller : Elisabeth est son prénom. Comme par hasard, le personnage principal s’appelle Elisabeth beach_gate_weheartitM(iller ?) : la confusion en est encore plus renforcée. J’ai trouvé ça très intelligent mais aussi très frustrant ! Lee Miller une artiste : une photographe qui a beaucoup de talent. Elle fréquente des gens comme Picasso, Cocteau ou encore Eluard. Elle devient la muse de beaucoup d’artistes de ce temps. C’est tellement beau, c’est un personnage fort et envoûtant qui représente très bien la femme du XXème siècle. Elle exerce un métier réservé aux hommes, elle fait tourner la tête des hommes et est indépendante et courageuse !

C’est un roman merveilleux, qui nous transporte dans beaucoup de sens malgré les problèmes que j’ai rencontré, au début, pour comprendre qui était qui. Comment une femme moderne, mère de famille et épouse peut se laisser envahir par une passion dévorante pour Lee Miller ? Comment la folie a pu s’insinuer en elle ainsi ? J’ai trouvé le sujet de l’art et du désir de créer chez les femmes très intéressant.

La plume de l’auteure est belle, incisive et pleine de poésie. C’est beau, enivrant et envoûtant à l’image de la femme.

Ma note : 16/20

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15 réflexions sur “Debout sur mes paupières – Jessica L Nelson

  1. J’aime aussi beaucoup cette maison d’édition ! Tous les livres que j’en ai lus étaient de bonnes, voire très bonnes lectures ! Celui-ci a l’air de ne pas échapper à la règle, le résumé et ton avis me tentent pas mal, surtout que le thème est assez original !

  2. Pingback: Bilan Février 2017 |

  3. sur ce roman ma curiosité pourrait l’emporter , en effet la lecture du résumé et ton avis me donnent une héroine qui m’intrigue alors pourquoi pas me laisser tenter merci pour ton rendu toujours sympathique

    • Ca me fait très plaisir ce que tu me dis, j’aime beaucoup lire des choses que je ne lirais pas forcément si je tombais dessus en librairie. Les SP sont merveilleux pour ça 😉

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