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Prête-moi ton rêve de Pauline Puyenchet

51O6Mntp-TL.jpgRésumé : Plonger au cœur des rêves des autres, nuit après nuit, s’immisçant ainsi dans leur esprit afin d’en comprendre l’essence, tel est le don de Molly. Seulement, dompter cet immense pouvoir révélant les secrets les plus intimes des gens n’est pas chose aisée pour une adolescente qui a encore tant à découvrir sur elle-même. Se laisser griser par le phénomène, puis ne pas se sentir à la hauteur, apprendre ensuite à le maîtriser pour venir en aide aux personnes de son entourage… ce sont les différentes étapes qui ont jonché la destinée hors du commun de Molly.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Pauline Puyenchet pour l’envoi de son roman Prête-moi ton rêve. Roman court, il se lit très rapidement. On est dans un monde fantastique où le personnage principal, Molly, a la capacité de voyager dans les rêves des gens qui l’apprécient. Ma lecture n’est pas un coup de cœur mais j’ai passé un moment de lecture rapide et agréable.

~ Le sentiment de rapidité ~

Le PDF envoyé fait 80 pages. C’est donc un roman très court et pourtant il se passe une multitude de choses. On passe du coq à l’âne et je trouve que Molly, touchée par certains événements, passe vite à autre chose.

Les thématiques abordées sont sérieuses : alcool, abus, boulimie mais aussi racisme et manque de confiance en soi par exemple. Si le roman se veut positif, il reste quand même à retravailler pour moi sur certains points.

Les chapitres sont très courts, ce qui permet d’avoir une lecture dynamique mais j’ai trouvé qu’il y avait peut-être un peu trop d’information pour le nombre de pages.

~ L’intrigue et construction narrative ~

J’ai trouvé cela très sympathique ! L’idée de voyager dans les rêves, j’ai trouvé ça cool ! Molly est un personnage très sympathique : elle est gentille, douce et peut être un peu naïve. Son but ? Etre appréciée des gens pour pouvoir filer en douce dans leurs rêves pour en savoir plus sur eux. La curiosité de cette adolescente m’a énormément plu. Quel culot ! Mais, qu’on se le dise, on aurait tous fait pareil !

Molly est donc notre personnage principal. C’est un bon personnage qui est bien construit. Elle tient l’intrigue à bout de bras et nous propose une aventure très sympathique, qui sort de ce que l’on peut lire habituellement dans le genre fantastique.

Destiné à un public plutôt jeune, il se lit quand même bien de l’autre côté de la barrière ! Vieux lecteurs, il peut aussi vous plaire.

Petit point qui m’a aussi dérangé. Il n’y a pas de dialogue, que de la narration et quelques paroles rapportées directement. Je pense que ce roman gagnerait en rythme en étant un peu dialogué quand même.

~ Les personnages ~

Pauline Puyenchet fait le choix de nous proposer une petite bande d’amis. Ainsi, Molly qui avait peur d’être seule se retrouve avec Valentin, son ami de toujours et collègue de piano, mais aussi Suzon, la jeune demoiselle mal dans sa peau qui a du mal à s’ouvrir aux autres ainsi que Martial le sportif et Dolores la fougueuse.

Molly est la seule qui peut voir dans les rêves des autres. Cela n’empêche pas la demoiselle de se livrer à son ami Valentin sur son secret. Ainsi, il va l’aider à faire le bien grâce à son don. C’est plutôt une bonne idée qui vient donner un second souffle à l’intrigue proposée.

Si j’ai apprécié Suzon et Valentin, je n’ai pas su m’identifier à Martial et Dolores qui sont un peu trop « lycéens foufous » pour moi. C’est clairement le genre de personnes que je fuis. Cependant, l’auteure nous propose une belle leçon de vie sur l’acceptation et la tolérance.

~ La plume de Pauline Puyenchet ~

Si j’ai essuyé quelques petites maladresses dans la plume, je reste convaincue que Pauline Puyenchet est une auteure talentueuse. Sa plume transmet tellement d’émotions que l’on se rend rapidement compte qu’elle met sa plume au service de la tolérance, de l’acceptation et de l’amitié. On ne véhicule que de bonnes choses dans ce roman.

Pour en revenir à un petit débat qu’il a pu y avoir sur la page facebook du blog, j’ai eu un petit souci avec une phrase « Elle était jolie malgré ses rondeurs. ». Oui, j’ai trouvé cela très maladroit. Oui, c’est difficile pour une lectrice (ou lecteur !) adolescente de faire la part des choses entre les paroles d’un personnage et la plume d’un auteur. Avant que ça n’aille plus loin (et surtout trop loin), je tenais à préciser que l’auteure n’est pas le personnage et que cela ne véhicule pas les pensées profondes de l’auteure. C’est à nous, grands lecteurs, de savoir faire la part des choses. Il est évident qu’en 2019, je ne peux pas lire ça sans lever les bras au ciel parce que je sais à quel point ça peut faire mal. En revanche, je mets mes chroniques au service des auteurs et des livres. En AUCUN cas, je ne me permets de juger Pauline qui a fait un travail remarquable avec Prête-moi ton rêve. C’est une simple maladresse pour moi et cela ne va pas plus loin.

Voilà un roman à mettre dans les mains des plus jeunes comme des plus vieux pour un petit moment de lecture sympathique qui permet de décrocher un peu de la réalité pour plonger dans un monde de rêve.

Pauline Puyenchet décrit avec réalisme, des passages de la vie adolescente que l’on a tous connu. Bravo à elle pour ce roman.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Voyager dans les rêves des autres, trop cool !
  • Une plume pleine de bonnes intentions
  • Des messages de tolérance et d’acceptation qui sont forts

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Esprits infinis – Tome 1 : perception d’Adeline Dias

esprits-infinis-tome-1-perception-789014-264-432.jpgRésumé : Et si certains d’entre nous étaient dotés de capacités psychiques hors normes ? Votre facteur pourrait lire dans votre esprit, votre collègue de travail ressentir vos émotions… Mais vous ne pourriez pas le savoir, les Psis gardent bien leur secret. Lorsque Lou rencontre Antoine, elle sent en lui une dangerosité, un mystère qui l’attirent et l’effraient tout à la fois. Elle ne le sait pas encore, mais il va l’entrainer dans son monde. Celui des Psis.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie chaleureusement Adeline pour l’envoi de ce roman en version papier. C’était vraiment un chouette moment de découverte. J’ai pu lire quelques romans d’Adeline mais je n’avais jamais fait l’expérience d’un roman fantastique avec cette plume. Si ma lecture n’est pas un coup de cœur, elle reste très agréable !

~ Le monde des Psis ? Késako ? ~

Dès ma lecture du résumé, je me suis demandée ce que pouvait bien être « les Psis ». Jamais, je n’avais vu ce terme dans mes romans (comme quoi, des fois, on se couche moins bête). Donc, pour commencer, je vais tenter de vous expliquer à coup de définition wikipédia ce que c’est ! Ce sont en fait les personnages dotés de pouvoirs psychiques. Ainsi, les grandes figures de la fantasy sont souvent associées à cette caractéristique : les grands mages, les sorciers, les vampires par exemple. Cela peut aussi être lié à la télépathie. Enfin, si j’ai bien compris. Sachez donc que lorsqu’il y a des influences mentales, des contrôles psychiques ou encore des événements inexplicables (la cuillère qui se tort par la force de l’esprit), on est dans la figure des Psis.

~ A la rencontre des personnages ~

On fait la rencontre de Lou, une jeune femme que j’ai appréciée pour son courage et sa gentillesse. C’est un personnage qui a une vie relativement tranquille, elle baigne dans son quotidien et sa routine. Jusqu’au moment où, elle rencontre Antoine. Si j’ai apprécié le personnage dans sa globalité, je l’ai trouvé très naïve ! En effet, elle est entourée de personnages qui sont considérés comme étant des Psis et elle ne se rend compte de rien. Il faut vraiment qu’Antoine rentre dans sa vie pour qu’elle comprenne ce qui se passe… J’ai trouvé ça un peu trop gros. C’est comme si, d’un coup, elle se réveillait.

Antoine est un personnage qui m’a beaucoup plu aussi. J’ai trouvé qu’il évoluait très bien. On a un homme qui pue le mystère, on ne sait pas trop ni pourquoi ni comment mais, comme Lou, on se sent attiré par ce personnage. Il est fort et intelligent.

C’est bien la première fois que cela m’arrive : si j’ai apprécié les personnages lorsqu’ils évoluent dans l’histoire de manière séparée, j’ai eu un peu de mal avec l’histoire d’amour naissante entre les deux personnages. En effet, même si on se doute que cela va se terminer de cette manière, pour moi, on passe trop vite de la détestation à l’amour. C’est vrai, ils vivent ensemble un événement traumatisant et qui peut rapprocher les gens. Néanmoins, ce sentiment de rapidité n’a pas su être étouffé par la beauté de la romance. J’ai préféré les personnages de Lou et d’Antoine mais je les ai moins appréciés lorsqu’ils évoluaient en couple.

Il y a énormément de personnages dans ce premier tome. On sent vraiment qu’une communauté se dessine sous nos yeux. Des personnages m’ont convaincus, d’autres un peu moins. Ici, ce n’est qu’une affaire de goûts. Il y a beaucoup de réaction sur le moment, on est dans l’impulsivité pure à plusieurs moments et parfois, on se retrouve avec des réactions un peu exagérées chez certains personnages. C’est ce qui explique que je n’ai pas forcément adhéré à tous les personnages proposés par Adeline Dias.

~ Un monde fantastique ~

Ainsi, on fait la découverte du monde des Psis. Le but de ce monde? Se fondre dans la masse, ne pas se faire remarquer et vivre au milieu des humains mais vivre comme ils l’entendent. L’auteure fait fort : elle mélange toutes sortes de dons pour faire de son roman un roman où il y a une multitude de personnages tous très différents : on parle de télépathie mais aussi d’empathie par exemple. Il y a beaucoup de pouvoirs hors normes très différents et cela est assez intéressant. Puisque je ne connaissais pas le monde des Psis, j’ai vraiment apprécié le contexte de la découverte de ce monde. Cette multitude de dons permet de voir beaucoup de possibilités et le lecteur ne s’ennuie pas avec une redondance des dons.

~ L’intrigue ~

Adeline Dias prend le pari de ne pas nous faire de longues descriptions des lieux ni des situations. On se retrouve donc avec une intrigue qui nous fait rentrer très rapidement dans le vif du sujet ! Pas de fioriture, on est tout de suite mis dans le bain. Ainsi, les actions s’enchaînent comme les révélations. On n’a pas le temps de se reposer que l’on est déjà sur un autre front. J’ai personnellement adoré ce choix, je trouve que cela donne du rythme à l’histoire et à la découverte de ce monde.

~ La plume ~

J’avoue que l’histoire de cette romance fantastique m’a moins plu que les romances contemporaines que j’ai pu déjà lire de l’auteure. Cependant, ce premier tome est une belle surprise. On se retrouve avec une belle histoire qui ouvre beaucoup de voies à l’imagination de l’auteure mais aussi du lecteur qui est propulsé dans un univers original.

La plume m’a, encore une fois, séduite. On a un vocabulaire juste qui parvient à véhiculer beaucoup d’émotions. On est bien dans cette histoire, le rythme de lecture est très sympathique et on ne s’ennuie pas. Bravo à Adeline Dias pour ce premier tome.

3 raisons de lire ce roman :

  • La découverte d’un univers très intéressant
  • La découverte des Psis qui est très sympathique
  • La plume d’Adeline Dias que j’aime toujours autant

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L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

bm_10227_aj_m_9218.jpgRésumé : Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s’il n’avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d’une sorcière brulée vive autrefois. Mais quelqu’un va attirer Nobody au-delà de l’enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l’éliminer depuis qu’il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux…

~ Lecture détente / lecture commune ~

Mon avis : Je remercie Kathleen de m’avoir permis de rentrer dans son antre… Ouais ! Non, c’est trop bizarre ! Merci à Wolkaiw et à son antre d’avoir fait cette lecture commune avec moi. En effet, je l’ai forcée à l’achat sur une brocante. « Prend le ! Je l’ai aussi on pourra faire une lecture commune ». Franchement, la couverture est sublime ! Je m’en serai voulu de ne pas l’avoir forcée 😀

~ Un petit gars pas comme les autres ~

La singularité du personnage principal est assez forte. Nobody est un petit garçon qui échappe de peu à un tueur venant d’une confrérie qui s’appelle « les Jack ».

Bon déjà, petit point, j’ai cherché pendant quelques minutes et relu le texte pour voir où on faisait mention d’un Jack Russell ! Mais non ! Il n’y a pas de chien ! C’est le nom du méchant ! Premier fou rire en dégustant des frites avec Kathleen lors de notre briefing.

Bref, reprenons notre présentation Nobody – Bod – est recueilli par des morts. En quelques secondes, un couple décide de prendre le nourrisson sous leurs ailes et lui permettre de fuir une mort imminente promise par Jack (peut être pouvons-nous penser à un lien avec Jack l’éventreur ? Possible mais, mis à part le goût du meurtre et le nom, on ne peut pas plus l’associer à l’éventreur qu’à Sparrow).

Bod grandit donc au sein d’un cimetière. Accompagnés de morts qui sillonnent les allées du cimetière une fois la nuit venue. Au fil des chapitres, on fait la rencontre de personnages qui vont, qui viennent ou qui restent le temps de la lecture. Ainsi, Bod va énormément apprendre avec ses professeurs-cadavres mais aussi au côté de Silas qui n’est, finalement, ni mort ni vivant.

Bod est un personnage que j’ai apprécié malgré quelques petites choses qui m’ont fait tiquer. En effet, il vit avec des personnages qui ont tous vécus à des époques différentes et qui ont eu des vies différentes. Ainsi, il pense, parle et réfléchis comme un adulte et non comme un enfant. Si, sur certains points, le jeune Nobody se montre naïf, d’un autre côté, il n’a pas l’innocence que l’on peut lier naturellement à un enfant. Certaines de ses réflexions m’ont parues un peu trop adultes pour être crédibles.

~ Une imagination débordante ~

On dédramatise énormément l’aspect nocturne. Le deuil, la morte, la perte sont vraiment vus d’un œil bienveillant qui permet aux adolescents de ne pas avoir une lecture trop lourde ni trop triste. C’est vraiment une belle idée.

On a de sacrées belles aventures qui sont très originales et qui sortent de l’ordinaire. En effet, Neil Gaiman nous propose de faire la rencontre de personnages sympathiques comme une sorcière sans pierre tombale, mais aussi d’un événement qui suspend le temps : une danse macabre, les premiers pas de Bod dans la vie des mortels. Bref, l’auteur a une imagination incroyable qui séduit les lecteurs très rapidement.

~ Structure du roman et livre objet ~

Dans un premier temps, il faut se l’avouer, cette couverture est magnifique. Je la trouve superbe (celle de Kathleen a des tâches suspectes derrière… Une sorte de marron qui, espérons-le, est la trace d’une tasse de café renversé…). L’intérieur est tout aussi beau, vraiment, il s’agit là d’un livre objet magnifique. Il y a de très jolies illustrations qui viennent ponctuer notre découverte du monde de Nobody.

Le roman se scinde en huit gros chapitres. A chaque chapitre, un épisode de la vie de Bod avec des personnages que l’on retrouve par parcimonie dans les autres chapitres. A chaque chapitre, une leçon d’apprise pour notre jeune Bod. Le roman est bourré de leçon de morales très intéressantes qui permettent à notre personnage principal de grandir, de réfléchir et de devenir la personne qu’il souhaite.

~ Relations et personnages secondaires ~

S’il y a bien un personnage que j’ai adoré rencontré, c’est Silas. Finalement, c’est un personnage très attachant malgré les distances qu’il essaye de mettre entre le lecteur et lui mais aussi entre lui et Bod. Il est là pour l’aider, mais il est en mission, ne pas s’attacher semble être quelque chose d’important pour lui. Cependant, on voit rapidement qu’il y a un lien étroit entre les deux hommes. Il devient, rapidement et finalement, plus une figure paternelle pour Bod que le père-cadavre qui l’a recueilli pour moi.

Silas est un personnage profond qui n’hésite pas à aider, secouer et essayer de comprendre Nobody pour l’aider à s’en sortir au mieux dans la vie.

« – Et alors ? Ce n’est jamais que la mort. C’est vrai, quoi, tous mes meilleurs amis sont morts.
– Oui. (Silas hésita). Ils le sont. Et ils en ont, pour la plupart, terminé avec le monde. Pas toi Tu es en vie, Bod. Cela veut dire que tu disposes d’un potentiel infini. Tu peux tout faire, tout fabriquer, tout rêver. Si u changes le monde, le monde changera. Le potentiel. Une fois que tu es mort, c’est terminé. Fini. Tu as fait ce que tu as fait, rêvé ton rêve, écrit ton nom. Tu peux être enterré ici, tu peux même te déplacer. Mais ce potentiel n’existe plus. »

~Dans l’entre deux ~

On sent bien que Nobody est coincé entre les morts et la vie. Entre sa famille et sa volonté de vouloir changer le monde. Rapidement, Nobody est en proie au doute et doit vivre des expériences pour prendre une décision : rester ou partir. La facilité ou l’aventure. Le regret ou la prise de risques. C’est une odyssée intéressante que nous propose ici l’auteur. C’est un voyage initiatique qui pousse un petit garçon à comprendre d’où il vient et qui il est. C’est vraiment un super roman pour les adolescents.

~ L’univers de Neil Gaiman ~

Ce roman me faisait de l’œil et il m’a beaucoup plu. Il y a beaucoup d’aspects que j’ai appréciés découvrir. Notamment cette capacité à rassembler un lectorat large grâce à une plume universelle et des thématiques qui parlent à tout le monde.

Je relirai cette plume sans hésitation.

Encore merci à Kathleen ♥ (PS: la prochaine lecture, on se fera une lecture de ton âge. Je dois avoir du 14/15 ans dans mes étagères :D)

3 raisons de lire ce roman :

  • Un personnage principal très intéressant.
  • Avoir un pied dans le fantastique et un autre dans la réalité
  • Le livre, la plume et les illustrations.

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Kachina – Tome 1 : un enfant du silence de Tina Joey Anderson

xcover-3355.jpgRésumé : Kachina est une Immortelle un peu insociable. A prime abord, elle a tout de la jeune fille contemporaine, pourtant, elle a vu le jour, dans les Grandes Plaines à l’est des montagnes Rocheuses, à la fin du XVIIIe siècle. Elle estime avoir tout perdu, le jour funeste où son destin croisa celui d’un vampire. Depuis, Kachina vit son immortalité comme une errance, se méfiant des joies d’une rencontre éphémère, s’érigeant sans cesse des remparts contre la gaieté envahissante de sa collègue Sélèna, ou la tendresse débordante de son ami Dénis. Plus de deux cent ans après sa mutation en vampire, elle va rencontrer Nicolas, un jeune homme de vingt-trois ans, lui-même englué dans un passé douloureux, mais qui va remettre en question tout ce que Kachina croyait pouvoir ressentir.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie chaleureusement Tina Joey Anderson pour l’envoi de son roman via la plateforme SimPlement qui regorge de romans en tout genre. Je ressors de cette lecture avec un sentiment particulier. La suite, je veux la savoir, mais je ne pense pas me plonger rapidement dans la suite des événements. Roman proposant une histoire de fantasy bitlit, c’est un genre particulièrement dangereux pour moi.

~ Kachina : un pas dans la mythologie ~

Kachina est le personnage principal de notre histoire, certes. Cependant, on peut aussi trouver une définition toute autre de ce terme. C’est assez intéressant de relier cette thématique au personnage principal féminin de notre histoire.

Les kachinas sont des esprits dans la mythologie des Indiens Hopis et Zuñis du Nouveau-Mexique et de l’Arizona, au Sud-Ouest des États-Unis. Esprits du feu, de la pluie, du serpent, ou encore esprits farceurs, espiègles, bienfaisants ou malfaisants… Une sorte d’inventaire du monde visible et invisible. Six mois par an, à l’occasion de fêtes rituelles, ces esprits s’incarnent dans des danseurs masqués et costumés. Des poupées de bois peintes de vives couleurs, également nommées kachinas et représentant ces danseurs, sont offertes aux enfants, à l’issue des fêtes, pour qu’ils se familiarisent avec le monde des esprits. Si vous voulez plus de renseignements, vous pouvez suivre le lien wikipédia qui est très riche.

~ Les personnages ~

On fait la rencontre de Kachina qui est une Immortelle, donc bien entendu, un vampire. Elle fait partie d’un clan de vampires appelé les Arténis et qui règnent avec respect sur le monde des vampires. Kachina est un vampire qui reste profondément humain. Elle ne veut s’accrocher à personne, reste dans son coin et n’a qu’une poignée d’amis.

Ce que j’ai apprécié dans ce personnage, c’est son mauvais caractère. En effet, Kachina se protège comme elle le peut. Lorsqu’elle sent le danger, elle agit étrangement et devient un peu dangereuse à son tour.

Kachina est un personnage torturé. Elle n’accepte pas son statut d’immortelle. En effet, elle regrette une seule chose : ne pas pouvoir mourir et retrouver sa famille. Cette errance de ville en ville et de siècle en siècle est très lourde à porter pour elle. On se retrouve donc avec un personnage qui ressasse son passé. Elle essaye de se souvenir mais n’y parvient pas forcément. Elle n’a plus les visages mais entend encore les voix de ses parents.

Là où j’ai moins apprécié le personnage, c’est en tant que vampire. Encore une créature magnifique, encore une créature belle à faire tourner les têtes, encore des yeux envoutants… Franchement, c’est un peu répétitif. N’existe-t-il pas d’autres caractéristiques vampiriques ?

« Esclave de son image, elle se savait connue au sein de la résidence comme le loup blanc. Tous la dévoraient des yeux, sans exception. Sauf que les Enfants du silence semblaient souffrir d’un manque de savoir-vivre, doublé parfois de stupidité. Dans les couloirs, certains sifflaient d’un air admiratif dans son dos. […]. Mais elle n’aimait pas ça. Dès son arrivée chez les Arténis, elle avait tout mis en oeuvre pour laisser entendre qu’elle n’était pas là pour se faire des amis. Le fait d’ignorer ouvertement les Enfants du silence était devenu pour elle le rouage d’une machine bien rodée. Les Mi-mortels qu’elle croisait en cour de mission se réduisaient dans son esprit qu’à leur simple matricule. Une manière de ne prendre aucun risque. Maintenant, très peu osaient lui parler. »

On fait aussi la rencontre de quelques personnages récurrents : Séléna, Dénis, Roland mais aussi Cédrych et Nicolas. Si certains sont les amis de Kachina, d’autres ne le sont pas. Je vous laisse le découvrir par vous-même. Kachina prend soin de sa famille et devient une personne peu abordable. Cependant, elle a un grand cœur et ferait tout pour ses amis.

~ L’intrigue ~

Si j’ai apprécié les psychologies des personnages, j’ai moins apprécié l’intrigue. Elle reste originale tant elle contourne certains stéréotypes.

On a plusieurs clans de vampires : les immortels ceux qui sont 100% vampires de père et de mère. D’un autre côté, on a les mi- mortels : un des deux parents et vampire et l’autre est humain. Cette dernière catégorie est rejetée par les Immortels qui les considèrent comme une race inférieure. Un peu comme les moldus et les sangs-de-bourbe dans l’univers d’Harry Potter.

Une mission va rassembler des Immortels et des mi-mortels : ainsi, Kachina et ses amis vont devoir collaborer avec Nicolas, un mi-mortel. Une mission à haut risque tant physiquement que moralement pour Kachina qui va, bien évidemment, tomber sous le charme du beau jeune homme. Un goût d’interdit, de restriction et de danger plane donc sur ce premier tome.

~ La plume de Tina Joey Anderson ~

J’ai fait une jolie découverte. Cette plume est pleine de douceur et d’inspirations diverses. On sent un amour certain pour la culture indienne (les indiens d’Amérique). J’ai trouvé beaucoup de sagesse dans ce premier tome. Le comportement de Kachina reste très humain et véhicule de belles valeurs comme la justice, l’envie de faire les choses correctement et ne pas être qu’un être sanguinaire.

Sur certains chapitres, nous avons des citations qui marquent les inspirations très différentes qui bercent la vie de l’auteure : Nietzsche, Disney, Desperate Housewive mais aussi le blasonnement et bien d’autres sources d’inspiration sont présentes dans ce texte. Ce que j’ai trouvé dommage c’est de ne pas en avoir à tous les chapitres et surtout certaines citations en français et d’autres en anglais. J’aurais préféré tout avoir dans les langues d’origine ou tout en français.

~Le mot de la fin ~

En conclusion, on peut dire que j’ai passé un moment de lecture agréable avec ce premier tome qui reste perfectible à mes yeux. J’attends beaucoup du tome deux que je lirai dans quelques temps. Je pense que la bitlit est un genre un peu dangereux pour moi parce que j’en ai trop lu et que je suis rapidement blasée par les idées que j’ai déjà lues dans certaines histoires. Après, je sais que l’on ne peut pas toujours éviter les stéréotypes, je l’entends, bien entendu. Cependant, je pense que l’effet Twilight et Le journal d’un vampire a laissé trop de traces sur moi. Je deviens un peu plus tatillonne là-dessus.

3 raisons de lire ce roman :

  • Une culture indienne très présente.
  • Un premier tome qui présage un tome 2 intéressant.
  • Un panel de personnages intéressant

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Le cauchemar des Brackford de Maxence Valmont

51ymycjh-zL._SX195_.jpgRésumé : Jusqu’où iriez-vous pour satisfaire vos ambitions ? Patricia Brackford, star du cinéma muet, est quant à elle prête à tout. S’abandonnant aux plus ignobles stratagèmes, elle vivra jusqu’à la folie la pièce écrite par elle. Mais attention, si l’amour n’est pas toujours éternel, l’exquise vengeance se déguste avec lenteur sur le long terme. Un thriller sans concessions dans l’univers feutré de la haute bourgeoisie anglaise de 1927. Une insoutenable plongée dans Le Cauchemar des Brackford !

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Séma éditions pour l’envoi de ce roman et Alicia qui m’a permis de lire ce roman. J’avais envie de découvrir ce que pouvait donner ce mystérieux titre ainsi que ce résumé alléchant. J’ai passé un bon moment de lecture.

~ Patricia Brackford : un personnage étonnant ~

Patricia Brackford est un personnage que j’ai détesté tout au long du roman. Elle incarne tout ce que je n’apprécie pas chez les hommes ; vaniteuse, hautaine, méchante, manipulatrice et malhonnête. Elle fait partie de ces personnages que l’on adore détester. Elle est là, elle brille par sa présence et sa méchanceté.

J’ai apprécié le basculement du personnage au fil de la lecture. A partir du moment où Maxence Valmont fait basculer son récit vers le fantastique et l’horreur, le personnage sombre dans un état complètement incroyable. Cela donne une seconde impulsion au roman et j’ai adoré ce moment pivot dans le texte.

Patricia est sûre d’elle. Aimant à hommes, elle se sait belle et désirable. Seulement voilà, grande star du cinéma muet, le cinéma parlant ne veut pas d’elle ! Sa voix n’est pas assez forte, belle, imposante. Ainsi, elle se retrouve reléguée en seconde zone. Son mari, riche à souhait ne pouvant rien faire, elle se décide à se venger.

~ Un milieu social et une période historique intéressants ~

On est dans une intrigue historique durant la fin des années 1920 début des années 1930. C’est une période que je connais très peu et je vous avoue que ce petit roman m’a bien donné envie de retenter l’expérience avec un roman plus long dans cette ambiance. C’est une ambiance assez particulière, c’est une période qui a son charme.

De plus, le milieu dans lequel on évolue ajoute une autre ambiance au roman : l’aristocratie anglaise. Si Patricia est devenue célèbre, elle n’en reste pas moins une femme entretenue par son mari et son immense fortune qu’il a gagnée à la sueur de son front.

Les descriptions des décors m’ont beaucoup plu. Je m’y suis crue. C’est vraiment, pour moi, l’un des points forts de ce roman. L’auteur met le paquet et ça se ressent dès les premières pages.

« Un long couloir, bordé d’une trentaine de colonnes où reposaient des bustes de philosophes antiques et de politiciens illustres la séparait du salon français. À l’extrémité de la galerie, une grande tapisserie des Gobelins déployait avec ostentation une scène de chasse sous Louis XIV. De nombreux tableaux intimistes ponctuaient majestueusement le parcours des visiteurs. »

On dit toujours que chez les riches, il se passe toujours des choses bizarres. Dans la police, bien souvent, les enquêtes policières révèlent des mises en scène incroyables pour tuer quelqu’un. Histoire d’argent, de tromperie ou de secrets de famille, les riches sont très inventifs ! Maxence Valmont nous prouve que cette hypothèse est plutôt vraie.

~ Un roman qui vire vers l’horreur et le fantastique ~

Je n’ai pas cessée d’être surprise dans ce roman. Pourtant il se lit relativement vite (120 pages environ de mémoire). C’est vrai que j’aurais apprécié quelques pages en plus pour vraiment m’imprégner du côté plus sombre de l’histoire. Si les décors sont incroyablement plantés, j’ai trouvé que la seconde partie du roman était légèrement trop rapide à mon goût.

J’ai trouvé que l’idée de base était vraiment top. Une femme maléfique qui veut tout mais ne rien perdre. Ainsi, on voit à quel point les gens peuvent devenir complètement malades pour une chose qu’ils convoitent tant.

Si dans ses actions, on voit Patricia exploser en plein vol et se rapprocher de plus en plus de la folie, psychologiquement parlant, je reste sur ma faim. En effet, on voit à quel point elle sombre dans la folie grâce à ses actes mais je pense que j’aurais apprécié savoir un peu plus ce qu’elle pensait lors de ses agissements.

~ Amour et manipulation ~

Personnellement, je vis dans un monde tout beau tout rose. Je ne comprends pas comment on peut jouer avec les sentiments des gens et les manipuler. Ici, c’est exactement ce qui se passe. Patricia n’hésite pas une seule seconde à blesser et manipuler la gente masculine qui gravite autour d’elle pour avoir ce qu’elle veut. Avant tout autre chose, Patricia est l’archétype de la veuve noire. Elle veut de l’argent, vivre sur le dos des hommes et toujours rester au top. La séduction, c’est son terrain de jeu et cela se sent.

D’un autre côté, on à John Brackford, le mari de Patricia qui se bat pour rester la tête hors de l’eau. J’ai beaucoup apprécié ce personnage humble et intelligent. Il est plus doux, tempéré et calme que sa femme. Ce sont vraiment deux personnes très différentes qui forment un couple ici. J’ai beaucoup apprécié la relation entre John et son majordome Charles. Comme un père avec son fils, Charles fera tout pour aider John et inversement. C’est vraiment très sympathique d’avoir des relations saines d’un côté et d’un autre côté les relations perverses. Ainsi, le fossé entre mari et femme se creuse. On a une sorte de dichotomie entre le bien et le mal.

~ La plume de Maxence Valmont ~

J’ai beaucoup apprécié le nom de famille de l’auteur qui m’a directement renvoyé aux Liaisons dangereuses de Chloderlos de Laclos et de ce monde de relations humaines, de la haute société,  de manipulations et d’amour biaisé au profit de paris, d’argent et de jeux… Mais attendez ? Je crois que l’on tient quelque chose là, non ? J’ai apprécié pouvoir faire un lien entre Patricia et Madame de Merteuil même si Madame de Merteuil reste indétrônable dans mon cœur. (Si vous n’avez jamais lu ce roman, il fait partie des classiques à lire de toute urgence !).

La plume de Maxence Valmont reste très belle. Elle est ni trop fastidieuse ni trop pompeuse. Elle est juste et équilibrée. L’utilisation des mots est bien pensée et cela ajoute de la profondeur à ce roman.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une ambiance intéressante à découvrir.
  • Une histoire où folie et horreur sont au rendez-vous.
  • Un couple si différent qu’il en est très intéressant.

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Les enquêtes de Samuel Berthier – Tome 1 : La dame au cèdre de Laura Elia

41MH1z7kSzL.jpgRésumé : Le commissaire passe ses vacances dans le Finistère. Sa petite ville bretonne est perturbée par une histoire de fantôme. Ses apparitions correspondent aux meurtres de certains notables de la ville. L’inspecteur Jaffar Aït Kacem et Samuel Berthier aideront l’adjudant Pensec à résoudre cette étrange affaire. L’enquête se révèlera difficile, jusqu’au dénouement, où le fantastique se mêle étroitement à la réalité.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions Sharon Kena pour l’envoi de ce roman. Roman court qui traite d’une enquête policière, j’étais vraiment curieuse de voir ce que cela pouvait donner. Mon avis ? Une lecture agréable qui donne envie d’en savoir plus.

~ Une enquête policière, un roman court : bonne idée ? ~

Je l’avoue, je n’ai pas honte, j’étais sceptique sur le format. Une enquête, ça demande des détails, une enquête, c’est long, comment mettre le lecteur dans une ambiance policière sur si peu de pages ? J’ai trouvé que Laura Elia s’en est très bien sortie ! J’avoue que je ne suis pas convaincue à 100% parce qu’il m’en faut plus pour réellement y croire mais l’auteure frappe fort.

J’avoue qu’on ne se formalise pas sur l’aspect indice. Sauf des lettres anonymes et une étude graphologique, on n’a pas forcément beaucoup de détails sur cette étape de l’enquête.

Cependant, il y a quand même de l’action, de la réflexion. L’enquête se fait même si elle ne fait pas forcément comme on peut l’attendre.

~ Samuel Berthier : notre personnage principal ~

Ah !! Sam, je l’ai bien aimé ! C’est un personnage principal très sympathique et très complet. Il a la vraie panoplie du policier enquêteur. En effet, Samuel est un acharné du travail, il fait attention à tout et au moindre détail. On se retrouve donc avec un homme un peu bourru mais on sent que son métier est une vocation. Il est né pour faire ça. La seule chose sur laquelle il ne transige pas : ses congés et son havre de paix qui se trouve en Bretagne. Il fait toujours tout pour pouvoir profiter de son moment de calme : sa pêche, ses amis et ses bons repas ! Rien de plus simple dans la vie que de vivre une aventure avec Samuel Berthier. Enfin, ça c’est dans ses projets parce que, bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu… Une série de meurtre vient perturber le village dans lequel il est. Il va devoir prêter main forte… pour son plus grand plaisir.

~ Une équipe policière face aux apparitions fantastiques ~

On a un roman qui mêle une enquête policière et le fantastique. En effet, le village dans lequel Samuel passe ses vacances est hanté par une apparition. Une femme fantôme sème la panique dans ce petit village du Finistère.

J’ai trouvé que la manière dont l’auteure parvenait à amener cette touche de fantastique de manière intelligente. On se retrouve avec des personnages qui y croient et d’autres très cartésiens. Ainsi, Samuel et Jaffar sont très différents : Jaffar croit en cette réincarnation féminine, Samuel, non. J’ai trouvé ce duo de policiers très agréable et très sympathique à suivre.

On avance rapidement dans l’enquête qui, pour moi, a manqué de piquant. Les 50 dernières pages de l’histoire ne m’ont pas forcément surprise. Effectivement, lorsque les personnages commencent à être sur la piste du coupable, je n’ai pas forcément été surprise par les révélations. J’ai trouvé ça dommage mais cela l’enlève rien au charme pittoresque de l’histoire.

~ Les décors et la plume ~

C’était plutôt sympathique de découvrir une nouvelle plume. Je l’ai trouvé très entrainante : les décors bretons sont incroyables. Franchement, je me suis crue en Bretagne. Les consonances des noms, les décors, la culture bretonne. Bref : dépaysement assuré !

~ Le mot de la fin ~

En définitive, je vous conseille de lire ce roman court qui ne vous prendra pas beaucoup de temps de lecture. C’est un premier tome très sympathique qui nous permet de mettre le pied à l’étrier. On a un personnage principal charmant qui donne envie d’en savoir plus. Nous avons donc une enquête traitée de manière atypique. Il m’a manqué quelques pages pour vraiment rentrer dans l’histoire. Cependant, l’auteure nous propose une histoire quand même sympathique à découvrir.

3 bonnes raisons de lire le roman

  • Un roman qui mêle fantastique et enquête policière.
  • Un dépaysement certain et un joli voyage en Bretagne.
  • Un personnage principal très sympathique.

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La ronde des corbeaux d’Angélique Ferreira

51tKz9Ic3IL._SX195_.jpgRésumé : Une danse vaut elle votre vie ? Le bal de l’hiver, tant attendu par les jeunes filles de la noblesse anglaise, permet de faire son entrée dans le monde. Or, tous les cinquante ans, lors de cette soirée, est organisé ce que l’on appelle « la Ronde des corbeaux ». Chaque participante reçoit une plume noire qui la désigne comme candidate à la ronde, une danse ou l’une des demoiselles sera choisie par le corbeau, et y perdra la vie.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Angélique Ferreira pour sa gentille proposition. J’en profite aussi pour remercier mon partenaire Nutty Sheep et la gentille Céline chez qui ce court roman a été publié.

~ Un court roman plaisant ~

L’auteure m’avait prévenue : c’est un roman court. Mais vu la qualité et la beauté de la couverture et du résumé, je n’ai pas su dire non même si les romans courts sont des romans que j’apprécie moins qu’un roman « classique ». J’ai quand même vite déchanté quand j’ai vu qu’il ne faisait qu’une cinquantaine de pages. C’est beaucoup trop peu pour moi.

Peu pourquoi ? Parce que je n’ai pas le temps de m’adapter aux décors, à l’intrigue, aux personnages. Le temps que j’atterrisse dans l’histoire, elle est déjà terminée. Cela me laisse un goût de trop peu en bouche.

Cependant, il faut souligner une histoire très sympathique à lire ainsi qu’une évidente qualité dans la plume qui fait des personnages des personnages intéressants à découvrir malgré le manque de profondeur lié au nombre de pages.

C’est donc un roman qui m’a fait sortir de ma zone de confort mais avec lequel j’ai passé un agréable moment de lecture.

~ Un univers gothique très intéressant ~

La couverture nous met directement sur la voie : nous allons lire un roman avec une touche de gothique dans l’histoire. Si l’on en croit Wikipédia, une définition possible du roman gothique est la suivante : «  […] s’inscrit dans la logique d’un engouement pour le sentimental et le macabre […] », dans les caractéristiques, on trouve aussi des caractéristiques du roman La ronde des corbeaux comme dans la catégorie « personnages » où l’on retrouve la femme persécutée (comme notre personnage principal) et le maudit (comme la famille de Lallemand). Dans les situations, vous pouvez aussi trouver les secrets du passé venant hanter le présent (situation qui se passe dans le roman) et les lieux aussi sont très significatifs : le château et les ténèbres sont présents dans notre texte.

Si vous voulez plus d’informations, je vous propose de retrouver l’intégralité de l’explication par ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_gothique

Dans notre roman, on fait la rencontre de Layla, une jeune femme issue de la noblesse. Orpheline, elle n’a plus que son frère Gabriel. Gabriel est un être compliqué, torturé et violent. Il n’est absolument pas proche de sa sœur et la tient à l’écart de tout. Une seule chose compte : le bal de Yule qui lui permettra de faire son entrée dans le monde et se trouver un époux.

Seulement, Layla a peur. Elle a trouvé une plume de corbeau dans son invitation : elle sait donc ce qui va se passer : elle va participer à la ronde des corbeaux, cette légende ancestrale qui promet d’ôter la vie à l’une des participantes de la danse.

J’ai trouvé que l’univers était vraiment très sympathique, plein de mystères et de promesses. C’est vraiment agréable à lire. Cet univers gothique me plait énormément, j’avais donc envie d’en savoir plus.

~ Les personnages ~

J’avoue que j’ai tiqué. J’ai trouvé des facilités dans les noms. L’auteure serait-elle fan de Harry Potter ? J’ai souri en voyant l’évocation du nom de famille d’un des personnages « Dudley » mais quand j’ai lu le nom de la gouvernante : Emma Watson, j’ai trouvé ça un peu facile. Je l’avoue, je suis tatillonne sur le coup mais il fallait que je vous le dise.

Les personnages esquissés sont tous très intéressants. Le manque de profondeur n’est pas dû à la mauvaise qualité de la plume, bien au contraire, mais surtout au manque de détails. Forcément, quand on fait le choix d’un roman si court, on n’a pas de place pour les détails, on va à l’essentiel. C’est logique. Cependant, la logique n’est pas forcément mon fort dans mes lectures : prendre le temps et installer l’intrigue, les décors et les personnages, c’est important pour moi. Mais bon, je ne vais pas en faire tout un fromage.

Layla est un personnage que j’ai apprécié : elle est forte et pleine de courage. Malgré ses peurs, ses doutes et ses appréhensions, elle va quand même au bal de Yule, elle doit le faire. Elle est partagée entre ses craintes et les sentiments amoureux qu’elle nourrit pour un jeune homme.

Gabriel est tout le contraire de sa sœur : froid, il ne montre pas ses sentiments. C’est vraiment le personnage dont j’aurais apprécié en savoir plus tant son rôle est hyper intéressant dans ce roman ! La fin du roman nous permet de ne pas le détester et d’essayer de le comprendre.

~ Entre passé et présent ~

J’ai aimé découvrir l’histoire des ancêtres de la famille de Lallemand et de cette légende autour de la danse des corbeaux, l’idée est hyper originale et cela enlève beaucoup de clichés que l’on peut lire dans ce genre précis.

On lit une histoire macabre : un mari voulant se débarrasser de son épouse qu’il n’aime pas. Une femme désespérée qui, elle, aime son mari et fait tout pour le retenir. Bien entendu, une autre femme, qui, elle, fait battre le cœur du mari trompeur. Rien de nouveau sous la lune mais cela fonctionne et fonctionne bien !

~ La plume d’Angélique Ferreira ~

Encore une jolie découverte ! Je ne connaissais pas la plume de l’auteure mais franchement, j’ai trouvé qu’elle était très jolie. La construction proposée par l’auteure apporte beaucoup, selon moi, à l’histoire. En effet, même si, de manière générale, l’auteure utilise le point de vue de Layla, on a aussi des chapitres inquiétants dont un homme tapit dans l’ombre est le narrateur. Cela ajoute une petite touche bien dosée de mystère et de peur dans l’intrigue. On sent bien que quelque chose va tomber sur la tête de Layla sans vraiment savoir quoi. Ainsi, on a une sorte d’ombre dangereuse qui plane sur notre personnage principal. C’est inquiétant mais cela apporte beaucoup à l’histoire.

En définitive, l’auteure nous propose un excellent court roman gothique. C’est une très bonne découverte mais elle me laisse un gout de trop peu quant aux détails et à la profondeur des personnages. Quand on aime, on en redemande toujours non ? 😉

Les – :

  • Le roman court : définitivement frustrant pour moi…

Les + :

  • La légende autour de la ronde des corbeaux que j’ai appréciée
  • Le personnage de Gabriel et de la fin surprenante le concernant
  • La fin en soit, bien que rapide, elle reste très poétique
  • La plume de l’auteure que j’aimerai beaucoup découvrir dans un roman plus long

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