Grégoire et le vieux libraire de Marc Roger

téléchargement (1).jpgRésumé : Ancien libraire, monsieur Picquier s’est vu contraint de déménager 3 000 volumes dans son petit chez-lui. Oui mais voilà, il ne peut plus profiter seul de sa passion, puisque la maladie de Parkinson l’empêche de lire, et va donc devoir demander de l’aide à l’apprenti-cuisinier Grégoire, qui va découvrir avec ce vieux maître les joies de la lecture.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Pauline et les éditions Audio Lib pour l’envoi de ce service presse que j’ai pris plaisir à découvrir.

~ Relations ~

Voilà une thématique qui a une grande place, pour moi, dans ce roman. Mon écoute a été bercée par les différentes rencontres et relations qui se tissent dans cette intrigue. On fait la rencontre de Grégoire, un jeune homme qui travaille dans une maison de retraite. D’abord dans les cuisines, puis dans la laverie, rapidement, il devient la coqueluche des personnes âgées étant devenu un lecteur. Lorsque Grégoire fait la rencontre de Monsieur Picquier, Grégoire ne sait pas le virage que va prendre sa vie : il va tisser une relation incroyable avec ce vieil homme loufoque mais tellement érudit. Monsieur Picquier va apprendre à Grégoire à apprécier les livres, les mots, la diction, la place de la voix. Grégoire va devenir lecteur pour cet ancien libraire qui ne sait plus tenir de livres à cause de la maladie de Parkinson qui le ronge.

J’ai souri, ri franchement avec ce duo amical très surprenant ! Un vieux et un jeune qui refont la vie à coup de lectures, de discussions et d’avis bien tranchés. Tous deux très différents, ils sont très attachants. Grégoire devient les yeux, les bras, les jambes de cet homme qui se voit diminuer. Il l’aide à trouver sa voie, à aimer les livres, c’est un échange de bons procédés qui m’a beaucoup plu.

Grégoire fait aussi la rencontre d’autres pensionnaires qui se perdent dans ses mots, dans ses lectures qui leur font oublier leurs douleurs, leurs solitudes pour un joli moment tous ensemble. Ainsi, Grégoire, en plus d’être l’ami des personnes âgées, se prend d’amitié pour certains de ses collègues et tombe sous le charme de Dialika, une jolie infirmière avec qui il va vivre une belle histoire.

Les relations peuvent être humaines mais aussi matérielles. Je pense à monsieur Picquier et à ses livres. C’était tellement un joli moment d’écoute que je vous partage ces quelques lignes :

« Mes livres et mes archives sont à la fois ma garde, mes épouses et mes soldats, et en brûlant, leurs cendres mélangées aux miennes pourront servir d’engrais à un arbre, qui sait ? L’audace serait qu’on me disperse dans une usine à papier ! »

Les relations sont toutes très différentes, amour, haine, amitié, professionnelles, personnelles, tout y est pour que le lecteur s’épanouisse dans la lecture.

~ Vivre en étant âgé, une vérité difficile à ingérer ~

Autant pour les aidants que pour les aidés, c’est difficile de laisser une personne dans une maison de retraite. C’est vrai que c’est une thématique actuelle : prix cher, manque de personnel, mauvais traitements, on est frileux quand on quitte cet établissement. En plus de cette idée, c’est mon travail : je fais partie d’une équipe qui permet aux personnes âgées de rester chez elles le plus longtemps possible. L’aide à domicile est un sujet vaste et sérieux. Je profite donc de cette chronique pour saluer le travail de toutes les aides-soignantes, auxiliaires de vie et infirmières, en structure ou non, il faut le vivre pour le croire, ce travail est très fatigant.

Dialika est un personnage qui vient du Sénégal dans le roman et je voulais partager avec vous ce morceau du texte qui m’a beaucoup plu :

« Quand je lui pose la question, Dialika m’avoue être choquée par le sort qui nous est réservé quand on ne sert plus à rien dans notre société soi-disant avancée. Cette façon que nous avons de réunir nos anciens hors de la vie du village, du quartier où se trouvent leurs attaches matérielles et humaines, de les parquer hors-sol comme nous faisons, et surtout notre façon d’exploiter la fin de vie en créant des services comme on gère des produits. Pas un instant elle n’imagine vieillir en France. »

~L’intrigue, les personnages et la plume de Marc Roger ~

J’ai adoré découvrir cette nouvelle plume que j’ai beaucoup appréciée. En effet, Marc Roger tient une intrigue très sympathique. Bien que sérieuse, on se retrouve avec beaucoup de moments de rire, de tendresse et d’affection profonde. Les Bleuets est une grande famille et Grégoire semble tisser autour de lui un réseau de personnes âgées toutes aussi attendrissantes. Célestine m’a beaucoup plu, monsieur Picquier aussi.

Grégoire m’a touchée en plein cœur. Ce personnage est touchant : jeune homme de dix-neuf ans un peu perdu dans cette vie où sa mère ne lui parle pas plus que cela, il peine à avancer. Sans diplôme, trainé dans la boue à l’école, ce jeune homme déteste la lecture tant cela lui rappelle les humiliations scolaires. Avec monsieur Picquier il va rapidement apprendre à lire différemment, prendre plaisir à découvrir les mots et les œuvres d’auteurs singuliers et célèbres.

C’est un livre qu’il faut lire tant il est libérateur. Terminé les fausses idées sur les gâteux des maisons de retraite. Les Bleuets tremblent, rigolent, swinguent ! Radio Bleuet se met en place, le temps de quelques pages, j’ai tellement ri, j’ai tellement pris conscience que les personnes âgées veulent encore rire, s’occuper, s’amuser !

Les dialogues entre les personnages sont très rigolos aussi. Monsieur Picquier apprend à Grégoire à prendre la bonne intonation, son souffle alors que Grégoire apprend à Monsieur Picquier ce qu’est un selfie. Beaucoup de situations similaires bercent le récit et l’intrigue.

Il y a un franc-parler certain dans la plume de Marc Roger. Ainsi Monsieur Picquier n’a pas peur d’utiliser des mots comme « couilles », « baiser » et bien d’autres mots fleuris de la sorte. J’ai apprécié ce système qui creuse encore plus le fossé entre nos idées reçues sur les personnes âgées et ce qu’elles sont réellement.

Ainsi, on se rend rapidement compte qu’une personne âgée n’est pas seulement une personne qui attend dans le couloir de la mort. Non, c’est bien plus que cela. C’est une personne qui a une histoire, un passé, des moments de joie, de tristesse et beaucoup de choses à dire. J’ai trouvé cela saisissant. C’était bien de le rappeler pour les personnes qui peuvent oublier cela.

~Le mot de la fin ~

C’est donc une histoire sympathique que je vous propose de découvrir ici. Le côté intergénérationnel est très plaisant et permet de mieux comprendre le désarroi des personnes qui vivent en maison de retraite : la solitude et la tristesse qui peuvent bien souvent les envahir.

Seul petit bémol pour moi dans cette histoire, c’est le manque d’informations sur l’après. En effet, je pense qu’un petit épilogue m’aurait beaucoup plu. J’ai eu une impression de trop peu finalement, la fin est trop tranchante pour moi.

« C’est quoi cette société, toute cette technicité, si l’on n’est pas foutus ni capables de se tenir la main quand on a peur comme on a peur quand il s’agit de mourir ? Y’a pas de diplôme pour ça. »

3 raisons de découvrir ce roman

  • Des relations intergénérationnelles très belles et qui portent à sourire. Mention spéciale pour Grégoire et Monsieur Picquier
  • Un regard sur le livre, le mot et les écrivains très intéressant
  • Les stéréotypes brisés sur les personnes âgées ! J’ai adoré !

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21 réflexions sur “Grégoire et le vieux libraire de Marc Roger

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