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Si c’est pas sûr, c’est quand même peut être de Magali Discours

book-6134Résumé : 2005 : Une troupe de théâtre de rue a posé ses valises sur un bout de trottoir. Une installation bancale de bric et de broc, des chansons, un brin de poésie et des kilomètres de souvenirs éclairent la grande histoire à la lumière d’une vie qui dura près d’un siècle, celle de Papé né d’une guerre en 1917. Dans le public de ce road movie à la française, Florence trouvera peut-être quelques vérités sur sa propre existence.

~ Lecture pour le Prix des Auteurs Inconnus 2019 ~

Je remercie le Prix des Auteurs Inconnus pour l’envoi de ce roman qui est ma deuxième lecture dans la catégorie « littérature blanche ». Quelle belle surprise !

Honnêtement, je ne suis pas forcément très fan de ce genre de titre qui veut tout et rien dire. Je ne suis pas non plus fan de la couverture qui, pour moi, ne rend pas forcément justice à ce superbe roman. Je n’arrête pas de le dire mais l’habit ne fait pas le moine et je suis heureuse de ne pas être restée sur mon apriori sur ce roman.

La thématique de la valise est assez intéressante. Elle est présente sur la couverture mais aussi dans les chapitres de ce roman. On a des descriptions de valises qui viennent bercer le récit. La valise est synonyme de voyage : ici, on a deux sortes de voyages. Le voyage géographique mais aussi historique. En effet, Magali Discours décide de nous faire voyager au gré des années de Papé, un personnage que l’on rencontre. Le voyage donc. La couverture nous propose aussi, par ses couleurs, de plonger dans des souvenirs. Cette volonté de mettre la couverture en noir et blanc nous propose aussi la thématique du souvenir. C’est très intéressant. La valise et le souvenir… Vastes sujets !

Plongez avec moi dans la vie de Papé au rythme des aventures de Lisa, Mehdi, Serena et Pablo… Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ma lecture, c’est cette envie que l’auteure a de nous montrer la vie. Pas LA vie de star, de personne privilégiée. La vie tout simplement. Celle que l’on vit avec des rires et des larmes, des joies et des bonheurs, des hauts et des bas. Cette histoire est un hymne à la vie.

Cette histoire nous propose de découvrir une troupe de théâtre de rue qui va mettre en scène la vie de Papé. Papé est un homme qui a vécu de formidables choses mais aussi des choses horribles. C’est vraiment très agréable de découvrir sa vie. En effet, mélangés à la fiction, on a des dates et événements historiques qui permettent d’ancrer cette histoire dans la réalité. Ainsi, on est baladé dans cette deuxième moitié du 20ème siècle. On va voyager et avoir un regard différent sur les événements qui ont pu bercer la France (exemple : mai 68, l’élection de Mitterrand…) Je trouve ça très sympathique.

J’ai apprécié le lien indéfectible entre le passé et le présent. Papé qui a vécu jusque 2003 83635699_10216845068819798_5287050577543430144_nrencontre le chemin de Lisa, Mehdi, Serena et Pablo. Ce sont des jeunes qui font partie d’une troupe de théâtre de rue. Ils voyagent dans toute la France pour partager leurs spectacles. Ils reviennent toujours au même endroit, le bar de Jocelyne où Papé se trouve aussi. C’est cette troupe qui va présenter la vie de Papé. Pour cela, ils vont faire des recherches, remonter le fil de la vie de Papé pour essayer de trouver tout ce qu’ils peuvent sur cet homme qui croit en eux.

On brasse beaucoup de personnages dans ce roman, ça bouge, ça vit, ça fait du bien. Le panel de personnages est divers et varié mais qu’est-ce qu’il est bien traité ! J’ai apprécié rencontrer tous les personnages dans les deux époques. C’était riche et plein d’émotion. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Papé qui vient unir ces deux périodes de l’intrigue. J’ai aimé le fait que le passé a besoin du présent pour qu’il ne soit pas oublié. Les vivants sont les porteurs de parole des morts. C’est très agréable de se dire qu’il faut avoir les deux parties pour pouvoir avancer. J’ai aimé aussi l’idée du théâtre et de la mise en scène. J’ai trouvé l’idée très sympathique.

Roman que l’on peut qualifier de « tranche de vie », Si c’est pas sûr c’est quand même peut être remet les choses en place. Il est bourré d’émotions en tout genre. On se rend compte de la futilité de certaines choses qui peuvent bercer nos vies. Papé nous propose une vie bien remplie mais qui n’est pas forcément un long fleuve rose tranquille où se baignent des licornes. On est dans la vie, la vraie. C’est dur, drôle, triste. C’est la vie.

Si un mot devrait coller au roman de Magali Discours, c’est certainement « humanité ». « Humanité » pour ce que l’on nous propose de découvrir, « humanité » pour la plume pleine d’émotions et de réalité, « humanité » pour le panel de personnages que l’on découvre. On s’y sent bien, on peut facilement se reconnaitre dans certains passages.

Si ce roman est une très belle découverte, il reste quand même deux petites choses qui m’ont fait tiquer. Il faut être vraiment bien assidu dans la lecture et concentré avec les différentes périodes durant lesquelles l’action évolue. J’ai été un peu perdue au départ. J’ai noté aussi quelques répétitions. Il est, cependant, clair que le style de l’auteure est très agréable. L’histoire se lit vite et très bien. La plume de l’auteure est fine, dynamique et propose un récit gorgé de nostalgie très intelligemment construit. Bravo à l’auteure pour ce roman.

03 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Découvrir la vie de Papé entre Italie et France.
  • La plume de l’auteure, très agréable.
  • J’ai aimé le regard de l’auteur sur la vie en général

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Retrouvez le PDAI par ici:

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Park Avenue Summer de Renée Rosen

9782714481160ORIRésumé : Quand Mad Men rencontre Le Diable s’habille en Prada. Ode à la féminité et à l’affirmation de soi, un roman d’apprentissage inspirant et savoureux qui rend hommage à l’une des icônes féministes les plus fantasques et les plus glamour du XXe siècle. En acceptant le poste de secrétaire de la toute nouvelle rédac’ chef de Cosmopolitan, Alice n’imaginait pas qu’elle allait faire la rencontre de sa vie. Petite provinciale de vingt-et-un ans tout juste débarquée de son Ohio natal, elle se retrouve ainsi face à une figure du New York des sixties : Helen Gurley Brown, auteure du sulfureux best-seller Sex and the Single Girl. Mais cette grande visionnaire n’a pas que des amis dans la presse et elle se trouve en réalité sur un siège éjectable. Alice ne va pas tarder à découvrir que sa rebelle patronne fait l’objet d’une cabale acharnée, menée par ses collègues masculins bien décidés à démontrer que la place d’une femme est davantage dans la cuisine qu’à la tête d’un magazine. Parler à une nouvelle génération de femmes, débarrasser la presse de ses vieilles figures patriarcales est un défi de taille. Fascinée par Helen, Alice est prête à tout pour l’aider à inventer une  » Cosmo Girl  » fière, sûre d’elle, libérée de tout carcan puritain. Qu’importent les coups bas. Et les coups au cœur…

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman. J’étais ravie de pouvoir le lire. Sans vous mentir, je l’ai commencé hier et je l’ai terminé cette nuit, j’ai été happée par ma lecture. Si le début m’a laissée un peu perplexe, c’est avec une grande surprise que j’ai lu la suite avec avidité.

La référence au roman (ou film) Le diable s’habille en Prada est vraiment intéressante. On fait la rencontre d’Alice Weiss, une jeune femme fraichement débarquée à New York pour pouvoir vivre de sa passion : la photographie. Tout ne se passe pas comme elle l’entend mais sa vie va prendre un tournant assez particulier lorsqu’elle va travailler pour la grande Helen Gurley Brown. Ce que j’ai beaucoup apprécié, c’est que même si Alice est un personnage de fiction, Helen Gurley Brown est une grande figure des années 1960. Par bien des manières, Helen Gurley Brown va surprendre son lectorat, son entourage et toutes les personnes qui n’ont pas cru en elle.

Personnellement, le personnage d’Alice peut être comparé un peu au personnage d’Andy dans le diable s’habille en Prada. En effet, j’ai trouvé qu’elle avait la même envie de réussir dans la vie mais en ayant cette volonté de pouvoir rester soi-même et de ne pas céder à l’appel de la mode. Pourquoi ? Parce qu’Alice va se retrouver au cœur du journal Cosmopolitan dirigé par Helen Gurley Brown. Elle va travailler en étroite collaboration avec elle. J’ai aimé le lien qui unit ces deux femmes. On referme la parenthèse et la comparaison avec le diable s’habille en Prada.

J’ai énormément aimé Alice. C’est une jeune femme pleine de surprises mais qui garde les pieds sur terre. C’est très important pour moi que les personnages ne s’oublient pas au détriment d’une passion, d’un travail. Etre juste et équilibré est important dans nos vies. Alice est ce genre de personnages, elle n’a plus sa mère qui est décédée, son père, depuis qu’il s’est mis en couple avec Faye, est un peu plus distant. Alice a décidé de partir loin de son Ohio, elle va prendre son courage à deux mains et rejoindre la grosse pomme.

Ce roman a clairement une visée féministe. Il ne faut pas croire qu’Helen Gurley Brown est une féministe comme les autres. Elle va donner une image de la femme qui va donner des sueurs froides aux plus grandes féministes de l’époque. A travers Cosmopolitan, elle va créer une Cosmo Girl : une femme sexy, qui n’oublie pas son indépendance et sa force. La femme est belle, la femme est intelligente, la femme est à l’égal de l’homme. Dans le roman, plusieurs visions vont apparaitre à travers différents personnages qui vont proposer de se faire son propre avis. Même si on n’apprécie pas forcément la personne qu’est Helen Gurley Brown et les idées qu’elle propose, on ne peut pas ne pas dire que cette femme ne révolutionne pas l’image de la femme moderne. Elle va révolutionner Cosmopolitan, parler aux femmes, avec des femmes, pour les femmes. Elle va savoir équilibrer les choses et proposer un magasine qui va être exceptionnel.

Ce roman est vraiment très intéressant, j’ai beaucoup apprécié Helen et Alice. Franchement, ce sont deux figures féminines qui sont différentes mais qui se complètent beaucoup. A l’image de sa pensée féministe, Alice n’appartient pas à Helen. Alice est libre, Alice va découvrir la vie New yorkaise et se retrouver à la croisée des chemins.

C’est une petite pépite. Même si j’ai eu un peu de mal au démarrage, une fois qu’Alice est installée à son nouveau poste, j’ai pris un rythme de croisière et je n’ai pas su fermer le roman avant d’avoir le fin mot de l’histoire.

Si la femme a un rôle important dans l’histoire, l’homme reste aussi présent. En effet, personne ne croit en Helen. Tout le monde pense, dans son dos, qu’elle a été mise à ce poste pour que le bateau coule de manière élégante. Pour donner une fin convenable à Cosmopolitan. Personne n’a pensé qu’elle pourrait redresser la barre… Quel dommage. Dans ce monde, à cette époque, les hommes ont le pouvoir. Les hommes font ce qu’ils veulent. Alice a pu apprendre, à ses dépens, que la femme ne peut qu’être un objet, une manipulation de plus ou de moins dans ce monde professionnel.

C’est le prix à payer quand on est une visionnaire. J’ai trouvé cela très bien amené dans le roman. Au-delà de ces thématiques soulevées dans ce roman, j’ai adoré la plume de l’auteure que je ne connaissais pas. Il est certain que les éditions Belfond ont un sacré flair pour trouver des petites pépites. Ce roman fait partie des romans que je regrette d’avoir pris autant de temps à sortir de ma PAL SP. Je suis certaine qu’il m’aurait fait sortir de ma panne de lecture du mois dernier… Bref ! A lire et à relire, sans modération.

En définitive, c’est avec un regard profond parfois bienveillant, parfois terriblement juste que l’on plonge dans un univers professionnel qui est sans pitié. C’est un tremplin pour Alice qui va beaucoup apprendre grâce à Helen. J’ai beaucoup apprécié ce duo féminin qui fonctionne très bien. La visionnaire qu’est Helen est un personnage incroyable qui rend justice à cette femme qui a su mettre un bon coup de pied dans la fourmilière.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Le duo Alice/Helen que j’ai aimé
  • Cette plongée dans un monde professionnel sans pitié
  • La vision féministe et l’impulsion donnée par Helen

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Les filles de l’astrologue – Tome 1 de Laurence Schaack & Françoise de Guilbert

51voDmf+fiL._SY346_Résumé : Thérèse : née sous le signe du Capricorne, élément Terre. Ariane : née sous le signe du Verseau, élément Air. Philomène : née sous le signe du Verseau, élément Air. Soledad : née sous le signe du Lion, élément Feu. Elles sont filles d’astrologue. Et elles sont en danger, car le monde change. Suite à l’arrestation de leur père par le roi Louis XIV qui a interdit la pratique de l’astrologie, elles doivent quitter le domaine familial et se séparer. Avec les astres pour seuls guides, chacune doit désormais suivre sa voie.

~ Lecture détente ~

Je remercie mon petit chéri qui m’a acheté ce premier tome (et les deux suivants aussi d’ailleurs ahah). Je ne l’ai même pas demandé. Il me connait comme sa poche. Il avait raison, en théorie. Tout était présent pour que je passe un bon moment : le fond historique, la thématique de l’astrologie d’un point de vue scientifique. Ces sœurs qui semblent très proches. Malheureusement, tout n’est pas beau et fort dans ce roman.

On va, une fois n’est pas coutume, commencer par le fond. On est en plein dans la période de l’après « affaire des poisons ». Louis XIV fait la chasse aux sorcières, aux voyants, aux allumés du ciboulot. Bien entendu, ceux qui s’appuient sur des sciences et des faits sont pris pour des illuminés et sont, eux aussi, emprisonnés. C’est donc sous un grondement et une angoisse permanents que se déroule ce premier tome.

Les personnages sont un point fort et un point faible en même temps. C’est vraiment très étrange et paradoxal. J’ai aimé le choc de la réalité et de la fiction : on nous parle de La Voisin, La Montespan, de Louis XIV, de Philippe d’Orléans mais aussi du chevalier de Lorraine. Des noms connus, qui ont bercés le règne fastueux du roi Soleil. A ces personnages, qui ancrent le lecteur dans une réalité certaine, s’ajoutent des personnages fictifs. On fait la rencontre des trois sœurs : Philomène, Ariane et Thérèse. On ajoute à ce trio, leur cousine espagnole Soledad. Et c’est là que les choses commencent à se corser. Elles m’ont toutes tapé sur le système à un moment de l’histoire.

Soledad est un personnage un peu étrange. Tous les problèmes glissent sur elle comme de la pluie sur un imperméable. Tout finit toujours par s’arranger pour elle. Insolente et sans gêne, je l’ai détestée du début à la fin. Pour ce qui est des trois sœurs, elles sont toutes différentes mais complémentaires. J’ai aimé le rôle de Thérèse qui va essayer de protéger sa famille, l’envie de liberté de Philomène, la rêverie d’Ariane. Ariane & Philomène sont jumelles. Cela ajoute un petit quelque chose à leur jolie relation. J’ai apprécié le fait que les filles soient livrées à elles même. Elles qui fonctionnent comme un groupe en début de roman vont devoir se séparer pour essayer de trouver une solution pour leur père enfermé sous les ordres du roi. J’ai beaucoup apprécié cette notion d’unité dans l’adversité. Même si je n’ai pas été forcément très sensible au charme de ces personnages, je peux au moins reconnaitre qu’elles se complètent bien mais elles fonctionnent aussi très bien en électron libre.

L’intrigue est aussi mitigée. J’ai apprécié les voyages divers que les filles font. Elles se retrouvent dans des villes différentes à vivre des choses différentes. En revanche, pour moi, il y a eu un cruel manque de crédibilité pour certaines péripéties. Je ne pourrais pas en dire plus pour ne pas gâcher la surprise pour les potentiels lecteurs mais je n’ai pas cru à certaines choses. De plus, l’accumulation de plusieurs péripéties fait que l’intrigue est bien trop rapide pour être crédible.

La plume des auteures est plutôt sympathique. Ça se lit bien et vite. Je suis vraiment contente d’avoir tenté l’expérience. La suite sera lue pour savoir si les personnages évoluent ou non. J’en attends beaucoup. J’espère que ce seront les tomes de la maturité.

En définitive, voici une lecture mitigée qui vient compléter le challenge confinement. J’ai aimé quelques points au niveau des personnages et l’intrigue mais je ne suis pas forcément comblée par la totalité de cette intrigue. J’ai apprécié le fond historique que j’aime beaucoup. L’affaire des poisons est très sympathique. Dommage. J’attends beaucoup de la suite de cette histoire.

3 bonnes raisons de lire ce premier tome :

  • Le fond historique que j’ai apprécié
  • Le fonctionnement des personnages en tant que groupe ou en tant qu’individus
  • La plume sympathique des auteures
 Lire un roman choisi par une copinaute dans la PAL « spéciale challenge »

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L’héritage du Christ de Sarah Calman

51oR7zrtZlL._SX326_BO1,204,203,200_Résumé : En 1492, une jeune femme voue son existence à protéger son unique héritage des puissances qui cherchent à s’en emparer. Inquisition, invasion des Anglais en France, Madeleine va nous entraîner dans ses aventures pour échapper à ses ennemis et sauver son bien le plus précieux. De nos jours, la jeune Lena se retrouve malgré elle à mener une enquête mystérieuse au sujet d’un ancien manuscrit dont elle ignore tout. Quand l’Histoire prend une tournure surprenante, le destin de deux femmes est lié.

Un roman historique et contemporain qui mêle secrets, enquête et aventures.

~ Service presse ~

Je remercie Sarah Calman pour l’envoi de son roman via SimPlement. Je suis contente d’avoir pu découvrir cette plume et l’univers de l’auteure. L’héritage du Christ est un roman agréable à lire et à découvrir.

Ce roman nous propose quelque chose que j’aime beaucoup trouver dans mes lectures : une alternance entre le passé et le présent. C’est vraiment quelque chose que j’aime. Découvrir des personnages liés d’une manière ou d’une autre que l’on découvre au fil des chapitres me plait beaucoup. Ainsi, on va faire des vas-et-viens entre les deux époques (à savoir 1492 & de nos jours). L’auteure nous montre déjà l’intelligence de son intrigue via sa construction narrative. Les points de vue s’alternent de manière intelligente. Ces moments pivots sont vraiment très bien maitrisés.

L’intrigue est très dynamique. Au-delà de l’alternance des époques, on a aussi des passages plus posés et d’autres beaucoup plus mouvementés. Cela permet à l’auteure de toucher un panel de lecteur plus vaste. Même si le roman propose un pan de l’intrigue d’un point de vue historique, il n’y a pas que cela. En effet, l’auteure va nous faire vivre un moment de lecture fluide et très agréable. On ne s’englue pas dans des explications historiques à pleurer d’ennui.

Le côté historique est très sympathique. Cette histoire va traiter de l’histoire de Jeanne d’Arc et de ses héritiers. Les personnages sont très sympathiques. J’ai beaucoup apprécié Madeleine et Lena. Bien que des siècles les séparent, ce sont deux personnages que l’on aime découvrir. Personnellement, je me suis beaucoup attachée à ces deux figures féminines fortes et indépendantes qui se battent pour ce qu’elles sont.

L’histoire de Madeleine va nous faire voyager. De la France en passant par Jérusalem ou encore par l’Afrique, on va vivre une sacrée aventure. Quelle belle idée ! On découvre un 15ème siècle riche. A travers ce voyage, on découvre des us et coutumes intéressantes et qui donnent des envies de voyages au lecteur.

Léna nous propose une histoire aussi riche en émotions que celle de Madeleine mais différente dans la manière d’être traitée. Léna est une jeune voleuse qui va devoir résoudre des énigmes pour pouvoir retrouver un livre. Un secret qui va tout changer. Léna est accompagnée de Richard & d’Alex. Les figures masculines viennent aider Léna dans son périple. Une sacrée aventure nous attend…

Je ne vous le cache pas, le roman n’est pas un coup de cœur bien qu’il soit très agréable. Cependant, les personnages sont un peu tirés par les cheveux soulevant des clichés dans la construction mais aussi dans leurs traits de caractères. Ainsi, Léna la petite voleuse va se voir accompagnée d’un mentor et d’un homme mystérieux et beau à se damner. Léna est un personnage qui est (selon moi) toujours dans l’exagération. J’ai eu un peu de mal à l’apprivoiser mais finalement, j’ai fini par m’attacher à elle.

L’intrigue est très intéressante. La plume est additive. Fluide et pleine d’émotions, c’est un roman qui est très intéressant. Il a quelques petits défauts mais rien qui fait sauter au plafond. On se retrouve donc avec une intrigue sans faille, une plume intéressante et un panel de personnages intéressants malgré le fait que leur construction soit un peu attendue. Je félicite Sarah Calman pour ce premier texte qui mêle la fiction à l’historique de manière brillante. A travers cette réécriture d’une période historique que l’on ne trouve pas souvent dans les romans, Sarah Calman m’a surprise.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une intrigue forte et intéressante
  • Une alternance entre passé et présent qui m’a beaucoup plu.
  • Une période historique réécrite sans fausse note

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Dors en paix de Rahel Makonnen

téléchargement (2)Résumé : « La culpabilité était revenue me hanter. Le passé pourrissait tout, m’envahissait et enveloppait ma vie d’un voile obscur… » Incapable de surmonter une tragédie familiale, Charlotte revient à Paris. Dans la ville déstabilisée par une politique sécuritaire, elle y retrouve sa famille ainsi que d’anciens amis, tous aux prises avec leurs propres démons. C’est alors que Charlotte se plonge dans la lecture du roman de Marianne, bourgeoise parisienne qui décide en 1871 de rejoindre la Commune de Paris. À mesure que le récit progresse, les similarités entre les deux femmes se révèlent, toutes deux luttant contre la violence d’une transition sociale et intime. Un roman original et trépidant mêlant avec justesse les vies de deux femmes fortes que 150 ans séparent. Née à Paris, Rahel Makonnen vit aujourd’hui à Londres. Après avoir travaillé dans la postproduction de films dont elle supervisait la réalisation artistique, elle décide de se consacrer à ses propres projets d’écriture. Dors en paix est son premier roman.

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement Rahel Makonnen pour l’envoi de ce roman. J’ai encore fait une agréable découverte via le site SimPlement. Roman alléchant avec un résumé ultra-tentant, j’étais très curieuse de faire la connaissance de Charlotte & Marianne.

Quelle histoire ! Quel roman ! Quelle plume. En ouvrant le roman hier soir, je me disais « quelques pages avant d’aller dormir » et finalement, j’ai laissé mon sommeil de côté pour lire ce roman, d’une traite.

Je tiens, dès à présent à applaudir l’auteure pour les recherches. Le roman est ultra documenté. Je suis vraiment ravie d’avoir un roman qui mêle de l’historique au fantastique. La partie histoire est très bonne : on s’y croit, on sent tout le boulot au niveau des recherches. Les recherches sont, en plus, embellies par une plume formidable. Ohlala… On se retrouve vraiment dans un univers sublimé par les mots et pas les idées. Bravo à l’auteure sur ce point.

Autre point tout à fait intéressant : les personnages. J’ai beaucoup apprécié faire la rencontre de Charlotte et de Marianne. En effet, Charlotte est un personnage rongé par la culpabilité. On sent qu’il y a un drame qui a fait éclater sa vie. Elle décide d’essayer de reprendre sa vie en main et de quitter ses souvenirs : elle déménage et quitte Londres pour retourner à Paris. Elle y retrouve ses amis, sa famille. La quiétude qu’elle cherchait est aux abonnés absents : elle se retrouve vraiment dans une ville qu’elle ne pensait pas retrouver ainsi. C’est en plongeant dans un livre qu’elle parvient à lâcher un peu de lest, de respirer et de retrouver un peu de calme dans sa vie. Charlotte fait la rencontre de Marianne. Son parcours, sa vie et l’époque dans laquelle Marianne vit va fasciner Charlotte.

Ces deux personnages m’ont beaucoup plu. Si au départ, on ne comprend pas forcément ce qui va pouvoir les lier, on se retrouve rapidement dans une spirale incroyable d’événements et les similitudes pleuvent. J’ai beaucoup apprécié. Charlotte et sa fragilité, Marianne et son envie de s’en sortir et de crier son mécontentement. C’était une belle rencontre.

On a deux périodes qui divisent la narration. D’un côté, on a le monde moderne, celui dans lequel on évolue, puis, avec l’histoire que Charlotte lit, on a le 19ème siècle qui se profile avec le personnage de Marianne durant la commune de Paris. La symbolique du personnage de Marianne est très forte : son prénom, son caractère, tout est fait pour que l’on crie à la révolution ! Quelle belle idée.

Ce va-et-vient entre passé et présent, entre Charlotte et Marianne marque un dynamisme fou dans le roman. Le roman souffre de quelques petites longueurs au début mais une fois les cinquante premières pages passées, on est pris dans le rythme et on ne s’arrête pas avant d’avoir le fin mot de l’histoire.

La plume est très travaillée. Le vocabulaire est très bien maitrisé. Les passages temporels se font sans aucun souci et on se sent à l’aise dans les deux époques du roman. Je pense que la plume est le plus gros point fort de ce roman. L’auteure a beaucoup de talent.

En définitive, on a un roman qui tangue entre le réalisme et le fantastique. Entre l’historique et le moderne. On a deux personnages qui mènent la barque. C’est fait de manière très intelligente et j’ai apprécié découvrir l’univers que l’auteure propose. Si le roman souffre de quelques longueurs au départ, le rythme se met en place doucement avant de proposer au lecteur une atmosphère très intéressante qui nous donne envie de lire jusqu’à la dernière lettre de ce roman. On a de belles thématiques qui se dégagent du texte : la force, le courage, mais aussi l’espoir d’une vie meilleure. Bravo à l’auteure pour ce premier roman très prometteur.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une construction narrative intéressante et dynamique
  • Deux personnages féminins forts
  • Une plume incroyable et des recherches en amont formidable.

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