Les larmes de Potap – Nadège Mazery

41soCnEa+cL._SX195_.jpgRésumé : Je m’appelle Potap. Potap Kerenski pour être précis. Je suis né à Tcheboksary, en Tchouvachie, sur les bords de la Volga, à 600 km à l’est de Moscou. Aujourd’hui, entouré de ma famille et de mes rares amis, je célèbre mes 18 ans. Un âge où, juridiquement, je deviens pleinement responsable de mes actes. Quels qu’ils soient. Pour ma part, j’assume totalement les miens. En conséquence, n’en déplaise à mon frère, ceci est mon dernier anniversaire.

Mon avis : Je remercie du fond du cœur Nadège Mazery pour l’envoi de son roman. Après quelques péripéties postales, j’ai eu la chance d’avoir pu lire ce roman percutant. J’avais découvert les dix premières pages du roman dans le cadre des présélections du Prix Des Auteurs Inconnus. Il faisait partie de ma sélection mais malheureusement il n’a pas été retenu. Lorsque j’ai vu que Nadège Mazery le proposait sur SimPlement, je n’ai pas hésité une seule seconde et je vous avoue que j’ai bien fait.

Une annonce percutante

J’avoue que je ne m’attendais pas à avoir ce sujet entre les mains : la drogue. Rien ne laisse présager dans le résumé ni dans les premières pages que l’on parlerait de cela. J’ai trouvé l’annonce du thème percutante, elle est finement apportée et cela ajoute une bonne dose de surprise.

Les personnages

Voilà un des points forts du roman pour moi. Potap est le personnage principal de ce roman. Je l’ai beaucoup apprécié. Sa psychologie, finement taillée, saura plaire à beaucoup de lecteurs fan du genre. En effet, Potap a décidé qu’à 18 ans, il mourrait. C’est un personnage assez courageux et assez buté finalement. J’ai apprécié sa franchise et sa volonté de faire comme il l’entend. Cependant, je pense qu’il fonctionne en binôme avec Mak, son frère qu’il ne voit pas souvent. Mak et Potap sont des personnages totalement aux antipodes. Si l’un est fort et a une vie plus ou moins mouvementée, l’autre est chétif, petit et torturé.

Un univers sombre

Le livre est assez noir, même très sombre. On évolue dans un univers où l’on ne sait pas comment cela va se terminer mais on a l’impression que cela ne peut pas bien se finir. Cette histoire est percutante par les sujets abordés et la manière dont ils sont traités. Dans ce tourbillon de mélancolie et de désespoir, une main tendue, un filet d’espoir et la volonté de montrer que la vie n’est pas que le noir viscéral dans lequel évolue notre personnage principal. C’est une lecture assez prenante bien qu’angoissante.

On est en Russie, dans une contrée que je ne connaissais pas. Les épais bois que l’on nous propose sur la couverture et dans la lecture ajoutent une touche d’oppression. Tout est là pour que l’on passe un moment de tension.

C’est certainement le petit point négatif qui ressort de ma lecture. Pour moi, c’est trop noir. J’ai eu besoin de faire une pause dans ma lecture de peur d’avoir une grosse panne. J’ai eu un peu de peine à évoluer dans l’histoire (au milieu environ). En soi, rien de bien méchant. Cela n’a pas gâché ma lecture mais cela a ralenti mon rythme.

Quand la fiction et la réalité se mélangent

Je pense que le choix de la Russie était assez judicieux. Finalement, on se rend compte que les personnes qui sont dépendantes aux drogues ne sont pas vraiment aidées. Si nous avons des centres de réhabilitation, là-bas, c’est plus compliqué. Grâce à cette fiction, l’auteure parvient à nous parler de la réalité, de la difficulté de vivre là-bas quand on sort des sentiers battus, quand on a des soucis. Après, je ne connais pas l’histoire profonde de la Russie ni même son actualité mais j’ai trouvé cette idée très sympathique.

La plume de l’auteure

Quel dynamisme ! C’est bluffant de réalisme. Par son choix de faire de Potap le narrateur, l’auteure nous plonge directement dans un univers criant de réalisme. On est dans la tête d’un gamin de 18 ans qui hurle sa douleur sans que personne ne l’entende. L’auteure choisit des thèmes durs, forts et prenants sans oublier une touche d’espoir qui allège cette tension, cette ambiance de mort.

Les – :

  • Quelques longueurs pour moi.

Les + :

  • Le duo Mak/Potap.
  • La thématique excellemment bien amenée par l’auteure.
  • La Russie en décor, un délice !
  • La plume de l’auteure

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16 réflexions sur “Les larmes de Potap – Nadège Mazery

  1. Bon, comme tu le vois, j’essaye de rattraper mon retard dans tes chroniques, ça fait un moment que je ne m’étais pas baladée sur les blogs… ;_;
    En tout cas tu me tentes bien avec ce livre ! 😀

  2. Je ne sais pas si je pourrais lire une telle histoire mais je dois reconnaître que j’aime ce que tu en dis!

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