Le cauchemar des Brackford de Maxence Valmont

51ymycjh-zL._SX195_.jpgRésumé : Jusqu’où iriez-vous pour satisfaire vos ambitions ? Patricia Brackford, star du cinéma muet, est quant à elle prête à tout. S’abandonnant aux plus ignobles stratagèmes, elle vivra jusqu’à la folie la pièce écrite par elle. Mais attention, si l’amour n’est pas toujours éternel, l’exquise vengeance se déguste avec lenteur sur le long terme. Un thriller sans concessions dans l’univers feutré de la haute bourgeoisie anglaise de 1927. Une insoutenable plongée dans Le Cauchemar des Brackford !

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Séma éditions pour l’envoi de ce roman et Alicia qui m’a permis de lire ce roman. J’avais envie de découvrir ce que pouvait donner ce mystérieux titre ainsi que ce résumé alléchant. J’ai passé un bon moment de lecture.

~ Patricia Brackford : un personnage étonnant ~

Patricia Brackford est un personnage que j’ai détesté tout au long du roman. Elle incarne tout ce que je n’apprécie pas chez les hommes ; vaniteuse, hautaine, méchante, manipulatrice et malhonnête. Elle fait partie de ces personnages que l’on adore détester. Elle est là, elle brille par sa présence et sa méchanceté.

J’ai apprécié le basculement du personnage au fil de la lecture. A partir du moment où Maxence Valmont fait basculer son récit vers le fantastique et l’horreur, le personnage sombre dans un état complètement incroyable. Cela donne une seconde impulsion au roman et j’ai adoré ce moment pivot dans le texte.

Patricia est sûre d’elle. Aimant à hommes, elle se sait belle et désirable. Seulement voilà, grande star du cinéma muet, le cinéma parlant ne veut pas d’elle ! Sa voix n’est pas assez forte, belle, imposante. Ainsi, elle se retrouve reléguée en seconde zone. Son mari, riche à souhait ne pouvant rien faire, elle se décide à se venger.

~ Un milieu social et une période historique intéressants ~

On est dans une intrigue historique durant la fin des années 1920 début des années 1930. C’est une période que je connais très peu et je vous avoue que ce petit roman m’a bien donné envie de retenter l’expérience avec un roman plus long dans cette ambiance. C’est une ambiance assez particulière, c’est une période qui a son charme.

De plus, le milieu dans lequel on évolue ajoute une autre ambiance au roman : l’aristocratie anglaise. Si Patricia est devenue célèbre, elle n’en reste pas moins une femme entretenue par son mari et son immense fortune qu’il a gagnée à la sueur de son front.

Les descriptions des décors m’ont beaucoup plu. Je m’y suis crue. C’est vraiment, pour moi, l’un des points forts de ce roman. L’auteur met le paquet et ça se ressent dès les premières pages.

« Un long couloir, bordé d’une trentaine de colonnes où reposaient des bustes de philosophes antiques et de politiciens illustres la séparait du salon français. À l’extrémité de la galerie, une grande tapisserie des Gobelins déployait avec ostentation une scène de chasse sous Louis XIV. De nombreux tableaux intimistes ponctuaient majestueusement le parcours des visiteurs. »

On dit toujours que chez les riches, il se passe toujours des choses bizarres. Dans la police, bien souvent, les enquêtes policières révèlent des mises en scène incroyables pour tuer quelqu’un. Histoire d’argent, de tromperie ou de secrets de famille, les riches sont très inventifs ! Maxence Valmont nous prouve que cette hypothèse est plutôt vraie.

~ Un roman qui vire vers l’horreur et le fantastique ~

Je n’ai pas cessée d’être surprise dans ce roman. Pourtant il se lit relativement vite (120 pages environ de mémoire). C’est vrai que j’aurais apprécié quelques pages en plus pour vraiment m’imprégner du côté plus sombre de l’histoire. Si les décors sont incroyablement plantés, j’ai trouvé que la seconde partie du roman était légèrement trop rapide à mon goût.

J’ai trouvé que l’idée de base était vraiment top. Une femme maléfique qui veut tout mais ne rien perdre. Ainsi, on voit à quel point les gens peuvent devenir complètement malades pour une chose qu’ils convoitent tant.

Si dans ses actions, on voit Patricia exploser en plein vol et se rapprocher de plus en plus de la folie, psychologiquement parlant, je reste sur ma faim. En effet, on voit à quel point elle sombre dans la folie grâce à ses actes mais je pense que j’aurais apprécié savoir un peu plus ce qu’elle pensait lors de ses agissements.

~ Amour et manipulation ~

Personnellement, je vis dans un monde tout beau tout rose. Je ne comprends pas comment on peut jouer avec les sentiments des gens et les manipuler. Ici, c’est exactement ce qui se passe. Patricia n’hésite pas une seule seconde à blesser et manipuler la gente masculine qui gravite autour d’elle pour avoir ce qu’elle veut. Avant tout autre chose, Patricia est l’archétype de la veuve noire. Elle veut de l’argent, vivre sur le dos des hommes et toujours rester au top. La séduction, c’est son terrain de jeu et cela se sent.

D’un autre côté, on à John Brackford, le mari de Patricia qui se bat pour rester la tête hors de l’eau. J’ai beaucoup apprécié ce personnage humble et intelligent. Il est plus doux, tempéré et calme que sa femme. Ce sont vraiment deux personnes très différentes qui forment un couple ici. J’ai beaucoup apprécié la relation entre John et son majordome Charles. Comme un père avec son fils, Charles fera tout pour aider John et inversement. C’est vraiment très sympathique d’avoir des relations saines d’un côté et d’un autre côté les relations perverses. Ainsi, le fossé entre mari et femme se creuse. On a une sorte de dichotomie entre le bien et le mal.

~ La plume de Maxence Valmont ~

J’ai beaucoup apprécié le nom de famille de l’auteur qui m’a directement renvoyé aux Liaisons dangereuses de Chloderlos de Laclos et de ce monde de relations humaines, de la haute société,  de manipulations et d’amour biaisé au profit de paris, d’argent et de jeux… Mais attendez ? Je crois que l’on tient quelque chose là, non ? J’ai apprécié pouvoir faire un lien entre Patricia et Madame de Merteuil même si Madame de Merteuil reste indétrônable dans mon cœur. (Si vous n’avez jamais lu ce roman, il fait partie des classiques à lire de toute urgence !).

La plume de Maxence Valmont reste très belle. Elle est ni trop fastidieuse ni trop pompeuse. Elle est juste et équilibrée. L’utilisation des mots est bien pensée et cela ajoute de la profondeur à ce roman.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une ambiance intéressante à découvrir.
  • Une histoire où folie et horreur sont au rendez-vous.
  • Un couple si différent qu’il en est très intéressant.

4

12 réflexions sur “Le cauchemar des Brackford de Maxence Valmont

  1. Je trouve que c’est super intéressant de mettre en avant des personnages aussi antipathique, c’est différent de ce qu’on peut lire habituellement ! En plus, l’univers est extrêmement original, alors encore une fois, tu me tentes terriblement ma belle 😃

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