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Je suis ta nuit de Loïc Le borgne

imageRésumé : La France, un été, quelque part dans les années 80. Pendant un banal concours de casse-bouteilles, six enfants découvrent un cadavre mutilé, sans lèvres, sans sexe et sans doigts. Et ce n’est que le premier d’une longue série. Pierre et sa bande de copains inséparables sont obligés d’enterrer leur enfance et certains de leurs proches alors que le Puits et l’homme au chapeau haut-de-forme s’emparent peu à peu de leur innocence.

Avec Je suis ta nuit, Loïc Le Borgne nous offre un véritable page-turner de l’angoisse.

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement les éditions ActuSF qui me permettent de poursuivre la découverte d’auteurs en tout genre. J’ai rencontré la route de Loïc Le Borgne avec Ghost Love. Je suis ta nuit est bien différent mais ô combien intéressant et intrigant. Si j’ai poussé les portes de l’angoisse avec ce roman, j’en ressors assez satisfaite de ma lecture.

Ce n’est clairement pas le genre de lecture que j’affectionne le plus, ce n’est clairement pas le genre de lecture que je ferais souvent. Néanmoins, Loïc Le Borgne a su me bousculer dans mes habitudes de lecture et pour cela, il mérite une médaille. Je vous avoue que la couverture m’a attirée : ces ombres, cette angoisse qui ressort de cette couverture m’a tout de suite attirée.

Nous décollons pour la Bretagne et plus particulièrement pour le village de Duaraz, dans les années 1980. On oublie les consoles, les ordinateurs et les smartphones, les gamins trainent ensemble, discutent font des bêtises de gosses. L’insouciance à l’état pur. Pierre, notre narrateur va nous expliquer comme sa vie et celles de ces cinq amis a basculé.

Si ce roman peut évoquer un retour à l’enfance, il n’est en aucun cas fait pour un lectorat jeune. Comme une madeleine de Proust, les enfants des années 1980 vont retrouver des références à leur génération : Goldorak, Star Wars… Loïc Le Borgne signe ici un roman qui va parler de ce basculement : comment un enfant insouciant, naïf et crédule va basculer dans l’horreur, la mort et l’angoisse. La figure de l’enfant est certainement présente pour exacerber cette notion d’insouciance qui va voler en éclat mais certainement pas pour inciter les enfants à lire ce roman.

Pierre et ses amis (Francis-Emmanuel, Maël, Mélanie, Karl, Sébastien), vont découvrir un cadavre mutilé. Comme indiqué dans le résumé, le cadavre n’a plus de doigt, de lèvre ni de sexe. Comble de l’horreur pour les enfants qui essayent de faire comme s’ils n’avaient rien vu. Après cet épisode, Pierre et ses amis vont se rendre compte que quelque chose n’est pas normal : les gens qu’ils connaissent agissent étrangement, ils sont menaçants et les animaux deviennent très agressifs. Maël, le chef de cette petite bande va nous parler d’une sorte de croque mitaine. Il a pris pour cible les enfants qui vont vivre une horrible expérience.

Ces six enfants vont connaitre un été terrible. L’auteur nous propose un panel de personnages très détaillé : c’est assez intéressant d’avoir tous ces caractères. En effet, ils évoluent tous, grandissent tous et prennent des chemins différents, j’ai apprécié ces personnages même si certains sont plus appréciables que d’autres (cela est normal et varie selon le lecteur). Personnellement, je me suis beaucoup attachée au personnage de Pierre. C’est notre narrateur qui revient sur cet été qui l’a changé à tout jamais. Dans ce genre de roman, je fonctionne ainsi : je ne m’attache à personne, j’ai trop peur que le personnage meurt atrocement. Du coup, je savais que Pierre allait s’en sortir, alors je n’ai pas hésité. Il a été ma bouée de sauvetage dans cette mer d’angoisse et face au Bonhomme de nuit.

Ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est le climat qui s’installe doucement sans basculer dans le gore. On joue avec nos nerfs, on a peur, on angoisse, petit à petit, on bascule dans la folie sans plonger dans les rivières de sang. Effectivement il y a du sang, des meurtres mais c’est soutenable pour une lectrice comme moi qui a peur de son ombre. J’ai apprécié la manière dont l’auteur installe cette ambiance.

Je trouve que Loïc Le Borgne s’en sortait très bien : la plume est vraiment bien dosée. C’est juste ce qu’il faut pour que le lecteur plonge facilement dans sa lecture. La fin est belle, je l’ai même trouvée poétique. Je ne m’attendais pas à ce genre de choses dans ce genre de littérature et j’ai vraiment été agréablement surprise. Je ne pensais pas être le bon public mais je me suis trompée. En refermant le roman, je me suis rendue compte que j’avais apprécié ma lecture même si elle diffère de ce que j’ai l’habitude de lire. Comme je le dis souvent, l’habit ne fait pas le moine et en voici encore une belle illustration.

Amis aimant les ambiances angoissantes et n’ayant pas peur de se faire quelques petites frayeurs, n’hésitez pas à plonger dans ce roman de Loïc Le Borgne qui nous dépeint ce passage à l’âge adulte (un peu prématuré) avec beaucoup de finesse et d’émotions.

03 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Le panel de personnages que j’ai trouvé assez bien brossé
  • La plume de l’auteur que j’ai, une fois de plus, trouvé très agréable
  • Le cadre des années 1980

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