Le diable danse à Bleeding Heart Square d’Andrew Taylor

51zY+uNN1BL._SX210_Résumé : Dans la lignée de Testament à l’anglaise de Jonathan Coe, une relecture très moderne du roman d’atmosphère à la Agatha Christie, orchestrée avec une précision et une virtuosité diaboliques par le nouvel enfant chéri des lettres anglaises. 1934. Londres. Lydia Langstone fuit la haute société anglaise et un mari violent pour trouver refuge dans une petite pension de famille sise Bleeding Heart Square. Privée des privilèges que lui conférait son statut social, elle tente de renouer avec une vie plus modeste, plus indépendante aussi. Mais très vite Lydia se trouve confrontée à d’étranges événements. Qui est cet homme qui semble surveiller nuit et jour les allées et venues dans la maison ? Qu’est devenue Miss Penhow, l’ancienne propriétaire de la pension, mystérieusement disparue ? Pourquoi un journaliste, de retour des Indes, veut-il à tout prix la retrouver ? Enfin, qui envoie des morceaux de cœur en décomposition à Joseph Serridge, le dernier pensionnaire à avoir vu Miss Penhow vivante ? Selon la légende londonienne, le diable danse à Bleeding Heart Square, cette fois il serait plutôt tapi dans l’ombre, en silence, attendant son heure. Avec ce récit à la construction géniale, Andrew Taylor conjugue l’atmosphère si particulière des romans anglais et une efficacité toute moderne. Maître de la manipulation, il entraîne le lecteur dans un labyrinthe fabuleux, jusqu’à un retournement final totalement imprévisible. Une révélation !

~ Lecture détente ~

Je ne sors pas souvent les couteaux, ni la hache, ni la horde de paysans furieux armés jusqu’aux dents. Mais là, non ! Paaaaardon ??? On ose mettre que le roman est une relecture moderne d’atmosphèèèèère à la Agatha Christiiiiie ? Non. Impossible. Jamais de la vie.

J’ai envie de crier. Vous voyez pourquoi je crie au scandale quand je vois ce genre d’annonce ? « Digne de Stephen King », « comparé à Conan Doyle » ou encore « Le nouvel Oscar Wilde ». Ça met la barre tellement haute que la chuuuuute est encore plus difficile et douloureuse. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas étalée comme une crêpe.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Un thriller qui a du mal à démarrer
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je déteste être méchante, je déteste faire du mal aux auteurs. Mais franchement, la seule chose dont j’étais capable après ma lecture, c’est de remercier le seigneur d’être arrivée à la fin de ce roman. Il fait plus de 600 pages et franchement, c’était très long. Je n’ai jamais eu autant de mal à me mettre dans une lecture. Il a fallu attendre 400 pages environ pour que je prenne un rythme de lecture autre que celui que j’avais : c’est-à-dire 15/20 pages par jour. J’ai forcé un peu les choses en espérant ne pas provoquer une panne de lecture.

Je n’ai pas compris grand-chose dans ce roman. Je n’ai absolument pas compris les tenants et les aboutissants du bouquin. On nous fait tout un foin de ces cœurs pourris qui sont envoyés de manière anonyme à un des personnages du roman. Je m’attendais à quelque chose de fou, d’incroyable, de formidable… mais non. On se retrouve avec un final décevant et un fâcheux goût amer en bouche : « tout ça pour ça ».

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une intrigue qui ne m’a pas surprise plus que cela
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le plus gros problème de ce roman, c’est le fait que c’est beaucoup trop long. C’est vraiment trop, trop, trop long. J’ai trouvé que l’on mettait trop de temps à faire le lien entre les différentes parties et intrigues dans ce roman.

On part d’un point central : la disparition de Miss Penhow. Chaque lettre débute un chapitre. Une lettre issue de son journal intime. On vit quelques bouts de sa vie avec elle : on se rend rapidement compte que quelque chose cloche jusqu’à ce que sa disparition. D’un autre côté, on fait la rencontre de Lydia Langstone : une jeune femme qui quitte son mari, le faste de sa maison et cette vie tranquille parce que la violence a atteint une telle hauteur dans son couple, qu’elle n’en peut plus.

Le personnage de Lydia était un personnage assez intéressant. Au départ, je l’ai trouvé pleine de courage. En effet, à cette époque de l’année, quitter son mari et envisager le divorce est quelque chose de fort et de courageux. Dans une société archaïque, elle est vue comme un paria. Même sa famille insiste pour qu’elle retourne auprès de ce mari violent mais elle résiste. Elle va trouver refuge chez son père à Bleeding Heart Square.

Si j’ai trouvé ce que l’auteur dessinait avec ce personnage est vite tombé à plat. Elle m’a rapidement ennuyé avec ses états d’âme. La femme forte qu’elle est se laisse submerger par les émotions trop souvent et trop longtemps. De plus, c’est bien beau d’être une femme forte mais si elle n’est pas accompagnée, elle ne sait rien faire de ses dix doigts.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
La plume de l’auteur
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

La comparaison aux plus grands auteurs britanniques n’est vraiment pas vraie ni utile. Je trouve que cela nuit au roman. Personnellement, j’en attendais énormément et finalement, cela est rapidement tombé à plat. Quel dommage !

La plume reste correcte mais rien de transcendant.

En définitive : je suis réellement déçue par ce roman. Cela faisait très longtemps que je n’ai pas eu une déception aussi cuisante sous les yeux. Je ne le conseille pas mais je serai ravie de discuter avec des gens qui l’ont lu.

2

21 réflexions sur “Le diable danse à Bleeding Heart Square d’Andrew Taylor

  1. Je l’avoue, je suis allée lire ta chronique parce que tu avais décrit le roman comme étant décevant… Et j’avoue que je n’ai pas été déçue ! 😀 (Contrairement à toi du coup…)
    Bon, bien évidemment j’aurais préféré pour toi que tu passes un super moment de lecture… Mais j’avoue que ça me faire rire aussi de te lire plus « énervée », c’est rare, mais c’est toujours aussi bien construit !
    Je n’aime pas non plus ces comparaisons à d’autres auteurs à succès, j’essaye de m’en détacher le plus possible, mais c’est vrai que chaque défaut n’en parait alors que plus risible… Après, je ne sais pas si ça fait plaisir aux auteurs que l’on affiche ça sur leur roman, vu que c’est plus du marketing qu’autre chose…
    En tout cas merci pour ce « coup de gueule », il en faut aussi parfois, on s’ennuierait avec des livres parfaits ! (Quoique, tu as été sympa, deux étoiles pour une déception aussi cuisante… J’aurais mis bien moins :3)

    • Ahahah
      Tu sais que tout le monde me l’a dit… Je sais que beaucoup de personnes ont été étonnées de me voir sortir de mes gonds ainsi mais nan trop c’est trop

      Encore la dernière fois … j’ai vu « un mix entre Rowling et Pullman » mais non ! Enfin j’ai du mal. Du coup je boycotte complètement les romans de ce genre.

      Après je ne sais pas par rapport aux auteurs. J’ai vu beaucoup d’AE écrire ce genre de trucs.

  2. C’est souvent le risque quand on tente trop de vendre un roman, de lui coller des étiquettes qui ne sont pas appropriées.Au moins tu as pu te défouler avec cette chronique, ça fait plaisir à lire, je l’attendais ! :p

    • Ahahah
      Jai eu du mal et pour moi il n’y a pas vraiment de substance 😂
      J’ai l’impression d’être Jean Pierre Coffe « c’est de la meeeerde » alors que j’ai vraiment voulu poser les choses.

      • Ne t’en fais pas, tu as posé les choses et l’on comprend bien non seulement ce qui ne t’as pas plu mais aussi le pourquoi. Ce n’est pas de la « meeeerdeuh » dont tu parles, juste d’un livre sans queue ni tête duquel tu attendais beaucoup plus… 🙂

    • C’est exactement ce qui s’est passé pour moi xD
      Je déteste les teasings qui mettent les auteurs à la hauteur de grands auteurs (quelle phrase mdr). Ca induit en erreur la plupart du temps

      • Mais complètement.
        La dernière fois j’ai lu « un roman a la Stephen King » purée. Faut être sur de soi quoi. Je trouve ça sacrément gonflé: pas dans le sens « l’auteur a la grosse tête » mais dans le sens où c’est un pari super risqué.

        Mais oui c’est comme Harry Potter et l’enfant maudit… on a beau dire ça reste quand même en deçà de ce que j’ai pu lire.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s