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Chemin du bout du monde – Jean Benjamin Jouteur

41sQtabT2aL._SX195_.jpgRésumé : Un manoir pétrifié sous la neige, un jeune homme qui vit la route, la mort incompréhensible d’une jeune héritière… Dans ce chemin du bout du monde, deux histoires s’imbriquent. Il y a l’affaire d’Aubigny, une délicate enquête pour la séduisante commandante Christine Cartier, officière atypique de la gendarmerie nationale. Complots de famille, jalousies, magouilles politiques, héritage, milieu niçois… Comment mettre à nue une vérité que nul ne semble vraiment connaitre ? Et puis il y a Éric. Fissuré de doutes, consumé de révoltes, dévalisant les honnêtes gens, il fréquente les zonards, les junkies, les dealeurs, les marginaux. Égaré dans les vapeurs incertaines de paradis artificiels, poursuivi sans relâche par une ombre du passé cruellement aimante, il perd facilement le contrôle. Son comportement est imprévisible. Un soir de manque, dans un bar paumé d’une ville du Forez, son avenir prend soudain la fuite. C’est la descente aux enfers. Englué dans les méandres d’un présent trop angoissant, à bout de souffle, il tente maladroitement de recomposer un passé occulté. Pour tous il devient la cible, celui qu’il faut abattre… Ou peut-être aider.

~ Service presse ~ 

Mon avis : Je remercie Jean Benjamin Jouteur pour l’envoi de ce roman. J’ai pris quelques temps à le lire et à le digérer ce roman. En effet, je ne m’attendais pas du tout à cela !

Une surprise incroyable

En lisant le résumé du roman, j’étais plutôt bien tentée. J’avoue c’était bien tentée dans le sens « ouais, pour le mois prochain, ça peut être sympathique entre deux grosses lectures » pas « mon dieu, je dois le lire impérativement, maintenant, tout de suite !!! ». Finalement, j’aurais dû.

Un univers dur, froid, sombre

On est plongé dans un roman noir par excellence. Franchement, ce roman vaut la peine d’être lu et vécu avec les personnages. L’entrée en matière est un peu rude et c’est vraiment les premiers chapitres avec lesquels j’ai eu du mal. Une fois la difficulté de ces premiers chapitres passés, ce roman est une véritable pépite. En effet, j’ai eu du mal à comprendre le but de l’auteur à travers ses premiers chapitres. Une fois que mon cerveau a compris la connexion, la machine s’est mise en route sans s’arrêter avant la fin du roman.

Ce roman noir est un polar très intéressant. En effet, tout est réuni pour que l’on passe un excellent moment de lecture. On a différentes intrigues qui finissent par se rejoindre pour laisser la vérité éclater. Ainsi, on suit plusieurs personnages et différents points de vue tout au long de ce roman.

Les personnages

On fait la rencontre de personnages percutants, tous très différents. L’auteur a mis le paquet au niveau des psychologies. C’est bluffant. J’aurais le plaisir le plaisir de vous en reparler plus tard. Je souligne donc les psychologies précises qui se dessinent et qui nous permettent d’avoir des images nettes des personnages !

On fait donc une rencontre musclée avec Eric Raverdi, un jeune homme qui n’a pas une vie facile. En effet, c’est un drogué qui vogue entre réalité et illusion. Il est perdu et dangereux. C’est un personnage avec lequel j’ai eu du mal à m’entendre. L’auteur fait le choix d’un antihéros et c’est un choix que j’ai apprécié. Cependant, les penchants d’Eric pour les substances illicites ne m’a pas forcément permis de m’accrocher à lui. Via Eric, on fait aussi la rencontre de Katia, sa compagne, avec qui il discute. Ils se revendiquent être Bonnie et Clyde et nous emmène dans un road trip assez particulier qui va nous faire voyager. J’ai trouvé l’idée de voyage intéressante : on peut le prendre au pied de la lettre et le voir d’une manière géographique mais j’ai aussi trouvé un voyage un peu plus flou : celui entre la réalité et l’artificiel. On tangue entre les deux et cela nous permet de donner un sacré rythme au roman.

D’autres personnages sont aussi présents : On peut citer Annie et son fils, le charmant, Thomas.

Christine Cartier est la commandante en charge de l’enquête policière qui se met en place. Elle va souligner le travail incroyable de la police lors d’une enquête. On suit ses idées, ses hypothèses. J’ai apprécié ce personnage très intense et courageux. Elle est loin d’être bête et met son intelligence au service du bien. C’est assez sympathique.

L’intrigue

Elle nous permet de confronter deux mondes différents. Avec Eric et Katia, on est sur la route, on vit au jour le jour et on essaye de survivre. Avec l’affaire d’Aubigny, le commandant est confronté aux secrets de famille, à la richesse et aux manipulations liées au milieu dans lequel évoluait la victime. C’est très bien fait.

On nous propose un univers dérangeant. En effet, le lecteur n’est pas épargné par la dureté de la vie et la difficulté de certains à pouvoir vivre correctement, à s’en sortir tout simplement. L’auteur n’exagère pas la vie, au contraire, il a un regard un peu philosophique sur cette dernière. C’est assez surprenant d’ailleurs d’avoir cette vision dans ce genre mais c’est bien, cela prouve l’atypisme du roman.

J’ai aussi apprécié la confrontation de la modernité et de l’ancien. J’ai trouvé que dans la résolution de l’enquête, l’auteur nous a fait un joli rappel d’une technique chère à Agatha Christie : le commandant regroupe tous les suspects et le désigne dans un huis clos assez pesant et très bien ficelé. J’ai été surprise tout au long du roman.

La plume de Jean-Benjamin Jouteur

Quel délice. Je découvre un peu plus la littérature noire avec le roman de Jean-Benjamin Jouteur. C’est une plume qui ne cherche pas la fioriture. L’auteur nous expose les choses comme elles sont. On ne cherche pas à tourner autour du pot. C’est une plume directe, qui va droit au but et cela fait du bien. C’est percutant et cela nous permet de nous concentrer sur le plus important dans cette histoire.

Les – :

  • Un démarrage un peu long.

Les + :

  • La plume de l’auteur
  • L’intrigue et la surprise permanente de cette dernière
  • Le panel varié de personnages
  • Un excellent roman noir
  • L’enquête policière

4

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Les larmes de Potap – Nadège Mazery

41soCnEa+cL._SX195_.jpgRésumé : Je m’appelle Potap. Potap Kerenski pour être précis. Je suis né à Tcheboksary, en Tchouvachie, sur les bords de la Volga, à 600 km à l’est de Moscou. Aujourd’hui, entouré de ma famille et de mes rares amis, je célèbre mes 18 ans. Un âge où, juridiquement, je deviens pleinement responsable de mes actes. Quels qu’ils soient. Pour ma part, j’assume totalement les miens. En conséquence, n’en déplaise à mon frère, ceci est mon dernier anniversaire.

Mon avis : Je remercie du fond du cœur Nadège Mazery pour l’envoi de son roman. Après quelques péripéties postales, j’ai eu la chance d’avoir pu lire ce roman percutant. J’avais découvert les dix premières pages du roman dans le cadre des présélections du Prix Des Auteurs Inconnus. Il faisait partie de ma sélection mais malheureusement il n’a pas été retenu. Lorsque j’ai vu que Nadège Mazery le proposait sur SimPlement, je n’ai pas hésité une seule seconde et je vous avoue que j’ai bien fait.

Une annonce percutante

J’avoue que je ne m’attendais pas à avoir ce sujet entre les mains : la drogue. Rien ne laisse présager dans le résumé ni dans les premières pages que l’on parlerait de cela. J’ai trouvé l’annonce du thème percutante, elle est finement apportée et cela ajoute une bonne dose de surprise.

Les personnages

Voilà un des points forts du roman pour moi. Potap est le personnage principal de ce roman. Je l’ai beaucoup apprécié. Sa psychologie, finement taillée, saura plaire à beaucoup de lecteurs fan du genre. En effet, Potap a décidé qu’à 18 ans, il mourrait. C’est un personnage assez courageux et assez buté finalement. J’ai apprécié sa franchise et sa volonté de faire comme il l’entend. Cependant, je pense qu’il fonctionne en binôme avec Mak, son frère qu’il ne voit pas souvent. Mak et Potap sont des personnages totalement aux antipodes. Si l’un est fort et a une vie plus ou moins mouvementée, l’autre est chétif, petit et torturé.

Un univers sombre

Le livre est assez noir, même très sombre. On évolue dans un univers où l’on ne sait pas comment cela va se terminer mais on a l’impression que cela ne peut pas bien se finir. Cette histoire est percutante par les sujets abordés et la manière dont ils sont traités. Dans ce tourbillon de mélancolie et de désespoir, une main tendue, un filet d’espoir et la volonté de montrer que la vie n’est pas que le noir viscéral dans lequel évolue notre personnage principal. C’est une lecture assez prenante bien qu’angoissante.

On est en Russie, dans une contrée que je ne connaissais pas. Les épais bois que l’on nous propose sur la couverture et dans la lecture ajoutent une touche d’oppression. Tout est là pour que l’on passe un moment de tension.

C’est certainement le petit point négatif qui ressort de ma lecture. Pour moi, c’est trop noir. J’ai eu besoin de faire une pause dans ma lecture de peur d’avoir une grosse panne. J’ai eu un peu de peine à évoluer dans l’histoire (au milieu environ). En soi, rien de bien méchant. Cela n’a pas gâché ma lecture mais cela a ralenti mon rythme.

Quand la fiction et la réalité se mélangent

Je pense que le choix de la Russie était assez judicieux. Finalement, on se rend compte que les personnes qui sont dépendantes aux drogues ne sont pas vraiment aidées. Si nous avons des centres de réhabilitation, là-bas, c’est plus compliqué. Grâce à cette fiction, l’auteure parvient à nous parler de la réalité, de la difficulté de vivre là-bas quand on sort des sentiers battus, quand on a des soucis. Après, je ne connais pas l’histoire profonde de la Russie ni même son actualité mais j’ai trouvé cette idée très sympathique.

La plume de l’auteure

Quel dynamisme ! C’est bluffant de réalisme. Par son choix de faire de Potap le narrateur, l’auteure nous plonge directement dans un univers criant de réalisme. On est dans la tête d’un gamin de 18 ans qui hurle sa douleur sans que personne ne l’entende. L’auteure choisit des thèmes durs, forts et prenants sans oublier une touche d’espoir qui allège cette tension, cette ambiance de mort.

Les – :

  • Quelques longueurs pour moi.

Les + :

  • Le duo Mak/Potap.
  • La thématique excellemment bien amenée par l’auteure.
  • La Russie en décor, un délice !
  • La plume de l’auteure

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A(i)mer d’Odehia Nadaco

CVT_AiMER_5217Résumé : Bronx, New York, 2005. Deux ans avant « Knysna ». Il est des rencontres qui marquent à jamais, gravées au fer rouge dans le cœur comme la brûlure d’une cigarette sur le derme. Une plaie refermée sur des démons, enfouis en vous pour toujours. Vivre avec en silence, survivre dans l’oubli, expier, comme une malédiction… Et si pour la première fois d’une vie sur le fil, il était possible d’apaiser les tourments ? Mais qu’en ce matin de février, votre passé frappait à votre porte et s’en prenait à votre seul ami et allié ? Et si… vous aviez tué la seule personne qui ait su vous aimer ?
AVERTISSEMENT : Certaines scènes pouvant choquer la sensibilité des lecteurs, ce roman est destiné à un public adulte et averti.

Mon avis : Je remercie le Prix des Auteurs Inconnus pour l’envoi de ce roman. En effet, A(i)mer est ma lecture du mois de février dans la catégorie « littérature noire ».

Une plongée dans un univers étouffant & sordide

Purée. J’ai été scotchée par la densité et la profondeur de l’univers proposé par Odehia Nadaco. Je trouve que ce roman a sa place dans cette catégorie. On ne pouvait pas mieux l’illustrer ! L’auteure place le lecteur dans une situation délicate. Je me suis sentie mal à l’aise tout au long de ma lecture. Les sujets abordés sont durs et on a l’impression que cette douleur, cette mélancolie et cette tristesse ne nous quittera pas. Autant vous dire que pour une lectrice comme moi, ce fut un long chemin. Néanmoins, je suis contente d’avoir découvert ce roman.

A(i)mer est un roman coup de poing. Le jeu de mots est, ici, justement illustré. J’ai trouvé l’idée brillante. On y parle d’amour, c’est certain. Cependant, on ne traite pas cette notion comme on pourrait le penser. Pour moi, l’amertume se traduit parfaitement bien dans les mots de l’auteure.

Ce roman est un roman qui en accompagne un autre, il se nomme Knysna. Je ne sais pas si 41067534_10156785467017376_4907767977048276992_nj’aurais le courage et le cœur assez accroché pour lire ce roman mais, si vous êtes un lecteur qui apprécie les romans ultra noirs, je ne peux que vous le conseiller. Il faut aussi souligner le fait que les deux romans peuvent se lire indépendamment.

L’intrigue reste assez noire aussi même s’il n’y a rien de nouveau. Hilton fuit des gens qui lui veulent du mal. Vengeance, trahison, haine et danger sont au rendez-vous. Clairement, ce roman ne m’a pas intéressé pour son intrigue.

Un personnage principal qui nous prend aux tripes

On fait la rencontre d’un jeune homme Hilton. C’est un jeune homme de bonne famille qui nous sidère par ses choix. On se demande pourquoi il ne sort pas de la spirale infernale dans laquelle il est. Rapidement, on comprend que ce personnage n’est pas le genre à s’enfuir et à tout laisser derrière lui. Je l’ai trouvé admirable. La loyauté qui le caractérise est touchante. Plus je me suis plongée dans cette histoire, plus je me suis attachée à ce personnage.

La plume d’Odéhia Nadaco

Si j’ai eu du mal à lire ce roman, ce n’est certainement pas à cause de la plume de l’auteure! En effet, c’est particulièrement étrange mais, même si l’intrigue m’a dérangée à certains moments (je reviendrai sur ce point par la suite), je ne pense jamais regretter de m’être plongée dans cet univers tant la plume de l’auteure est spectaculaire ! Je suis scotchée par la qualité de la plume. A l’image de son roman, Odéhia Nadaco nous percute par la manière qu’elle a de nous raconter les choses. C’est direct et froid. Le lecteur encaisse les coups et finit K.O. tant la plume de l’auteure est frappante.

L’avertissement

Je vous préviens tout de suite, l’avertissement n’est pas à prendre à la légère. C’est une lecture dans le cadre du Prix des Auteurs Inconnus donc pour être impartiale dans mes jugements, je suis allée jusqu’au bout même si cela m’a demandé un effort. Encore une fois, je souligne que le travail de l’auteure et sa qualité ne sont pas remis en question mais ce roman est trop noir pour moi. En effet, les scènes de violences sont très présentes et l’auteure ne fait pas dans la demie mesure ! C’était un peu trop pour moi.

Néanmoins, je suis heureuse d’avoir été jusqu’au bout de ma lecture. Cette dernière m’a poussé dans mes retranchements. Cette lecture m’a malmenée mais je pense que c’est un mal pour un bien. Je finis donc cette lecture sur une note « positive » (je suis sous xanax pour le moment, mais ça va passer.)

Les – :

  • Même si j’ai été avertie, j’ai été secouée par les scènes trop violentes pour moi.

Les + :

  • La plume de l’auteure qui est une révélation.
  • Le personnage de Hilton qui m’a beaucoup plu.
  • Le fait d’être ressortie grandie de cette lecture.

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