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Comme une gazelle apprivoisée de Barbara Pym

41JDJoaIu7L._SX195_.jpgRésumé : Les demoiselles Bede, deux sœurs d’âge moyen et de caractères opposés, ne vivent que pour les intrigues de leur paroisse de campagne. Harriet, douillette, élégante et irrésistiblement gaie, a une passion : s’occuper des nouveaux vicaires, surtout s’ils sont jeunes, pâles et minces. Sa sœur Belinda, plus timide, se désintéresse de la mode, et cultive depuis trente ans une sage dévotion pour l’archidiacre Hoccleve. Un vieux comte italien, Ricardo Bianco, demande régulièrement la main de Harriet, qui elle, sollicite son avis sur des problèmes de jardinage. Soudain, ces vies paisibles vont être troublées par l’arrivée d’un célèbre bibliothécaire, Nathaniel Mold, et d’un évêque africain, Théodore Grote. Ils se mettent à fréquenter la maison des deux sœurs avec une assiduité inquiétante… La reine de la comédie douce-amère britannique est, ici, au sommet de son art. 

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman qui signe ma deuxième découverte dans cette chouette collection qu’est « les romans vintage » après avoir lu le messager, je me suis plongée dans l’univers de Comme une gazelle apprivoisée de Barbara Pym.

Un roman anglais

Encore un ! Je suis vraiment très heureuse de croiser sur mon chemin des romans anglais écrits par des auteurs de renom (que je ne connais pas) ! Ici, rien qu’à la couverture, j’ai craqué. On parle ensuite de vieilles filles : les demoiselles Bede qui passent leurs temps à boire du thé et à cancaner sur ce qui se passe dans leur village.

Harriet et Belinda, un duo de sœurs détonnant

Je pense que je n’ai jamais vu deux sœurs aussi radicalement opposées : en effet, si Harriet part à la chasse aux jeunes vicaires, Belinda se moque complètement de la mode et des nouveaux arrivants : elle n’a d’yeux que pour l’archidiacre Hoccleve. Ainsi, tout au long du roman, on vit, on lit et on rit de ces multiples demandes en mariage que les sœurs prennent un certain plaisir à décliner.

Elles sont drôles, des fois, à leurs dépens, ce roman ne manque pas de piquant grâce aux deux psychologies de ces deux personnages. Si Barbara Pym m’était encore inconnue, je suis vraiment heureuse d’avoir croisé sur mon chemin cette plume typiquement anglaise. Jeux de mots et jeux d’esprits sont au rendez-vous !

La vie d’un village

Quel dépaysement pour moi. Franchement, je me suis revue flâner dans les petits villages anglais aux mamies fouinant aux fenêtres. C’était excellent ! Barbara Pym, grâce à sa plume mais aussi à ses personnages, parvient à nous faire vivre dans ce village le temps d’une lecture. Ainsi, on se rend rapidement compte de l’importance des personnages secondaires.

La vie d’un village se fait de quelques façons : la vie, les relations entre villageois, les visiteurs qui s’y perdent mais surtout… LES RAGOTS ! Les ragots viennent bercer ces longues journées d’été ou d’hiver, au printemps, ils sont un bon prétexte pour s’inviter chez les sœurs Bede pour le thé. En automne, ils rythment la vie des feuilles qui tombent… Bref, c’est le sujet qui est au rendez-vous !

Un œil particulier sur le mariage

J’avoue que, à moins d’un an du mien, l’avis de Barbara Pym sur le mariage m’a fichu un coup… Ahah ! Non sérieusement, l’image du mariage a bien changé depuis l’écriture de ce roman. Pour Harriet et Belinda, dire oui à l’institution que représente le mariage, c’est mettre un frein à sa liberté, se laisser diriger par un homme et dire adieu à leur petit coin de paradis. Ainsi, en refusant, elles restent des femmes avec leur liberté, leurs idées et aucun homme pour leur dicter leurs faits et gestes.

La plume de Barbara Pym

Comme je vous l’ai déjà dit ci-dessus, je ne connaissais pas la plume de Barbara Pym. Je suis ravie d’avoir pu la découvrir ! Entre tasse de thé et intrigue de village, j’ai adoré découvrir cette plume qui retranscrit vraiment la vie dans un village anglais. Les stéréotypes ne sont pas très présents : pour moi, les jardins à l’anglaise, les personnes aux fenêtres, l’art de servir le thé ne sont pas des stéréotypes mais une manière de vivre. Barbara Pym les retranscrit parfaitement. Ainsi, nous avons un roman rempli de charme à l’anglais. Malgré les quelques longueurs, j’y ai trouvé mon compte !

Les – :

  • Quelques longueurs au départ, il faut passer les premiers chapitres pour apprécier pleinement la qualité de l’ouvrage.

Les + :

  • Les sœurs Harriet et Belinda
  • Le charme des villages anglais merveilleusement retranscrit.
  • La découverte de la plume de Barbara Pym
  • La culture anglaise soulignée par ici.
  • Le parti pris de l’auteure sur la question du mariage et de la liberté de la femme.

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