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Le mage du Rumorvan – Jean François Joubert

téléchargementRésumé : On aurait dit que la Lune était rousse et que le soleil venait à peine de rejoindre l’autre hémisphère, quand tous les chiens du quartier se mirent à hurler à la mort. Un bien triste concert qui interrompit la nuit hivernale des habitants du petit village, mais des grognements et des gémissements exprimant un irrépressible effroi, avaient fait converger tous les regards dans le moindre recoin sombre. Ils sortaient tous de chez eux, jeunes et vieux se regroupant au cœur du bourg, les yeux rivés sur les nuages illuminés par un feu intense. Ils venaient de comprendre l’origine de ces cris inhumains qui donnaient cette impression unique d’apercevoir une esquisse de l’enfer. Lorsque cet événement exceptionnel arriva à l’Aber-Ildut, petit bourg aux confins de la Bretagne, les esprits des villageois façonnés par de vieilles légendes, surent que de terribles maux allaient les accabler bientôt. Le mage était mort. Assassiné. La rumeur circulera dès le lendemain, des murmures apeurés. Les langues se délieront bientôt, chaque villageois, convaincu de ce qu’il sait ou imagine. Et rien que du mauvais pour tous. L’inspecteur Lavigne va devoir comprendre leur personnalité, savoir ce qu’ils savent réellement. Qui avait intérêt à tuer le mage tant craint et respecté ? Quel en était le mobile ? Qui en voulait à ce point au rebouteux ? Solitaire et taciturne, l’inspecteur poursuivra auprès d’une population qui a toujours été effrayée par la personnalité de la victime, son côté sombre, une force obscure qu’il tirait du pouvoir de l’ombre. Qui ? Sa femme ? Sa maîtresse. Le contenu de ses livres, aussi anciens que secrets ? Lavigne va livrer une bataille muette, tenter de comprendre le contexte dans lequel vit ce bourg figé dans des croyances d’un passé qu’il croyait révolues. Et il ira de surprise en surprise, jusqu’à avoir peur de son ombre.

Mon avis : Je remercie l’auteur Jean François Joubert pour l’envoi de son roman. J’ai beaucoup apprécié cette lecture.

C’est un roman régional que l’on peut qualifier de polar/policier. Je ne sais pas pourquoi je retrouve souvent cette région de la France lorsque l’on a des crimes mystiques ou à caractère satanique mais j’avoue que je ne m’en plains pas du tout ! En effet, l’auteur parvient aisément à nous envoyer directement dans les petites rues, dans les crêperies et les cafés sur les traces de ce criminel dont on ne sait rien.

Qui dit roman policier dit multitude de personnages tous aussi captivants les uns que les autres. En effet, jusqu’à la fin, on ne sait vraiment pas qui est le criminel. On rencontre l’inspecteur Lavigne qui est en charge de cette enquête qui, au premier abord, ne semble pas être si compliquée que cela. L’inspecteur va vite déchanter devant le peu d’indice et le peu de langues qui se délient sans mettre la pression.

Certains personnages se détachent néanmoins : la femme de la victime, un jeune journaliste, une femme qui promène son chien en insultant tout le monde. Cependant, on se rend compte que les habitants de ce petit bourg breton se connaissent tous et cela apporte une fraternité certaine et l’image d’un village soudé.

L’intrigue est assez intéressante, un peu de magie et de satanisme. La victime, le mage, est connue pour être une personne qui côtoie le diable en personne. Il a vendu son âme à Lucifer. Sa femme nous relate une vie calme malgré les apparences mais surtout une manière de penser assez originale ce qui fait de lui et de sa femme des marginaux. J’ai beaucoup aimé le fait que l’on apporte l’idée d’un grimoire maudit. C’était vraiment très intéressant, cela m’a permis de passer une bonne lecture. Les maigres preuves et indices emmènent Lavigne sur des pistes différentes. On voit que la situation le dépasse… Le côté mystique le dérange mais cela n’enlève rien au plaisir que l’on a durant cette lecture.

Livre court, il n’en reste pas moins très agréable. J’ai beaucoup aimé suivre les aventures de l’inspecteur Lavigne. Il est assez terre à terre et m’a un peu fait penser aux inspecteurs Poirot et Maigret. Un inspecteur de la vieille école en soit. C’était sympathique.

J’aurais juste aimé en savoir un peu plus sur la victime et sur le côté satanique de l’intrigue. Même si on en parle, j’ai trouvé dommage que l’on n’en parle pas plus. Je pense aussi qu’un épilogue sur les devenirs des personnages auraient été sympathique aussi, à mon avis. (Ce n’est que mon avis).

En attendant, si vous voulez une petite lecture qui mêle mythe, satanisme et enquête policière, je vous le conseille vivement ! La plume de l’auteur est très belle, pleine de poésie. L’auteur parvient à apporter pas mal de suspense et nous mène difficilement sur la piste du véritable tueur.

Ma note : 15/20

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L’écho des morts – Johan Theorin

téléchargementRésumé : Joakim et sa femme Katrine ont décidé de quitter Stockholm pour s’installer dans une vieille ferme sur l’île d Öland. Katrine et les enfants s’y installent alors que Joakim achève l’année scolaire au collège où il enseigne. Après la noyade accidentelle de Katrine, Joakim sombre dans une profonde dépression. En faisant des travaux dans la maison, il tombe sur des inscriptions mystérieuses. Il apprend alors que dans le passé, les habitants de la ferme ont souvent été victimes d’accidents mortels. Les inquiétantes légendes d’Öland refont surface et Joakim se prend à imaginer qu’à l’instar d’autres esprits, Katrine pourrait revenir. Le suspense s’épaissit. D’étranges cambriolages en série surviennent sur l’île. La jeune policière Tilda Davidsson qui mène l’enquête a bien du mal à dénouer tous ces fils qui s’entrecroisent.
Après le brouillard d’automne de L’Heure trouble, L’écho des morts, livre d’hiver sur le deuil et la mémoire, est soutenu par l’écriture sobre, très personnelle et d’une efficacité troublante de Johan Theorin.

Mon avis : Voici un nouvel audiolib que j’ai pris plaisir à découvrir. En effet, la couverture bien mystérieuse m’avait fait de l’œil à la médiathèque. C’est une grosse écoute : quasiment 12 heures, j’en ai fait des kilomètres en voiture. Oui, je n’écoute mes livres audio en voiture : je ne supporte pas rester inerte dans mon lit à écouter, ce n’est pas possible. Je me suis même surprise à laisser tourner le moteur pour en savoir un peu plus avant de rentrer chez moi.

C’est la première fois que je lis un roman scandinave. C’est beau, frais et terriblement bon ! J’ai vraiment beaucoup aimé ce premier roman. Je ne connaissais pas l’auteur et je suis persuadée que je relirai un de ses romans avec délice.

On fait la rencontre de la famille Westin qui se compose de Joakim, Katrine, Livia et Gabriel. La petite famille coule des jours heureux sur la petite île d’Öland. Ils ont racheté une maison pour la retaper. Cette maison a un lourd passé. On entend des histoires à faire peur, des morts inexpliquées…

La création d’une atmosphère incroyable se fait sous nos yeux. En effet, on se retrouve propulsé dans un quotidien inquiétant sur l’île. L’isolement insulaire est propice à ce que l’atmosphère soit pesant à souhait. De plus, cette île se trouvant au sud de Stockholm, entourée par la mer Baltique est plongée dans le noir une bonne partie de la journée, c’est l’hiver, il fait froid. On crée donc une situation et une atmosphère inquiétante.

Après la noyade accidentelle de Katrine, Joakim se retrouve dans une situation détestable : il ne supporte plus la vie sans Katrine, ses enfants sont tristes mais il n’ose pas leur dire qu’elle est morte. Livia fait des cauchemars, voit sa mère, l’appelle sans comprendre ce qu’il se passe.

On suit trois histoires en parallèle qui finiront par se rejoindre : celle de la famille Westin, celle de Tilda Davidson, une jeune policière qui mène l’enquête puisqu’en son for intérieur, elle sait que quelque chose cloche et celle de trois cambrioleurs qui volent pour revendre.

Il y a quantité de personnages secondaires qui prennent plus ou moins d’importance selon les chapitres. J’ai beaucoup aimé l’agilité avec laquelle l’auteur a fait coïncider ces trois histoires.

En plus de toutes ces histoires de cambriolages, on se retrouve avec une histoire de fantôme. En effet, Joakim trouve une petite chapelle dans sa grange pour calmer les esprits des marins morts en mer. Guerlof, un vieil homme raconte le passé de la bâtisse et de ce qui s’y est produit des années auparavant.

La plume de l’auteur est excellente ! Elle est propice à cette atmosphère lugubre et quelque peu fantastique. On frôle les limites du réel, c’est plaisant !

Ma note : 19/20 

27

Colère noire – Jacques Saussey

9791025102268fsRésumé : Un industriel est retrouvé mort dans sa baignoire et les premiers éléments accréditent la thèse du suicide. Mais pour le capitaine Daniel Magne, il s’agit d’un meurtre. Reste à trouver le coupable, et c’est le début d’un jeu de domino mortel qui se met en place. Chaque suspect devient victime et les morts se succèdent. De Paris à New York en passant par l’Afrique du Sud, l’enquête s’annonce pleine de rebondissements et truffée de périls pour Magne et sa coéquipière Lisa Heslin.

Mon avis : Je tiens à remercier Gilles Paris ainsi que son équipe qui fait un travail formidable. En effet, je suis heureuse de pouvoir être une des nombreuses partenaires littéraires de Gilles Paris. J’ai toujours le droit à un panel de nombreux romans divers et variés. J’ai jeté mon dévolu sur un polar Colère Noire de Jacques Saussey qui me plaisait beaucoup à la lecture de son résumé.

Ce fut un bon pavé (de 524 pages quand même) qui ne m’a pas déçu. En effet, j’ai toujours une crainte avec les gros romans : les longueurs qui font perdre du rythme au roman. C’est souvent compliqué de rester concentré sur un roman qui divague. Ici, on est tenu en haleine jusqu’au bout, je n’ai pas trouvé de longueur. C’est déjà un très bon point. De plus, on recherche de l’action et de la réflexion dans ce genre de romans. Je n’ai pas été déçue non plus de ce côté. Le suspens, l’intrigue, les personnages, tout est bon dans ce roman.

beach_gate_weheartitOn a des personnages intéressants quoi qu’un peu stéréotypés :

  • Daniel Magne, capitaine de police. Un capitaine des années 50, porté un peu sur la boisson. Il est en couple et son couple bat de l’aile. Sa femme demande de l’attention qu’il ne peut pas forcément lui donner à cause de son travail.
  • Lisa Heslin est la coéquipière du capitaine Magne, elle est un peu bordélique mais arrive à se faire entendre. Son statut de femme ne pose pas forcément de problème au sein de la police. C’est elle qui trouve l’indice qui prouve que cet accident n’est pas un suicide mais un meurtre.

C’est un duo qui fonctionne bien, ils apportent chacun à l’autre ce qui lui manque. J’ai trouvé ce duo sympathique malgré le côté désuet du couple.

On est propulsé dans un bel univers. On voyage beaucoup : en France, à New York mais13254289_1045349628891225_4894523684186030036_n aussi en Afrique du Sud. Au passage, on en apprend beaucoup sur le tir à l’arc mais aussi sur les chasses luxueuses et bien entendu interdites en Afrique du Sud, c’est d’ailleurs sur un ancien camp de chasse que l’intrigue se met en place. On est vraiment dans un univers incroyablement bien ficelé. J’ai trouvé l’idée très originale et qui révolutionne quelque peu le genre du polar.

C’est la première fois que je lis un roman de Jacques Saussey et je suis heureuse d’avoir appris sur la toile que ce tome est le premier (sur huit apparemment) de la saga Magne/Heslin. J’ai hâte de voir ce que l’auteur nous réserve.

La plume de l’auteur est sombre, mystérieuse et très belle. Les mots employés sont justes, réfléchis.

Pour résumer : J’ai passé un très bon moment avec ce premier roman d’une saga qui me semble être très intéressante. L’auteur, grâce à sa plume mais aussi à ses connaissances, nous emmène dans une chasse incroyable où l’on retrouve des sujets divers et variés. J’ai aussi été heureuse de voyager grâce à ce livre.

Voici le troisième roman que je lis de la maison d’édition French Pulp et je commence à croire que je vais être abonnée aux bons romans avec cette maison d’édition que je vous conseille chaudement.

Ma note : 17/20

16

La malédiction d’Oxford – Ann A McDonald

1507-1Résumé : Cassandra Blackwell, jeune Américaine d’origine modeste, intègre la prestigieuse université d’Oxford pour une année d’études. Toutefois, la qualité de l’enseignement, les porches recouverts de lierre ou les soirées étudiantes ne figurent pas parmi ses priorités. Elle n’a qu’un objectif : découvrir la vérité sur le passé de sa mère, étudiante à Oxford dans les années 1990, qui a fui ce paradis d’un autre temps avant de se suicider quelques années plus tard. L’enjeu est important, car Cassie pourrait enfin connaître l’identité de son père. La jeune femme se lie rapidement avec l’élite anglaise et plonge dans ce monde fascinant aux traditions séculaires. Pourtant, au sein de ce campus légendaire, une force inquiétante est à l’œuvre : l’École de la Nuit, une société secrète qui semble liée à une série de suicides. Cassie pourrait bien être la seule à pouvoir y mettre un terme ? mais à quel prix ?

Mon avis : Je remercie Camille et les éditions Michel Lafon pour ce très beau et bon partenariat.

20100628104007michellafonJ’ai littéralement adoré ce roman ! C’est le premier roman de cette auteure que je lis et ce que j’ai découvert m’a beaucoup plu !!! J’ai dévoré mon roman en quelques heures.

J’ai été happé dans cette histoire dingue et palpitante. Elle mêle présent et passé à merveille. C’est une parfaite alchimie entre les siècles derniers. On remonte jusqu’au XIXème siècle. C’est incroyable ! De plus, l’intrigue et les lieux qui sont proposés m’ont beaucoup plu.

Cassie Blackwell est une jeune étudiante américaine fraîchement arrivée dans le pays de notre chère Elizabeth II. Elle a décroché une bourse étudiante qui lui permet d’arriver à l’université de Raleigh à Oxford. Cassie n’est là que pour une seule et unique chose : retrouver l’identité de son père qu’elle n’a jamais connu et lever le mystère qui plane autour de la mort de sa mère.

Cassie va tout faire pour comprendre le passé de sa mère au collège d’Oxford. C’est là que beach_gate_weheartittout a commencé. Cassie va rechercher, fouiller, mentir, manipuler pour parvenir à ses fins. Dans tout ce tourbillon de ténèbres, Cassie va rencontrer des gens, amis, ennemis et alliés. Le monde d’Oxford se révèle être à part du reste du monde. Il est vraiment particulier. Ann A McDonald nous permet, grâce à ses mots, de découvrir des lieux fantastiques et des personnages bien différents les uns des autres.

  • Cassie est le personnage principal du roman. Elle est une jeune fille pétillante et très intelligente. Elle est terriblement méfiante, le poids du passé pèse sur ses épaules.
  • Evie est la colocataire de Cassie. Elle déborde de vie et d’énergie. Elle est drôle, très studieuse. Elle est la parfaite amie qui fait tout ce qu’elle peut pour rendre les gens qu’elle aime heureux.
  • Hugo est un étudiant du collège Raleigh. Il est riche. Il se moque de ses études et ne sait pas vraiment ce qu’il veut. Il est sous pression à cause de sa famille qui est très riche et célèbre : il fait partie de la famille des Mandeville.
  • Olivia est la cousine d’Hugo. Elle est très directive. Elle est le stéréotype parfait de la petite cheftaine de sa bande d’amis bien riches. Elle est aussi très prétentieuse.
  • Charlie est un policier. Il va aider Cassie à enquêter sur la mort de sa mère et le mystère qui entoure ce collège.
  • Elliot est un bibliothécaire qui va rapidement devenir l’ami de Cassie. Lui aussi, à sa manière, va aider Cassie à trouver des indices pour savoir où chercher. Il est drôle et très intelligent.
  • Tremain est un professeur de Cassie. Il s’avère être méfiant, cassant et ne semble pas apprécier Cassie plus que ça. Il va même finir par la pousser à partir du collège.

On est propulsé au cœur d’une intrigue rondement menée. Elle mêle faits historiques et fantastique. On va se mêler à la foule d’enfants riches qui n’ont aucun scrupule. L’Ecole de la Nuit refait surface : Est-ce un mythe ? Une légende ? Ou la Vérité ? Cassie va se mettre dans des situations très périlleuses pour comprendre comment sa mère est morte, d’où viennent tous ces étudiants suicidés. Elle veut absolument savoir ce qui s’est passé dans cette école. Au péril de sa vie. Tant de questions qui finiront par trouver des réponses.

On a des moments qui font froid dans le dos. C’est vraiment un très bon roman que je conseille à tous les fans du genre. J’ai passé un superbe moment dans cette ambiance tendue, merveilleuse et irréelle. C’est sombre et mystérieux à souhait. C’est un très beau coup de cœur.

Ma note : 20/20

15

Paris va mourir – Francis Ryck

896515.jpgRésumé : Une grenade sur un bateau mouche ? C’est l’inquiétude. Une bombe dans un train ? Le début de l’hystérie. Des bus qui explosent ? La porte ouverte aux émeutes. Les services secrets ont intérêt à se dépêcher : quelqu’un essaye tout simplement de transformer la ville lumière en ville… morte. Les histoires de Francis Ryck (1920-2007) sont remplies de personnages fantastiques et extravagants. Ses romans marquent une rupture dans les mondes du polar et de l’espionnage et en font un des auteurs français les plus adapté au cinéma : dans sa filmographie, sous la direction de Costa Gavras ou encore Gérard Pirès, on retrouve pêle-mêle Lino Ventura, Jacques Villeret, Fabrice Luchini et même Johnny Halliday !

Mon avis : Je remercie vivement les éditions French Pulp (première pour moi !) ainsi que Gilles Paris et aussi ses gentils stagiaires.

Honnêtement, je pensais lire un roman d’actualité, à la lecture de la quatrième de couverture. Je pensais, à cause du contexte actuel lire un roman moderne, fraîchement publié, d’actualité. Lorsque j’ai parcouru plus attentivement le livre, je me suis rendue compte que c’était une réédition d’un roman datant de 1969 ! Voilà ma première surprise. Cela ne m’a aucunement ennuyé dans ma lecture que j’ai bien appréciée.

Ce fut un bon polar comme on les aime. Il est très sympathique même s’il ne révolutionne pas le genre. Il suit le schéma narratif que l’on connaît : les péripéties sont très sympathiques. Les évènements sont terrifiants puisqu’on les vit de « l’intérieur » mais ce fut une lecture enrichissante. Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de roman d’espionnage et cela fait du bien ! Ce fut une lecture complètement à l’ancienne et ça fait beaucoup de bien !

L’histoire est originale malgré tout : un terroriste se dénonce lui-même aux services 13254289_1045349628891225_4894523684186030036_nsecrets français parce qu’il ne peut plus vivre cette vie. Herreman se fait « capturer » par les services mais ces derniers ne le laissent pas s’en tirer ainsi. Pour le moment, Herreman ne pourra pas vivre en paix. Un français, que l’on appelle Roc et qui travaille avec les services secrets français, prend sa place au sein d’un groupement terroriste qui sévit dans Paris depuis quelques temps. Grâce aux informations d’Herreman, Roc arrive à se fondre dans la masse, à infiltrer le groupuscule et à essayer de stopper cette folle histoire.

J’ai aimé voir la distinction entre les deux camps :

  • Pour les services secrets français et pour le reste des gens de la population, il s’agit simplement de terrorisme. On tue des gens au hasard. C’est de la violence pure et dure.
  • De leur côté, les terroristes voient cela d’une manière bien différente : c’est leur manière de montrer leur mécontentement depuis mai 1968. C’est une manière d’hurler leur haine au gouvernement et de se rebeller. En effet, ils ne semblent pas réaliser toutes les vies qu’ils ont volés. Ils déshumanisent complètement la population.

beach_gate_weheartitIl y a un point qui m’a beaucoup perturbé parce qu’en effet, même si ce roman ne date pas de ces dernières années, la trame et les événements nous ramènent forcément aux attentats de ces derniers mois qui ont sévit dans Paris mais aussi partout dans le monde. On se rend compte que la sauvagerie n’a donc pas d’âge. Elle sévit, frappe et explose tout depuis la nuit des temps et cela ne s’arrêtera peut-être jamais. C’est un roman fort et poignant qui délivre de beaux messages. Il y aura toujours des gens pour résister et faire de leur mieux pour ne pas laisser la violence et la terreur gagner. On ramène la fiction à la réalité. C’est dur mais très fort.

Avec une histoire originale, une enquête rondement menée et des personnages à la hauteur de nos attentes, on est plongé dans un superbe univers qui va nous emmener au cœur d’un Paris dévasté. L’enquête est palpitante, on ne s’ennuie pas. C’est très appréciable.

La plume de l’auteur est simple, belle et à l’image de ce roman : efficace. C’était une lecture agréable qui m’a permis de redécouvrir le monde de l’espionnage.

Ma note : 15/20

 

12

Portrait de groupe avec parapluie – Violette Cabesos

1540-1Résumé : Marthe Bothorel, soixante-dix ans, s’est prise de passion sur le tard pour l’histoire de l’art : de musées en cours de dessin, l’autodidacte plonge dans un monde qui la fascine. Un dimanche, lors d’un concours de peintres amateurs, elle découvre le corps d’une femme assassinée selon un rituel aussi macabre que spectaculaire. Le premier d’une longue série… En compagnie de deux autres mamies aussi déjantées qu’elle et d’un policier mélomane, Marthe décide de démasquer le talentueux tueur !Un polar original, érudit et cocasse, où l’auteur du Teinturier de la lune et de La Promesse de l’ange nous embarque dans une enquête échevelée sur les traces des grands peintres du XXe siècle, du Bateau-Lavoir de Montmartre à la Ruche de Montparnasse.

Mon avis : Laissez moi tout d’abord remercier les éditions Albin Michel et Gilles Paris pour ce merveilleux partenariat!

C’était mon premier roman de cette auteure et je ne regrette pas mon choix pour cette lecture! J’ai adoré ! On mêle deux univers que j’adore : la lecture et l’art!

C’est un polar que j’ai beaucoup aimé par son originalité mais aussi par son contenu. On suit l’histoire en deux teintes : d’un côté l’histoire à travers les yeux du tueur et de l’autre côté celui de l’enquête policière.

On a trois personnages principaux qui se distinguent : Marthe, Jacote & Nastia qui sontLogo_Albin-Michel trois dames âgées. Trois mamies de 70 ans. Elles sont très originales et très différentes les unes des autres. Elles nous offrent un cocktail rock’n’roll durant tout le roman.
– Marthe est la plus important des trois. C’est elle qui fait la première découverte macabre. Elle aime l’art: entre visites, expositions et cours d’art, on ne l’arrête plus! Elle n’a pas eu une vie facile mais ne s’en est jamais plaint. Elle a un chien pour lui tenir compagnie: Arthur. Un petit chien adorablement baveux. Il la suit partout.
– Jacote est très drôle. Son langage est plus que drôle. J’ai rigolé plus d’une fois en lisant ses répliques détonantes. Elle utilise un vocabulaire d’homme enfin non d’un homme de la rue, des ouvriers d’entant. Elle m’a bien fait rire. Ce vocabulaire s’explique par le fait qu’elle tenait un bar principalement fréquentés par des hommes qui sortaient du travail.
– Nastia : C’est la dernière personne vivante d’une famille de nobles russes qui ont du fuir vers la France pour éviter de se faire massacrer. Elle est calme, douce et très intelligente. Elle a le sens de l’honneur.
Ces trois femmes sont liées par une amitié indéfectible. N’ayant plus vraiment de familles, elles représentent tout pour elles. C’est un trio charmant que j’ai beaucoup aimé !  Je les ai trouvés très émouvantes dans leurs façons de tout faire pour éclaircir la situation.

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On trouve aussi Joseph Cointreau qui est l’inspecteur qui mène l’enquête. Il a 50 ans et se lie très rapidement d’amitié avec nos trois mamies d’enfer! Il est très sympathique et j’ai été beaucoup surprise par ce personnage. L’auteur à travers ce personnage nous montre l’image de l’homme mais aussi du policier. Par moment, il est prit entre les deux. J’ai aimé cette dualité. En plus, il est fan de musique et ça, c’est un petit plus qui m’a fait craquer.

La particularité de notre sérial killer ici c’est qu’il tue en représentant les oeuvres d’art de peintres. Il remet en scène des oeuvres célèbres. A faire froid dans le dos. Ce que j’ai aimé c’est qu’à travers le personnage du tueur c’est que l’on découvre l’histoire de ses grands-parents qui ont côtoyé les plus grands peintres : Picasso, Modigliani, Derain, Soutine et largej’en passe! J’ai pris plaisir à (re)découvrir ces peintres dans leur intimité. J’avais vraiment l’impression de vivre un bout de leur intimité et de découvrir ces hommes avant de découvrir ces artistes. J’ai aussi apprécié découvrir la vie du jeune tueur et de sa grand-mère. On découvre aussi à travers le biais de la vie des artistes celle de son grand-père et j’ai trouvé l’idée excellente!

Le tueur veut se venger de tout ces peintres célèbres. Il ne les supporte pas. J’ai trouvé cette idée magnifique! Un suspens à couper le souffle qui tient en haleine jusqu’au bout. Il doit tuer tous ces traîtres et pour les tuer, il tue leurs oeuvres.

C’était excellent! J’ai passé un très bon moment! Un véritable coup de coeur qui m’a permis de vivre dans l’intimité de mes peintres favoris !

Ma note : 20/20

19

Un interêt particulier pour les morts T1 – Ann Granger

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On se retrouve pour une nouvelle chronique. Je me suis attardée cette fois ci sur le premier opus de la saga concernant Lizzie Martin d’Ann Granger.

Résumé : Lizzie Martin a été envoyée à New Forest pour soutenir une jeune femme dont le bébé a connu une mort tragique. Mais les choses prennent une tournure encore plus sombre lorsqu’un chasseur de rats est retrouvé assassiné dans le jardin, la jeune femme éplorée et couverte de sang à ses côtés. Ne sachant pas vers qui se tourner, Lizzie appelle son ami l’inspecteur Ross Ben de Scotland Yard pour résoudre ce crime horrible.

Mon Avis :Je suis tombée amoureuse de cette magnifique couverture!

Nous sommes propulsés dans un décor victorien britannique tout à fait charmant. En effet, l’auteure a su faire naître un véritable décor du milieu du XIXème siècle. J’ai été propulsé dans cette époque que j’affectionne tant. On se retrouve en plein âge industriel britannique. La modernisation est une toile de fond à une histoire bien sordide.

Il y a beaucoup de points positifs dans cette histoire. Le décor planté par Ann Granger colle vraiment à la réalité, il nous est donc facile de nous représenter les lieux avec un peu d’imagination. Les descriptions sont assez riches et longues.

Les personnages sont tous très diversifiés et assez nombreux. Si l’on s’attarde un peu sur le personnage principal : Lizzie Martin, on se rend compte qu’il est haut en couleur. En effet, Lizzie est une jeune orpheline qui remplace une demoiselle de compagnie chez sa tante. Elle se révèle être une jeune fille drôle, piquante, têtue et surtout très curieuse. Elle n’a pas sa langue dans sa poche ce qui fait froid dans le dos de sa tante et beaucoup rire son cousin. Elle se moque complètement des convenances à l’instar de sa tante.

Ross Ben est lui un inspecteur de police sympatique. Il représente l’ordre dans le roman mais je n’ai pas su l’apprécier comme j’ai apprécié Lizzie.

La tante de Lizzie est tout son contraire. Il y a un sacré contraste entre elle et sa nièce. Elle est guindée, ne pense qu’à jouer et se moque de ce qui s’est passé dans son manoir et de la disparition de son ancienne demoiselle de compagnie. Elle souhaite plus que tout le départ de Lizzie qui lui donne une réputation dans le voisinage.

Lizzie est très curieuse, elle interroge, pose des questions, écrit des lettres. Elle veut comprendre comment et pourquoi l’ancienne dame de compagnie de sa tante a disparu. Cette histoire l’emmène dans les bas fonds de Londres avec Ben Ross.

L’écriture est fluide et l’on reste dans l’univers du roman jusqu’au bout. Le suspense est maintenu jusqu’au bout. Cependant, l’originalité s’essoufle un peu et c’est ce qui fait que ce roman n’est pas un coup de coeur mais une benne découverte.

L’autre point négatif que j’ai trouvé (et c’est le dernier promis!) c’est que j’ai trouvé les rôles des personnages un peu attendu. C’est dommage, j’aurais voulu petre surprise par les choix de LIzzie et avoir quelques revirements avec les caractères des personnages. On sait déjà vers le milieu du livre comment la vie sentimentale de Lizzie va se terminer.

6cueLu dans le cadre du challenge XIXème siècle

 

 

Ma note : 16/20