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Si c’est pas sûr, c’est quand même peut être de Magali Discours

book-6134Résumé : 2005 : Une troupe de théâtre de rue a posé ses valises sur un bout de trottoir. Une installation bancale de bric et de broc, des chansons, un brin de poésie et des kilomètres de souvenirs éclairent la grande histoire à la lumière d’une vie qui dura près d’un siècle, celle de Papé né d’une guerre en 1917. Dans le public de ce road movie à la française, Florence trouvera peut-être quelques vérités sur sa propre existence.

~ Lecture pour le Prix des Auteurs Inconnus 2019 ~

Je remercie le Prix des Auteurs Inconnus pour l’envoi de ce roman qui est ma deuxième lecture dans la catégorie « littérature blanche ». Quelle belle surprise !

Honnêtement, je ne suis pas forcément très fan de ce genre de titre qui veut tout et rien dire. Je ne suis pas non plus fan de la couverture qui, pour moi, ne rend pas forcément justice à ce superbe roman. Je n’arrête pas de le dire mais l’habit ne fait pas le moine et je suis heureuse de ne pas être restée sur mon apriori sur ce roman.

La thématique de la valise est assez intéressante. Elle est présente sur la couverture mais aussi dans les chapitres de ce roman. On a des descriptions de valises qui viennent bercer le récit. La valise est synonyme de voyage : ici, on a deux sortes de voyages. Le voyage géographique mais aussi historique. En effet, Magali Discours décide de nous faire voyager au gré des années de Papé, un personnage que l’on rencontre. Le voyage donc. La couverture nous propose aussi, par ses couleurs, de plonger dans des souvenirs. Cette volonté de mettre la couverture en noir et blanc nous propose aussi la thématique du souvenir. C’est très intéressant. La valise et le souvenir… Vastes sujets !

Plongez avec moi dans la vie de Papé au rythme des aventures de Lisa, Mehdi, Serena et Pablo… Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ma lecture, c’est cette envie que l’auteure a de nous montrer la vie. Pas LA vie de star, de personne privilégiée. La vie tout simplement. Celle que l’on vit avec des rires et des larmes, des joies et des bonheurs, des hauts et des bas. Cette histoire est un hymne à la vie.

Cette histoire nous propose de découvrir une troupe de théâtre de rue qui va mettre en scène la vie de Papé. Papé est un homme qui a vécu de formidables choses mais aussi des choses horribles. C’est vraiment très agréable de découvrir sa vie. En effet, mélangés à la fiction, on a des dates et événements historiques qui permettent d’ancrer cette histoire dans la réalité. Ainsi, on est baladé dans cette deuxième moitié du 20ème siècle. On va voyager et avoir un regard différent sur les événements qui ont pu bercer la France (exemple : mai 68, l’élection de Mitterrand…) Je trouve ça très sympathique.

J’ai apprécié le lien indéfectible entre le passé et le présent. Papé qui a vécu jusque 2003 83635699_10216845068819798_5287050577543430144_nrencontre le chemin de Lisa, Mehdi, Serena et Pablo. Ce sont des jeunes qui font partie d’une troupe de théâtre de rue. Ils voyagent dans toute la France pour partager leurs spectacles. Ils reviennent toujours au même endroit, le bar de Jocelyne où Papé se trouve aussi. C’est cette troupe qui va présenter la vie de Papé. Pour cela, ils vont faire des recherches, remonter le fil de la vie de Papé pour essayer de trouver tout ce qu’ils peuvent sur cet homme qui croit en eux.

On brasse beaucoup de personnages dans ce roman, ça bouge, ça vit, ça fait du bien. Le panel de personnages est divers et varié mais qu’est-ce qu’il est bien traité ! J’ai apprécié rencontrer tous les personnages dans les deux époques. C’était riche et plein d’émotion. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Papé qui vient unir ces deux périodes de l’intrigue. J’ai aimé le fait que le passé a besoin du présent pour qu’il ne soit pas oublié. Les vivants sont les porteurs de parole des morts. C’est très agréable de se dire qu’il faut avoir les deux parties pour pouvoir avancer. J’ai aimé aussi l’idée du théâtre et de la mise en scène. J’ai trouvé l’idée très sympathique.

Roman que l’on peut qualifier de « tranche de vie », Si c’est pas sûr c’est quand même peut être remet les choses en place. Il est bourré d’émotions en tout genre. On se rend compte de la futilité de certaines choses qui peuvent bercer nos vies. Papé nous propose une vie bien remplie mais qui n’est pas forcément un long fleuve rose tranquille où se baignent des licornes. On est dans la vie, la vraie. C’est dur, drôle, triste. C’est la vie.

Si un mot devrait coller au roman de Magali Discours, c’est certainement « humanité ». « Humanité » pour ce que l’on nous propose de découvrir, « humanité » pour la plume pleine d’émotions et de réalité, « humanité » pour le panel de personnages que l’on découvre. On s’y sent bien, on peut facilement se reconnaitre dans certains passages.

Si ce roman est une très belle découverte, il reste quand même deux petites choses qui m’ont fait tiquer. Il faut être vraiment bien assidu dans la lecture et concentré avec les différentes périodes durant lesquelles l’action évolue. J’ai été un peu perdue au départ. J’ai noté aussi quelques répétitions. Il est, cependant, clair que le style de l’auteure est très agréable. L’histoire se lit vite et très bien. La plume de l’auteure est fine, dynamique et propose un récit gorgé de nostalgie très intelligemment construit. Bravo à l’auteure pour ce roman.

03 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Découvrir la vie de Papé entre Italie et France.
  • La plume de l’auteure, très agréable.
  • J’ai aimé le regard de l’auteur sur la vie en général

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Retrouvez le PDAI par ici:

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Antigone – J. Anouilh

Antigone

Voici la chronique d’Antigone de Jean Anouilh. J’ai pu redécouvrir le mythe que je préfère grâce au challenge « Haut en couleurs » et au rendez-vous que j’ai mis en place avec ma partenaire. « Les choix de Culture, you and me » s’est arrêté sur cet ouvrage, petit et rapide à lire.

Quatrième de couverture: Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d’Antigone. Fille d’Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d’enterrer le corps de son frère Polynice. Présentée sous l’Occupation, en 1944, l’Antigone d’Anouilh met en scène l’absolu d’un personnage en révolte face au pouvoir, à l’injustice et à la médiocrité.

Mon avis: J’ai pris beaucoup de plaisir (en attendant que mon médecin daigne me prendre en consultation) à redécouvrir le mythe d’Antigone qui reste un de mes préférés.

Antigone est pour moi une héroïne magnifique. Elle n’est pas d’une réelle beauté. Mais elle est belle à sa manière. Elle décide de tout envoyer balader même sa vie. Elle a une volonté incroyable. C’est un bel exemple de prise de conscience et de risque par la même occasion.

Elle est vraiment prête à tout et à se battre pour défendre ses convictions. C’est une belle leçon de vie! Elle préfère mourir la tête haute que de fermer les yeux sur ce qui est un crime pour elle. Elle affronte la vie, son roi, son Oncle.

L’histoire est très belle. Elle veut enterrer son frère qui est mort en lâche. Créon, roi & oncle d’Antigone ne veut pas en entendre parler. Mais elle ne lâche rien. Têtue comme un âne, elle ne renoncera à rien pour traiter son frère convenablement même dans la mort.

Une héroïne qui se bat pour ses convictions et ses croyances. Un mythe qui se révèle être intemporel. Une belle leçon de vie.

Ma note: 16/20

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