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Catharsis – Tome 01 : Disputatio de Patrice Quélard

95064253_10217807087229657_3300304289594867712_nRésumé : Occitanie, début du XIIIe siècle. L’hérésie cathare gagne du terrain. Est-elle une cause à défendre, ou un fléau à abattre ? Dans un récit choral teinté d’inexorable, les uns affûtent leurs arguments, les autres leurs lames. Et si beaucoup ont déjà choisi leur camp, il n’y aura pas de place pour les indécis.

~ Lecture Prix des Auteurs Inconnus 2019 ~

Je remercie chaleureusement Virginie et Julie pour l’organisation du prix. C’est toujours un plaisir de découvrir de nouveaux romans dans le cadre de ma participation au prix des auteurs inconnus. Ce mois-ci, je me suis attaquée à Catharsis Disputatio de Patrice Quélard qui nous amène directement en Occitanie au début du 13ème siècle.

Roman historique et premier tome d’une fresque médiévale, Disputatio est riche, dense et intelligemment construit. Nous évoluons entre les années 1204 et 1207. En Occitanie, la guerre gronde. La guerre entre les cathares considérés comme des hérétiques et l’Eglise catholique romaine. L’Occitanie est la région située sur un isthme entre la mer Méditerranée et l’océan Atlantique, s’étalant des Alpes aux Pyrénées et au Massif central.

 Bien entendu, comme dans tout roman historique qui se respecte, le fond historique est très important. Cela peut rendre quelque peu la lecture indigeste mais lorsque l’auteur fait cela de manière intelligente, le fond historique se fond dans l’intrigue et ne pose aucun souci. Je vous avoue que les premières pages ont été compliquées. Les trente premières pages sont vraiment longues, les phrases sont construites de manière alambiquée, j’étais complètement perdue. Ça a jeté un petit froid sur mon envie de lire ce roman. Quand on sait qu’il est assez conséquent en termes de pages… J’ai eu un peu peur. Finalement, j’ai essayé d’aller un petit peu plus loin et cette sensation de lourdeur s’est effacée. Un style plus dynamique, moins léthargique qui m’a permis d’avancer dans ma lecture.

On mélange l’Histoire à une intrigue fictive. C’est très intéressant tant les deux pans de83635699_10216845068819798_5287050577543430144_n cette histoire fusionnent pour nous donner une fresque sociale et historique très intéressante et agréable à découvrir. Le 13ème siècle n’est pas une période que je lis énormément. J’avoue que la période médiévale me séduit moins que la période qui s’étale du 17 au 19ème siècle mais j’apprécie la découvrir de temps à autre.

Le côté fictif de l’histoire va se mettre en place grâce aux personnages qui vont nous proposer de vivre avec eux durant cette période de l’Histoire. Ainsi, on se retrouve avec plusieurs groupes de personnages : des représentants de l’Eglise, une famille qui est propriétaire d’une boutique de luxe ainsi que des personnages travaillant pour des Seigneurs sans foi ni loi. Tous les personnages présents dans cette histoire marquent plusieurs choses : l’impact d’une guerre sur toute une population : petits ou grands, riches ou pauvres, paysans ou seigneurs, tout le monde est touché par la guerre. Ce roman choral nous dévoile avec beaucoup de détails plusieurs histoires qui vont nous permettre de nous immerger dans le quotidien de ces personnages.

Patrice Quélard marque aussi le fait que les guerres se font souvent au nom de deux thématiques vieilles comme le monde : le pouvoir et la religion. Tuer au nom de Dieu, tuer pour le pouvoir, c’est bien souvent ces deux thématiques que l’on retrouve dans les guerres. Ainsi, on ne peut s’empêcher de faire de lien avec des guerres plus actuelles que celle dont on parle dans ce premier tome. A la lecture de ce roman, on se rend compte de tout le côté actuel de ce roman. Une réflexion se pose alors à nous : L’Homme est-il voué à toujours faire les mêmes erreurs ? Faut-il vraiment que tout finisse dans le sang puisque l’on est voué à recommencer encore et encore les mêmes guerres ?

Après une mise en route assez compliquée et lente, nous sommes bercés par un rythme ronronnant. Le style est très intéressant et agréable. Je ne parlerai pas de fluidité ici mais plutôt d’intelligence. Oui, c’est une plume très intelligente que l’on découvre dans ce roman. Je tiens à tirer mon chapeau à Patrice Quélard qui a du faire un travail de longue haleine pour en arriver à ce résultat. Quel résultat ? Une plume dont les mots sont choisis avec une extrême délicatesse, un rendu érudit qui nous propose un style que l’on ne croise pas tous les jours. Patrice Quélard, grâce à la qualité de sa plume, apporte une touche historique en plus à ce premier tome. Bravo. Je salue tout le travail de documentation de l’auteur pour rendre ce premier tome aussi crédible. Patrice Quélard soigne et détaille ses descriptions. A mon goût peut être un peu trop mais cela reste une histoire de goûts personnels.

Pour moi, si cette lecture a été, finalement, agréable, il m’a manqué quelque chose pour me permettre d’avoir une lecture sans défaut sous les yeux : le manque d’émotions. Je ne me suis attachée à aucun personnage. J’ai pris plaisir à découvrir leurs histoires respectives mais je ne peux pas vous dire que j’en ai préféré un. Non, ils sont tous au même stade. C’est très important pour moi de pouvoir m’accrocher à des personnages, cela colore ma lecture. Ici, les paysages sont restés ternes à cause de ce manque d’émotions. On reste spectateur. C’est vraiment dommage.

En définitive, c’est une intrigue très intéressante avec laquelle j’ai eu un peu de mal au démarrage. Rapidement, mes craintes se sont estompées. Nous avons une fresque sociale et politique assez intéressante menée par des personnages divers et variés qui marquent la présence de la religion, de la population et du pouvoir. Ce roman médiéval historique est très intéressant et pourra plaire aux fans du genre. La plume est intelligente et permet de faire un petit lien avec des faits plus actuels. Le lecteur peut, éventuellement, proposer un questionnement autour des thématiques de l’Homme et de la Guerre mais aussi du Pouvoir et de la Religion. Il m’a juste manqué un peu d’émotions. J’ai aussi noté quelques descriptions un peu trop longues à mon goût. Bravo à l’auteur pour son travail.

03 bonnes raisons de lire ce roman : 

  • Une fresque historique, sociale et politique assez intéressante 
  • Le travail de recherche qui donne une intrigue de qualité
  • Le questionnement que le lecteur peut faire 

Retrouvez le PDAI par ici :

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