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Les ombres d’Esver de Katia Lanero Zamora

124858634.jpgRésumé : Amaryllis a 16 ans et n’a jamais connu que la maison où elle est née, le domaine d’Esver, reculé, magnifique, mystérieux. Dans ce manoir qui tombe en ruines où elle vit seule avec sa mère austère, elle étudie la botanique avec l’espoir d’en faire son métier… Le jour où elles reçoivent une lettre du père annonçant la vente du domaine et le mariage forcé d’Amaryllis à un de ses associés, tout bascule. Pour échapper à ce destin, malgré les ombres qui hantent ses nuits, la jeune fille répondra-t-elle à l’aventure fantastique qui se cache derrière les portes fermées d’Esver ?

~ Service presse ~

Je remercie les éditions Actu SF pour l’envoi de ce roman. J’ai pris du temps pour lire ce roman dont la couverture me plaisait beaucoup. J’avais envie de prendre mon temps pour plonger dans cet univers.

Ma lecture s’est bien passée, un peu mouvementée au début mais finalement, j’ai réussi à trouver mon rythme et cela s’est bien passé.

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Un univers gothique que j’ai apprécié découvrir
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Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que les demeures mystérieuses et pleines de secrets sont mes favorites. Ici, on associe les murs de la bâtisse où vivent Amaryllis et sa mère à une passion, un travail plutôt rare dans nos lectures : la botanique.

Esver est un domaine plein de secrets. Si les murs pouvaient parler, ils nous raconteraient de sacrées histoires. Ce que j’apprécie grandement dans ce roman, c’est que l’auteure laisse beaucoup de place à l’imagination. On se balade dans les pièces du manoir, on visite, on tremble, on se rassure : c’est vraiment un terrain très sympathique à découvrir et observer.

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Mère et fille : deux personnages en opposition
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Amaryllis est un personnage jeune. Cependant, du haut de ses seize ans, elle est très mature et intelligente. Face au caractère et au comportement de sa mère, elle devient une jeune fille forte et intelligente. Elle ne manque pas de courage.

Sa mère, Gersande, est tout son contraire. Méchante, elle passe à côté des rêves et des espoirs de sa fille pour faire passer ses envies avant tout. La botanique n’intéresse pas Amaryllis mais sa mère la prépare depuis des années aux concours d’entrées dans les meilleures écoles. Elle ne pense qu’à elle et à sa fleur. J’ai trouvé les personnages très bien construits avec des psychologies vraiment très différentes mais très intéressantes aussi. On se demande comment ces deux personnages radicalement opposés peuvent trouver une sorte d’équilibre pour se supporter chaque jour.

Amaryllis et sa mère sont construites sur un système d’opposition : l’une rêve de trouver une solution pour rester sur leur domaine, l’autre rêve de fuir le domaine pour partir à l’aventure. Quand l’une aime le calme, l’autre apprécie le dynamisme d’une aventure. L’une est froide et réservée, l’autre ne demande qu’à être aimée…. C’est assez intéressant, cela permet de mettre en lumière le personnage principal de cette aventure : Amaryllis.

La seule chose qui semble les unir : le manoir d’Esver qui fait partie des personnages pour moi. Mystérieux et en ruine, il fait partie des codes du roman gothique. On a quelques indices sur le passé du manoir, son faste d’antan et ce qu’il est maintenant : des ruines et de la poussière. On sent bien qu’il y a eu un avant et un après un accident fatidique. Quelque chose qui a perturbé la vie des habitants du manoir, quelque chose qui fait que la salle à manger est restée avec un repas subitement interrompu et qu’elle sert plus de serre que de salle à manger où la convivialité est partie depuis bien longtemps.

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La touche fantastique
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Si j’ai aimé l’univers proposé et les personnages, j’avoue que j’ai pris un peu de temps avant de m’installer confortablement dans ma lecture. Le début est assez long, on suit mère et fille dans leur quotidien sans vraiment comprendre ce que l’on fait là. Si l’intrigue prend un peu plus d’ampleur quand Amaryllis découvre qu’elle va être mariée de force à une connaissance de son père absent depuis très longtemps, j’ai eu du mal à trouver le genre fantastique dans cette intrigue.

Le fantastique arrive dans le roman mais pas dès le début et je pense qu’une fois que ce côté fantastique se met en place, on se retrouve avec une intrigue très intéressante et intrigante. Poussons les portes et mettons un pied dans cet univers fantastique…

Avec l’arrivée de la quête, Amaryllis apparait comme étant la personne qui peut sortir sa famille d’une fâcheuse situation. Elle est confrontée à ses propres démons mais aussi à des créatures mythiques que l’on peut avoir déjà rencontré dans des récits mythologiques et/ou fantastiques.

On entre dans un monde parallèle qui peut nous faire penser à plusieurs mondes. C’est peut-être là que l’auteure m’a un peu perdue. On ne sait pas bien où l’on est et où l’on va. Si le côté fantastique m’a plu sur certains points (surtout les créatures), je n’ai pas forcément apprécié le monde dessiné en parallèle d’Esver alors que j’ai vraiment adoré ce manoir et ses secrets.

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Les thématiques abordées
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J’apprécie le roman gothique, j’avoue que j’ai plus l’habitude d’avoir des siècles précis lors de mes lectures de ce genre. Ici, on est dans un univers gothique mais on aborde des thématiques assez intéressantes, surtout une : la femme. La place de la femme dans la société, la violence conjugale, l’objet qu’elle peut être dans le couple, la question de la femme et des études, bref, j’ai trouvé cela intelligent.

Autre thématique que j’ai su souligner dans cette intrigue : la famille. La présence d’une sphère familiale très forte. Le poids d’une mère sur la vie de sa fille. C’est vraiment très intéressant.

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La plume de l’auteure
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Quelle plume envoûtante. Bravo à l’auteure qui a su construire des personnages très intéressants et fins. Le décor proposé est vraiment incroyable et doit être découvert. Je renouvellerai la lecture d’un des romans de l’auteure.

3 raisons de lire ce roman :

  • Un univers gothique intéressant
  • Un personnage principal plein de surprises
  • Un traitement de thématiques intéressantes

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Le diable danse à Bleeding Heart Square d’Andrew Taylor

51zY+uNN1BL._SX210_Résumé : Dans la lignée de Testament à l’anglaise de Jonathan Coe, une relecture très moderne du roman d’atmosphère à la Agatha Christie, orchestrée avec une précision et une virtuosité diaboliques par le nouvel enfant chéri des lettres anglaises. 1934. Londres. Lydia Langstone fuit la haute société anglaise et un mari violent pour trouver refuge dans une petite pension de famille sise Bleeding Heart Square. Privée des privilèges que lui conférait son statut social, elle tente de renouer avec une vie plus modeste, plus indépendante aussi. Mais très vite Lydia se trouve confrontée à d’étranges événements. Qui est cet homme qui semble surveiller nuit et jour les allées et venues dans la maison ? Qu’est devenue Miss Penhow, l’ancienne propriétaire de la pension, mystérieusement disparue ? Pourquoi un journaliste, de retour des Indes, veut-il à tout prix la retrouver ? Enfin, qui envoie des morceaux de cœur en décomposition à Joseph Serridge, le dernier pensionnaire à avoir vu Miss Penhow vivante ? Selon la légende londonienne, le diable danse à Bleeding Heart Square, cette fois il serait plutôt tapi dans l’ombre, en silence, attendant son heure. Avec ce récit à la construction géniale, Andrew Taylor conjugue l’atmosphère si particulière des romans anglais et une efficacité toute moderne. Maître de la manipulation, il entraîne le lecteur dans un labyrinthe fabuleux, jusqu’à un retournement final totalement imprévisible. Une révélation !

~ Lecture détente ~

Je ne sors pas souvent les couteaux, ni la hache, ni la horde de paysans furieux armés jusqu’aux dents. Mais là, non ! Paaaaardon ??? On ose mettre que le roman est une relecture moderne d’atmosphèèèèère à la Agatha Christiiiiie ? Non. Impossible. Jamais de la vie.

J’ai envie de crier. Vous voyez pourquoi je crie au scandale quand je vois ce genre d’annonce ? « Digne de Stephen King », « comparé à Conan Doyle » ou encore « Le nouvel Oscar Wilde ». Ça met la barre tellement haute que la chuuuuute est encore plus difficile et douloureuse. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas étalée comme une crêpe.

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Un thriller qui a du mal à démarrer
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Je déteste être méchante, je déteste faire du mal aux auteurs. Mais franchement, la seule chose dont j’étais capable après ma lecture, c’est de remercier le seigneur d’être arrivée à la fin de ce roman. Il fait plus de 600 pages et franchement, c’était très long. Je n’ai jamais eu autant de mal à me mettre dans une lecture. Il a fallu attendre 400 pages environ pour que je prenne un rythme de lecture autre que celui que j’avais : c’est-à-dire 15/20 pages par jour. J’ai forcé un peu les choses en espérant ne pas provoquer une panne de lecture.

Je n’ai pas compris grand-chose dans ce roman. Je n’ai absolument pas compris les tenants et les aboutissants du bouquin. On nous fait tout un foin de ces cœurs pourris qui sont envoyés de manière anonyme à un des personnages du roman. Je m’attendais à quelque chose de fou, d’incroyable, de formidable… mais non. On se retrouve avec un final décevant et un fâcheux goût amer en bouche : « tout ça pour ça ».

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Une intrigue qui ne m’a pas surprise plus que cela
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Le plus gros problème de ce roman, c’est le fait que c’est beaucoup trop long. C’est vraiment trop, trop, trop long. J’ai trouvé que l’on mettait trop de temps à faire le lien entre les différentes parties et intrigues dans ce roman.

On part d’un point central : la disparition de Miss Penhow. Chaque lettre débute un chapitre. Une lettre issue de son journal intime. On vit quelques bouts de sa vie avec elle : on se rend rapidement compte que quelque chose cloche jusqu’à ce que sa disparition. D’un autre côté, on fait la rencontre de Lydia Langstone : une jeune femme qui quitte son mari, le faste de sa maison et cette vie tranquille parce que la violence a atteint une telle hauteur dans son couple, qu’elle n’en peut plus.

Le personnage de Lydia était un personnage assez intéressant. Au départ, je l’ai trouvé pleine de courage. En effet, à cette époque de l’année, quitter son mari et envisager le divorce est quelque chose de fort et de courageux. Dans une société archaïque, elle est vue comme un paria. Même sa famille insiste pour qu’elle retourne auprès de ce mari violent mais elle résiste. Elle va trouver refuge chez son père à Bleeding Heart Square.

Si j’ai trouvé ce que l’auteur dessinait avec ce personnage est vite tombé à plat. Elle m’a rapidement ennuyé avec ses états d’âme. La femme forte qu’elle est se laisse submerger par les émotions trop souvent et trop longtemps. De plus, c’est bien beau d’être une femme forte mais si elle n’est pas accompagnée, elle ne sait rien faire de ses dix doigts.

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La plume de l’auteur
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La comparaison aux plus grands auteurs britanniques n’est vraiment pas vraie ni utile. Je trouve que cela nuit au roman. Personnellement, j’en attendais énormément et finalement, cela est rapidement tombé à plat. Quel dommage !

La plume reste correcte mais rien de transcendant.

En définitive : je suis réellement déçue par ce roman. Cela faisait très longtemps que je n’ai pas eu une déception aussi cuisante sous les yeux. Je ne le conseille pas mais je serai ravie de discuter avec des gens qui l’ont lu.

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Bilan mensuel de novembre 2019

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Hello tout le monde, il est temps de faire le bilan du mois de novembre. Quel mois!
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Bilan Livresque 
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J’ai passé un mois d’octobre en dents de scie. Globalement, ça a été mais j’ai eu de belles découvertes et de grosses déceptions. J’ai lu 15 romans (dont trois beaux pavés) et écouté 3 romans pour un total de 18 livres.
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Top & Flop 
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Voilà trois livres que j’ai pris plaisir à découvrir et qui ont su me plaire.
Pauline a l’école des fées reste un roman que je mets à part. Cependant, dans l’appréciation de mes lectures, il reste en deçà des autres. L’obscène oiseau de la nuit est si particulier que je ne sais toujours pas quoi en penser. Le diable danse à bleeding heart square est une déception phénoménale dont je vous parlerai probablement demain.
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Que me réserve décembre ? 
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Noël à la petite boulangerie est le choix de mes lecteurs. Il sera donc mon roman challenge pour ce mois-ci. Je n’ai pas avancé un iota dans mes lectures en VO. On verra si j’ai le temps…
Je vais aussi prendre quelques minutes pour écrire quelques lignes (en essayant de ne pas pleurer) pour rendre hommage à ma mamie. Il y a des gens, comme ça, ils prennent une sacrée place dans votre vie. Ma mamie était mon pilier, mon roc, ma personne. Elle était la mamie gâteau mais aussi la mamie conseil, la mamie bisous, la mamie sagesse, ma mamie tout simplement. J’essaye de me remettre de la perte que j’ai vécu il y a quinze jours. C’est très dur : lui dire adieu, c’est aussi renoncer à nos conversations, nos tasses de café, ne pas l’avoir à mon mariage tout près de moi. Malheureusement, je ne suis pas encore prête à entendre que le temps fera les choses, qu’elle restera toujours près de moi. Alors mamie, si tu as été mon roc pendant toutes ces années, soit mon ange gardien, ma plus belle étoile. Je t’aime mamie et merci pour tout. Ma mamie a été la première personne a réellement croire en moi et à m’avoir donné le goût pour la lecture. J’oublierai jamais tout ça mamie, jamais. ♥ 

Passez de belles fêtes les amis, je vous retrouve en 2020. ♥