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Les dernières heures de Minette Walters

CVT_Les-Dernieres-heures_8289.jpgRésumé : Mois de juin de l’an 1348 : une épidémie monstrueuse s’abat sur le Dorset et décime peu à peu les habitants. Nobles et serfs meurent par milliers dans d’atroces souffrances. Quand la pestilence frappe Develish, Lady Anne a l’audace de nommer un esclave comme régisseur. Ensemble, ils décident de mettre le domaine en quarantaine pour le protéger. Bientôt, les stocks de vivres s’amenuisent et des tensions montent car l’isolement s’éternise. Les villageois craignent pour leur sécurité lorsqu’un événement terrible menace le fragile équilibre. Les gens de Develish sont en vie, mais pour combien de temps encore ? Et que découvriront-ils quand le temps sera venu pour eux de passer les douves ? Quand la grande dame du roman noir anglo-saxon s’attaque à la saga historique, elle nous offre le plus captivant et haletant des page-turners.

MINETTE WALTERS vit dans le Dorset. Aux Éditions Tobert Laffont sont entre autres parus Le Sang du renard – lauréat du plus prestigieux prix de la littérature policière anglaise, le Gold Dagger Award -, L’Ombre du caméléon et Dans la cave.

~ Service presse 📖~

Je remercie la Masse Critique Babelio pour ce très bel envoi. Lorsque j’ai reçu le roman, j’étais partagée entre bonheur et légère peur. Le roman est un gros pavé. C’est toujours délicat de se lancer dans des pavés ainsi. Si jamais cela ne plait pas, on se retrouve avec de looooongues heures de lecture qui n’avancent pas. Malheureusement, c’est ce qui s’est passé avec le roman de Minette Walters…

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La peste : le fond historique
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On plonge dans l’univers médiéval. Au 14ème siècle, plus précisément dans les années 1348. Une maladie qui décime hommes, femmes et enfants s’installe sur le Dorset. Un mot qui fait fuir tout le monde : la peste (bubonique je pense ici). On entre dans cette période tant maudite par les hommes ayant vécus à cette époque. Cette maladie n’épargne personne : petits et grands, riches et pauvres, hommes et femmes. Bref, personne n’est à l’abri de la peste.

Ce qui est bien dans ce roman c’est que tout le monde est remis sur un pied d’égalité le temps de l’épidémie. On se sert les coudes au mieux, on s’entraide entre serfs et seigneurs, bref, si le temps n’est pas le meilleur pour rester en vie, on en ressort quand même avec une impression d’humanité qui fait quand même chaud au cœur même si des tensions apparaissent, on se rend compte qu’on oublie vite les rangs et les codes dans ces moments-là.

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Le roman historique : si on jouait à pile ou face? 
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Avec un roman historique, généralement, on joue à pile ou face. Soit on aime, on plonge dans la période en question et dans l’univers proposé, soit c’est difficile, compliqué et on passe plusieurs semaines à lire quelques pages par-ci, par-là, parce qu’il est difficile de pénétrer dans l’intrigue. C’est exactement ce qui s’est passé ici pour moi. Les qualités de la plume sont indéniables mais malheureusement, pour moi, l’intrigue souffre de trop grandes longueurs, de personnages peu attachants et d’une lenteur incroyable. Je n’ai jamais mis autant de temps pour lire un roman historique.

Mis à part la peste qui sévit, rien d’historique n’est mentionné. J’ai trouvé dommage de ne pas avoir un fond médiéval plus riches autant dans la culture et les traditions que dans les événements marquants de cette époque. On est quand même en pleine guerre de cent ans et sur le territoire anglais. Dommage !

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Trois personnages principaux
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Il y a une multitude de personnages dans ce roman, forcément, puisqu’il s’agit d’une épidémie. Mais on va en suivre trois de manière plus régulière : Lady Anne, sa fille Lady Eleanor et Thaddeus, un serf qui est nommé régisseur durant ces temps compliqués.

Lady Anne est vertueuse, pleine de belles qualités, on penserait même qu’elle est sortie tout droit d’un film de Disney tant elle semble bonne et généreuse. Lady Eleanor est tout le contraire : elle est méchante, vindicative, bête, violente. Bref, si les deux personnages sont liés par le lien fort qui peut exister entre une mère et sa fille, elles sont aux antipodes l’une de l’autre. Thaddeus est un serf qui vient aider Lady Anne dans la protection du château : il est fort, beau, courageux et n’hésite pas à se sacrifier et à possiblement être touché par la peste pour récolter des vivres et que tous vivent au mieux.

L’auteure ne nous épargne pas la lutte acharnée des deux femmes à se disputer l’amour de Thaddeus. Thaddeus reste le personnage le plus intéressant par sa construction. Lady Anne est très sympathique mais bien trop caricaturée pour moi malheureusement, comme Lady Eleanor.

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L’intrigue historique et le quotidien de la vie au 14ème siècle
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L’intrigue n’a d’historique que l’appellation. Je suis navrée mais pour moi, ce n’est ni un roman historique, ni un page turner. On est à la limite du documentaire. On visite les lieux, on se balade dans le Dorset, on se rend compte du ravage que créé la peste mais voilà tout. On se retrouve vraiment dans une situation où l’on s’endort narrativement.

On suit Thaddeus au-delà de Devilish, la balade est agréable mais cela ne reste qu’une balade. On ne se bat pas, on ne complote pas, on ne perce pas de grand secret. La trame narrative principale ne m’a pas plu. C’est malheureux à dire mais finalement on se retrouve avec une impression de « toutes ces pages pour ça ? ». Ça n’arrive pas souvent mais j’ai eu l’impression de perdre mon temps.

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La plume de Minette Walters
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Je pense que c’est la plume qui m’a permis de rester dans le roman et de ne pas abandonner ma lecture. Même si la situation est statique (les gens sont enfermés dans le manoir de Develish), l’ennui y est mortel pour la lectrice que je suis. C’est un premier tome mais je ne pense pas me lancer dans la suite. J’ai trop peur de repartir dans des abysses dont j’aurais du mal à remonter.

La plume reste très agréable et pose les choses avec tact et beaucoup de précision. Je la découvrirai peut être dans un autre genre.

Vous l’aurez compris, ma lecture a été un fiasco total… Ca n’arrive pas souvent, mais quand ça arrive, ça fait mal.

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