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Mon père, ma mère, mes tremblements de terre de Julien Dufresne-Lamy

CVT_Mon-Pere-Ma-Mere-Mes-Tremblements-de-Terre_9297Résumé : « Est-ce que sur la table de chirurgie, mon père ressent le chaud, le froid ? Allez savoir. Dans la salle d’attente, ma mère porte sa chemise saharienne et le soleil blanc tape doucement sur les fenêtres. L’air est doux. Un air qui n’a rien à voir avec la mort, les drames. Ici, ce n’est pas un drame. C’est autre chose qui se passe. » Dans cette salle, Charlie, quinze ans, patiente avec sa mère. D’ici cinq heures, son père sortira du bloc. Elle s’appellera Alice. Durant ce temps suspendu, Charlie se souvient des deux dernières années de vie de famille terrassée. Deux années de métamorphose, d’émoi et de rejet, de grands doutes et de petites euphories. Deux années sismiques que Charlie cherche à comprendre à jamais. Sur sa chaise d’hôpital, tandis que les heures s’écoulent, nerveuses, avant l’arrivée d’Alice, Charlie raconte alors la transition de son père, sans rien cacher, ce parcours plus monumental qu’un voyage dans l’espace, depuis le jour de Pâques où d’un chuchotement, son père s’est révélée. Où pour Charlie, la terre s’est mise à trembler. Julien Dufresne-Lamy signe un cinquième roman doux et audacieux, profondément juste, sur la transidentité et la famille. La bouleversante histoire d’amour d’un clan uni qui, ensemble, apprend le courage d’être soi.

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour l’envoi du nouveau roman de Julien Dufresne-Lamy. Voilà un auteur que je lis depuis quelque temps maintenant. Julien Dufresne-Lamy est un auteur qui sait toujours me surprendre par la justesse de ses mots et de ses émotions. Encore une fois, l’auteur est parvenu à me faire perdre la notion du temps. J’ai dévoré le roman d’une seule traite.

Sujet ô combien actuel, on fait la rencontre de Charlie, un jeune homme qui voit son père se libérer de son enveloppe charnelle pour devenir Alice. Etre un homme ne convient pas à son père : elle veut être libre et être qui elle veut être, qui elle est, depuis toujours. Charlie est dans un tourbillon d’émotions depuis que son père a fait « exploser » la vie familiale tranquille qu’il a toujours connu : bon à l’école, camarade sympathique, une relation père-fils parfaite : Charlie va rapidement se prendre des claques mentales : école, brimades, propres réflexions… On va suivre Charlie et ses parents dans cette transformation qui va changer la vie de tous.

Ce que j’ai grandement apprécié dans cette intrigue, c’est que l’on va traiter la thématique de la transidentité sous toutes ses coutures. Si pour la personne concernée par ces changements cela est la meilleure décision de sa vie, pour sa famille et ses voisins, on n’est pas du tout dans la même acceptation de la situation.

Charlie ne va pas comprendre, Charlie est jeune, Charlie pense que son père va bousiller sa vie à se balader en talons aiguilles avec sa perruque. Au fil du temps, Charlie va essayer de comprendre par une approche scientifique, par des calculs, des notes qui marquent les changements de son père et la prise de son traitement. Aurélien/Alice est un père incroyable. Il partage énormément avec son fils. Cependant, j’ai eu un peu de mal avec son côté « je m’en fous de tout, je veux être ce que je suis » alors bien entendu, je n’ai absolument rien contre la thématique abordée dans le roman, bien au contraire. Cependant, je reste quand même dubitative sur une chose : comment peut-on oublier les répercussions que ces changements vont opérer sur son fils et sa femme ? Je l’ai trouvée très détachée de tout ça. On a l’impression qu’il n’y a plus que cela qui compte et j’avoue que j’ai été un peu frustrée par ça.

« Avant, je pensais que sous les meubles, on ne cachait que les armes du crime. Les affaires sales. Les bouteilles d’alcool ou les boite de capotes. Maintenant, c’est différent. J’ai compris qu’on pouvait même y cacher une vie. »

Véritable huis-clos familial, on va attendre avec Charlie et sa mère que son père subisse l’intervention qui lui permettra de devenir Alice pour de bon. On se retrouve dans une bulle d’interrogations, de tensions et d’émotions plus fortes les unes que les autres. A travers le personnage de Charlie, l’auteur va, sans aucune pudeur, écrire tout haut ce que les gens peuvent penser tout bas. J’ai adoré ça ! C’est le choc des idéaux, le choc des pensées qui se bousculent, bref, ça m’a beaucoup plu.

La plume de l’auteur est encore une fois formidable : pleine d’émotions mais aussi percutante, elle reste vraiment à la hauteur de mes attentes. On s’attache tellement à Charlie, on comprend tellement ses doutes et ses incertitudes. Au-delà tout ça, on comprend tout l’amour qui lie ces personnages.

Entre souvenirs chaleureux et véritables cataclysmes, Charlie va nous livrer une histoire passionnante avec un sujet d’actualité dont il faut parler. Véritable ode à l’acceptation, ce roman va vous toucher, j’en suis certaine.

« La jeune fille me souriait et dans son sourire, je ne comprenais pas encore qu’elle me disait : il faut accepter de ne pas comprendre les choses mais comprendre qu’elles existent. »

Bravo à l’auteur pour ce formidable roman qui est, sans doute, mon préféré de tous

03 bonnes raisons de lire ce roman :

  • La plume de Julien Dufresne-Lamy que j’ai énormément appréciée, encore une fois.
  • Le personnage de Charlie.
  • La thématique très actuelle de la transidentité travaillée avec soin.

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A la recherche de Karl Kleber de Daniel Sangsue

CVT_A-la-recherche-de-Karl-Kleber_3013Résumé : En juillet 1997, un professeur de littérature disparaît entre son domicile et l’université où il enseigne. Quinze ans après, un collègue enquête sur cette disparition. À partir de livres du disparu, de témoignages et du dossier de police, il suit différentes pistes. Elles le conduisent dans les milieux académiques, un bar parisien, une assemblée spirite, une station d’altitude, un buffet de gare bâlois et des fermes perdues de l’Aveyron. Qu’est-il arrivé à Karl Kleber ? A-t-il fui les réformes de l’université ? A-t-il fugué avec une étudiante ? Est-il encore vivant ou a-t-il été assassiné par un collègue ? L’enquêteur improvisé finit par découvrir le pot aux roses. Une enquête inspirée d’un fait divers réel (une disparition de notable jamais élucidée), écrite avec talent, humour et intelligence, qui captive et nous donne envie de redécouvrir les classiques, de Flaubert à Stendhal, ou de lire et retrouver l’univers des contemporains, tels Modiano ou Dicker. Un roman à clé aussi intriguant et stimulant qu’un jeu de piste littéraire. Ce roman policier, qui joue avec les genres du roman de disparition et du campus novel, est aussi un éloge de la littérature, dont il interroge les pouvoirs de révélation.

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement l’agence Gilles Paris pour l’envoi ainsi que les éditions Favre. Je suis toujours ravie de pouvoir découvrir de nouveaux romans. Cette intrigue m’a particulièrement interpellée. En effet, la disparition d’un professeur entre son domicile et son lieu de travail… On pique ma curiosité au vif !

J’avoue que je m’attendais à une intrigue plus classique. J’ai beaucoup de mal quand on commence à assimiler des univers. On me parle de Flaubert, de Stendhal et de Modiano… Je ne vois pas trop comment on peut assimiler ces trois univers en un… Ma foi, je ne ferme pas la porte. Ayant étudié (certainement en surface) à la fac ces trois auteurs, j’étais très curieuse de voir ce que cela pouvait donner.

Finalement, il y a du bon et du moins bon. Je pense que je ne suis pas la plus calée en littérature mais je pense ne pas être la dernière non plus. Les références, sans forcément les connaitre sur le bout des doigts, je peux en connaitre quelque unes. Ici, c’est une pluie de références qui viennent noyer l’enquête. Ce qui relie le disparu et l’enquêteur est l’amour des livres et de la littérature. Pourquoi pas ! Assez original mais ça peut carrément fonctionner ! Personnellement, l’auteur m’a perdue dans les digressions littéraires en tout genre. Impossible pour moi de me concentrer sur l’enquête tant on reçoit d’informations qui ne sont pas forcément nécessaires. Il est vrai que le livre n’est pas bien épais mais j’ai été ennuyée par ça.

Autre chose à laquelle je ne m’attendais pas… L’enquête. Même si la mention de « dossier de police » peut faire penser qu’une enquête policière va s’installer dans le roman, je vous le dis, pour ceux qui recherchent une enquête policière, ce n’est pas le cas ici. C’est un professeur de littérature qui reprend le dossier et qui mène une enquête non professionnelle.

L’enquête reste très minime mais assez sympathique, cela nous envoie sur la piste des derniers jours de Karl Kleber… On aurait pu passer à côté de cette enquête si notre personnage principal n’était pas tombé sur la bibliothèque de Karl dans cette librairie… Comme un signe, c’est cette bibliothèque (et donc, par extension, la littérature) qui remet au goût du jour cette histoire de disparition. Ce sont les livres qui vont mettre Karl Kleber sous la lumière, une nouvelle fois.

Je pense que c’est le problème dans ce roman. L’auteur propose une réelle recherche sur une disparition. Mais laquelle ? Qu’est ce qui est finalement le plus important ? Retrouver la trace de Karl Kleber ou la mise en avant de l’amour de la littérature de notre personnage principal ? J’ai vraiment été déroutée par cette volonté de faire passer l’enquête au second plan. Ça fait complètement basculer l’intrigue.

J’ai beaucoup aimé le personnage principal qui nous propose une réelle réflexion sur la littérature. On ressent très bien l’amour qu’il porte aux mots, aux auteurs, aux œuvres littéraires. C’est très beau et sensible. La plume de Daniel Sangsue est très sympathique, c’est, avec le personnage principal, le point fort de ce roman.

Honnêtement, j’aurais aimé vous donner plus d’informations, j’aurais aimé vous faire une chronique plus complète mais, franchement, je crois que je n’ai pas tout saisi. C’est donc assez mitigée que je referme ce roman, c’est vraiment dommage parce que le résumé me tentait bien. L’intrigue avait tout pour me plaire mais le fait d’avoir placé l’enquête informelle au second plan ne m’a pas plu. Si j’avais eu envie de lire un classique, je l’aurais fait. Je ne comprends pas le pourquoi du comment. Même si on comprend bien que la littérature est un personnage à part entière, ce n’était pas ce que je voulais lire. Ici, on est dans la surenchère des références littéraires. Mais, finalement, on est dans le flou. On est dans du Modiano, c’est certain. On dit sans dire, on est dans le gris, dans l’ombre et la lumière…

Bravo à l’auteur pour sa plume et la construction de son personnage principal.

03 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une digression certaine sur la littérature. Amateurs de cette thématique, ce roman est pour vous !
  • Une très jolie plume
  • La littérature qui est certainement l’un des personnages les plus intéressants.

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Summer Mélodie de David Nicholls

téléchargement (4)Résumé : On n’oublie jamais son premier amour… Été 97. Les frères Gallagher chantent toujours ensemble, Lady Di vit ses derniers jours et Charlie Lewis, 16 ans, vient de finir ses années lycée. Le temps s’étire lentement entre la miteuse station-service où il officie quelques heures par semaine, ses balades à vélo dans la campagne et ses soirées avec son paternel dépressif. Mais une rencontre va tout changer. Fran Fisher, une beauté céleste, incandescente ; une tornade d’énergie et de charisme, qu’il croise un beau jour, au beau milieu d’un champ où il lit distraitement. Le coup de foudre est immédiat – pour lui, en tout cas. Comment la revoir ? Comment attirer son attention ? Tout ce que Charlie sait, c’est que Fran fait partie d’une troupe de théâtre amateur. La solution est évidente : Charlie doit se lancer sur les planches ! Jusqu’où le timide Charlie est-il prêt à aller pour conquérir le cœur de la belle ? Lui, le boy next door au jean troué, à la bande de copains sympa mais ô combien bruyante, qui n’a jamais déclamer autre chose que le menu du traiteur chinois, pourra-t-il jamais rivaliser avec les apprentis comédiens shakespeariens ? Osera-t-il seulement s’y confronter ? Été 97. Pour Charlie Lewis, tout devient possible…

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On fait la rencontre de Charlie Lewis, un jeune homme de seize ans en 1997. Il n’a pas forcément une vie facile : un père qui fait faillite professionnellement, une séparation parentale mais aussi fraternelle. Charlie est séparé de sa sœur et doit rester avec son père qui sombre dans les abysses de l’alcool et sa copine la dépression n’est pas très loin. Charlie est forcé à devenir un adulte avant l’heure. C’est malheureux mais c’est ainsi… Rapidement, il va traîner avec d’autres personnes qui ne sont pas forcément très recommandables. Avec la peur de retrouver son père mort d’une overdose, il est à la dérive personnellement et professionnellement…

Charlie décide d’arrêter de s’en faire pour son père qui est plongé dans une torpeur phénoménale. Charlie va lire, quitte le plus possible sa maison. Au gré de ses promenades, il va rencontrer Fran, une jeune femme qui travaille un rôle pour sa troupe de théâtre. Rapidement, les deux personnages vont s’apprécier et Charlie va intégrer la troupe de théâtre dans laquelle se trouve Fran. Charlie va faire beaucoup d’efforts pour retenir ses répliques et oublier les relations toxiques qu’il avait tissées.

« C’est pour ça que l’été est si triste – parce qu’il faudrait qu’on soit heureux. Moi, j’ai hâte de remettre mes collants et d’allumer le chauffage. En hiver, au moins, on a le droit d’être malheureux et on n’est pas censés gambader dans un champ de tournesols. »

La thématique principale est vaste et très sympathique. L’amour et les relations que ce sentiment peut entrainer. Dans un premier temps, on trouve l’amour parent/enfant. La relation entre Charlie et ses parents est chaotique. Entre un père présent physiquement mais à des kilomètres mentalement et une mère qui a préféré le laisser avec son père : se débarrasser de son fils et le priver de sa sœur est un acte très fort que Charlie n’oubliera pas. Dans un second temps, on a aussi l’amour au sens propre du terme, comme beaucoup d’entre nous l’entend : l’amour que Charlie ressent pour Fran. Cet amour qui nous fait vivre sur un nuage, qui ne nous fait plus toucher terre. Je trouve que l’auteur traite de cette thématique sous toutes les coutures et j’ai beaucoup apprécié la manière dont il met en avant toutes les relations possibles. L’amour n’est pas forcément quelque chose de positif, l’auteur nous souligne aussi le fait que l’amour peut être toxique.

L’auteur équilibre très bien cette intrigue. C’est un roman parfait pour l’été. J’ai beaucoup aimé le décor, le cadre, l’époque. On oscille entre nostalgie et tendresse, entre injustice et humour. On est dans la vraie vie : tout n’est pas tout rose ni tout noir, on a toute une palette de tonalité qui font que la vie est ce qu’elle est. C’est beau, c’est frais, c’est très beau à découvrir.

« Je me suis demandé si c’était là le grand danger des retrouvailles : découvrir qu’on n’occupe pas une place aussi essentielle dans la mémoire des autres que celle qu’ils occupent dans la nôtre. »

Charlie est dans une période de sa vie où il a un pied entre la vie d’adulte et l’autre dans sa vie d’adolescent. C’est un âge pivot qui peut être très difficilement appréhendé par beaucoup d’entre nous. Véritable ode à la vie, j’ai beaucoup apprécié ce roman. Il est vraiment très intéressant. L’auteur a une vision très douce et humaine de la vie. On ne se complait pas dans une vie peu crédible, on est dans la réalité qui fait mal mais qui fait aussi beaucoup de bien. Charlie prend des coups mais Charlie grandit et c’est ça qui est magnifique.

Je n’arrête pas de vous le dire : Roméo & Juliette est une histoire d’amour universelle qui rassemble les gens… La preuve en est… Quoi ? Comment ça qu’est-ce que je raconte ? Pour le savoir… lisez ce roman !

La plume de l’auteur est saisissante de réalisme. Elle est bourrée d’humanité et de douceur. On est vraiment entre l’amertume et le bonheur, c’est vraiment charmant. C’est riche, complet et plein de de surprise. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Charlie et la manière dont Fran intervient dans sa vie. C’est vraiment un duo complet et saisissant de réalité. Franchement, c’est un très très bon roman. Il n’est pas un coup de cœur mais une lecture qui m’a beaucoup marquée. Bravo.

Un grand merci aux éditions Belfond pour l’envoi de ce roman 🙂

03 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Le personnage de Charlie que j’ai beaucoup apprécié.
  • La plume de David Nicholls
  • Le cadre de la fin des années 1990

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Si belles en ce mouroir de Marie Laborde

téléchargement (5)Résumé : Dans une résidence pour personnes âgées, Alexandrine, quatre-vingt-cinq ans, Gisèle, quatre-vingts ans et Marie-Thérèse, cent ans, fomentent des idées de vengeance contre des hommes qui les ont maltraitées : un mari, un voisin, un gendre. Les histoires du passé et les projets de meurtre s’entremêlent alors aux parties de Scrabble, promenades dans le parc, séances de kiné, bisbilles avec l’aide-soignante, déjeuners infects… et tout ce qui fait le quotidien des résidents. On rit de la mort, on s’indigne sans larmoyer, et l’on se révolte patiemment… Conjuguant récit à énigmes et satire sociale, Marie Laborde décrit, dans un style direct et avec un humour cinglant, les aléas du grand âge à travers le destin de ces trois héroïnes qui vont prouver qu’elles n’ont désormais plus rien à perdre.

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Je remercie chaleureusement l’agence de Gilles Paris ainsi que les éditions François Bourin pour l’envoi de ce roman. Avec un sujet si actuel, je ne pouvais pas passer à côté de cette lecture. Travaillant aussi dans l’aide à domicile, c’était vraiment important pour moi de mettre mon nez dans ce roman.

Si j’ai passé l’histoire et les personnages, je ne suis pas totalement immergée dans l’histoire. J’avoue que j’ai eu un peu de mal avec certains passages. Les personnages ne m’ont pas tous plu. Je pense que certains caractères étaient un peu trop trempés et la langue un peu trop déliée pour me plaire totalement. Cela reste une convenance personnelle…  J’ai aussi trouvé quelques longueurs. J’ai beaucoup aimé le message de fond, mais j’avoue que, pour moi, certains passages auraient pu être plus courts.

On fait la rencontre d’Alexandrine mais aussi de Gisèle et de Marie-Thérèse. Ces trois dames âgées vont faire la fête dans cet EHPAD. Ce roman nous propose de faire la découverte de ce monde qui a besoin d’aide. C’est vraiment très intéressant. L’auteure décide de prendre le point de vue de personnes âgées. J’ai beaucoup apprécié cela : si on peut souvent avoir l’avis de la famille qui vient visiter les gens ou du personnel soignant, on n’a pas souvent l’avis des principaux concernés !

Le message de fond reste assez clair. L’idée de ce genre d’habitation est chouette, c’est clair que pour certaines personnages âgées, être seule n’est pas forcément une bonne chose. On créé du lien, on vit en communauté dans la bienveillance et le respect… En tout cas sur le papier. A travers les regards de nos trois mamies, on n’est pas forcément dans cette optique… Même si la situation actuelle montre un personnel en or prêt à se mettre en quarantaine avec les personnes, ici, on n’est pas du tout dans la même ambiance.

« Ces dames et ces messieurs du personnel médical vous expliqueront qu’ils manquent de moyens. Or de nos jours le respect, la bienveillance et la courtoisie se payent : il faut de l’argent pour être civilisé, sans argent on est forcément irrespectueux, malveillant et grossier, n’est-ce pas. Il est vrai que pour assurer aux actionnaires des dividendes attractifs et dégager des marges phénoménales pour les propriétaires (qui comptent parmi les plus grosses fortunes de France), ce ne sont pas les seuls résidents qui sont pressurés comme des citrons : les employés sont sous payés, surexploités, surchargés de travail et, somme toute, obligés de maltraiter les résidents. »

L’auteure parvient à équilibrer son intrigue pour que l’on ne tombe pas dans le pathos pur et dur. Je pense que c’est cela qui fait que ce roman est si abordable et mémorable. Notre trio de mamies vaut le détour ! J’aime beaucoup le regard de ces personnages, ça fait du bien, ça donne du baume au cœur. Tout n’est pas toujours rose dans leur EHPAD mais, comme dans toute vie qui se respecte, on a des hauts et des bas, des moments de joie et des moments de tristesse. On a cette impression que les personnages font le point sur leurs vies. On partage leurs vies, leurs passés respectifs mais aussi les instants présents et les aléas de la vieillesse.

« Et je vous demande : est-ce que nous vie vaut la peine d’être vécue si notre mort ne fait pas couler une seule larme sur la joue d’une seule personne ? »

C’est avec beaucoup de délicatesse et d’humanité que l’auteure aborde ces thématiques si présentes dans l’actualité. Les personnages âgées sont à chérir et non à oublier. Croyez-moi, si mes grands-parents étaient encore là, j’en profiterai tellement.

En définitive, même si ce roman n’est pas un coup de cœur, j’ai apprécié faire la rencontre d’Alexandrine, Marie-Thérèse et Gisèle qui, avec leurs yeux grands ouverts et leurs cessions de commérage, nous proposent de découvrir un morceau de leurs vies. Le message reste très important. La plume de l’auteure est dynamique malgré un départ un peu en dent de scie pour moi (je pense que le début est un peu trop direct pour moi) et quelques longueurs, le récit reste intéressant et agréable.

03 bonnes raisons de plonger dans ce roman ;

  • Une thématique actuelle
  • Un trio de mamies déganté
  • Un message très important

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Puisque tu m’aimes de Janine Boissard

téléchargement (2)Résumé : Nous sommes à Montsecret, petite bourgade de Basse-Normandie. Les villageois sont en émoi. Quel inconscient, quel criminel s’amuse-t-il à mettre le feu lors de repas de noces, au risque de faire de nombreuses victimes innocentes ? Voilà plusieurs fois qu’il sévit. Les gendarmes sont sur les dents. Lou, 17 ans, est jeune pompier volontaire. Son ami de cœur, Stan, photographe et profileur. Ils ont décidé de mener l’enquête, épaulés par l’oncle de Lou, chef d’une caserne voisine, héros admiré de tous. Un terrible danger les guette.

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement Gilles Paris et son équipe pour l’envoi de ce roman. Je suis toujours contente de découvrir les romans de Janine Boissard. Romancière qui plait à un vaste panel de lecteur, je suis toujours agréablement surprise parce que je lis. J’avoue que j’attendais beaucoup de Puisque tu m’aimes et que, finalement, j’en garde une impression assez mitigée…

On fait la rencontre de Lou, une jeune fille de 17 ans que j’ai beaucoup appréciée et qui est, pour moi, la grande force de ce roman. En effet, elle est vraiment une jeune femme posée, réfléchie, intelligente. Elle a un sacré flair et un humour que j’ai grandement aimés. Si Lou est dans le coin, Stan n’est pas très loin. Stan est un jeune homme un peu en décalage par rapport aux jeunes de son âge. On se retrouve vraiment avec un tandem assez intéressant. Lou & Stan vont avancer ensemble dans une enquête et vont se compléter dans leurs réflexions.

Mise à part Lou, j’ai aimé retrouver la thématique des sapeurs-pompiers dans ce roman. Janine Boissard leur rend un très bel hommage. C’est une dimension de l’intrigue que j’ai énormément appréciée.

Honnêtement, je crois que ce sont les seuls deux points que j’ai aimés dans cette histoire. J’ai pris un peu de temps pour écrire cette chronique parce que je ne savais pas comment en parler sans être injuste. J’étais un peu blasée à la fin de ma lecture. Un bon « tout ça, pour ça ?! » m’est sorti de la bouche. Je n’ai pas compris. Je n’ai vraiment pas compris le pourquoi du comment. Dès le départ (enfin la première partie du roman), on a les tenants et les aboutissants de ce roman.

L’intrigue part un peu dans tous les sens : dans un premier temps, Lou décide de réconcilier Axelle et son père Philippe qui est l’oncle de Lou. Fille et père sont brouillés depuis la mort de la femme de Philippe (et donc de la mère d’Axelle). Lou & Stan vont tout faire pour les rabibocher. D’un autre côté, un criminel sévit et lance des incendies lorsque de jeunes mariés font la fête. Il va de soi que Stan & Lou vont aussi mettre leur nez dans cette histoire. Bref, on a des petites intrigues qui se mettent en place. Ce que je trouve dommage, c’est qu’on ne laisse pas forcément énormément de place à la surprise et à l’originalité. Si le cadre pouvait être chouette, je suis passée à côté de ma lecture à cause d’un manque d’action et d’aboutissement. Dommage !

J’ai trouvé que tout était un peu flou. On ne sait pas trop où l’on va. Tout est esquissé sans être approfondi. On sent une sorte de facilité qui, malheureusement, fait que l’intrigue s’essouffle très rapidement. Si la première partie de ma lecture était sympathique, la deuxième a été plus rude pour moi. Je suis arrivée à la fin de ma lecture en étant soulagée d’avoir tourné la dernière page. J’en suis la première déçue : Janine Boissard est une valeur sûre de mes étagères. Comme quoi, rien n’est jamais totalement acquis !

On retrouve certaines choses qui sont chères à Janine Boissard. Un cadre familial présent. J’aurais juste apprécié avoir plus de détails sur les relations entre son oncle Philippe et son père décédé par exemple. On arrive sur le fait sans franchement comprendre ce qui se passe. Si Lou a su me séduire, je ne peux pas en dire autant du reste des personnages. J’ai eu cette impression de trouver un bout de ficelle, de tirer dessus pour voir où cela pouvait me conduire pour comprendre, au final, que ce bout de ficelle ne mène nulle part. Une fois, deux fois, trois fois… C’est lassant.

Si j’ai été séduite par le personnage de Lou et par la thématique des pompiers, la chose que j’ai le plus apprécié, c’est la plume de Janine Boissard. Pour une fois, le fond à fait défaut mais pas la forme (plutôt rare chez moi). C’est ce qui a indéniablement sauvé ma lecture. J’ai retrouvé cette plume familière, véhiculant les émotions d’une main de maître. Je n’ai juste pas apprécié l’histoire.

En définitive, c’est une petite déception. Je reste sur ma faim. Janine Boissard a fait de bien meilleurs romans. Merci d’avoir fait cette petite piqûre de rappel qui nous prouve ô combien les pompiers ont un métier difficile mais tellement nécessaire. Lou est un personnage très intéressant qui véhicule beaucoup d’émotions aussi. Du haut de ses 17 ans, elle voit la vie en ayant un pas dans l’adolescence et un autre dans le monde d’adulte. C’est plutôt sympathique.

03 bonnes raisons de lire ce roman :

  • La thématique des sapeurs-pompiers qui est une très bonne idée.
  • La plume de Janine Boissard
  • Le personnage de Lou

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Super papa, grosses galères et maman s’éclate ! de Mariana

41u6JQzmBkL._SY346_Résumé : Quelle femme n’a pas pensé à laisser mari ou conjoint au moins une fois ? Mais serait-il capable de gérer maison, enfant, boulot en plus de la reconquête de sa femme ? C’est ce que nous allons découvrir avec Charline et Éric. Nous suivons les galères d’un homme, les mésaventures d’un papa ou les envies de liberté d’une femme et d’une mère. Mais, aussi, la transformation en super héros d’un homme aux yeux de son fil, de femme éteinte en femme de caractère et pleins d’autres surprises. Découvrez cette séparation qui se transforme en une expérience rocambolesque ou comment une histoire d’amour peut commencer par la fin. Quand y’en a marre… elle se barre ! Charline quitte son mari et ses deux enfants en pleine nuit. Elle rêve de tranquillité et de repos, mais la vie en décide autrement. Éric découvre un lit vide au petit matin. Lui qui a toujours tout délégué à son épouse va devoir apprendre à gérer ses enfants, s’occuper d’une maison… Bref, à survivre ! Découvrez les aventures et mésaventures de nos héros, à qui rien ne sera épargné pour le meilleur et pour le pire !

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement Mariana pour sa confiance. En effet, étant partenaire pour l’année.  Après avoir lu et sorti mes chroniques d’âmes en otage en octobre 2019, le complexe de la bonne fée en décembre 2019, la petite tache rouge en avril 2020, nous voici avec ce nouveau roman au long titre (évocateur, quand même ^^) Super papa, grosses galères et maman s’éclate !

Je vous avoue, j’ai eu peur. Ce n’est vraiment pas le genre de titre qui me plait ni même le résumé. J’ai lu parce que je mets un point d’honneur à respecter mes partenariats comme vous le savez. Ma lecture a été, finalement, surprenante.

On fait la rencontre de Charline et d’Eric. Un couple qui connait quelques petits problèmes dans la vie. En effet, Eric ne fait plus attention à Charline qui n’est plus sa femme : elle est mère, dame de ménage, taxi, cuisinière mais Eric ne voit plus sa femme. Que faire ? Charline décide de partir. Elle va laisser sa famille en plan pour faire réagir son mari et lui montrer que son absence va se faire remarquer.

L’idée de base est originale mais malheureusement, ça n’ira pas plus loin pour moi. J’ai trouvé certains clichés, des choses un peu attendues et franchement, ce n’est pas vraiment ce que je recherche dans mes lectures. Le style est frais, dynamique, drôle. Ca va plaire à beaucoup de lectrices, c’est certain. Peut-être que je n’ai pas su m’identifier aux personnages : je suis fiancée, je ne vis pas encore avec mon cher et tendre et je n’ai pas d’enfants. Alors, peut-être que cela fait que je ne suis pas plus que cela attirée par l’intrigue parce que je n’ai jamais vécu.

Je reconnais bien volontiers que l’histoire est agréable et se lit rapidement. Mais la construction narrative amène beaucoup de répétitions. On alterne les points de vue : Eric & Charline. On est sur le même chapitre à chaque fois, on le voit des deux points de vue. C’est à risque à prendre en termes de construction narrative. Personnellement, je ne suis pas fan. De manière générale, on répète trop souvent les mêmes choses.

J’ai quand même apprécié les thématiques. Le ras-le-bol de Charline est tout à fait compréhensible. Je ne pensais pas qu’on pouvait encore réagir ainsi, en tant qu’homme et époux. C’est juste un manque de respect incroyable et c’est ultra réducteur pour la femme. Bonniche et poule pondeuse. Ô joie. Encore une fois, Mariana prend un sujet d’actualité à bras le corps et nous propose une version dynamique et pleine d’humour d’un sujet qui peut s’avérer dramatique. Mariana s’en sort très bien.

Eric et Charline sont deux personnages que j’ai aimés suivre. Je trouve juste qu’Eric se remet rapidement en question. Il comprend que sa femme est partie, qu’il va être dans la mouise totale jusqu’au coup et après… malgré quelques petits couacs, il s’en sort bien rapidement. J’aurais aimé le voir galérer un peu plus avec ses enfants, histoire de bien remuer le couteau dans la plaie. Charline est une femme courageuse. Je pense que beaucoup de femmes, dans sa situation, n’auraient pas forcément eu le courage de quitter le cocon familial. Avec cette idée de quitter provisoirement le domicile familial, Charline va aussi se redécouvrir autrement que comme une maman. Elle va reprendre sa vie en main, prendre du temps pour elle et se redécouvrir physiquement et moralement. C’est vraiment très agréable de lire la transformation de cette femme.

En revanche, je vous préviens, il y a des scènes érotiques. Malheureusement, pour moi, cet aspect du roman ne m’a pas plu. Je trouve que cela n’apporte rien à l’intrigue. Ceci reste une affaire de goûts ^^

L’auteure décide aussi d’épargner les enfants. Parce que personnellement, j’ai compris le fait que Charline puisse partir et laisser son mari… mais ses enfants ? Impensable ! Puis, finalement, Mariana construit son roman de manière intelligente et nous propose quand même de voir Charline en tant que Maman. Même si physiquement, elle n’habite plus à la maison, elle reste très présente pour sa famille. Bravo pour y avoir pensé !

La plume de Mariana est très agréable. Comme d’habitude, elle apporte beaucoup. Ce sont des petites lectures sympathiques à faire entre deux grosses lectures. Même si celle-ci ne m’a pas totalement transportée, je suis heureuse d’avoir pu lire ce nouveau roman. Bravo à l’auteure pour ce roman frais et sympathique à découvrir

03 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Le traitement des thématiques. J’ai aimé avoir des « lourds sujets » comme celui de la place de la femme dans la société actuelle et le regard qu’un homme peut avoir sur sa femme au fil des années de mariage.
  • L’originalité de l’idée de base.
  • La plume de l’auteure.

notation 1

21

Le sourire des fées de Laure Manel

6129hbDb80LRésumé :  » Rose l’a dit à Lou : il faut croire encore au bonheur. Elle a toujours eu le don pour apporter de la joie à partir de presque rien. Un joli paysage, une belle lumière, le parfum d’une pivoine, le goût du chocolat noir attrapé avec la langue sur le fouet à pâtisserie, un bon repas, un fou rire qui tire les larmes, respirer à pleins poumons, danser, jouer… Ce sont ces petites doses de bonheur à pratiquer au quotidien. C’est à cela qu’il faut s’accrocher.  » Jamais il n’y a eu plus d’urgence à aimer.

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement les éditions Michel Lafon ainsi que Camille pour leur remarquable travail ainsi que leur générosité. J’ai eu la chance de pouvoir poursuivre ma rencontre de Laure Manel que j’avais trouvé excellente dans l’ivresse des libellules.

Ici, ma lecture n’a pas été de tout repos mais j’en sors agréablement surprise. Ce roman a été un roman en deux temps pour moi. Dans un premier temps, je ne comprenais pas trop les volontés de l’auteure. Je ne comprenais pas vraiment où j’étais emmenée, où j’allais arriver. Puis, finalement, j’ai pris ce roman comme l’auteure me le proposait : j’ai savouré les petits moments de vie que Laure Manel a décidé de mettre en avant.

On fait la rencontre de Hermance, Rose, Antoine & Lou. Ce sont des personnages que les fans de l’auteure ont déjà pu rencontrer dans le roman la mélancolie du kangourou. Je vous rassure, ne le sachant pas, j’ai lu ce roman avant de lire l’autre (qui attend sagement dans ma PAL) et j’ai pu comprendre l’histoire sans aucun problème.

Les personnages principaux sont très bons. J’ai énormément aimé les différentes psychologies que l’on rencontre. Lou est une enfant qui grandit au fil des pages. C’est vraiment une petite fille pleine de vie. Hermance est la grand-mère d’Antoine et l’arrière-grand-mère de Lou. Rose est la compagne d’Antoine et la belle-mère de Lou. Ces quatre personnages vivent ensemble et cela fait plaisir à lire. La vie dans « le chalet du bonheur » est pleine de surprise. On a d’autres personnages que l’on rencontre au fil des chapitres. J’ai aimé faire la rencontre des amis d’Antoine et de Rose, de la famille d’Antoine, de ses beaux-parents, de son frère mais aussi de ses parents. On se retrouve dans une histoire familiale qui est belle et pleine de poésie.

Ma petite préférence reste pour le personnage de Rose que j’ai aimé voir évoluer en tant que personne mais aussi dans son couple avec Antoine. C’est une femme extrêmement belle physiquement et intérieurement. Elle reste la bonté et la gentillesse. Tout ce que j’aime chez mes personnages féminins principaux.

La manière dont l’auteure nous apporte les thématiques dans cette intrigue est assez singulière mais très appréciable. En effet, on a des chapitres courts qui se focalisent sur une petite chose simple de la vie. Ainsi, on va pouvoir découvrir la fabuleuse tarte aux pommes d’Hermance, les randonnées d’Antoine, la fougue de Lou, cette petite fille pleine de vie ainsi que Rose et sa sagesse à toute épreuve. Les chapitres courts, s’intéressants aux petites choses qui remplissent notre quotidien m’ont beaucoup fait penser à Philippe Delerm et à la première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules. J’ai beaucoup apprécié cette idée d’apprécier et de savourer l’instant présent. J’aime retrouver cette thématique dans mes lectures.

Le seul « problème » que j’ai rencontré durant ma découverte du nouveau roman de Laure Manel, c’est cette explosion d’émotions. Pour moi, c’était un peu de trop. On va crescendo dans des événements qui font mal, qui ne sont pas annonciateurs de bonnes choses et j’ai eu cette impression que ça ne s’arrêterait jamais. J’ai eu les larmes aux yeux, j’ai eu la boule d’émotions coincée dans la gorge. Premier gros événement triste, j’étais en train de lire en me disant « tu peux gérer Pauline, souffle, ça va aller » et j’ai continué et là, on me remet un événement compliqué à gérer, et encore un. J’ai eu cette sensation de tomber dans un puits sans fond. Clairement, on est obligé d’avoir le cœur gros et de lire ce roman avec toutes ces émotions qui nous assaillent. Ça reste vraiment un point de vue personnel : je n’ai pas l’habitude d’avoir des romans qui font pleurer entre les mains. Sauf si vous êtes inhumain, vous verserez forcément votre petite larmichette. Ce n’est pas une mauvaise chose, ça m’ouvre de nouvelles perspectives dans mes lectures mais être chamboulé comme ça, c’est très compliqué pour moi.

Il ne faut pas se leurrer, le roman de Laure Manel est bon, ce n’est pas mon préféré mais sa plume me plait toujours autant. Elle est belle, poétique et nous emmène tellement facilement dans l’univers proposé. C’est déstabilisant mais tellement grisant.

En définitive, même si ce roman m’a bousculée, je reste surprise par ce que j’ai pu lire et découvrir. Malgré ce trop-plein d’événement pour moi, je reste heureuse d’avoir découvrir le sourire des fées et je lirai la mélancolie du kangourou sans aucun doute.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • La poésie qui se dégage de ces instants présents
  • Le quatuor de personnages principaux que j’ai adoré
  • La plume de Laure Manel, une petite pépite

4

9

Eden de Monica Sabolo

410kj6D5thL._SL500_Résumé : « Un esprit de la forêt. Voilà ce qu’elle avait vu. Elle le répéterait, encore et encore, à tous ceux qui l’interrogeaient, au père de Lucy, avec son pantalon froissé et sa chemise sale, à la police, aux habitants de la réserve, elle dirait toujours les mêmes mots, lèvres serrées, menton buté. Quand on lui demandait, avec douceur, puis d’une voix de plus en plus tendue, pressante, s’il ne s’agissait pas plutôt de Lucy – Lucy, quinze ans, blonde, un mètre soixante-cinq, short en jean, disparue depuis deux jours –, quand on lui demandait si elle n’avait pas vu Lucy, elle répondait en secouant la tête : « Non, non, c’était un esprit, l’esprit de la forêt. » » Dans une région reculée du monde, à la lisière d’une forêt menacée de destruction, grandit Nita, qui rêve d’ailleurs. Jusqu’au jour où elle croise Lucy, une jeune fille venue de la ville. Solitaire, aimantant malgré elle les garçons du lycée, celle-ci s’aventure dans les bois et y découvre des choses, des choses dangereuses… La faute, le châtiment et le lien aux origines sont au cœur de ce roman envoûtant sur l’adolescence et ses métamorphoses. Éden, ou le miroir du paradis perdu.

~ Service presse audio ~

Je remercie chaleureusement Audiolib pour l’envoi de ce service presse audio ainsi qu’Hermine avec qui la conversation est chaleureuse et chouette. Je suis ravie d’avoir pu découvrir cette belle personne J !

J’ai eu la chance de pouvoir découvrir Eden. C’est un roman qui va rejoindre My Absolute Darling de Gabriel Tallent. Pourquoi ? Je trouve qu’ils sont semblables dans la manière dont ils nous administrent un bout de poing dans la figure dans la réalité crève les pages. Nita & Turtle sont aussi pures et intelligentes l’une que l’autre. Bref, on s’arrête là pour les comparaisons.

On fait la rencontre de Nita, d’un côté. Une jeune fille qui ne sait plus trop où elle en est. Elle vit à l’orée d’une forêt, elle va à l’école, sa vie est plutôt « banale » en surface. En effet, on retrouve Nita avec son amie (qui élève une chouette et qui écoute les bruits de la forêt, j’adore ♥), mais aussi avec sa mère. Les incompréhensions entre ces deux femmes sont grandissantes.

D’un autre côté, on rencontre Lucy, une jeune fille jolie qui fait tourner la tête des garçons mais qui ne s’en rend pas forcément compte. Lucy est dans son monde, Lucy est une jeune femme qui va vivre des événements pas forcément super sympathiques.

Ce roman est clairement un OVNI littéraire pour moi. Je ne sais absolument pas par où commencer ni ce que j’en pense. Il a ses qualités, mais il a aussi ses défauts. Je suis loin d’avoir la science infuse mais, ici, j’ai eu quelques problèmes de compréhension : je n’ai pas toujours compris où l’auteure voulait en venir. Elle prend des chemins, des détours pour arriver à son but. Ça prend énormément de temps et finalement, on oublie l’histoire de base. C’est le souci que j’ai rencontré avec ma lecture.

Eden est un lieu fantastique. Eden c’est le meilleur de la nature et le pire de l’homme. Eden c’est des milliers d’arbres morts pour faire place à une exploitation. Eden, c’est la mort de la nature. Cette forêt empreinte d’une culture amérindienne, on se sent bien au contact de la nature. Cette forêt est aussi un lieu de perdition pour Lucy qui va connaitre la pire des choses pour une femme : un viol qui va la marquer, elle, mais aussi toute la communauté.

Dans ce roman, on a aussi de nombreux personnages masculins. Ils sont écœurants à souhait pour moi. Tous autant qu’ils sont. Ils marquent vraiment tout ce qu’il y a de plus primitif et dérangeant chez les hommes. La femme est vraiment prise pour un objet : que ça soit avec Lucy, Nita ou le groupe de jeunes femmes qui tiennent un bar (et qui vont être proches de notre petite Nita). Toutes les femmes dans cette histoire sont confrontées à des hommes, à leurs abus de pouvoir, à la supériorité qui pue à quinze mille kilomètres.

La forêt est le lieu du meilleur et du pire. La femme est la figure du meilleur et du pire de l’homme. A elles toutes, elles nous livrent un roman écologique, culturel et féministe sublime mais bien trop embrumé pour moi, pour que je comprenne tous les tenants et les aboutissants de cette histoire.  C’est un petit rendez-vous manqué pour moi.

Néanmoins, la plume de l’auteure est très travaillée et agréable. On sent que l’auteure pèse tous les mots qu’elle utilise. C’est de la grande littérature, c’est certain.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Le personnage de Nita, que j’ai adoré.
  • La forêt, grande et mystérieuse qui nous offre le meilleur de la nature : une bouffée d’air frais.
  • Ce mélange d’écologie, de culture et de féminisme. J’aime beaucoup.

3

18

Au comptoir des murmures de Tia Wolff

41GRsqQOLWL._SX195_Résumé : Erynn a grandi à Killorglin, entre les murs du Whispering Druid. Après de brèves études à Dublin, son quotidien est à présent rythmé par le tintement des verres qui s’entrechoquent et les conversations de ceux qui la connaissent depuis toujours. Quand Puck, le symbole local, est retrouvé de l’autre côté de la rivière, la stupéfaction laisse rapidement place aux rumeurs. Le qui et le pourquoi s’emmêlent dans des théories n’ayant de sens qu’accompagnées d’une pinte bien fraîche. Malgré l’agitation, l’esprit d’Erynn revient sans cesse vers la mission qu’elle s’est attribuée : faire survivre le pub familial abandonné par son père.

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement Tia Wolff d’avoir accepté ma demande via SimPlement. Ce résumé m’a beaucoup tentée. Je suis charmée par l’Irlande, par cette ambiance, ces pubs…Et en plus le perroquet du pub s’appelle Satine… Si ça ce n’était pas un signe…

On fait la rencontre d’Erynn. Erynn est typiquement le genre de jeune femme que j’apprécie trouver en personnage principal. En effet, elle est pleine de vie, courageuse et ne se laisse pas abattre. Il y aurait de quoi… Je vous avoue que je ne sais pas forcément comment elle a pu faire pour supporter tout cela. Une relation avec ses parents qui n’est pas loin du chaos, son frère est hors de contrôle et n’en fais qu’à sa tête, le pub (au nom de son père) est un gouffre. Elle a sacrifié ses études pour reprendre le Whispering druid et ne pas faire sombrer l’héritage familial.

Erynn est tiraillée entre faire ce qui lui semble juste et faire ce qui est bien pour elle. En effet, ce pub, c’est toute sa vie, tous ses souvenirs. C’est vraiment prenant. On sent que les murs et le plancher sont imprégnés de souvenirs. J’adore les lieux qui regorgent de vie et de souvenirs.

Le Whispering druid est un personnage à part entière. Ce pub vit. Il partage les bons moments : les rires, les situations comiques, les éclats de joie, les bruits de bière qui s’entrechoquent mais c’est aussi l’endroit où les bagarres éclatent, les noms d’oiseau volent, les problèmes surviennent. Le Whispering druid est un symbole de vie : il y a des hauts et des bas. On le sent bien dans ce roman.

Le panel de personnages est très intéressant et important. En effet, on brasse du monde : des habitués, des nouveaux arrivants, des gens de passage, de la famille, des amis… Il me serait difficile de parler de tous les personnages qui peuplent ce roman mais honnêtement, il y en a pour tous les goûts ! On aime être là, assis sur un tabouret à savourer une bonne bière.

On sent vraiment que le roman est imprégné de la culture et de la tradition irlandaise. C’est vraiment très plaisant pour une personne comme moi qui aime cette ambiance conviviale et amicale.

Je ne connaissais pas la plume de Tia Wolff mais j’apprécie beaucoup avoir partagé ce moment de vie avec elle. Les mots sont justes, l’ambiance est crédible, on se sent bien dans cette histoire. Ma lecture n’est pas un coup de cœur, j’ai aimé lire ce roman qui se lit très vite et très bien. C’est simple, frais et j’ai aimé les petites intrigues au cœur de l’histoire. C’est le genre de roman que j’aime me mettre sous la dent entre deux grosses lectures.

J’ai apprécié aussi la touche de folklore ajouté avec Puck et ses déplacements magiques. J’ai trouvé ça très frais, cela ajoute une touche particulière au roman. Il faut dire que la culture celtique est très présente et grâce à Puck, on a une petite piqûre de rappel. J’aime beaucoup.

En définitive, si vous appréciez les histoires fraîches qui mêlent les histoires de famille, les patrimoines familiaux mais aussi la présence d’un folklore et d’une culture irlandaise très présente, cette histoire est faite pour vous. La plume de Tia Wolff est moderne, pleine de charme et saura vous plaire.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Le personnage d’Erynn que j’ai grandement apprécié
  • Le panel de personnages riche et varié qui propose un nombre de personnages incroyable ayant tous un caractère différent.
  • La plume de l’auteure que je découvrirai de nouveau avec grand plaisir =)

4

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A la recherche d’Alice Love de Liane Moriarty

téléchargementRésumé : Alice Love tombe en faisant du sport. Lorsqu’elle se réveille, elle pense qu’elle a 29 ans, qu’elle est enceinte de son premier enfant et qu’on est en 1998. En réalité, on est en 2008, Alice a trois enfants, Madison, 10 ans, Tom, 8 ans et Olivia, 5 ans, et s’apprête à divorcer. Comment a-t-elle pu devenir cette femme autoritaire et maigrichonne (faire du sport ? elle DÉTESTE ça !) ? Pourquoi Elisabeth, sa soeur adorée, est-elle en froid avec elle ? Comment Nick, son amour de toujours, et elle en sont-ils venus à se détester ? Alice devra s’efforcer de reconstituer le puzzle de cette décennie oubliée et découvrira si son amnésie est une malédiction ou une bénédiction…

~ Service presse audio ~

Je remercie les éditions Audiolib pour l’envoi de cette écoute. Etant donné que j’écoute mes romans audio dans la voiture en allant au travail, j’avoue qu’avec le confinement, j’ai été freinée dans ma découverte.

J’ai pu découvrir Alice Love, une femme surprenante qui m’a permis de passer un bon moment de lecture. Alice est une femme qui va fêter ses 40 ans. Une chute au sport et tout bascule. Sa mémoire s’est effacée. Alice pense être en 1998 et non en 2008. Elle qui pensait attendre son premier enfant, vivre une idylle parfaite avec Nick, son époux et une relation parfaite avec sa sœur Elisabeth, elle va se prendre une claque majestueuse en comprenant que sa vie n’a pas vraiment pris ce tournant-là.

Entre crise d’adolescence, aigreur ainsi que divorce, Alice se retrouve dans une situation qu’elle n’envisageait pas. A quel point a-t-elle pu devenir une femme aussi méprisable ? Comment la Alice de 1998 a-t-elle pu devenir cette Alice méconnaissable 10 ans plus tard ?

A travers l’histoire d’Alice et ses nombreuses péripéties se dessine une quête identitaire assez sympathique à découvrir.

Alice et Nick sont en plein divorce. Elle ne comprend pas comment elle a pu en arriver là. Elle s’interroge, demande à Nick des explications. Un nom explose à ses oreilles « Gina ». Qui est cette femme ? Qu’a-t-elle fait pour que Nick et elle divorcent ?

On se retrouve dans un tourbillon d’interrogations. Quelles soient internes ou externes, toutes les questions sont intéressantes et nous poussent à nous interroger nous-même sur ce que l’on est devenu, nos regrets, nos espoirs, c’est plutôt sympathique.

Mis à part Nick et Alice, on fait la rencontre de la famille d’Alice, des enfants du couple, des mamans d’école mais surtout de Gina, la meilleure amie d’Alice qui a laissé sa trace dans la vie du couple mais surtout dans la vie d’Alice. Plus on avance dans l’histoire, plus l’on comprend comment ces deux femmes étaient liées profondément. Alice l’ayant complétement oublié, elle doit se baser sur les dires des gens qu’elle connait pour essayer de reconstruire sa vie.

Elisabeth – Lybie- la sœur d’Alice est un personnage que j’ai beaucoup apprécié et qui partage la narration du roman avec Alice. Cela nous permet d’avoir une meilleure vision du problème et des dix dernières années écoulées. On a un œil externe sur la vie d’Alice. L’auteure ne nous prend pas en traitre en ne nous proposant qu’une vision de l’histoire : Alice a ses qualités et ses défauts. Je trouve ça très bien. Même si les parties sur Elisabeth nous apportent un petit plus sur la vie d’Alice, je n’ai pas compris pourquoi parler de sa vie privée à elle et de ses problèmes pour tomber enceinte. Ca n’a eu aucun apport à part creuser le fossé entre les deux sœurs.

La relation qu’Alice a avec sa sœur et Nick sont touchantes. On sent vraiment qu’elle est perdue et qu’elle ne comprend pas comment ils ont pu en arriver là. Le divorce ne se passe pas correctement, Nick et Alice se font la guerre : tout est prétexte à engueulades. Que ça soit les enfants, les études, les conduites, le travail… Tout y passe. On sent la rancœur et les reproches se mettre en parallèle de la nouvelle Alice.

J’ai aimé cette idée de se redécouvrir. La Alice de 1998 qui ne comprend pas cette nouvelle Alice de 2008. C’est la rencontre de deux pans d’une même femme qui se rencontrent et explosent comme des feux d’artifice. J’ai trouvé l’idée vraiment sympathique et originale.

La plume de l’auteure était inconnue au bataillon mais je l’ai trouvée très sympathique et agréable. Il y a peut-être eu quelques longueurs sur la fin du roman mais, de manière générale, je reste vraiment satisfaite de ma lecture.

3 bonnes raisons de lire/écouter ce roman :

  • Alice, un personnage que j’ai apprécié pour le regard qu’elle porte sur sa vie
  • Le panel de personnages colorés que j’ai apprécié découvrir
  • Les relations qui se font et se défont au fil de la lecture

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Catégorie « lire un livre audio » validée 🙂 

4

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Les incroyables aventures des sœurs Shergill de Balli Kaur Jaswal

9782714482532ORIRésumé : Dans la famille Shergill, il y a : Rajni, l’aînée, mère de famille au bord de l’implosion depuis que son fils ado lui a fait une révélation fracassante. Jezmeen, la séductrice un brin égoïste, petite actrice londonienne dont le dernier bad buzz tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Et enfin, Shirina, la docile cadette, dont le parfait mariage arrangé commence à sérieusement battre de l’aile. Trois sœurs que tout oppose et qui vont devoir se supporter pour réaliser la dernière volonté de leur mère : accomplir un pèlerinage en son honneur en Inde, de Delhi au Temple d’or d’Amritsar. Combien de temps avant que tout dérape ? Les voies d’une mère sont impénétrables… Dans ce pays aux facettes multiples, et parfois violentes, les sœurs Shergill embarquent pour un incroyable voyage à la découverte de leurs racines et d’elles-mêmes.

~ Service presse ~

Je remercie chaleureusement les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman. J’ai eu la chance de découvrir les incroyables aventures des sœurs Shergill. Ce qui m’a le plus attirée dans cette histoire, c’est bien évidement le voyage. Tout respire l’Inde dans ce roman et franchement, j’avais besoin de partir un peu plus loin qu’en Angleterre ou je ne sais où. L’Inde ! Parfaite destination, non ?

Au-delà du voyage proposé, il y a une aventure. Une dernière volonté d’une mère chagrinée par les distances qui se sont installées entre ses trois filles. Ainsi, Rajni, Jezmeen & Shirina vont se retrouver à Delhi. Si on pouvait s’attendre à des sœurs unies dans la douleur, rien de tout cela ne se passe. En effet, les trois sœurs sont envahies par leurs problèmes personnels et ont oublié l’essentiel : la famille. Ainsi, Rajni ne sait plus comment gérer son fils en pleine crise, Jezmeen est en deuil d’une carrière artistique qui ne décolle pas et Shirina, la plus mystérieuse, voit son mariage arrangé fondre au soleil. J’ai beaucoup apprécié cette idée d’essayer de recoller les morceaux entre ses sœurs qui ont oublié ce qu’est la définition de « sœur », « famille » ou encore « entraide ». J’avoue que, par moments, l’égoïsme des trois m’a été insupportable. J’ai aussi trouvé que c’était très long à vraiment démarrer. Le temps que les sœurs commencent à se parler et à s’ouvrir un peu, il se passe un temps assez long.

A travers la plume et l’intrigue de l’auteure, on est vraiment embarqué en Inde. Ce pays ne sert pas de toile de fond. On y est, on y croit. On entend les bruits de la ville, on sent les épices émaner des marchés, on est propulsé dans ce pays dans tout ce qu’il a de plus sacré avec les descriptions des temples et des endroits que l’on connait, finalement, que très peu.

L’auteure prend le pari de raconter la vie dans tout ce qu’elle est de plus simple et de plus compliqué à la fois. Cette volonté de cette mère décédée reste belle. C’est avec cette idée que les filles vont d’abord être obligées d’être ensemble… Plus les pages passent plus on sent que les rapprochements se font. Bien sûr, tout n’est pas rose. Ça explose, ça s’explique, ça crie mais les sœurs vident leurs sacs et essayent d’avancer malgré les secrets de famille et ces rancœurs gardées bien trop longtemps en elles. Véritable ode à la vie, ce roman est vraiment très sympathique à découvrir pour ces multiples facettes.

On touche aussi à une thématique délicate mais ô combien importante : la place de la femme en Inde. C’est plutôt révoltant pour les femmes modernes qui évoluent dans des pays où la femme n’est pas forcément l’objet de l’homme. Cela reste ultra intéressant à lire quand même.

Honnêtement, je m’attendais à un périple léger. Un voyage sur un ton humoristique, quelque chose de frais à se mettre sous la dent. J’étais vraiment surprise par le tournant que pouvait prendre ce roman en proposant des thématiques assez fortes, culturelles et intéressantes.

La plume de l’auteure est assez sympathique. J’ai facilement accroché au style de l’auteure. Le rythme de l’intrigue est vraiment chouette. J’ai adoré le voyage en soi. C’était très dépaysant, exotique et très sympathique.

En définitive, mon voyage en Inde avec les trois sœurs Shergill a été très rafraichissant sur le point culturel. Si j’ai apprécié ce trio de personnages assez agréable, elles m’ont un peu fatiguée avec leur égoïsme. Je trouve que les trois se rassemblent dans ce défaut. Bien qu’il agisse différemment selon les sœurs, l’égoïsme est vraiment présent dans ces trois personnages. J’ai trouvé que l’intrigue a mis du temps a démarré. En effet, c’est le bémol du roman pour moi. Le temps que les filles commencent à discuter et à s’ouvrir, c’est assez long. La plume de l’auteure est très sympathique et je vous invite à plonger dans cet univers si les secrets de famille et les voyages initiatiques vous plaisent.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • L’idée du voyage en Inde, j’ai adoré !
  • Le trio coloré que sont les sœurs Shergill
  • Les descriptions incroyables

notation 1

22

Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

téléchargementRésumé : Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

~ Lecture détente 📖 ~

Je remercie chaleureusement ma Kathleen pour ce joli cadeau qu’il me tardait de découvrir. Ce roman m’intriguait beaucoup. La poésie du titre, cet acte si banal qu’est celui de changer l’eau des fleurs, cette couverture. Ce résumé. Je n’ai pas réfléchi une seule seconde, je l’ai mis sur ma liste de Noël et j’ai eu la chance de le recevoir. Ce mois-ci, j’ai pris le temps de le lire, de me plonger, le temps de deux soirées, dans le roman de Valérie Perrin. C’est aussi délicieux qu’un roman de Sophie Jomain, de Carène Ponte ou encore de Laure Manel.

Le problème avec ce genre de livre c’est qu’ils sont « victimes de leur succès » (et grand bien leur fasse !). On en mange à toutes les sauces et tout le temps. J’ai laissé un peu de temps couler pour éviter d’être abreuvée d’informations en tout genre. J’avais tellement entendu de bien sur ce roman qui est encensé par la critique et la presse que je m’attendais à me voir exploser en plein vol. Je n’ai pas explosé (ce qui n’est pas plus mal d’ailleurs). J’ai grandement apprécié ma lecture mais je n’ai pas ressenti ce que je pensais ressentir. C’est une lecture très appréciable qui, je suis certaine, un jour ou l’autre, aura sa place sur grand écran.

On fait la rencontre de Violette Toussaint, née Trenet. Voici une femme bien singulière que je vous propose de découvrir. Au dela d’être singulière, Violette est un personnage drôle, émouvant, qui sors des sentiers battus. Le roman se divise entre sa vie actuelle au cimetière et son passé avec son mari Philippe Toussaint (jamais on ne verra simplement « Philippe » dans le roman), sa vie d’avant avec les trains (gardienne qui s’occupe de lever et fermer les barrières) ainsi que ses beaux-parents. Violette est une enfant orpheline. Elle a appris la vie rapidement. On la voit changer : elle est plus calme, comme si elle avait appris à vitesse grand V la vie. On comprend rapidement qu’il y a quelque chose qui manque à son présent.

Violette est entourée : que ce soit dans son passé ou dans son présent, le monde gravite autour d’elle. Elle est d’abord avec son mari, Philippe Toussaint qui représente tout ce qu’un homme peut être négativement parlant : fainéant, manipulateur, trompeur. Bref, rien pour lui, cet homme-là. Ce que j’ai aimé, c’est cette distance qu’il y aura toujours entre Violette et Philippe Toussaint. Il n’y a pas d’amour entre eux, il n’y a que de la distance et une impression de « je suis avec toi parce que je n’ai pas mieux ». Au départ, si cela s’apparentait à de l’amour, Violette va vite déchanter et se retrouver seule.

Au cimetière, on tangue entre moments d’émotions et moments de tendresse. Entre rires et larmes, entre bonheurs et malheurs. Le cimetière prend vie grâce à Violette mais aussi à Nono, Elvis, Gaston, les trois frères de la maison funéraire mais aussi le curé du village. On relativise beaucoup dans ce roman, on apprend beaucoup d’éléments sur la vie de Violette mais aussi la vie en général. Roman profondément humain, il touche beaucoup de thématiques fortes.

Arrive Julien Seul, le fils d’Irène qui demande à ce que ses cendres reposent sur la tombe de Gabriel, un homme inconnu au bataillon dans le répertoire de Julie. C’est à travers les carnets de sa mère qu’une relation se tisse entre Irène et Gabriel mais ce sont aussi des moments que Julien partage avec Violette, cette femme fracassée par la vie.

Il n’y a pas à dire, j’ai beaucoup apprécié ce roman. Ce n’est pas un coup de cœur mais une très bonne lecture. La plume est juste magnifique. J’ai grandement apprécié la qualité de cette dernière. En revanche, j’avoue que le début a été compliqué. Je me suis demandée si j’allais arriver à finir ce roman puis, la machine s’est mise en route et je n’ai pas su m’arrêter avant d’avoir tourné la dernière page. C’est une lecture pleine d’émotions diverses. C’est touchant et bouleversant. La vie de Violette est pleine de douleur mais aussi de douceur. Une lettre peut tout changer aux mots mais aussi à l’histoire de cette gardienne de cimetière dont le rapport aux fleurs est magnifique. Là où j’ai eu le plus de mal, c’est avec l’histoire d’Irène et de Gabriel qui prend trop de place dans cette histoire à mon goût. Il y a eu quelques longueurs et je n’ai pas pris autant de plaisir à découvrir cette histoire que celle de Violette.

La plume est formidable. Elle est très poétique. J’ai eu un peu de mal avec les longues énumérations mais mis à part ce côté-là, j’ai vraiment beaucoup apprécié ce que j’ai lu.

En définitive, c’est un roman que je vous conseille de lire tant il parle de thématiques qui peuvent toucher beaucoup de monde. C’est avec un regard profondément humain que Valérie Perrin nous raconte l’histoire de Violette, cette femme qui a eu une vie bien remplie. A lire.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Voir la mort et le cimetière d’un autre œil
  • La vie de Violette avec des hauts et des bas
  • La plume de l’auteure, très belle et poétique.

notation

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La fille à ma place de Catherine Le Goff

519gW4+brRL._SX195_Résumé :  » Me noyer dans la masse, oublier qui je suis, humaine ou animale. Mouvement dans le mouvement, je me fonds dans la transe. Et au milieu du monde, à deux heures du matin, j’oublie que j’ai tué.  » Ainsi commence la cavale de Nin, dont la vie bascule en quelques minutes. L’acte qu’elle commet, faute d’avoir trop aimé, donne à sa vie une trajectoire inattendue. En danger, la voilà propulsée dans une fuite en France, en Italie et en Amérique ; elle y déploie des ressources insoupçonnées, brisant les secrets qui hantaient son passé. Dans sa fuite, elle s’adjoindra des alliés indéfectibles qui lui permettront de renaître à elle-même. Jalousie, peur de l’abandon, dédoublement de la personnalité, manipulation et changements d’identité, tels sont les thèmes de ce roman à suspense et plein d’émotions, qui nous sensibilise à nos possibles passages à l’acte. Identifier nos failles et tomber les masques demande du courage. Mais cela nous rend aussi plus humains et sereins. En montrant par la fiction comment chacun de nous peut un jour commettre un acte de folie, au gré des circonstances de la vie, l’auteure, psychologue et hypnothérapeute, nous apprend à mieux nous comprendre et à aider ceux que trop souvent on se contente de seulement condamner. La violence vient fréquemment de nos blocages affectifs.
Ce roman captive par sa tension et son intrigue. Il soulage également nos cœurs en nous encourageant à identifier les ressorts de notre sensibilité et panser nos blessures.

~ Service presse 📖 ~

Je remercie chaleureusement les éditions Favre ainsi que l’Agence Gilles Paris pour l’envoi de ce roman. Je vous le dis clairement, si j’ai craqué pour ce roman, c’est essentiellement pour la couverture que je trouve très belle. Le titre me plaisait beaucoup et je n’ai pas eu l’envie de résister, je n’ai donc pas résisté. Quand je l’ai reçu, j’ai jeté mon dévolu dessus. Pas très gros, ce roman a été lu rapidement et m’a proposé un moment de lecture agréable.

On fait la rencontre de Nin, une femme qui a tué. Elle a tué cette fille qui était l’amante de Jeff, son mari. Même si la relation entre Nin & Jeff ne tient plus qu’à un fil, Nin voit rouge et met un terme à cette relation adultérine de la pire manière qu’il soit… Elle tue cette femme et devient coupable de meurtre. La cavale est lancée, en même temps que l’intrigue.

Avec Nin, on va passer en revue sa vie, on va découvrir des pans de sa vie qu’elle a caché, des confessions, des souvenirs, des envies mais aussi ses craintes et ses doutes. A travers ses souvenirs et sa vie en cavale, on va faire la rencontre de son père, qu’elle connait sans connaitre après ces longues années d’absence, on fait aussi la rencontre d’autres personnages dont je tairai le nom et la place qu’ils ont dans l’intrigue pour ne pas trop vous en dire… Je pense que le résumé est assez gros et concis pour savoir ce qu’il en est sans que je doive en rajouter.

Le personnage de Nin est un personnage complexe. Je crois que je l’apprécie. Pour moi, elle est sur plusieurs fronts. Elle me plait à certains moments, elle me déplait à d’autres. Mais, globalement, c’est un personnage que j’ai apprécié même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle a pu dire ou faire.

Roman psychologique, il est très bien écrit. La plume est magnifique et nous propose de vrais moments de poésie dans cette histoire. Franchement, j’ai été séduite par les mots. Ici, la seule chose qui m’a freinée dans ma lecture, c’est la rapidité des événements. En effet, le roman n’est pas bien long, il fait moins de 200 pages. Mais il se passe énormément de choses et les ellipses temporelles sont présentes. Je ne suis pas forcément fan de ça. En quelques pages, plus de 5 ans sont balayés rapidement et il m’a manqué de détails pour pouvoir être complètement immergée dans ma lecture.

Je reste quand même agréablement surprise. La lecture est facile et agréable. On est très souvent dans l’émotion avec les personnages de Catherine Le Goff. La fin nous réserve de belles surprises. C’est ça que j’attendais. Je me suis installée dans cette lecture en me disant « oui… On voit bien la fin arriver » puis finalement non ! C’est chouette ! Je trouve que la fin est très belle, poétique et bien faite.

Au cœur de ce roman se retrouvent des thématiques comme l’amour, l’amitié, la jalousie, le courage, la famille. Toutes ces thématiques sont amenées joliment et aident toujours Nin a progressé dans son interrogation tout au long du roman.

En définitive, avec ce roman court, intense où la psychologie est mise en avant, on ne s’ennuie pas. Il m’a manqué quelques détails pour pouvoir être pleinement satisfaite de ma lecture mais j’ai passé un agréable moment de lecture avec l’histoire racontée. La plume de Catherine Le Goff m’a beaucoup plu et touchée à plusieurs moments. Les personnages sont beaux, j’ai apprécié Nin et le voyage qu’elle fait. Le voyage est autant identitaire que géographique. On voyage entre la France, les Etats Unis mais aussi l’Italie. Tous les voyages sont porteurs d’événements marquants qui font avancer Nin dans la vie. Nin est un personnage que l’on comprend bien que ses choix restent discutables.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une quête identitaire et une interrogation profonde sur notre personnage principal
  • La plume de Catherine Le Goff
  • Le voyage proposé

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Gangster – l’envers du décor de Shifrinne

CVT_Gangster-LEnvers-du-decor_5520.jpgRésumé : Stéphane vit à Paris. A 28 ans, il appartient à la famille du caïd Lapaz et gère ses clubs de nuit, mais il est surtout au cœur des trafics et des décisions les plus secrètes de la famille. Machines à sous, rackets, cocaïne, le système rapporte des millions. Mais quand Assouni le Lyonnais entraîne Lapaz dans le meurtre d’un rival, Stéphane comprend qu’ils sont en danger. Derrière les établissements et les trafics, il réalise alors l’envers du décor. Dans un univers où les alliances se font et se défont au rythme des meurtres, il devra survivre dans ce qui deviendra la plus sanglante guerre des clans que le milieu du grand banditisme n’aura jamais connu. Malgré l’illusion de sa toute-puissance, le plus féroce des caïds peut être pris à revers par ceux qui ont été trahis. Plongée fulgurante dans l’univers impitoyable du grand banditisme français à travers Stéphane Saliseti, caïd parisien pris pour cible par un concurrent avide d’argent et de pouvoir.

~ Service presse📖 ~

Je sais, vous n’avez pas trop l’habitude de me trouver dans des univers comme celui-ci. Je vous l’avoue, j’étais la première surprise d’accepter. Je remercie ma copine Karen (Kaza De Papel) pour avoir donné mon nom. Je remercie aussi Shifrinne pour l’envoi de son roman.

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Un univers noir
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Oubliez un peu l’univers des contes que je vous présente quelques fois. Ici, on est dans la violence, la mort, la course au plus fort, à celui qui aura le plus de courage et de culot pour détrôner le roi. Roi de quoi ? Roi des réseaux de drogues et de tout ce qui peut être illicite.

On suit le personnage de Stéphane, un jeune homme de 28 ans qui est le bras droit de David Lapaz. Lapaz est connu pour avoir le bras long et un réseau de distribution des drogues.

Rapidement, l’auteur nous met dans le bain : violence, séduction, trahison et coups bas sont très présents dans le texte.

Je n’avais jamais lu de roman qui ont ce sujet-là au cœur de l’intrigue. C’est un roman très visuel que l’on nous propose. C’est vraiment intéressant. Je ne lirai pas ce genre tous les jours mais, le temps d’un instant, je me suis revue avec mon père et mon grand-père devant des films d’action mettant en scène des gangsters. Il y a du bruitage. Personnellement je ne suis pas fan mais cela ne m’a pas gênée pour autant (BOUM ! PLOP ! BOUM !)

J’avoue que l’univers proposé est assez sombre et l’on se retrouve à trembler à toutes les pages pour savoir qui sera le prochain.

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Les personnages
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Voilà un point qui m’a plu sur certains points et moins sur d’autres. Il y a un riche panel de personnages, cela ne fait aucun doute. Mais il y a aussi beaucoup de surnoms. Je me suis emmêlée les pinceaux très rapidement. J’ai dû relire certains passages pour ne pas faire d’amalgame et ne pas me tromper. Les surnoms sont souvent des appartenances à des endroits géographiques et culturelles ainsi : le marseillais, le gitan, l’algérien, le corse et bien d’autres font des apparitions dans le texte. J’ai dû faire les liens, les défaire et les refaire. Par moments, cela m’a retardée dans ma lecture.

Nous sommes dans un monde masculin à 100% j’aurais aimé être étonnée par une 74940245_1346660108837476_5830547361360773120_n.jpgprésence féminine forte. Oui, il y a des personnages secondaires féminins mais elles ne sont là que pour parader autour des hommes. Mathilde est la petite amie de Stéphane et Karima aide vers la fin du texte mais cela ne va pas au-delà. J’ai trouvé dommage d’avoir encore cette pensée archaïque dans le roman.

Sinon, j’ai trouvé que les personnages étaient sympathiques à suivre. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Stéphane qui est bien campé. C’est le seul auquel j’ai pris le risque de m’attacher.

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Intrigue, thématiques et plume
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J’ai décidé de parler de ces trois points en même temps, pour moi, ils sont indissociables. Le style de l’auteur reste très simple. Il n’y a pas de mots alambiqués dans le roman, pas de difficultés linguistiques. Ici, on se retrouve avec un roman d’action qui tient ses promesses à ce niveau : on ne s’ennuie pas. On est toujours dans l’action, dans la péripétie. Peut être un peu trop pour moi, certains épisodes m’ont semblés un peu forts pour l’intrigue. Je me suis retrouvée dans un épisode d’Alerte Cobra à quelques reprises. Si l’allusion me fait sourire, c’est parce que mon grand-père était fan de tout ça : les explosions, les flingues, les univers sombres. J’ai directement pensé à lui à plusieurs reprises.

Les thématiques abordées fonctionnent et même très bien ! On est dans l’univers de la drogue, des clubs de strip-tease, des grosses voitures, de la violence. Finalement, on se rend rapidement compte que la France se divise en régions. Une personne à la tête de chacune. Et là, arriver ce qui doit arriver : la course pour éliminer tous les hommes à la tête des régions : ainsi, Lyon, Paris, Marseille, le Var sont des régions fortes qu’il faut posséder. La cupidité et la volonté d’être supérieur restent les principaux éléments motivants pour les personnages principaux. Sauver sa peau pour certains, tuer pour d’autres.

L’histoire est entraînante, cela ne fait aucun doute. C’est entêtant, on est pris dans le tourbillon d’actions et cela permet de passer un bon moment de lecture. La plume est sympathique, fluide mais peut être encore un peu mécanique. Je pense surtout aux portraits dressés par l’auteur. On est dans un schéma qui ne nous quitte pas : présentation du personnage, description du personnage, quelques mots sur la personnalité et on passe au prochain. J’ai trouvé qu’il manquait un peu de fluidité dans ces passages. Sinon, les descriptions des paysages et des actions sont très bien écrites. On y croit aisément.

Pour un premier roman, c’est une lecture sans grosses embûches ! Bravo.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Un univers sombre bien tenu
  • Un personnage principal, Stéphane, que j’ai apprécié
  • Beaucoup d’action

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5

La maison du bord de mer de Larème Debbah

51AIMqk8VLL._SX195_.jpgRésumé : Deux femmes dont le destin va être bouleversé, par des secrets, des mensonges, des trahisons. Une disparition incompréhensible. Une réalité inconcevable. La vie peut nous paraître belle et sournoise, délicate et destructrice, exceptionnelle et tragique. Comment rester rationnel face à ces irruptions inattendues qui nous arrachent à nos êtres chers ? Comment réagir et donner un sens à ce que nous ne pouvons concevoir ? Comment apprendre à revivre, à sourire lorsque le pire s’abat sur nous ? Parce que dans le fond, la vie est belle, quoi qu’elle puisse nous réserver.

~ Service presse 📖 ~

Je remercie Larème Debbah pour la proposition faite via SimPlement. J’ai commencé la lecture du roman tôt ce matin, merci les insomnies, pour le terminer il y a quelques instants. C’est donc un avis à chaud sur cette lecture que je vous propose.

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Une histoire poignante
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Je vous avoue que je ne m’attendais pas du tout à ce que l’intrigue prenne cette tournure. En effet, en regardant la couverture de ce roman, je pensais vraiment débarquer dans une intrigue où les secrets seront énormes et venant de toutes parts. Des meurtres, une enquête, des personnages nombreux et tout ce qui fait un roman où le secret est roi.

Quand j’ai compris la tournure que prenait l’intrigue, j’ai pu appréhender un peu plus cette notion avec laquelle j’ai du mal dans mes lectures. Malheureusement, je ne peux pas vous en dire plus parce que ça spoilerai une bonne partie de l’histoire. Sachez juste que les émotions sont au rendez-vous et que vous allez être immergé dans un monde réaliste qui pourra vous rappeler des situations du quotidien.

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Les personnages
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On fait la rencontre de deux familles : d’un côté Alexandre, Rachel et leurs jumeaux Pierre & Jean. D’un autre Lucas, Chloé et leurs enfants Milo et Eliott. Ce sont deux familles que l’on va suivre de manière alternée dans le roman. Puis, doucement, on va comprendre ce qui les relie.

Il y a d’autres personnages qui sont présents dans l’histoire : les parents de Rachel : Bernard et Annie mais aussi Raphaël, Maël, Loïc, Gwenaëlle et bien d’autres encore qui viennent, à un moment ou à un autre de l’intrigue, prendre une place importante dans quelques chapitres.

J’ai apprécié le personnage d’Alexandre qui essaye de faire face à la disparition de Rachel, son épouse : Quoi ? Quand ? Comment ? Toutes ces questions tourbillonnent autour de nous. Jusqu’à ce que l’auteure se décide de nous mettre la réalité devant les yeux. Réalité que l’on accepte ou non. Personnellement, je ne comprends pas comment on peut faire ça mais cela reste un point de vue personnel qui ne concerne que moi.

On va vivre quelques mois avec ces personnages. On vit une histoire forte, une histoire vraie, une histoire qui met les nerfs à rude épreuve.

J’ai aussi apprécié le tempérament de Rachel qui ne lâche rien. Elle se retrouve face à des choix difficiles à faire et ses décisions restent très personnelles. Je n’ai pas forcément adhéré à toutes mais au moins, son avis est tranché.

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Intrigue et décors
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Je pense que c’est une lecture où il faut savoir ce qui nous tombe dessus. En effet, quand on est un lecteur comme moi, avec un petit cœur, je pense que c’est bien de connaitre les thématiques. C’était une lecture intense et intéressante mais, qu’on se le dise, elle m’a fait sortir de ma zone de confort.

Cependant, la lecture nous offre une possibilité de se questionner sur la vie en générale. Sur les futilités, les crises, les problèmes. Comment se sortir de situations compliquées ? Comment faire face ? On a toutes ces thématiques liées à la famille, à l’amour, à l’acceptation qui viennent se croiser pour nous offrir une histoire pleine de sensibilité et de pudeur.

On vogue entre Nice, Paris et la Bretagne (vous aviez peut-être deviné avec le prénom de certains personnages). La Bretagne nous offre une bouffée d’air frais après un passage plein de pollution de mauvaises ondes à Paris. Les décors sont saisissants et la maison du bord de mer prend vie dans ce roman. J’ai beaucoup apprécié cet endroit.

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La plume de Larème Debbah
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Comme je le dis ci-dessus, on fait la rencontre de personnages incroyables. L’intensité de l’intrigue est saisissante et nous propose de passer un temps de lecture ponctué de pudeur et de retenue. On est face à des thématiques dures qui pourront plaire à certains et pas à d’autres. Personnellement, ce n’est pas ce que je recherche dans mes lectures. Mais, il faut l’avouer, l’auteure est parvenue à me faire passer un moment de lecture intense. Bravo à elle.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • La Bretagne : cette bouffée d’air frais dans une lecture dense par les thématiques qu’elle aborde
  • Le personnage d’Alexandre qui a su me convaincre et me toucher
  • Des thématiques comme l’acceptation qui sont à souligner.

4

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Le mystère Henri Pick de David Foenkinos

imagesRésumé : En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination ? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.

~ Lecture détente 📖 ~

Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé d’une lecture détente. On se retrouve donc aujourd’hui avec le roman de David Foenkinos Le mystère Henri Pick, récemment sorti au cinéma et d’une boite à livres pour mon plus grand plaisir ! J’avoue que je n’étais pas forcément au courant de la sortie dans les salles même si j’ai dû le savoir à un moment de ma vie, je n’ai pas vu le film.

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Un entre deux
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Je ne sais pas quoi penser de ma lecture. C’était sympathique mais pas fou. C’est un petit roman qui se lit très rapidement. Même si cela a été une lecture agréable effectuée au mois d’août, je ne garde pas un souvenir net et précis, à ce jour. En effet, j’ai oublié pas mal de détails.

Je pense que je vais devoir lire un autre roman de l’auteur pour forger un avis un peu plus intense que celui que me laisse le mystère Henri Pick. Loin d’être mauvais, il a su me plaire suite à une intrigue originale, mais j’avoue qu’à part cette idée de refuge pour livres refusés par les éditeurs, la chasse au Henri Pick ne m’a pas forcément tenue en haleine.

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Mais qui est Henri Pick ?
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Lorsque Delphine, éditrice douée ayant une bonne place chez un éditeur parisien, fait un petit tour chez ses parents en Bretagne, cela est assez fou ! Delphine fait une sacrée trouvaille dans cette petite bibliothèque qui met en avant les livres refusés par les éditeurs. J’ai trouvé l’idée bonne, mais pas forcément hyper approfondie.

Le manuscrit est signé par Henri Pick. A partir de son nom, Delphine accompagnée de son conjoint qui est un écrivain qui a pris une grosse tuile éditoriale sur le coin de la tête, commencent à regrouper des informations pour savoir qui est ce fameux Henri Pick. Il est l’auteur du roman Les Dernières Heures d’une histoire d’amour relate de la fin d’une relation passionnelle amoureuse mais, en parallèle, nous propose de nous raconter la fin d’Alexandre Pouchkine, auteur russe, et sa lente agonie à la suite d’un duel à l’arme blanche en Russie.

J’ai apprécié les allusions à Pouchkine. C’est un auteur que j’ai déjà pu croiser, grâce à mon professeur de russe, mais aussi dans mes étagères. J’en garde le souvenir d’une plume belle mais chargée. Ce roman a su me rappeler de remettre le nez dans l’œuvre de cet auteur russe. De plus, la femme de Henri peut aussi être appelée « la dame de Pick » qui est un joli clin d’œil au roman de Pouchkine La dame de pique.

L’identité de Henri reste très mystérieuse. C’est un pizzaïolo sur Cruson qui est connu de ses voisins mais certainement pas pour être une plume sensible ou un poète en herbe. Sa femme et sa fille sont les premières surprises.

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Dans le flou
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C’est vraiment ce que je reproche principalement à ce roman. On reste dans le vague, je n’ai pas su m’identifier à ces personnages qui propose des caractères différents. Cependant, ces personnages ne proposent pas ce que je recherche dans un roman : des psychologies profondes et fouillées. On reste en surface.

Il en va de même pour les décors ! Quelle belle idée, une virée dans le Finistère, mais encore une fois, le manque de détails fait qu’on n’identifie pas les lieux. On se retrouve donc dans une sorte de brume, de clichés littéraires qui font que je n’ai pas apprécié la balade plus que cela. Tous ces petits détails manquants marquent le fait que je suis restée dans cet entre deux dont je vous parlais en début de chronique.

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La plume de David Foenkinos
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J’ai apprécié cette plume qui propose une aventure entre humour et sensibilité. Il nous expose ainsi son point de vue sur les éditeurs et le monde de l’édition. De ces gros monstres qui mangent les petits poissons. On se rend rapidement compte que certains prétendus dauphins sont, en réalité, des requins avançant masqués dans l’océan de l’édition. Grâce à notre couple de personnages principaux, on est du côté éditeur mais aussi du côté auteur.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une lecture agréable.
  • Une plume qui véhicule de belles thématiques
  • L’idée de base qui est assez originale

3

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Elle aura tes yeux d’Evelyne Guides

41oLi8ZLReL._SX195_.jpgRésumé : « Et c’est comme ça qu’en arrivant à son agence, elle le vit de loin monter dans sa voiture et s’éloigner. Elle ne lui connaissait aucun programme pourtant, elle s’en était assurée. Elle eut une drôle de sensation. Elle sentit que quelque chose n’allait pas. Elle se mit donc à le suivre en gardant ses distances » Elsa n’a qu’un souhait… être mère. Offrir à ses enfants la famille qu’elle n’a jamais eue. Le jour où elle rencontre Pierre elle sait tout de suite que ce sera lui. Sa vie a alors tout pour être parfaite. Jusqu’à ce qu’elle ouvre les yeux. Où s’arrête le mensonge? Jusqu’où doit-elle douter? Son amour a-t-il un jour existé? Est-il trop tard pour reculer?

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions B&O pour l’envoi de ce roman via Simplement. J’ai été très surprise et ravie de voir cette proposition prometteuse dans ma boîte à surprises (comme j’aime l’appeler ahah).  Malheureusement pour moi, ça ne peut pas réussir à tous les coups… et c’est ce qui s’est passé avec ce roman. Je suis un peu passée à côté de ma lecture.

~ Le temps qui passe ~

Le temps, je crois qu’il fut mon pire ennemi dans cette lecture. C’est beaucoup trop rapide. En effet, j’ai trouvé que tout se passait très vite et en 150 pages, on n’a pas le temps de respirer que toutes les catastrophes tombent sur la tête d’Elsa et de Pierre. En tant que lectrice, j’ai fait les gros yeux plus d’une fois. Cet enchaînement de péripéties n’a pas rendu crédible ce que j’avais sous les yeux.

~ Les personnages ~

On a plusieurs personnages qui se dessinent mais surtout quatre personnages que l’on voit plus : Elsa & Pierre ainsi que Louisa et Martin. Elsa est le personnage principal de cette histoire, c’est un personnage que j’ai apprécié pour son courage mais que j’ai trouvé un peu égoïste sur les bords. Cependant, l’évolution qui la traverse est assez spectaculaire et nous permet de passer un moment de lecture avec un personnage sympathique. Elle doute beaucoup d’elle, elle n’a pas confiance en elle et cela se ressent dans ses actes. Pierre est l’homme avec qui elle vit. Attachant, souriant et assez charmeur, c’est un personnage que j’aurais grandement apprécié s’il avait été plus développé. Il est intéressant dans l’intrigue mais un peu trop effacé pour moi. Louisa est la meilleure amie d’Elsa depuis son enfance, elle est très intelligente et prend les choses en main lorsque le bateau coule. C’est un personnage fort qui mène son petit monde vers le bon chemin. Martin est l’homme qui partage la vie de Louisa et qui va tout faire pour satisfaire les demandes de cette dernière. Ainsi, ce quatuor marque vraiment l’histoire.

Les relations qui se lient et se délient tout au long du roman sont intéressantes. L’auteure nous propose aussi de jolies leçons de vie dans ce roman. Ainsi, on peut découvrir qu’Elsa est prête à tout pour Pierre et inversement. Il ne faut jamais dire « jamais ». C’est aussi quelque chose qu’apprennent Elsa et Pierre ensemble.

La fin de l’intrigue laisse présager une suite. J’avoue que je suis assez curieuse de voir ce que l’auteure pourrait nous proposer.

~Plume et intrigue ~

Je le reconnais aisément, c’est une intrigue remplie de bonnes intentions mais qui n’est pas totalement aboutie pour moi. On comprend bien ce que l’auteure tente de nous faire comprendre à travers ses mots mais le message n’est pas parvenu totalement jusqu’à mes oreilles malheureusement.

J’en viens au point qui a été le plus compliqué pour moi à gérer : les maladresses stylistiques et les (trop) nombreuses fautes notamment les fautes d’accord et de conjugaison. Je ne jette pas la pierre, je suis certaine que je fais des fautes. Mais dans le texte, il y en a beaucoup. C’est, pour moi, le point faible de ce roman. Le texte semble justifié à certains endroits puis pas à d’autres, bref, j’ai trouvé que la mise en page n’était pas forcément très agréable pour le lecteur.

Il y a aussi quelques facilités du style l’annonce d’un flash-back : « flash back »/ […] « fin du flash back ». Ça m’a complètement déstabilisé dans ma lecture.

~ En définitive ~

Je pense que ce roman a le fond bon. C’est vraiment ce qui ressort de mon avis. Cependant, je pense que certains points devraient être retravaillés et développés pour plaire à un lectorat plus large. Les personnages sont sympathiques et permettent de découvrir une histoire où les thématiques abordées sont graves mais traitées avec naturel et respect. C’est très bien. Je pense aussi qu’une relecture pour chasser les fautes pourrait être sympathique.

Je suis persuadée que ce roman pourrait être accueilli à bras ouverts chez beaucoup d’entre vous !

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Des thématiques dures que tout le monde peut rencontrer dans la vie sont abordées de manière intelligente.
  • Des personnages intéressants, surtout Elsa qui montre un acharnement à avoir la plus belle vie possible.
  • Les relations qui se tissent entre les personnages.

3(2.75/5)

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Samuel Applegreen – La somme de ce que nous sommes d’Olivier Bron

31oz9bHYafL._SX195_.jpgRésumé : Comment réagiriez-vous s’il vous était donné de voir des couleurs sur la tête des gens ? Que ces couleurs se déploient et communiquent entre elles, échangent, cohabitent ou se pillent… Que feriez-vous de ce phénomène si vous vous rendiez compte qu’il vous permet de lire les intentions, bienveillantes ou néfastes, du monde qui vous entoure ? Nous étions trois à avoir été soumis à cette expérience, menée, je le précise, à notre insu. J’ai mis du temps à comprendre. Autant à pardonner. Ce que nous allions vivre bouleverserait jusqu’à la plus petite virgule de nos existences. Tout. Je vous raconte ?

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Olivier Bron d’avoir accédé à ma requête via SimPlement. En effet, j’avais repéré la jolie et poétique couverture du roman depuis quelques temps sur le site et j’avoue que j’ai fini par craquer.

~ Un roman sur les gens ~

Quelle originalité ! J’avoue que je reste sur les fesses tant je ne m’attendais pas à être ballottée dans tous les sens comme je l’ai été. Roman contemporain, on a un panel de personnages qui est si vaste et diversifié qu’il nous dépeint une véritable fresque sociale et humaine. On pourrait croire que le sujet principal reste le don que Samuel, Julien et Joséphine ont, mais pour moi, ce n’est pas du tout cela. Même si le côté fantastique du roman m’a beaucoup plu, l’interrogation philosophique que soulève le roman est tout à fait remarquable.

Grâce à nos trois personnages, on va pouvoir se poser des questions sur l’envie, le désir, les intentions mais aussi sur les différentes crises que peuvent traverser les hommes : l’adolescence, la crise identitaire, la recherche de soi. Bref, on va toucher à de vastes sujets d’interrogation et j’ai adoré le faire en compagnie de la plume d’Olivier Bron.

L’intrigue nous propose donc un choc des cultures, des sociétés mais aussi des niveaux sociaux. Nous sommes la somme de ce que nous sommes. C’est-à-dire que l’on est ce que la société fait de nous, dégage : des idées, des stéréotypes, des concepts, des convictions. Chacun apporte aux autres et prend aux autres. J’ai aimé l’idée.

~ Les personnages ~

On a beaucoup de personnages qui vont, qui viennent, qui repartent et qui reviennent, il y a un certain rythme qui s’installe avec toutes ces allées et venues.

On fait la rencontre de trois personnages que l’on va suivre plus particulièrement : Samuel, Julien et Joséphine. Ils sont tous les trois reliés par une seule chose : Optic Progress. Une entreprise qui leur permet d’arrondir les fins de mois en étant des cobayes. Jusqu’au jour où l’expérience va les mener tout droit dans un cauchemar : ils se réveillent avec un don (ou une malédiction selon la position que l’on prend) : ils voient des formes colorées au-dessus de la tête des gens. Les couleurs indiquent les humeurs, les émotions ou même les intentions des gens. C’est comme pouvoir lire dans les pensées mais en beaucoup plus évasif et intéressant.

Le roman nous propose donc de vivre une petite partie de la vie de ces trois personnages. La place que prend Samuel dans le roman est un peu plus importante que celle des deux autres. Cela marque une sorte de déséquilibre qui pousse quelque peu le lecteur à plus apprécier ce personnage. En effet, nous en savons beaucoup plus sur lui que sur les autres. Julien et Joséphine sont deux personnages sympathiques mais moins intéressants à mes yeux puisqu’ils donnent la sensation d’être moins développés par l’auteur.

J’avoue qu’Olivier Bron est plutôt bon dans l’exercice fantastico-philosophique. Trois humains, trois profils différents. Samuel est un comédien qui vivote. On le sait, se lancer dans ce genre de carrière peut être dangereux mais, des fois, ça paye ! On vit avec Samuel dans une vie plutôt bancale professionnellement parlant mais aussi sentimentalement puisque sa relation avec Ophélie est assez tremblotante par moments. On fait aussi la rencontre de Julien, un adolescent qui aime une fille d’une autre strate de la société. Il va devoir faire des choix. Joséphine est, elle, une mère qui traverse une crise identitaire assez intense.

Le lecteur peut aisément s’identifier à chacun des personnages tant ils traversent des périodes que l’on peut nous-même traverser.

~ Un roman à ne pas mettre entre toutes les mains ~

J’avoue qu’il faut quand même être un bon lecteur pour pouvoir lire ce roman. Avec son côté philosophique, la compréhension peut être un peu ardue par moments. Il faut aussi ajouter le fait qu’il y a des scènes érotiques assez présentes. J’ai trouvé que certaines n’étaient pas nécessaires et qu’elles n’ajoutaient rien à l’intrigue. Il y a une sorte de banalisation de l’acte sexuel dans l’intrigue.

~ Construction et plume ~

Olivier Bron nous propose un roman original et très intéressant finalement. Si ma lecture n’est pas un coup de cœur, elle reste une très bonne lecture.

Il nous offre une plume percutante qui arrive à rythmer l’intrigue. En parlant de rythme, le déséquilibre entre les personnages est assez marquant. Il y a aussi quelques longueurs dans les dialogues et dans la narration. Néanmoins, il faut aussi souligner les bons points : la visée philosophique est très sympathique. Elle propose une réelle réflexion sur l’homme et ce qu’il peut éprouver. C’est très intense. Elle nous offre un autre regard sur le monde, les gens et leur fonctionnement. C’est très intéressant.

En définitive, Samuel Applegreen est un roman que j’ai aimé pour sa richesse et son originalité. On nous propose un panel de personnages très intéressant qui permet au lecteur d’avoir plusieurs perspectives. La réflexion philosophique est aussi très intéressante dans cette fresque sociale.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une intrigue très originale et très recherchée.
  • Une touche de fantastique qui se mélange à la modernité et à la philosophie.
  • Samuel, un personnage que j’ai adoré.

4

19

Maintenant, comme avant de Juliette Arnaud

41yqKgOmzrL._SX195_.jpgRésumé : Dans son village du Sud de la France, Rose a de grands projets pour célébrer son entrée officielle dans l’âge adulte. Puisque s’ouvre l’été de ses 18 ans. Lorsque débarque sans prévenir Manette. Qui se trouve être sa mère. Celle qui s’est éclipsée, quand Rose était bébé, pour suivre sur les routes son groupe de rock préféré. Abandonnant et l’enfant et le père. Si cela ne tenait qu’à elle, Rose accueillerait son chat fugueur de mère à coups de balai. Sauf qu’Emiliano, le père de Rose, n’a pas la même opinion des chats fugueurs en général, et de celui-là en particulier. A-t-il jamais cessé d’aimer Manette ? Débute alors un long, incertain et périlleux été. Roman initiatique et tendre, Maintenant, comme avant évoque la famille décomposée, la question taboue des mères qui n’élèvent pas leur enfant et les maux d’amour avec un humour féroce.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman. Percutant, le résumé me tentait énormément. Juliette Arnaud est une personne que j’affectionne beaucoup, j’avais grandement envie de me plonger dans sa plume, que je ne connaissais pas, ainsi que dans l’univers qu’elle proposait.

~ Une petite fille et l’abandon : un douloureux face à face ~

Voici la thématique principale de l’histoire. On fait la rencontre de Rose qui nous raconte sa vie. Du haut de ses dix-huit ans, elle n’a pas eu une vie forcément très simple. Élevée par son père et sa grand-mère, Rose est en souffrance : sa vie est remplie de rancœur envers sa mère, elle se pose énormément de questions pour connaitre la cause de l’abandon maternel.

Rose est un personnage saisissant. C’est sans aucun filtre qu’elle nous raconte cette histoire, son histoire. Elle nous parle de tout : de ce qu’il y a en surface mais aussi plus en profondeur. On comprend, on compatit et on aime ce personnage. Rose est pleine de vie mais aussi de colère et de rancœur. C’est tout et son contraire. On ressent la peine et la tristesse de Rose. On ne comprend que trop bien le sentiment d’alerte qui anime cette fille lorsque Manette, sa mère, revient dans sa vie, dix-huit ans après l’avoir abandonnée. Ce sentiment de détresse nous prend aux tripes.

On pourrait croire que cette thématique vient assombrir l’intrigue et rend le roman triste mais bien au contraire, on se retrouve avec un roman coloré rempli de tendresse.

~ L’intrigue et les personnages secondaires ~

J’ai apprécié les thématiques que l’on peut aborder dans ce roman. On se retrouve vraiment dans un roman d’apprentissage et pour tous les personnages. En effet, on accompagne Rose sur le chemin du pardon et de l’acceptation. Manette, elle, va devoir apprendre à savoir prendre sur soi, du recul et comprendre tout le mal qu’elle a pu faire.

Le texte est bon et les sujets abordés sont faits si naturellement que ce qui touche à la tristesse ne l’est plus forcément. La famille monoparentale et ses difficultés ainsi que le regard d’une jeune femme sur ses premières années, tout cela est fait avec une certaine pudeur et sagesse.

J’ai beaucoup apprécié découvrir les personnages secondaires qui forment la famille de Rose : son père, sa mère et aussi sa grand-mère. Je les ai trouvés très justes. Tous les personnages sont bien rodés et leurs psychologies font toutes avancer le récit.

~ La plume de Juliette Arnaud ~

Là est la vraie force du roman pour moi. Pour que Rose soit percutante, il fallait une plume forte et solide. C’est exactement ce que l’auteure nous propose ici. En effet, j’ai trouvé une certaine originalité dans ce que l’auteure nous donne à découvrir de sa plume et de son univers.

Le style est très particulier : j’ai mis un certain temps à me laisser aller dans cette histoire. C’est sans filtre, les pensées semblent être couchées sur le papier à vif, on ressent toutes les émotions des personnages. Rose est un personnage que l’on sent grandir, évoluer, grâce à cette plume. On passe par toutes les émotions.

J’ai trouvé que l’intrigue était rondement menée. Il n’y a aucune fausse note. Cela apporte beaucoup à ce roman. Roman initiatique et plein de tendresse, il pourra plaire à beaucoup de lecteurs.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une plume percutante que j’ai appréciée découvrir
  • Un personnage principal exceptionnel
  • Des thématiques dures traitées avec intelligence.

4

14

Le grand mirage de Pauline Giovanolla

517r+aMO-AL._SX195_.jpgRésumé : D’un côté, il y a Rosy, une jeune femme qui fait des ménages et mène une existence médiocre dans la petite ville d’Edmonvillier. L’espoir que son bien-aimé Serge quittera un jour sa femme handicapée pour elle la fait tenir. De l’autre, on trouve la troupe du Grand Mirage, un cirque sur le déclin qui regroupe des individus aussi attachants qu’énigmatiques. Deux univers, deux styles de vie, deux manières d’être au monde que tout semble opposer. À moins qu’ils ne soient unis par l’ombre d’un passé douloureux… Au fil des pages de ce roman choral – composé de fragments d’existences, d’événements, de sentiments –, les pièces du puzzle se mettent progressivement en place et dévoilent au lecteur l’histoire de ces personnages captivants.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie chaleureusement Pauline pour l’envoi de son roman via mon adresse mail (aaah ! J’adore recevoir ce genre de mail). Pauline Giovanolla nous propose de partir en tournée avec la troupe du cirque « le grand mirage » ! Plongeons dans ce roman choral qui m’a tenu en haleine toute une après-midi. Ouvrez grand vos yeux, la magie du cirque va opérer !

~ Un roman choral ~

J’en lis très peu, je l’avoue. Et à chaque fois je me fais la même remarque : pourquoi est-ce que je n’en lis pas plus ? C’est un style que j’apprécie énormément. Les points de vue se croisent, les histoires de vies aussi, les personnages sont principaux dans l’histoire de l’un et secondaire dans l’histoire de l’autre. J’adore !

Pauline Giovanolla nous propose une histoire où le grand mirage n’est pas que le nom d’un cirque. Le grand mirage c’est aussi le regard que l’on peut se poser sur la vie faite de doutes et d’incertitudes. On a la conviction que tout ira bien ou mal et finalement, tout ne pas forcément se passer comme on l’entend.

Le grand mirage de la vie de Rosy, c’est Serge. Serge son amant de toujours qui, elle l’espère un jour, quittera sa femme pour vivre avec elle. Le grand mirage de la vie de Gérard, c’est l’amour qui fuit sa vie, celui de Sabine, une confiance en soi perdue qu’elle aimerait retrouver, Salvatore cherche à protéger son petit-fils de la difficulté de la vie tandis que pour Adrien, son mirage à lui, ce sont ses origines.

~ Chapitres courts : du rythme, du rythme, du rythme ! ~

Pauline Giovanolla nous permet toujours de toucher la vérité du bout du doigt avant de nous faire valser dans une autre histoire. Cela nous permet d’avoir envie de revenir à toutes les histoires pour que l’on puisse enfin avoir la vérité sur la vie de chacun des personnages.

L’auteure parvient, en plus du rythme, à nous confier des petits secrets sur la vie des personnages, ainsi, on se demande comment Rosy est capable d’aimer cet homme qui lui fait tant de mal. Comment Dominique, la femme de Serge, parvient à vivre avec cet homme qui ne fait que lui mentir. Comment Salvatore arrive à vivre avec le souvenir de Ninon, comment les membres de la famille du cirque parviennent à tous vivre sans que les tensions n’apparaissent. Bref, tant de questions qui trouvent des réponses.

~ Les personnages ~

Franchement, le roman de Pauline Giovanolla est une petite pépite qu’il faut lire. C’est un joli coup de cœur pour l’originalité des thèmes abordés mais aussi pour la construction des personnages. En effet, on en a énormément mais ils sont tous tellement différents que l’on a une communauté qui se dessinent sous nos yeux.

Rosy et Dominique se ressemblent, elles ont une fragilité physique et/ou morale commune qui fait qu’elles sont, pour moi, le miroir de l’autre. Voilà deux personnages qui ne se croisent qu’à la fin du roman mais finalement, c’est une très jolie perspective pour l’avenir.

Rosy est un personnage extrêmement touchant. Elle n’a pas toujours fait les meilleurs choix dans la vie mais s’en est toujours sortie comme il le fallait. Quand Rosy ne va pas très bien ou qu’il est l’heure du café, elle file chez sa meilleure amie Sabine qui m’a beaucoup plu : directe, franche et courageuse, elle prend sa vie en main et devient quelqu’un de très touchant. Loyale en amitié, elle est un pilier pour Rosy qui va vivre des moments un peu compliqués. Serge et Gérard sont deux amis. Ils sont radicalement différents mais s’entendent bien. J’ai préféré Gérard à Serge mais ce n’est qu’une question de goûts. Serge m’a ennuyé dès le début par son comportement.

On fait aussi, de l’autre côté de l’intrigue, la rencontre de la troupe du Grand Mirage avec Marta, Martial, Adrien, Salvatore, Ninon, mais aussi Elsa et Emile et bien d’autres encore. Cette troupe est une famille. Aucun lien de sang pour la plupart des membres mais c’est tout comme. Ils s’entraident et forment une sacrée troupe.

Tous ces personnages ne font que se croiser, ils ne se connaissent pas tous. Quel est le point commun ? Ce fameux Grand Mirage. On le prend comment on l’entend, la troupe qui porte ce nom ou encore le grand mirage qui régit la vie de chacun, après tout, toutes les interprétations sont bonnes !

~ Plume et thématiques au service de l’émotion ~

Je ne m’attendais pas à apprécier autant ce texte, pour être franche avec vous, je pensais que j’allais me le caler entre deux grosses lectures. Rien du tout, hier, j’ai dû faire une garde de personnes âgées (oui, c’est mon travail) et le texte était là, sur mon ordinateur et pouf, j’ai ouvert le PDF pour ne le refermer qu’une fois ma lecture terminée. C’était un pur moment de découverte et de douceur.

Pauline Giovanolla est une auteure qu’il faut suivre, cela ne fait aucun doute. L’histoire aussi dure soit-elle pour certains personnages est tellement bien décrite que l’on se plait dans ce roman choral aux multiples voix qui finissent par se rassembler.

La fin est aussi spectaculaire qu’un numéro de trapézistes au cirque du Grand Mirage, ce roman est à lire pour les thématiques qu’il aborde : amour, amitié, famille, trahison, mariage, mort, choix de vie, tout y passe et tout y est raconté avec délicatesse. Bravo !

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Un panel de personnages très riche et magnifique
  • Une plume enchanteresse
  • Les thématiques abordées

5

13

L’école des anges de Suzanne Marty

41tXND2OK9L._SX195_ (1).jpgRésumé : Ce recueil comporte quatre histoires: Le bon numéro, dystopie : une jeune diplômée cherche à ouvrir une confiserie dans un monde où la nature, la littérature et les couleurs ont disparu. Un homme de ménage va bouleverser ses plans. Love Pizza, comédie : lors d’une livraison de pizza Théo, un grand brun au physique spectaculaire, éconduit une jeune effrontée. La fois suivante, il tombe dans un guet-apens. La police du suicide, suspense : désespéré par la mort d’Oscar, Alexandre est décidé à mettre fin à ses jours le soir même. Sa détermination est mise à rude épreuve quand il croise un sosie du défunt aussi suicidaire que lui. L’école des anges, comédie : Gabriel, apprenti-ange, passe son examen de fin d’études. Il a vingt-quatre heures pour gagner la confiance de Zach, petit truand sans foi ni loi. Mais comment y parvenir alors que celui-ci ne peut ni le voir ni l’entendre ?

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Suzanne Marty pour sa confiance renouvelée pour la troisième fois. Après avoir découvert les aventures de Cendrelle durant deux tomes, me voici sur un autre terrain : un recueil de nouvelles : l’école des anges. J’ai trouvé ce titre très poétique et j’avais bien envie de voir ce que pouvait donner ces nouvelles. Lecture rapide, j’ai passé un bon moment en compagnie de ces quatre nouvelles.

~ Quatre nouvelles au service des émotions ~

Que ça soit Le bon numéro, Love Pizza, La police du suicide ou encore L’école des anges, Suzanne Marty met en avant les émotions. Amitié, amour, la différence, l’acceptation ou encore l’espoir, on se retrouve avec des thématiques bien différentes mais qui nous ramènent toujours au même point : on lit des émotions fortes.

C’est vrai, on a forcément été plus séduit par un titre. J’avoue que j’ai beaucoup apprécié le bon numéro et l’école des anges. Ce sont deux nouvelles qui me ressemblent plus que les deux autres. C’est une affaire de goûts.

Le bon numéro nous permet de faire la connaissance d’un personnage principal féminin qui évolue en 2765. Nouvelle tirée du genre de la dystopie. Que sait-on d’elle ? Pas grand-chose : mentionnés par leurs matricules, les humains n’ont plus de noms mais une série de chiffres… C’est une jeune femme qui veut ouvrir une confiserie. Le monde dans lequel elle évolue est triste, tout gris. La seule personne qui vient égayer sa journée, c’est Azur un homme qui voit tout en couleur… J’ai trouvé le contraste saisissant et poétique, Suzanne Marty est parvenue à m’emporter dans un monde très beau, finalement, où la vie en couleurs vaut tous les sacrifices du monde.

« Le fonctionnaire haussa les épaules et balaya son bureau du regard. Étonné de ne pas trouver ce qu’il cherchait, il se retourna vers les étagères et découvrit le chiffon entourant le cube. Il tira sur un bout du tissu avec une grimace dégoûtée : le Rubik’s Cube en couleurs roula sur l’étagère. Devant les couleurs interdites, l’employé eut un mouvement de recul. Il souleva ses grosses lunettes et colla son nez sur le casse-tête pour s’assurer qu’il voyait bien ce qu’il voyait. »

Love Pizza est une comédie. Franchement, elle était peut-être un peu trop surréaliste pour moi. J’ai dû la relire deux fois parce que je n’avais pas tout compris. Un livreur de pizza devient le fantasme de deux jeunes femmes qui finissent par le piéger pour avoir ce qu’elles veulent de lui. Prince supposé charmant, Théo le livreur de pizza, se retrouve kidnappé pour qu’on puisse lui voler un baiser. Je pense que je suis passée à côté des personnages. Jennifer et Ève sont puériles et un peu fofolles. Le genre de personnes que je fuis rapidement. C’est simplement une affaire de goûts.

La police du suicide est une nouvelle bien plus sympathique et étonnante malgré la thématique principale qui ne semble pas forcément heureuse. Cette nouvelle appartient au genre du suspense. Je me suis tout de suite prise de sympathie pour Alexandre qui est un personnage très intéressant. Venant de perdre son mari, il est au fond du fond du fond du trou. Il ne pense qu’à une chose : mourir et rejoindre Oscar. Il va rencontrer le sosie de son mari dans un club très sélectif. Un club qui permet de finir sa vie proprement. Ainsi, Alexandre va se retrouver en plein dilemme. Voilà une nouvelle très sympathique. C’est certainement celle qui aurait méritée, pour moi, une intrigue bien plus longue (je sais, vous levez les yeux au ciel. Je ne suis pas fan du format « nouvelle » mais Suzanne Marty ? Impossible de dire non !). J’ai beaucoup apprécié voire évoluer cette plume sur un terrain aussi glissant que la thématique du suicide. Suzanne nous ayant habituée à quelque chose de plus frais, j’ai été surprise mais dans le bon sens du terme.

L’école des anges est aussi formidable. C’est celle dans laquelle je me suis retrouvée je pense. On fait la rencontre de l’ange Gabriel (ah ! une tête connue) qui doit gagner la confiance de Zach pour gagner son diplôme d’ange gardien. Chose qui ne va pas s’avérer être simple tant Zach est un humain grossier : c’est une petite frappe doublée d’un voleur. Zach et Gabriel vont former un duo détonant. L’un se met dans des situations rocambolesques et l’autre fait tout pour l’en sortir et le convaincre que l’ange Gabriel existe vraiment. J’ai trouvé que c’était un duo qui fonctionnait très bien et qui tenait l’intrigue de cette nouvelle à bout de bras.

« — C’est pas si difficile finalement. J’aurais pu garder le fric, qu’est-ce que t’en avais à foutre ?
   — Le Seigneur a dit : « Tu ne déroberas point. »
   — Je savais bien que j’aurais droit à une leçon de morale à un moment ou un autre ! »

~ Le recueil de nouvelles ~

C’était assez compliqué pour moi d’en parler sans trop en dire, finalement, les nouvelles étant courtes (forcément !), j’ai préféré résumé et donner mon sentiment sur les quatre nouvelles. C’est un recueil complet où tous les lecteurs seront contentés par au moins une des quatre nouvelles. Elles sont toutes différentes les unes des autres. Elles ont quand même une thématique commune : l’amour. Que ça doit avec Azur et les couleurs, Jennifer et son faux prince charmant, Oscar et Alexandre ou encore l’amour de l’ange gardien pour son humain, on a cette notion qui est traitée sous différents aspects et j’ai vraiment apprécié cela.

Suzanne Marty, grâce à ses quatre nouvelles, nous montre les possibilités humaines et les limites de l’amour. On peut tout faire par amour mais est-ce pour autant une bonne chose ? L’homme doit réfléchir même s’il reste libre de ses actes. J’ai trouvé l’idée très intéressante à traiter.

Lecture rapide et efficace, j’ai apprécié découvrir un autre pan de la plume de l’auteure. Encore une fois, c’est une plume dynamique et pleine d’émotions que j’ai rencontrée. Cela m’a plu même si j’avoue que je préfère l’exercice littéraire que le roman propose à celui de la nouvelle. Ce n’est, encore une fois, qu’une affaire de goût. Je m’installe plus facilement dans une lecture longue que sur quatre courtes histoires.

Encore merci à Suzanne Marty pour l’envoi de ce recueil. La rousse est attendue à la maison en tout cas. Cette lecture m’a permis de passer un bon moment de lecture, différent de ce que l’auteure a l’habitude de proposer !

3 bonnes raisons de lire ce recueil :

  • Des personnages forts
  • Une plume qui véhicule beaucoup d’émotions
  • Des nouvelles pour tous les goûts !

4

21

Un mariage anglais de Claire Fuller

téléchargementRésumé : Ingrid a 20 ans et des projets plein la tête quand elle rencontre Gil Coleman, professeur de littérature à l’université. Faisant fi de son âge et de sa réputation de don Juan, elle l’épouse et s’installe dans sa maison en bord de mer. Quinze ans et deux enfants plus tard, Ingrid doit faire face aux absences répétées de Gil, devenu écrivain à succès. Un soir, elle décide d’écrire ce qu’elle n’arrive plus à lui dire, puis cache sa lettre dans un livre. Ainsi commence une correspondance à sens unique où elle dévoile la vérité sur leur mariage, jusqu’à cette dernière lettre rédigée quelques heures à peine avant qu’elle ne disparaisse sans laisser de trace.

~ Service presse audio ~

Mon avis : Je remercie chaleureusement l’équipe d’Audiolib et plus particulièrement Pauline qui nous permet de faire de sacrées découvertes ! Ici, je vous parle d’un coup de cœur particulier pour moi. Je ne pensais pas que j’aurais apprécié mon écoute à ce point mais une fois que Rafaèle Moutier s’est tut, dans l’habitacle de la voiture, un silence pesant s’est imposé. Seul mon cœur, grossit par l’émotion, battait à tout rompre.

~ Quand l’amour rend aveugle ~

Ce roman est l’histoire d’une rencontre, d’une vie d’amour qui rapidement se teinte de désillusions. Les mots et les promesses résonnent avec une amertume intense.

On fait la rencontre d’Ingrid, une jeune femme étudiante qui tombe amoureuse de Gil, son professeur à l’université de 20 ans son aîné. Ingrid est rapidement séduite par l’allure de ce professeur, de l’élégance de sa prose et de sa plume. Elle sait, elle sait que Gil n’est pas fait pour elle, qu’elle ne doit même pas envisager la possibilité d’une idylle entre eux mais c’est plus fort qu’elle. Elle se moque des rumeurs de couloir, des babillages des femmes jalouses, elle ne veut pas voir ce qu’est Gil : un homme qui ne sait pas retenir ses pulsions sexuelles. La fidélité n’est pas le fort de cet homme. Et pourtant, un miracle se produit : Gil tombe amoureux d’Ingrid. Contre toute attente, ils vont braver les tempêtes ensemble et s’installer dans le pavillon de nage, la maison à la campagne de Gil située en bord de mer.

« J’éprouvais ce sentiment exaltant de me trouver à un seuil, et qu’à tout moment ma vie pouvait basculer dans une direction que je n’avais jamais envisagée ou appréhendée. »

~ Le côté épistolaire de l’histoire d’Ingrid ~

Le roman se divise en plusieurs parties : on a l’histoire de la rencontre des deux amoureux. On suit la progression de cette idylle amoureuse. On avance dans l’histoire intime du couple. On a une autre période dans le roman qui se déroule dans nos années. C’est-à-dire que l’on fait la rencontre de Nan et de Flora, les deux filles de Gil & d’Ingrid, on se situe plusieurs années après la disparition d’Ingrid. Une autre partie décrit les sentiments et les émotions d’Ingrid à travers des lettres qu’elle dispose dans les livres de Gil. Elle raconte leur histoire à travers ses lettres : elle se livre, à cœur ouvert, à ce mari absent pour le travail mais aussi pour ses convenances personnelles. Elle parle de sa vie, qu’elle n’imaginait pas ainsi, seule, sans travail ni argent avec ses deux petites filles à élever avec ce sentiment de trahison qui plane au-dessus d’elle tout le temps.

Cela permet au lecteur d’avoir une vue globale sur l’histoire de ce couple. On a les faits, les impressions et les émotions d’Ingrid mais aussi de Jonathan, le meilleur ami de Gil et de Louise, la meilleure copine d’Ingrid, les filles Nan et Flora sont accompagnées par le petit ami de Flora, Richard qui semble avoir un œil un peu plus neutre sur toute cette histoire. On a donc différents points de vue qui commencent à naitre dans l’esprit du lecteur. Je vous le dis, j’ai beaucoup apprécié Flora et Ingrid ainsi que Jonathan. Ce sont trois personnages qui véhiculent énormément d’émotions.

Le fait d’avoir ces différents points de vue permet au lecteur d’avoir les ressentis des personnages sur la « disparition » d’Ingrid qui reste mystérieuse même si l’auteure nous dirige un peu, rien n’est explicitement dit. On ne sait pas s’il s’agit d’un suicide, d’une disparition ? Est-elle vivante ? Est-elle morte ? Est-elle partie de son plein gré ? Quel est le degré d’implication de Gil dans cette histoire ? Toutes ces questions ne trouvent pas forcément de réponses mais je trouve que c’est une fin parfaite. Le doute qui persiste est beau, poétique.

~ Le cri poignant de deux filles ~

Celles qui s’opposent ce sont les deux sœurs Naneth –Nan- et Flora. Si Nan est très rancunière vis-à-vis de la disparition de sa mère, Flora pense que sa mère peut être encore vivante et même très près. Rien ne nous indique que cela puisse être vraiment sauf cette conviction. Si Flora ressemble beaucoup à Gil, Naneth est beaucoup plus terre à terre, en effet, elle est rapidement devenue adulte, obligée d’être la mère de Flora plutôt que de sa sœur. Des conflits surgissent rapidement entre Nan et Flo. Nan crache son venin et Flo tombe des nues… C’est impressionnant comme une rancune de famille peut faire du mal.

« Ce qu’elle avait appris, si c’était bien vrai, modifiait également la vision qu’elle avait d’Ingrid, cela faisait d’elle un être de chair, de pensées, de sentiments, de décisions à prendre, de conséquences à assumer. Flora aurait aimé avoir ses deux parents devant elle pour leur demander pourquoi les mots « paternité » et « maternité », séparés d’une seule lettre, recouvraient pourtant des réalités si différentes. »

~ La place de la littérature dans le roman ~

Sous plusieurs formes, la littérature prend une grosse place dans ce roman. Dans un premier temps, par la figure de Gil, homme de lettres, professeur de littérature à l’université, Gil Coleman est un auteur à succès. Dans un deuxième temps, les livres sont les gardiens des lettres qu’Ingrid adresse à Gil. Il retrouve les lettres petit à petit à travers les romans qu’il garde chez lui. Dans un troisième temps, les livres sont présents dans toute la maison de famille. En effet, Gil en achète tout le temps, dans toutes les pièces, il y a des romans partout. C’est impressionnant, cela ajoute un nouveau charme à cette maisonnée anglaise qui n’en manque pas dès le départ ! On peut aussi ajouter que deux personnages sont libraires dans cette histoire : Richard et Viv, l’amie de Nan.

« Dans l’entrée, de gigantesques piles de livres recouvraient les murs jusqu’à la cuisine. Des colonnes de livres, poches et grands formats, en équilibre précaire, leurs dos fissurés, leurs jaquettes poussiéreuses, s’élevant telles des falaises marines, patinées par le sel, dressant au vent des rochers de pages grises stratifiées. La plupart dépassaient Flora d’une tête ou deux, et tandis qu’elle avançait entre elles comme dans un précipice, il apparaissait clairement que le moindre tremblement ferait pleuvoir sur elle une avalanche de mots. La maison avait toujours été remplie de livres, beaucoup trop pour une seule personne et une seule vie »

~ La plume de Claire Fuller ~

Il faut que je vous parle du coup de cœur que j’ai eu. Il a été très subtil. Bien entendu, je n’ai pas ressenti une folle envie de tout écouter d’un coup (d’ailleurs, je ne l’aurais pas fait puisque j’écoute mes romans audio dans la voiture). Cependant, mon écoute a été très attentive. Les mots, la poésie des mots, les décors, l’intrigue, tout m’a plu.

C’est avec une extrême sensibilité que l’auteure aborde des sujets difficiles : les responsabilités d’une mère, les frasques d’un père, une vie que l’on ne pensait pas « gâcher » ainsi, le regard de l’enfant face à l’abandon, la fragilité d’un couple et/ou d’une famille. Claire Fuller nous embarque avec émotion dans une histoire poignante. On accompagne Ingrid dans ses pensées et ses journées. Finalement, si on découvre ce personnage via son passé, c’est la plus absente de tous les personnages qui se fait remarquer. On plonge avec Ingrid dans cette mer glacée qu’elle affectionne temps, on boit la tasse, on relève la tête, on se bat contre les douleurs du corps et du cœur pour essayer de faire comme on peut, comme on doit faire les choses.

« Si je pouvais, je nous ferais vivre notre histoire à rebours ; d’abord nous connaîtrions la colère, la culpabilité, la honte, la déception, l’agacement, le quotidien et la banalité, et nous les viderions de leur substance. Après cela, tout le reste nous attendrait encore. »

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Le couple vu sous toutes ses coutures.
  • Une histoire poignante qui vous touche en plein cœur
  • Une plume véritablement charmante qui plaira à tous et à toutes

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Jolis, jolis monstres de Julien Dufresne- Lamy

41plCzDufOL._SX195_.jpgRésumé : Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter. Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme. Les plus jolis monstres du monde. Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des clubs kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé. Sur trois décennies, Jolis jolis monstres aborde avec finesse et fantaisie la culture drag, le voguing et la scène ballroom dans un grand théâtre du genre et de l’identité. Au cœur d’une Amérique toujours plus fermée et idéologique, ce roman tendre mais bruyant est une ode à la beauté, à la fête et à la différence. Une prise de parole essentielle. 

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie l’auteur et les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman (dédicacé, s’il vous plait) en service presse. C’est toujours un plaisir de recevoir les romans de Julien Dufresne Lamy.

~ La culture drag-queen ~

Je pense que commencer par un petit point culture pourrait être sympathique. Histoire que l’on démarre tous sur la même longueur d’onde. Wikipédia nous propose un article complet. Si jamais vous êtes intéressés, n’hésitez pas à cliquer par ici. « Une drag queen est une personne – homme ou femme, bien que les hommes restent majoritaires et plus connus- construisant une identité féminine volontairement basée sur des archétypes de façon temporaire, le temps d’un jeu de rôle […] Comme tout travestissement, le fait de s’habiller en drag queen n’est une indication ni sur l’orientation sexuelle de la personne concernée, ni sur sa véritable identité de genre ; une drag queen n’est pas forcément une personne transsexuelle. »

~ Un roman sur la différence et l’acceptation ~

De jolis messages sont portés dans ce roman. On fait la rencontre de beaucoup de personnages mais surtout de James Gilmore, dit Lady Prudence. James est un personnage que j’ai énormément apprécié tant il est porteur de messages que j’adore.

Rapidement, on se rend compte que Lady Prudence fait partie de lui. Ce n’est pas qu’un artifice le temps d’un karaoké. Elle fait partie de lui. Lady Prudence est un personnage qui l’incarne mais qui le représente. Tout au long du roman, James nous raconte sa vie, trente années chargées de souvenirs bons comme mauvais, ses espoirs, ses désillusions. A travers les yeux de James, on se retrouve à avoir un œil neuf sur la culture drag-queen.

James nous montre, dès le départ que les drag-queens sont un sujet tabou. C’est quelque chose dont on ne parle pas, qu’on cache et finalement, ce roman nous prouve à quel point la société est loin du compte. Ce roman est tellement fort et intéressant, c’est un livre qu’il faut lire. Récemment paru, il est d’un des ouvrages contemporains qu’il faut avoir dans ses étagères.

« Nous sommes un secret enfermé dans une boîte qu’il ne faut surtout pas ouvrir ». 

~ La société et la différence ~

Aïe… Gros sujet qui pique. Encore de nos jours, je ne comprends pas que l’on ne puisse pas accepter les couleurs de peau différentes, les orientations sexuelles, les transformations permanentes ou non. C’est toujours difficile pour moi d’en parler sans avoir envie de secouer les gens.

James nous ramène à la réalité de la vie rapidement. On se prend des claques, on se fait bousculer.

On est dans une intrigue où l’on peut rencontrer des noms qui ne nous sont pas inconnus comme Madonna. Ils ne font que passer dans l’intrigue mais cela a le mérite d’ancrer dans notre esprit la réalité de ce qui se passe ici.

On a une communauté qui se dessine au fil des pages et des lignes. On se sent embarqué dans ce tulle, ces faux cils, ce maquillage à outrance. On a envie d’aller sur le podium avec Lady Prudence et de chausser ces talons hauts vertigineux. On veut en savoir plus. C’est ce que le roman nous propose ici. Evidemment, il y a la critique de la société à travers ce roman, mais c’est plus que cela.

On a vraiment une sensation de devoir « faire le tri ». Il y a des drag-queens qui font ça pour travailler, pour s’exprimer. Après tout, cela reste de l’art. L’expression du corps fait ses preuves et rapidement, on se retrouve avec des personnages dont c’est leur métier. Puis, il y a les autres : les extravagants, les exigeantes, les caricatures des drag-queens. Ceux qui fichent tout en l’air et qui décrédibilisent ceux qui ne font pas cela pour les mêmes raisons. Malheureusement, dans notre société, on a plutôt gardé en tête l’image de ces extravagances et de ces caricatures. C’est pour cela que je propose de lire ce roman. Il nous apprend énormément de chose.

~ Les bons et les mauvais côtés ~

L’auteur prend le pari de nous montrer autre chose que les strass, les paillettes, le spectacle. Il y a aussi des moments où les personnages doutent, pleurent et sont tristes. On nous parle du Sida, de la violence, de l’incompréhension. La volonté de vouloir vivre sa vie sans avoir le poids du regard de l’autre sur le dos.

Lady Prudence nous prend littéralement par la main et raconte à Victor, jeune hétérosexuel qui cherche sa voie et son personnage de drag-queens tout ce qu’il a vu durant ses trente années. Les amitiés perdues, les meurtres, la folie du SIDA. Bref, rien ne nous est épargné. Il y a les bons et les mauvais côtés. Le lecteur est pendu à ses lèvres. Les anecdotes proposées durant la lecture vont que les personnages deviennent des êtres à part entière. Les psychologies sont finement détaillées et riches en détails. C’est très intéressant. Lady Prudence prend autant de poids que les célébrités qui foulent les tapis rouges.

~ Plume et syntaxe ~

Plus qu’un roman de « la sortie littéraire », Jolis, jolis monstres est un roman qui pousse le lecteur à s’interroger sur sa manière d’appréhender des thématiques dans la vie et de se questionner sur la manière de se faire de faux jugements sur cette dite thématique. Sans la juger, je me rends compte que mes connaissances sur la culture drag-queen était bien pauvre et que j’ai bien envie d’en savoir plus.

Roman intense, roman des cœurs, celui-ci puise sa force des psychologies tellement différentes et abondantes qu’il nous propose. Plume au service de l’homme, de l’humain et de l’amour, elle est forte. Je pense que c’est le roman de l’auteur que je préfère le plus tant il m’a ouvert les yeux sur une culture que je connaissais peu.

3 raisons de lire ce roman

  • Une culture méconnue mise en avant.
  • Une plume au service de l’humain
  • Des personnages sublimes

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Grégoire et le vieux libraire de Marc Roger

téléchargement (1).jpgRésumé : Ancien libraire, monsieur Picquier s’est vu contraint de déménager 3 000 volumes dans son petit chez-lui. Oui mais voilà, il ne peut plus profiter seul de sa passion, puisque la maladie de Parkinson l’empêche de lire, et va donc devoir demander de l’aide à l’apprenti-cuisinier Grégoire, qui va découvrir avec ce vieux maître les joies de la lecture.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Pauline et les éditions Audio Lib pour l’envoi de ce service presse que j’ai pris plaisir à découvrir.

~ Relations ~

Voilà une thématique qui a une grande place, pour moi, dans ce roman. Mon écoute a été bercée par les différentes rencontres et relations qui se tissent dans cette intrigue. On fait la rencontre de Grégoire, un jeune homme qui travaille dans une maison de retraite. D’abord dans les cuisines, puis dans la laverie, rapidement, il devient la coqueluche des personnes âgées étant devenu un lecteur. Lorsque Grégoire fait la rencontre de Monsieur Picquier, Grégoire ne sait pas le virage que va prendre sa vie : il va tisser une relation incroyable avec ce vieil homme loufoque mais tellement érudit. Monsieur Picquier va apprendre à Grégoire à apprécier les livres, les mots, la diction, la place de la voix. Grégoire va devenir lecteur pour cet ancien libraire qui ne sait plus tenir de livres à cause de la maladie de Parkinson qui le ronge.

J’ai souri, ri franchement avec ce duo amical très surprenant ! Un vieux et un jeune qui refont la vie à coup de lectures, de discussions et d’avis bien tranchés. Tous deux très différents, ils sont très attachants. Grégoire devient les yeux, les bras, les jambes de cet homme qui se voit diminuer. Il l’aide à trouver sa voie, à aimer les livres, c’est un échange de bons procédés qui m’a beaucoup plu.

Grégoire fait aussi la rencontre d’autres pensionnaires qui se perdent dans ses mots, dans ses lectures qui leur font oublier leurs douleurs, leurs solitudes pour un joli moment tous ensemble. Ainsi, Grégoire, en plus d’être l’ami des personnes âgées, se prend d’amitié pour certains de ses collègues et tombe sous le charme de Dialika, une jolie infirmière avec qui il va vivre une belle histoire.

Les relations peuvent être humaines mais aussi matérielles. Je pense à monsieur Picquier et à ses livres. C’était tellement un joli moment d’écoute que je vous partage ces quelques lignes :

« Mes livres et mes archives sont à la fois ma garde, mes épouses et mes soldats, et en brûlant, leurs cendres mélangées aux miennes pourront servir d’engrais à un arbre, qui sait ? L’audace serait qu’on me disperse dans une usine à papier ! »

Les relations sont toutes très différentes, amour, haine, amitié, professionnelles, personnelles, tout y est pour que le lecteur s’épanouisse dans la lecture.

~ Vivre en étant âgé, une vérité difficile à ingérer ~

Autant pour les aidants que pour les aidés, c’est difficile de laisser une personne dans une maison de retraite. C’est vrai que c’est une thématique actuelle : prix cher, manque de personnel, mauvais traitements, on est frileux quand on quitte cet établissement. En plus de cette idée, c’est mon travail : je fais partie d’une équipe qui permet aux personnes âgées de rester chez elles le plus longtemps possible. L’aide à domicile est un sujet vaste et sérieux. Je profite donc de cette chronique pour saluer le travail de toutes les aides-soignantes, auxiliaires de vie et infirmières, en structure ou non, il faut le vivre pour le croire, ce travail est très fatigant.

Dialika est un personnage qui vient du Sénégal dans le roman et je voulais partager avec vous ce morceau du texte qui m’a beaucoup plu :

« Quand je lui pose la question, Dialika m’avoue être choquée par le sort qui nous est réservé quand on ne sert plus à rien dans notre société soi-disant avancée. Cette façon que nous avons de réunir nos anciens hors de la vie du village, du quartier où se trouvent leurs attaches matérielles et humaines, de les parquer hors-sol comme nous faisons, et surtout notre façon d’exploiter la fin de vie en créant des services comme on gère des produits. Pas un instant elle n’imagine vieillir en France. »

~L’intrigue, les personnages et la plume de Marc Roger ~

J’ai adoré découvrir cette nouvelle plume que j’ai beaucoup appréciée. En effet, Marc Roger tient une intrigue très sympathique. Bien que sérieuse, on se retrouve avec beaucoup de moments de rire, de tendresse et d’affection profonde. Les Bleuets est une grande famille et Grégoire semble tisser autour de lui un réseau de personnes âgées toutes aussi attendrissantes. Célestine m’a beaucoup plu, monsieur Picquier aussi.

Grégoire m’a touchée en plein cœur. Ce personnage est touchant : jeune homme de dix-neuf ans un peu perdu dans cette vie où sa mère ne lui parle pas plus que cela, il peine à avancer. Sans diplôme, trainé dans la boue à l’école, ce jeune homme déteste la lecture tant cela lui rappelle les humiliations scolaires. Avec monsieur Picquier il va rapidement apprendre à lire différemment, prendre plaisir à découvrir les mots et les œuvres d’auteurs singuliers et célèbres.

C’est un livre qu’il faut lire tant il est libérateur. Terminé les fausses idées sur les gâteux des maisons de retraite. Les Bleuets tremblent, rigolent, swinguent ! Radio Bleuet se met en place, le temps de quelques pages, j’ai tellement ri, j’ai tellement pris conscience que les personnes âgées veulent encore rire, s’occuper, s’amuser !

Les dialogues entre les personnages sont très rigolos aussi. Monsieur Picquier apprend à Grégoire à prendre la bonne intonation, son souffle alors que Grégoire apprend à Monsieur Picquier ce qu’est un selfie. Beaucoup de situations similaires bercent le récit et l’intrigue.

Il y a un franc-parler certain dans la plume de Marc Roger. Ainsi Monsieur Picquier n’a pas peur d’utiliser des mots comme « couilles », « baiser » et bien d’autres mots fleuris de la sorte. J’ai apprécié ce système qui creuse encore plus le fossé entre nos idées reçues sur les personnes âgées et ce qu’elles sont réellement.

Ainsi, on se rend rapidement compte qu’une personne âgée n’est pas seulement une personne qui attend dans le couloir de la mort. Non, c’est bien plus que cela. C’est une personne qui a une histoire, un passé, des moments de joie, de tristesse et beaucoup de choses à dire. J’ai trouvé cela saisissant. C’était bien de le rappeler pour les personnes qui peuvent oublier cela.

~Le mot de la fin ~

C’est donc une histoire sympathique que je vous propose de découvrir ici. Le côté intergénérationnel est très plaisant et permet de mieux comprendre le désarroi des personnes qui vivent en maison de retraite : la solitude et la tristesse qui peuvent bien souvent les envahir.

Seul petit bémol pour moi dans cette histoire, c’est le manque d’informations sur l’après. En effet, je pense qu’un petit épilogue m’aurait beaucoup plu. J’ai eu une impression de trop peu finalement, la fin est trop tranchante pour moi.

« C’est quoi cette société, toute cette technicité, si l’on n’est pas foutus ni capables de se tenir la main quand on a peur comme on a peur quand il s’agit de mourir ? Y’a pas de diplôme pour ça. »

3 raisons de découvrir ce roman

  • Des relations intergénérationnelles très belles et qui portent à sourire. Mention spéciale pour Grégoire et Monsieur Picquier
  • Un regard sur le livre, le mot et les écrivains très intéressant
  • Les stéréotypes brisés sur les personnes âgées ! J’ai adoré !

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C’était un vendredi d’Emilie Fatiha

41k6H3tCSVL.jpgRésumé : Ilyes mène une vie agréable et équilibrée : la trentaine, d’origine Marocaine, musulman pratiquant et médecin, il vit paisiblement à Marseille, entouré de ses amis. Ils aiment se retrouver et refaire le monde pour oublier les petits soucis quotidiens. Ils ont tous une vie épanouie et ont réussi professionnellement. Mais un jour, Ilyes croise le chemin d’une jeune femme envoûtante à la beauté surréaliste, Kajal, qui est en grande difficulté et qui semble rechercher son fils. La mémoire défaillante et en état de choc, elle est hospitalisée. Il va alors décider envers et contre tous de lui venir en aide, de bousculer ses habitudes et sa vie bien rangée. Cette enquête le conduira dans la région des Hauts-de-France où il découvrira des personnages attachants et hauts en couleur ainsi qu’un patrimoine culturel riche et parfois déroutant. Au rythme de ses découvertes, il pourra compter sur le soutien sans failles de ses amis et fera des rencontres qui bouleverseront sa vie à tout jamais. Parviendra-t-il à garder la tête froide ? Kajal est-elle vraiment celle qu’elle prétend être ? Fera-t-il les bons choix ? 

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie l’auteure de m’avoir proposé son roman via SimPlement. Si le fond m’a plu via les thématiques traitées dans ce roman, la forme elle a été déstabilisante. Je tiens donc à remercier une fois de plus Emilie Fatiha pour sa gentillesse, son écoute et sa volonté de parvenir à faire mieux ! C’est toujours un plaisir pour moi d’aider, de n’importe quelle manière, un auteur qui le demande =)

~ C’était un vendredi ~

Voici un titre assez séduisant et mystérieux. On se retrouve avec un début de souvenir, d’histoire et cela m’enchante. Cela laisse énormément à la surprise… Je trouve aussi la couverture très jolie, simple et poétique. Elle est à l’image du titre. L’intrigue est assez sympathique, je dois l’avouer. En effet, bien des thématiques soulignées dans ce roman m’ont plu. Je vous prie donc de garder un esprit ouvert pour ce roman qui, malgré des soucis de syntaxe, reste très intéressant.

~ Une rencontre … ~

Tout commence avec une rencontre en Ilyes et Kajal. Ilyes est médecin et en allant à la mosquée, il fait la rencontre de Kajal, une jeune femme qui s’écroule au sol et qu’il faut rapatrier à l’hôpital. Rapidement, Ilyes va se sentir redevable envers cette jeune femme. Il doit savoir qui elle est. Ils vont devenir amis et Ilyes va l’aider à traverser ses trous de mémoire et l’épreuve qu’elle est en train de vivre.

Lorsque l’on dit qu’une rencontre peut tout changer, cela est vrai. En effet, cette histoire nous le prouve. L’auteure parvient à déjouer une facilité dans les relations qui se tissent et j’ai trouvé cela très intéressant.

~ Les personnages ~

Voilà un des points que j’ai particulièrement apprécié. En effet, il y a de nombreux personnages qui viennent d’horizons très différentes : Martin, notre barman français qui orchestre les soirées de nos compagnons : Ilyès le jeune homme marocain, calme et très respectueux, Javier, le bel hispanique qui a vu sa vie prendre un virage à 180° mais aussi Xiamara dont la consonance du prénom nous avoue qu’elle n’est pas de nationalité française, il y a Kajal et sa sœur, deux indiennes ainsi que Francine, cette vieille femme née en Algérie. On retrouve vraiment beaucoup de cultures dans ce court roman. J’ai apprécié le regard de l’auteur sur la différence, la culture et la religion. C’est un roman qui fait du bien.

Les personnages sont tous porteurs de messages assez riches et franchement, c’est à souligner ! Ilyès est un jeune homme que j’ai beaucoup apprécié et qui remet les convictions de certains sur la religion musulmane en place !

~ Les religions ~

Ilyès est un musulman pratiquant. D’ailleurs, le roman est bercé par des citations venant du Coron et des différentes prières, on fait un petit tour avec lui dans une mosquée. La religion musulmane est basée, comme la religion catholique, sur le respect et le partage. C’est, donc, tout au long du roman que l’on fait la rencontre que cette religion qui m’est chère. (Papi, tu me manques tous les jours, je t’aime).

On fait aussi la rencontre de Kajal et de sa sœur. Ces deux jeunes femmes pratiquent la religion hindouiste. Là aussi, c’est une très jolie découverte. On a un autre regard sur la vie, plus doux, plus sincère, plus respectueux. C’est vraiment très intéressant.

~ Les problèmes de forme ~

Il faut le dire, sinon je ne serai pas honnête. J’ai contacté l’auteure durant ma lecture signalant plusieurs problèmes : fautes d’orthographe, manque de ponctuation, abus de majuscule et d’abréviations. Effectivement, cela peut rebuter certains lecteurs, je le sais. Cependant, il faut souligner le fait que l’auteure a pris en considération ce que j’ai pu souligner avec bienveillance. Je sais qu’elle fera ce qu’il faut pour corriger cela.

Il faut quand même le dire : cela a ralenti ma lecture et a fait perdre des points à cette lecture qui partait avec de belles idées.

Je parlerai donc de la plume ici aussi parce que cela me semble indissociable de ce petit point. Voici un premier roman. Je pense que l’auteure va grandir et murir dans sa manière d’écrire. On sent bien l’idée, là où elle veut en venir malgré les maladresses du texte.

Il y a des passages remplis de sagesse et cela fait plaisir à lire. Je ne peux que pousser l’auteure à aller plus loin dans sa recherche et à prendre le temps qu’il faut pour faire le nécessaire pour remettre C’était un vendredi sur pied !

Les – :

  • De trop gros problèmes de syntaxe qui ralentissent l’histoire et la lecture

Les + :

  • Ilyès, ce personnage que j’ai grandement apprécié par les valeurs qu’il véhicule ainsi que pour sa sagesse.
  • Les thématiques abordées : les religions, l’amitié, la culture
  • Les nombreux personnages qui apportent tous quelque chose de très sympathique. Une touche d’ailleurs dans ce roman très plaisant.

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Symphonie royale d’Isobel Rennart

symphonie-royale-1224764.jpgRésumé : Marlowe Honeycomb ne vit jour et nuit que pour sa musique et ses fans. Du haut de ses 27 ans, elle a gagné le respect de ses pairs, ce dont elle est très fière. Cependant, son succès s’accompagne d’une grande solitude. Le titre de « princesse de la musique » est hélas bien lourd à porter. Un jour, son chemin croise celui d’Ophélia, une vraie princesse, et d’Archibald, au titre tout aussi réel. Parmi ses « pairs », Marlowe va commencer à vivre pour elle et à faire passer ses désirs avant. Suivez l’histoire de Marlowe et du prince Archibald, une romance royale qui fait oublier les clichés!

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie l’équipe des éditions Alter Real pour l’envoi de ce roman. J’avais besoin de fraîcheur et de légèreté ces derniers temps dans mes lectures. C’est donc tout naturellement que je me suis plongée dans ce roman.

~ Princesse de la musique, la désillusion ! ~ 

J’ai beaucoup apprécié ce moment dans ma lecture. L’auteure prend le parti de la réalité et j’apprécie cela. On a vraiment la réalité sous le nez et c’est assez grisant. Ca ajoute beaucoup de crédibilité à l’histoire. On fait la rencontre de Marlowe Honeycomb, la « princesse de la musique » qui cartonne. Entre concerts et albums, la jeune femme est devenue une des personnalités préférées du monde entier.

Marlowe est une jeune femme qui a la tête sur les épaules. Elle adore son métier mais en a bavé pour en arriver là. C’est une jeune femme intelligente, courageuse et pleine de sagesse. Elle ne veut qu’une chose : vivre sa vie normalement. Voilà la seule chose qu’elle ne peut pas faire. Elle n’en peut plus de voir sa vie étalée dans les magazines de presse, ce tas de mensonges et cette solitude oppressante…

Au placard les paillettes, les soirées alcoolisées et les drogues passées sous le manteau. Ici, on est dans une toute autre ambiance. En effet, avec Marlowe, on vit une vie différente de ce que l’on peut lire dans les autres romans. Bien entendu, il doit exister d’autres romances dans le genre mais, pour moi, c’est une première. Au feu le personnage principal foufou, bourré de fric et qui fait n’importe quoi. On a une Marlowe posée, qui sait d’où elle vient malgré quelques moments où elle ne sait pas forcément où elle va.

~ Quand la princesse de la musique rencontre une princesse de rang ~

J’ai aimé cette jolie rencontre. En effet, Marlowe fait la rencontre d’Ophélie, une vraie princesse qui rapidement va devenir sa meilleure amie, sa famille. Les filles vont tisser une très jolie relation. Malgré le fait que les kilomètres les séparent souvent, elles ne s’oublient pas. J’ai trouvé cela très sympathique. De plus, il y a beaucoup de choses qui les rapprochent : le manque d’intimité, les vies étalées dans les magazines people… Ce ras-le-bol les rapprochent.

Le côté un peu fou d’Ophélie est vite rattrapé par le protocole royal qu’elle doit suivre à la lettre. Une personne de son rang ne peut pas faire n’importe quoi et cela fait du bien ! C’est une relation qui fonctionne bien avec des filles respectables. C’est top !

Au final, on a des personnages hors du commun à cause de leurs rangs ou de leurs professions mais qui gardent la tête sur ses épaules.

~ Une romance terriblement romantique ~

J’avoue que je me suis laissée tenter par une romance entre une chanteuse et un prince… Ah oui, que je suis faible ! Je vous vois déjà lever les yeux au ciel. Mais je vous jure que ce genre de romance me fait du bien ! Il suffit de savoir doser et de savoir les lire quand il le faut mais j’ai fondu pour le prince Archibald et sa manière de voir la vie. C’était vraiment un très beau personnage et une très belle relation qui nait sous nos yeux. Franchement, j’ai vraiment apprécié.

Le cadre de l’Islande était magnifique. Franchement, c’était réellement magique. J’ai trouvé que l’auteure avait vraiment incroyable pour décrire les paysages et nous y emmener par la même occasion.

Je pense que le petit hic est ici. J’aurais voulu en avoir plus à me mettre sous la dent. J’ai trouvé que les pages ont défilées vite, peut-être un peu trop vite pour moi. Tout se déroule rapidement et finalement, je suis un peu restée sur ma faim.

~ Un roman porteur de messages ~

Je trouve que ce roman est une ode à l’amitié et à l’amour. On nous souligne aussi les dangers de la célébrité, de la presse. On est vraiment dans un roman où tout nous sert de leçon. Si Marlowe a tendance à ressasser ses échecs, elle en tire toujours une leçon : son ex petit-ami, sa mère destructrice, ce père qu’elle n’a pas connu. Cependant, d’un autre côté elle a Ophélie et Archibald, sa mamie et sa passion qui est devenue sa profession. J’ai trouvé que c’était très juste d’en parler ainsi. Le statut de « chanteuse » n’est pas un statut parfait et cela fait du bien de se le rappeler.

J’apprécie beaucoup le fait que l’on voit deux mondes complètement différents s’aborder et s’apprivoiser. Finalement, ce sont deux mondes qui se trouvent et se complètent.

~ Une jolie plume ~

Je ne connaissais pas la plume d’Isobel Rennart, j’ai apprécié ma découverte. C’était très sympathique, les pages sont passées rapidement (je l’ai lu dans l’après-midi) et c’est très frais. On voyage, on chante, on vit tout simplement.

La force du roman tient dans le fait qu’Isobel Rennart tient un équilibre parfait entre rêve et réalité. On n’est jamais dans la surenchère et cela fait du bien à lire.

Si au premier abord, on pourrait penser que c’est un roman pour adolescent, il n’en est rien. En effet, c’est plutôt dirigé vers les adultes à cause de quelques scènes osées. Elles sont très bien maîtrisées soit dit en passant !

Les – :

  • Un petit goût de trop peu dans cette jolie romance

Les + :

  • Le personnage de Marlowe que j’ai adoré ! Ce personnage garde les pieds sur terre, c’est top !
  • Archibald, le prince qui a fait battre mon petit cœur de lectrice romantique
  • La plume d’Isobel Rennart que j’ai apprécié découvrir
  • Ce bel équilibre entre rêve et réalité

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Dans le murmure des feuilles qui dansent d’Agnès Ledig

téléchargement.jpgRésumé : Anaëlle, jeune femme en recherche d’informations pour l’écriture de son roman, engage un échange épistolaire avec Hervé, procureur de province. Celui-ci, vivotant dans une routine qui l’ennuie, s’y plonge avec délectation, au grand dam de sa greffière, rapidement agacée par cette insupportable correspondance. Parallèlement, Thomas, menuisier passionné de nature, s’appuie sur la force des arbres et sa connaissance des sous-bois pour soutenir son petit frère, en proie à une longue hospitalisation. C’est une petite maison qui sera à la croisée de leurs destins.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Pauline ainsi que les éditions audiolib pour l’envoi de ce roman audio. Je ne connaissais pas la plume d’Agnès Ledig et, comme toujours, j’ai profité des services de presse audio pour découvrir un roman et une plume que je ne connaissais pas.

~ Des chemins de vie difficiles ~

On fait la rencontre de trois personnages : Thomas, un menuisier qui nous transmet sa passion de la nature et de la forêt et qui reste au chevet de son petit frère Simon à l’hôpital pour un bon moment.  Anaëlle, une jeune femme accidentée et qui se retrouve handicapée à vie à cause d’un ex petit ami et d’un excès de zèle et Hervé, un procureur qui commence une relation épistolaire avec Anaëlle.

Pour moi, les deux personnages principaux sont Thomas & Anaëlle. J’ai apprécié le fait que leurs chemins se croisent puisque Thomas va faire des travaux chez Anaëlle. On suit leur routine, leur quotidien séparément, au fil des chapitres mais aussi ce bout de roman qu’ils partagent.

L’auteure met l’accent sur le handicap, sa non-fatalité, la vie qui n’est pas vécue comme elle le devrait, la maladie chez l’enfant. Agnès Ledig en parle d’une manière assez légère. Ainsi, l’insupportable devient supportable. C’est assez bluffant. Moi qui n’apprécie pas les histoires où les maladies infantiles et les enfants malades sont présents, j’ai été séduite par la beauté du texte et la manière dont l’auteure aborde des sujets difficiles.

~ L’intrigue ~

Au départ, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre où l’auteure voulait en venir. Je ne comprenais pas le lien entre les personnages et les deux intrigues bien distinctes. Bien sûr, plus la lecture (ou, en l’occurrence ici, l’écoute) avance, plus on comprend.

Cette découverte n’est pas un coup de cœur pour plusieurs raisons. La première reste cette fin incompréhensible. Ouverte, elle laisse des millions de possibilités mais franchement… Je n’ai pas compris : où sont Hervé et Jocelyne ? Ces personnages qui font partie de l’intrigue. Hervé, ce procureur qui se prend de sympathie pour Anaëlle, Jocelyne greffière du procureur qui jalouse cette relation épistolaire. Ok, on a quelques phrases sur leur devenir mais ils s’effacent tous les deux avant la fin du roman. Je n’ai absolument pas compris le pourquoi du comment.

De plus, je n’apprécie pas forcément les phrases annonciatrices… A la fin de certains chapitres, on peut lire des phrases comme, par exemple « mais il ne savait pas encore … ». Ça m’énerve. Je n’apprécie pas ce concept parce que tout au long du roman, on cherche des liens qui n’existent pas, on fabule sur la suite et au final, on reste déçu avec un goût amer dans la bouche. « Tout ça pour ça ».

~ Des thématiques que j’ai appréciés ~

Même si ma lecture n’est pas un coup de cœur, j’ai quand même passé un bon moment d’écoute. Le personnage de Thomas m’a énormément plu. Menuisier de profession, passionné depuis toujours par la nature, Thomas vient bercer l’intrigue d’explications sur la faune et la flore. Ses escapades dans la forêt m’ont énormément plu et je trouve que cela nous permettait (comme à lui d’ailleurs) de respirer un bon bol d’air frais avant de replonger dans des passages plus difficiles de l’intrigue (et lui, de sa vie).

Le regard que posent Thomas et Anaëlle sur le handicap m’a beaucoup plu. Oui, c’est dramatique, oui, c’est ennuyant mais à quel moment cela donne le droit aux gens d’avoir pitié et de dévisager les personnes touchées par le handicap. Je trouve que l’auteure aborde ce sujet, à travers ces deux personnages forts, de la meilleure des manières qu’il soit.

~ La plume d’Agnès Ledig ~

Comme je vous l’ai dit au début de la chronique, la plume d’Agnès Ledig m’était complètement inconnue. J’avoue que j’avais déjà entendu son nom mais sans vraiment m’attarder sur ses romans. Voilà qui est chose faite et je ne regrette pas du tout mon choix d’écoute.

Sa plume est pleine de sagesse et de douceur. Tout ce qui est lié à la nature est très poétique. Finalement, on se retrouve avec un roman qui crie son amour à la Nature mais aussi son amour des gens et de la différence. Agnès Ledig souligne avec passion et émotions cette vie qui n’est pas toujours facile, durant laquelle on doit dire adieu à beaucoup de monde, de choses, de libertés, durant laquelle on doit faire le choix de s’apitoyer ou de relever la tête et d’avancer. Le regard des gens est important : Hervé voit Anaëlle comme une jeune femme belle et intelligente, son handicap n’a pas d’importance pour lui. Thomas ne voit pas son petit frère malade, il l’imagine dans sa forêt et cela lui permet d’avancer.

J’ai trouvé toutes ces idées poétiques et très sympathiques à découvrir le temps d’une écoute. C’est donc avec émotion et aussi avec humour que l’auteure traite de la vie dans son ouvrage.

Les – :

  • Quelques phrases annonciatrices de grands malheurs (ou bonheur) dans les chapitres suivants. Je n’aime pas ce procédé littéraire.
  • Des personnages intéressants et importants dont on n’entend plus parler dans les derniers chapitres du roman.

Les + :

  • Les personnages d’Anaëlle et de Thomas que j’ai trouvé charmants.
  • Les thématiques abordées dans ce texte : la nature et le handicap principalement.
  • La plume d’Agnès Ledig que j’ai pris plaisir à découvrir.
  • La présence de la nature qui m’a donné envie d’en savoir plus sur ces forêts.

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Un espion aux enfers d’Edouard Teulières

book-6122.jpgRésumé : En proie aux guerres, à la misère et au désespoir, de nombreux croyants se détournent de Dieu. Ce dernier, sentant la situation lui échapper, joue son va-tout et propose un marché à un pensionnaire du Paradis trop turbulent : se rendre aux Enfers, espionner et enrayer la belle mécanique du royaume du Mal. Cependant, le dénommé Clint découvre des Enfers aux Antipodes des descriptions habituelles : des paysages attachants et variés, des dinosaures, des édifices audacieux, des gens affables, une monnaie originale. Mais surtout un Diable bien plus jovial et aimable que ce que les mauvaises langues racontent sur lui. Chargé également par le Diable de mener une mission sur Terre pour assurer définitivement la victoire des Enfers sur le Paradis et forcer ainsi Dieu à quitter son royaume, ce double jeu va obliger Clint à faire preuve de ruse et de sang-froid, parfois d’oublier la pitié. Et puis, Satan détient certains secrets que, pour rien au monde, il ne souhaite rendre publics. Pourraient-ils être la clé de la victoire ?

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Edouard Teulières pour sa proposition de lecture. Grâce à un sympathique échange de mails, j’ai eu la chance de découvrir un espion aux enfers via SimPlement

~ Titre évocateur, résumé provocateur, lecture pleine de promesses ~

Je vous avoue, j’ai été subjuguée par le résumé. Diablement intéressant, je me suis demandée ce que pourrait donner cette intrigue savamment introduite via ce résumé. Voilà un roman qui se lit très vite. Il fait à peine 150 pages (en format PDF). J’ai lu quelques pages par ci, d’autres par-là et finalement, je l’ai lu en une demi-journée.

~ Des personnages qui cassent les normes ~

Clairement, je n’ai jamais vu une intrigue aussi folle, démente et déjantée. Les personnages prennent le large et qui vont à contre-courant de ce que l’on attend des protagonistes que l’on s’était imaginé.

Je vais d’abord commencer par Dieu et Satan. Dans certaines mythologies, ils sont frères, ici, rien ne souligne un lien fraternel. Je trouve que les personnages ont été incroyablement humanisés. En effet, à mort les divinités, bonjour à l’humanité ! Dieu s’habille avec une chemise et une paire de tongs, appelle sa femme « bibiche » (et se fait appeler « gros nounours »). Dieu couche avec sa femme et peut potentiellement insulter les autres.

Satan, lui, est un homme qui est vulgaire à souhait, avec lui, excusez-moi l’expression, il faut en avoir dans le pantalon ! Hors normes, il se moque de tout (de toute manière, c’est le dieu des enfers !) et veut arriver à son but ultime : faire tomber Dieu.

Ces deux personnages pourraient être des humains lambda. A tel point qu’ils sont nommés par des prénoms.

~ L’intrigue satirique et humoristique ~

J’ai trouvé l’idée rigolote, saugrenue. Quelle idée ! Pourtant ça fonctionne, même bien. Les personnages sont à l’image de l’intrigue : complètement décalés.

Voici une satire de la société : j’ai trouvé ça bluffant. Entre le Paradis et les Enfers c’est la guerre ! Plus aucun damné ne remontent au paradis après son expérience du purgatoire. Dieu s’inquiète, que fait Satan, que se passe-t-il ? Pourquoi les fidèles de Dieu sont de moins en moins présents ? Tout autant de questions qui trouvent des réponses au fil de la lecture.

Les pions de Satan dans la descente aux enfers de Dieu ? Les humains ! Quoi de mieux que les guerres et sa meilleure invention : les religions ! Quel bonheur pour Satan de voir ces petits humains se tuer au nom d’une divinité, d’une puissance économique ou de convictions ? Le pied total pour Satan !

Pastiche de notre société, vous trouverez des personnages comme Vladimir Platine, Nadilla ou encore une influenceuse.

Pour coller encore plus à cette image d’humanité, les enfers sont construits comme une petite ville : on y trouve des quartiers comme DevilTown ou Hipsterland. Cependant, là où l’auteur est ingénieux c’est qu’il décrit des enfers où il fait bon vivre. Satan propose à ses adeptes d’avoir une petite vie tranquille à une seule condition : que leur venue soit définitive ! Le purgatoire et ses horreurs sont réservés aux gens qui veulent remonter au Paradis. La mort semble être douce…

Clint est un personnage aussi badass que Dieu et Satan. Un ange qui boit de l’alcool caché dans un nuage, qui organise un tournoi de poker clandestin, qui a des relations sexuelles avec celles qui veulent. Bref, un ange qui défie son boss sans souci, jusqu’au jour où… Dieu va lui demander une mission bien sympathique ! Clint devient l’espion de Dieu aux enfers. Clint va risquer sa vie pour que Satan ne prenne pas possession de la terre et des humains.

Ce combat entre les deux divinités était plutôt sympathique et coloré. J’avoue que parfois, j’ai eu du mal avec certains passages trop familiers, à la limite du vulgaire. C’est vraiment une satire sympathique à découvrir néanmoins.

~ La plume d’Edouard Teulières ~

C’était vraiment très sympathique à découvrir. L’auteur a une sacrée imagination : le paradis et les enfers ne sont pas comparables à ceux que l’on connait dans la mythologie grecque ou dans les romans de Dante, par exemple. Tout est maitrisé et tout se tient. J’ai apprécié l’humanisation de tout ce qui nous semble inaccessible en temps normal. Tout le monde est mis sur un pied d’égalité. La fin m’a énormément plu. Au final, tout le monde s’y retrouve. Convictions ou non.

La manière dont Edouard Teulières nous parle de ce monde qui n’existe pas nous rappelle sérieusement le monde dans lequel on évolue. Tous ces conflits, ces guerres et ces morts au nom de je-ne-sais-quoi. Finalement, n’est-on pas les jouets de ces personnes assises tranquillement derrière leurs bureaux et qui délèguent aux autres pour que leurs volontés soient faites (sur la terre comme au ciel, Amen) ?

C’est donc avec plaisir que je clos cette chronique. Humour décapant, quelques facilités dans les blagues (mais franchement, j’ai souri !) et une imagination hors norme caractérisent la plume d’Edouard Teulières.

Les – :

  • Quelques familiarités de langage qui n’ont pas forcément été les bienvenues pour moi.

Les + :

  • Cette humanisation des divinités.
  • Un moment sympathique de lecture
  • Une plume étonnante et détonante !
  • Une sacrée satire de notre société

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Le plus bel endroit du monde est ici de Francesc Miralles & Care Santos

51pp0dlmGOL._SX303_BO1,204,203,200_.jpgRésumé : Iris a 36 ans et des idées noires plein la tête : ses parents viennent de disparaître dans un tragique accident et, en une seconde, toute sa vie a basculé. Par un après-midi froid et gris, elle songe même à en finir. Son regard se pose alors sur la devanture d’un café auquel elle n’avait jamais prêté attention auparavant. Son nom étrange, Le plus bel endroit du monde est ici, éveille sa curiosité. L’intérieur est plus intrigant encore, comme sorti d’un rêve. Tout y semble magique, à commencer par Luca, bel Italien porteur d’une promesse : le bonheur. 

~ Lecture détente ~

Mon avis : C’est assez inattendu venant de moi mais ça m’a fait sourire. J’ai reçu une commande ce midi, j’ai ouvert ce roman et je viens de le terminer. C’est ce qu’on appelle une découverte éclair avec une chronique éclair d’une lecture que j’oublierai facilement. C’est malheureux mais ça arrive.

~ Légère déception ~

En voyant la couverture, mon petit cœur de lectrice a fondu… Je m’attendais un roman à l’anglaise et finalement, je me suis trompée. La couverture était sympathique et mignonne, le résumé plein de promesses… Pourtant la magie n’a pas opérée.

Plusieurs facteurs sont en cause pour moi.

  • La rapidité de lecture. Le roman est assez court : 185 pages. C’est peu pour s’installer dans une lecture.
  • Les personnages qui n’ont rien d’attachant pour moi
  • Le manque de détails.

~ Les personnages ~

On fait la rencontre d’Iris : une jeune femme de 36 ans qui n’a plus beaucoup de joie de vivre dans son cœur. Tout est noir, la fameuse routine : métro boulot dodo est devenu son quotidien. Après avoir voulu se suicider, Iris ouvre les yeux sur sa vie et tombe sur le café Le plus bel endroit du monde est ici. Drôle de nom pour un café mais voici un lieu chaleureux qui donne envie de se retrouver autour d’une table pour y boire un chocolat chaud.

Un propriétaire est un ancien illusionniste. Très gentil mais assez énigmatique. On ne sait pas grand-chose sur lui… Même son nom ne nous ait pas communiqué. Dans ce café, Iris fait la rencontre de Luca qui va lui permettre de redonner un sens à sa vie.

Je n’ai rien trouvé de magique dans cette rencontre. C’est une rencontre qui pousse Iris dans ses retranchements…

On fait aussi la rencontre d’Angela qui deviendra une amie d’Iris et de Pirate, le petit chien qu’elle adopte

~ Une lecture philosophique ~

J’avoue que ce côté philosophique me plaisait bien de prime à bord. Cependant, à part des recherches sur soi et sur son identité, Iris ne parvient pas à grand-chose. Pour moi, une introspection se fait dans le calme et surtout seule. Iris recherche désespérément la compagnie de Luca. Luca est le personnage le plus intéressant pour moi : il a une vision de la vie assez sympathique et met en avant les bons côtés : bonheur, amitiés, vivre sa vie sans penser au lendemain. C’est assez surprenant mais agréable.

On y aborde donc la question du bonheur et la manière d’y parvenir, la volonté d’aller mieux, de se libérer du poids du passé pour permettre à l’avenir de se mettre en route.

La notion de passé/présent/futur est assez bien tenue dans ce roman. C’est certainement ce qu’il y a de plus intéressant à vrai dire. Cette notion est personnifiée par une montre à gousset qui apparait à Iris grâce à un tour de magie de l’illusionniste.

Le temps : voilà une belle interrogation. Il peut être long, ennuyeux ou au contraire fuyant et incertain.

~ Une lecture éclair qui laisse des traces… Aïe ! ~

Franchement, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas su rentrer dans ma lecture. Le style m’a déjà posé problème : pas de détails, pas de descriptions, juste la vie ennuyeuse d’Iris. L’utilisation des phrases courtes m’a vite ennuyée. Je suis vraiment désolée, cela faisait longtemps que je n’avais  eu l’impression de perdre mon temps avec un roman…

En 185 pages, Iris passe d’un tempérament suicidaire à une femme qui sourit devant l’océan. Elle s’est fait une amie, a tourné la page d’un passé trop lourd à porter et n’est plus seule dans sa vie. Comment croire à tout cela ? Personnellement, j’ai du mal.

Les – :

  • Un roman beaucoup trop rapide dans l’enchaînement des actions.
  • Des personnages qui m’ont laissé de marbre sauf un.
  • Un style trop direct pour moi.

Les + :

  • Le personnage de Luca.
  • La visée philosophique du roman intéressante surtout grâce au questionnement sur le temps.

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Je vous en prie, silence – Marie-Haude Meriguet

book-5712.jpgRésumé : À l’approche de la quarantaine, Jeanne a tout : un mari, des enfants, la reconnaissance professionnelle. Et surtout : des repères stables. Elle est satisfaite et n’en veut pas davantage. Le soir où elle découvre l’infidélité de Fabien, elle pense immédiatement à… Bernadette Chirac. Le choc, sans doute. Résumer sa vie et son couple à cette trahison ? Très peu pour Jeanne. Loin des drames et des fracas, ce qu’elle veut de toutes ses forces, c’est continuer comme avant, coûte que coûte. Comment ? Le silence. Ne rien dire, et faire preuve de méthode : pour que ça « tienne ». Accompagnée dans son secret par sa sœur Ophélie, dont le franc-parler va souvent la mettre face à ses propres contradictions, Jeanne se lance dans une lutte contre l’infidélité d’un genre nouveau, et dont elle devra inventer les règles au fur et à mesure. Elle va devoir faire appel à son ingéniosité pour cacher ce qu’elle sait à tout son entourage, y compris à Fabien. La tâche est loin d’être aisée. D’obstacles bouleversants en découvertes surprenantes, Jeanne chemine comme elle le peut. Et alors qu’elle avance sur un fil fragile menaçant de céder à tout moment, elle en apprend chaque jour davantage sur elle-même, sur les gens, et sur son couple. Jusqu’au dénouement, qui vient renverser ses dernières certitudes. Entre drame et détermination, entre humour et détresse, l’histoire de Jeanne nous rappelle que rien n’est jamais tel qu’on l’avait imaginé en amour. En infidélité non plus, d’ailleurs.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Marie Haude pour l’envoi de son roman via SimPlement. Roman vers lequel je ne serai pas forcément aller de moi-même, voici une découverte surprenante qui ne peut que nous inspirer.

Un silence incompréhensible

Personnellement, je n’aurais pas su. Le résumé est assez explicatif pour que vous compreniez de quoi on parle : l’adultère. Le comportement de Jeanne est un énorme mystère pour moi. Après avoir découvert l’infidélité de son mari, Jeanne décide de faire comme si de rien n’était. Elle décide de tout faire pour ne pas rompre ce quotidien installé dans sa vie depuis trop longtemps pour qu’elle puisse se remettre d’un si gros changement. Le dire à Fabien ? Jamais ! Personne ne le sait sauf sa sœur Ophélie.

Des personnages attachants

Bien entendu, je me suis tout de suite attachée à Jeanne qui porte le poids de l’adultère sur ses épaules. On a l’impression que son mari n’a réfléchi à rien : ses jumeaux, sa femme, sa famille. Jeanne remet tout en question à cause d’un vomi de spaghettis qui finit mal…

J’ai apprécié Ophélie. C’est la sœur de Jeanne. C’est aussi la seule qui est au courant de l’infidélité de son beau-frère. Même si elle essaye de raisonner sa sœur, elle lui reste fidèle et loyale et la soutient jusqu’au bout. J’avoue qu’Ophélie est un bol d’air frais dans ce roman. En effet, le sujet est assez lourd tant il remet en cause trop de choses pour moi. Ophélie vient soulager un peu cette lourdeur dans le roman.

L’évocation de Bernadette Chirac porte à sourire. J’ai apprécié cette idée qui met en place le ronronnement des pensées de Jeanne. Si Jeanne soulève souvent les mêmes problèmes, elle se pose toujours la même question : « Qu’aurait fait Bernadette ? ». J’ai trouvé que cela portait à sourire. Ainsi, on se retrouve dans une routine à travers les pensées de Jeanne.

Thématiques sensibles

J’ai dû lire le roman en plusieurs fois. J’ai fait le choix de faire des pauses pour ne pas étouffer. En effet, le sujet de l’adultère est intense comme j’ai pu le souligner ci-dessus. La découverte de l’infidélité ronge Jeanne jusque dans son sommeil. Plus rien ne va malgré ses tentatives pour faire comme si de rien n’était.

On suit Jeanne dans sa réflexion. On comprend qu’elle ne veuille pas perdre sa vie et tout ce que cela peut représenter. En revanche, j’avoue que je n’aurais pas su faire comme elle. Garder tout ce ressentiment, cette rage et cette déception pour soi, ce n’est vraiment pas bon. Plusieurs fois, je me suis dit que cela ne se terminerait pas bien.

La plume

J’ai découvert l’univers de Marie-Haude grâce à son roman. Si l’intrigue a su me plaire, j’ai trouvé l’histoire trop « sérieuse » et sombre. Je pense que c’est vraiment le point négatif que je peux souligner. Ici, c’est un point négatif personnel : en effet, cela peut varier d’un lecteur à un autre. Ce n’est qu’une histoire de goût. Si le résumé est une mise en bouche de ce qui peut nous attendre, je m’attendais à ce que cela soit un peu plus lumineux.

Les – :

  • Une intrigue un peu trop sombre pour moi

Les + :

  • Le courage de Jeanne
  • Le personnage d’Ophélie
  • Un récite de vie troublant
  • Une plume séduisante

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La danse de la tarentule – Claire Blanchard

41hXtZXVSuL._SX195_.jpgRésumé : Quel drame a poussé Émilie à rompre les liens avec sa famille maternelle ? Cela fait plus de vingt ans que la jeune femme n’a pas gravi les marches du manoir de son enfance, lorsque sa mère y rend son dernier souffle. Un flot d’images se déverse dans sa mémoire. L’Inde, Le Croisic, Paris ; et un fil conducteur : celui que tisse obstinément une mère oppressante, imprévisible, tarentule harceleuse au venin quotidien, qui jamais ne perd de vue sa proie, centre de sa ronde maléfique, sa danse funeste. Comment se construire lorsqu’une mère aimée au-delà de tout, au-delà du pire, inocule paroles et gestes toxiques que sécrète une folie sournoise et quotidienne ? L’impasse d’une naissance dans l’amour maternel peut-elle interdire de renaître à la vie ? Un récit poignant et percutant !

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions Librinova pour l’envoi de ce roman. J’ai trouvé le résumé assez séduisant, je ne voyais pas pourquoi je n’aurais pas dû me plonger dans ce roman.

Retour en arrière

J’ai apprécié ce livre grâce à la manière dont l’auteure traite le sujet dont elle nous fait part tout au long de son roman.

Son roman parle d’acceptation, de souvenirs, d’un amour maternel particulier, de la manière dont les enfants captent les comportements des grands. Bref, Claire Blanchard propose ici un roman poignant qui permet de s’immiscer tout doucement dans l’enfance puis dans l’adolescence d’Emilie.

Personnages

Emilie est notre personnage principal. On a l’impression de la suivre sur un chemin de croix, son chemin de croix. Même si l’histoire ne nous concerne pas directement, je pense que beaucoup de lecteurs pourront s’y retrouver. J’ai apprécié la force de caractère de ce personnage. Elle revient au Croisic avec ses enfants. C’est avec la peur au ventre qu’elle y retourne mais elle veut faire face aux démons du passé.

Les personnages secondaires sont aussi remarquables. La famille d’Emilie est particulière. Même si chaque famille peut être différente, avec un fonctionnement différent, on se retrouve dans une spirale d’événements et de comportements particulièrement étonnants et surprenants. Je ne comprendrais jamais comment, en tant que parents, on peut laisser ses enfants pour partir à l’autre bout du monde. Cela peut encore se justifier lorsque la situation est extrême mais ici, ce n’est pas le cas.

Le poids du passé

La force de ce roman réside dans le fait que l’auteure ne traite pas un roman noir. Même si certains épisodes de la vie d’Emilie semblent vraiment durs, l’auteure parvient à nous peindre un tableau avec des souvenirs positifs qui se révèlent être solaires dans le roman : cela nous permet de ne pas étouffer dans une lecture d’une enfance noire.

L’intrigue et la plume

Ici, il me parait intéressant de traiter ces deux points de ma chronique de manière simultanée. En effet, je trouve que l’intrigue fait progresser la plume et que la plume fait progresser l’intrigue. Dans ce retour dans les souvenirs d’Emilie, on part la rencontrer à différentes périodes de sa vie : l’enfance, l’adolescence, les décisions compliquées, les pensées compliquées, bref, rien ne semble simple dans la vie d’Emilie. Les différentes périodes sont subtilement soulignées par la plume de Claire Blanchard qui semble excellente ! En effet, on sent une nette progression dans les pensées d’Emilie, sa réflexion s’étoffe mais aussi son vocabulaire. Plus l’histoire avance, plus on sent la maturité du personnage principal qui devient très intéressant.

La métaphore de la tarentule est extrêmement bien trouvée. La tarentule est cet animal qui peut être effrayant pour beaucoup de monde. Venimeuse, la tarentule est une araignée qu’il faut craindre. Selon la légende, il faudrait danser pour que le poison ne fasse plus effet.

Si la tarentule reste un animal que l’on ne veut pas avoir chez soi, j’ai trouvé cette métaphore très intéressante. En effet, on retrouve vraiment cette image dans le personnage incarné par la mère d’Emilie. Elle empoisonne la vie de ceux qui l’entoure. Cependant, tout le monde la garde dans un coin de la tête, comme si elle empoisonnait les souvenirs, les bons moments. C’est assez intelligent.

Il faut souligner que la fin m’a laissé sur ma faim. J’ai trouvé qu’elle était un peu trop brute pour moi.

Destruction psychologique

J’avoue que c’est vraiment le petit point négatif de ce roman. On assiste vraiment à la descente aux enfers d’Emilie. Les péripéties vont s’enchainer et cela va creuser un fossé entre elle et sa famille. Au point qu’Emilie préfère être seule et couper les ponts pour ne plus être empoisonnée. Si la destruction psychologique de la petite est un sujet très bien traité dans le roman, la remontée des enfers du personnage est suggérée. On n’en parle pas forcément et je trouve que cela a manqué à l’intrigue pour moi.

Les – :

  • une fin qui laisse sur sa faim
  • une volonté certaine de l’auteure de montrer comment une petite fille peut être détruite psychologiquement. J’aurais apprécié un peu plus de lumière en nous montrant comment elle a pu se sortir de cette situation.

Les + :

  • La métaphore de la tarentule. Très intelligente !
  • La plume de l’auteure à l’image du personnage d’Emilie : en constante évolution.
  • Les différentes notions traitées dans le roman.

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D’ici là, porte-toi bien – Carène Ponte

51HFs8qnfrL._SX195_.jpgRésumé : Le meilleur moyen d’alléger ses peines, c’est encore de les partager. Avec son sable fin et son ciel azur, l’Avenue du Parc Resort and Spa est l’endroit idéal pour se remettre d’un coup dur. À condition de donner sa chance à la chance. Alors que Samya tente de pardonner l’adultère de son mari, Alison aimerait oublier qu’elle s’est fait plaquer au pied de l’autel. Jessie s’est excusée mille fois pour le chat et le lave-linge, mais Jérémy est à bout : une pause s’impose. Apolline rêve d’un enfant qui ne vient pas. Quant à Mia, dix-neuf ans et déjà maman, elle se voit rejetée par sa famille. Geneviève, elle, perd peu à peu la mémoire. Ensemble, elles vont libérer leurs émotions et s’apporter un soutien inattendu. Avec au bout du chemin, un gain inestimable : l’espoir.

~ Service presse ~ 

Mon avis : Je remercie les éditions Michel Lafon pour l’envoi de ce roman qui m’a beaucoup plus. J’avais pu rencontrer la plume de Carène Ponte l’année dernière avec son roman avec des si et des peut être et j’avais franchement accroché à sa plume. Lorsque Camille, la gentille personne qui s’occupe des services presse, a proposé ce roman, j’ai foncé sans même lire le résumé.

Un petit tour dans un camping de luxe

L’élément dans lequel on évolue me plait énormément : les vacances ! Quel bonheur. Moi qui, en ce moment, voudrais bien partir au soleil, j’ai pris mon pied en m’installant, le temps de ma lecture, au soleil, dans un luxe incroyable. Piscine, cocktail, balades, mer et fariente m’ont beaucoup plu !

Les personnages

J’ai trouvé assez original ce concept : on mélange des personnages de divers horizons pour leur faire passer des vacances au même endroit. Ainsi, on a pu faire la rencondre de Jessie, Allison, Apolline, Mia, Geneviève et Samya. Ces six femmes ont un âge différent, une histoire différente, des problèmes différents.  Samya essaye de gérer l’adultère au mieux, Apolline ne veut pas abandonner son rêve d’avoir un enfant, Geneviève se bat contre une mémoire qui défaille, Jessie a une vie un peu trop organisée et son mari étouffe, Allison s’est faite plaquée devant l’autel et Mia essaye de gérer au mieux son nouveau rôle de mère.

Les six personnages m’ont énormément plu. J’ai apprécié le fait que les personnages se croisent et deviennent amies. Le seul petit bémol pour moi, c’est le fait d’avoir fait des duos. J’aurais apprécié qu’elles se rencontrent toutes les six, qu’elles se croisent et qu’elles partagent toutes ensemble quelques petites choses. Cependant, cela n’a pas altérer mon rythme de lecture

L’intrigue

L’auteure nous propose plusieurs situations délicates que les gens peuvent rencontrer dans la vie. En effet, ce sont des problèmes que l’on peut tous avoir dans la vie : l’adultère, la maladie, la grossesse jeune ou l’absence de cette dernière, une vie professionnelle qui passe avant la vie personnelle ou l’absence de sentiments amoureux. C’est assez dévastateur mais je trouve que Carène Ponte a choisi intelligemment des problèmes qui toucheront beaucoup de gens parce qu’ils l’ont déjà vécus ou même ou dans l’entourage proche.

La plume de Carène Ponte

Ce que j’ai apprécié ici, c’est le fait que Carène Ponte nous dépeint la réalité. Non, on ne 20100628104007michellafonnous vend pas du « ils vécurent heureux » non. Loin de là. Carène nous claque la vérité sous le nez de manière brute. J’ai trouvé cela intelligent et percutant. Néanmoins, cela n’enlève en rien le fait que la lecture soit une lecture très sympathique à découvrir. Le cadre assez relax nous fait oublier que, parfois, la vie peut être capricieuse. C’est avec humour, douceur et un talent certain que Carène Ponte nous raconte ces histoires percutantes qui nous font passer un bon moment de lecture. La plume est toujours aussi divertissante, drôle et attachante. Je pense que la plume est à la hauteur de l’auteure.

Les – :

  • Un léger bémol au sujet des personnages. J’aurais aimé plus de rencontres différentes.

Les + :

  • Les six personnages forts que l’on rencontre.
  • Les thématiques abordées.
  • Les décors incroyables qui donnent envie de partir en vacances
  • La plume de l’auteure.

4

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Ce n’était qu’une simple promesse – Yann Déjaury

41s8+kx2uYL._SX322_BO1,204,203,200_.jpgRésumé : 1995, Bretagne, six amis passent leurs vacances ensemble. Grande insouciance, petits bonheurs, l’envie de ne jamais se séparer et une promesse scellée dans le granit: celle de se retrouver dans 20 ans, qu’importent les aléas. 2015, la vie les a rattrapés et, le jour venu, un seul a tenu son engagement. Malgré cet acte manqué, il organise un séjour ludique dans une demeure somptueuse. Simple assouvissement de curiosité de ce que chacun est devenu ou douce envie de retrouver leur connivence perdue ? De non-dits en secrets, sa véritable motivation bouleversera leur existence à jamais.

∼ Service presse ∼

Mon avis : Je remercie Yann Déjaury pour l’envoi de son roman via SimPlement. C’est, pour moi, une très belle découverte. Je ne connaissais l’auteur que de nom et l’occasion de découvrir sa plume avec son nouveau roman me tentait énormément.

Un roman qui a tout pour plaire

Dès le résumé, je me suis dit « c’est pour moi ! » ! J’adore ce genre de roman où l’on rencontre une bande d’amis et où les mystères et secrets commencent à se dévoiler des années plus tard. De plus, la région dont on parle est assez séduisante. J’adore la Bretagne et en plus Eric, l’un des personnages habite le nord de la France. C’était vraiment des petits détails qui ont fait que ma lecture m’a énormément plu.

Deux époques, deux ambiances, une lecture binaire

J’ai trouvé l’idée assez sympathique. En effet, tout est en deux temps dans cette histoire. On a deux époques : 1995 et 2015, deux ambiances différentes entre l’adulesence comme j’aime appeler cette période on l’on est de jeunes adultes et la vie d’adulte. On est aussi dans deux sphères différentes : d’un côté, on a tout ce qui se passe dans l’effusion, la joie, l’insouciance de la jeunesse et de l’autre la vie plus calme et rangée des adultes qui semblent avoir perdu leur fougue d’antan.

C’était assez intelligent de la part de l’auteur de traiter ses deux périodes en les alternant. En effet, on se retrouve à voguer entre le passé et le présent parce que l’un explique l’autre. C’est très sympathique.

Mystère dans l’intrigue : le lecteur en ébullition

L’auteur traite l’intrigue d’une manière très intéressante. En effet, on se retrouve avec une mystérieuse invitation à tous se retrouver. Une promesse à la Patrick Bruel « on se retrouvera dans 20 ans ». Une simple promesse qui n’a pas été oublié par quelqu’un du groupe. On se demande qui, comment et pourquoi ? C’était assez sympathique d’essayer de chercher quel personnage essaye de nous flouer. Je ne m’attendais pas à cette fin, toute en finesse et poésie.

Ce que j’apprécie aussi dans la plume de Yann Déjaury, c’est le fait que l’on colle à la réalité. L’auteur nous rappelle sournoisement que la vie est la vie, que les malheurs n’épargnent personne mais que ce n’est pas une raison pour ne pas profiter des bonheurs qui sont sur nos chemins. J’ai trouvé cela très beau et poétique.

Les personnages

On se retrouve avec une multitude de personnages. Cependant, j’ai été plus proche d’Eric. C’est un personnage fort et courageux. De plus, on suit l’histoire à travers son regard.

On suit une bande d’amis tout au long du roman. On les voit jeunes, vieux, sans et avec souci. Personnellement, il y a quelques caractères qui ne m’ont pas correspondus et avec qui j’ai eu du mal mais rien de bien important : il en faut pour tous les goûts ! Je trouve que cela illustre aussi bien le fait que dans les bandes d’amis, il y a toujours des complications et que tous les caractères ne se ressemblent pas, ce qui rend difficile les relations, par moments.

La plume

La plume de Yann Déjaury est une plume à suivre. C’est doux, poétique et vraiment très intéressant. Le travail de la plume et la construction narrative sont très intelligents. Franchement, dès le départ, on s’engouffre dans une histoire qui nous tient en haleine jusqu’à la fin. On ne lâche pas l’histoire.

Les – :

  • Certaines attitudes des personnages (tout à fait personnel).

Les + :

  • L’idée binaire qui nous suit à chaque pas dans le roman.
  • Le mystère qui plane autour de l’intrigue
  • La plume de Yann Déjaury
  • L’idée de la bande d’amis qui se retrouve. J’adore !
  • Le voyage entre la Bretagne, le nord de la France et la Suisse.

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Sous ton paillasson d’Isabelle Bergi

57595584_621092861691954_6238438000280207360_n.jpgRésumé : Une intrigue à la fois, drôle et tendre d’amour et d’amitié. Quatre femmes divorcées, enseignantes, quadragénaires nous livrent leurs émotions, ressentis et commentaires sur la difficulté de trouver « l’âme sœur » Elles nous transportent dans le monde intime des confidences féminines, d’anecdotes croustillantes, de situations cocasses, sans jamais tomber dans la caricature. Des personnages aux caractères bien trempés, pour certaines, plus discrets pour d’autres : Line : introvertie, sérieuse, consciencieuse, qui ne veut pas laisser d’homme entrer dans sa vie, tant que ses filles ne sont pas indépendantes. Jeanne : pétillante, immature qui vit une passion amoureuse aussi forte que destructrice. Véro : femme maîtresse qui enchaîne les aventures masculines sans lendemain, jusqu’au jour où ? Claudie : râleuse, un soupçon grivoise, énergique qui va perdre pied dans le tourbillon de l’amour.

Mon avis : Je remercie NDB éditions pour ce premier partenariat ainsi qu’Isabelle Bergi de m’avoir sollicitée une nouvelle fois pour la lecture de son nouveau roman. Sous ton paillasson est un livre court, léger bien que soulevant des interrogations sur le sujet du célibat, de l’amour et de ses tourments.

Quatre femmes attachantes

On fait la rencontre de deux couples d’amies. D’un côté, on trouve Line & Jeanne, des amies de toujours ainsi que Claudie & Véro qui sont elles aussi des amies de longues dates. Si, au premier abord, on les voit évoluer séparément, on les retrouve à quatre vers le milieu du roman. Toutes les quatre sont enseignantes, elles ont une quarantaine d’année et sont toutes les quatre dans des situations amoureuses assez compliquées.

J’ai beaucoup apprécié Line. C’est une personne calme, intelligente, qui a énormément de travail. Elle touche à tout et est toujours prête à aider sa famille et ses amis. C’est une personne angoissée de nature, qui fait attention à tout mais qui ne manque de rien. Elle aime sa vie comme elle est : avec ses filles, son jardin et ses amis.

Jeanne est une personne un peu plus impulsive, elle est très gentille mais des fois, elle agit un peu trop vite et réfléchit après. Cependant, elle m’a réservé de belles surprises vers le milieu du roman.

Claudie m’a fait rire ! Elle est belle, un peu bordélique et très drôle. Franchement, je pense que c’est certainement celle qui me ressemble le plus dans l’histoire. Je mets à part Coco et les vêtements Desigual (et je suis moins bordélique aussi lol) mais elle met toujours les deux pieds dans le plat et cela m’a bien fait rire (et penser à moi aussi…)

Véro est une femme séduisante, bien sous tous rapports. Elle est aussi une femme forte, courageuse, protectrice. Elle veille sur les gens qu’elle aime et n’hésite pas à donner son avis même quand on ne lui demande pas.

Vous comprendrez que nous avons donc quatre femmes très différentes les unes des autres. Cependant, leurs différences sont une force dans ce roman. En effet, on se retrouve avec une intrigue bien plus dynamique une fois qu’elles sont toutes ensembles !

L’intrigue

Pour moi, elle est divisée en deux. La première moitié est celle des deux couples que l’on voit évoluer bien souvent un chapitre sur deux on alterne entre Line/Jeanne et Véro/Claudie. Franchement, je me suis demandée si elles allaient un jour se rencontrer. Et dès que cela est fait, l’intrigue prend de l’ampleur et de la puissance. Même si j’apprécie le fait de découvrir les vies personnelles des quatre femmes, j’ai trouvé un peu long la mise en place de l’histoire. Pour moi, cela décolle vraiment lorsque les quatre femmes se rencontrent et deviennent amies.

J’ai trouvé que ces quatre femmes avaient beaucoup à nous dire. Cela permet de ne pas nous ennuyer. On est proche de ses femmes qui n’ont pas forcément une vie facile. J’ai adoré passer du temps avec elles quatre.

La plume d’Isabelle Bergi

J’ai trouvé cette lecture très agréable. En effet, j’ai commencé hier soir et je l’ai terminé dans la foulée. Je voulais savoir comment cela se terminait et c’est une lecture parfaite pour aller à la plage, à la mer, le soir pendant les vacances. Franchement, c’est une petite bouffée d’air frais. Cependant, j’ai trouvé une utilisation des guillemets qui, selon moi, n’était pas toujours nécessaire et cela m’a un peu ennuyé (quand quelque chose est récurent dans un roman et que cela nous fait tiquer, on ne voit plus que cela). Je n’ai pas trop compris pourquoi on mettait toutes les expressions entre guillemets alors qu’on est dans des dialogues. C’est vrai que ce sont des expressions familières mais je trouve que les mettre entre guillemets nous souligne encore plus ce côté familier qui, personnellement, ne me dérange pas.

Les – :

  • Un démarrage un peu long
  • L’utilisation des guillemets injustifiée pour moi par moments

Les + :

  • Les quatre femmes que l’on rencontre
  • Les interrogations sur leurs vies à un tournant de cette dernière
  • La plume de l’auteure que j’ai pris plaisir à retrouver
  • Le roman : son format est très agréable et trouvera vraiment son lectorat !

3

14

Toffee darling de Joanne Richoux

CVT_Toffee-Darling_5369Résumé : 6 juin 1964, Paris. Vivianne, 19 ans, ne supporte plus Jérôme. Ni cette confiserie qu’ils tiennent ensemble. Alors cette nuit, elle part. Où ? Aucune idée. C’est comme ça qu’elle rencontre Kathleen, une magnétique pin-up aux boucles bicolores. Elle se perd dans son sillage et décide de la suivre en Amérique. Reste à convaincre Jérôme ; après tout, elle l’aime. Elle a besoin de lui à ses côtés. À travers les États-Unis des sixties, le trio va écumer les villes, les angoisses, la nature sauvage, les joies, les routes et les chagrins. Un seul moteur : la liberté.

Mon avis : Je remercie les éditions Sarbacane pour l’envoi de ce roman. En effet, Joanne Richoux est devenue une valeur certaine de mes étagères. Après marquise et les collisions, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir Toffee Darling

Un bond dans le passé : c’est parti pour les sixties !

On part à l’aventure avec ce roman. On fait la rencontre de Viviane, une jeune femme qui se pose énormément de question sur sa place dans la vie et dans son couple. On se retrouve vraiment dans une aventure où l’on ne sait pas où l’on va. Une seule chose est certaine : Viviane veut partir et embarquer le lecteur avec elle.

L’univers est blindé de référence sixties que ce soit dans les paysages mais aussi dans les looks des personnages. Kathleen est une pin-up. Les pin-up connaissent un véritable succès et leur âge d’or entre les années 1950 et 1970. On est en plein dans l’essor de ce style que certaines femmes ont adopté. De plus, c’est un véritable road trip à travers les Etats-Unis que Joanne Richoux nous propose.

Toffee darling : un cri de liberté et d’espoir

Toffee darling est un roman à trois voix. En effet, on a trois personnages que l’on suit à travers les pages. On a Viviane et Jérôme ainsi que Kathleen. On commence notre roman avec Viviane qui est mariée à Jérôme. Cependant, les petits défauts de celui-ci apparaissent comme insurmontables. Viviane ne supporte plus Jérôme, ses manies ainsi que leurs vies. Elle l’aime, cela est certain mais elle ne sait plus comment vivre cette vie qui ne semble plus lui correspondre. Elle prend la décision de partir, de changer d’air, avec Jérôme bien sûr. C’est l’évidence même. Ils croiseront Kathleen, une américaine incroyablement attachante. A trois, ils partageront un voyage sensationnel au cours duquel leurs questions trouveront des réponses. Ils se partagent l’intrigue : on passe du point de vue de Kathleen & celui de Viviane puis à celui de Jérôme. Cette alternance est très sympathique. Même si on respire l’air frais à travers ce voyage, ici, cela permet au lecteur d’avoir une vision globale de l’intrigue et de comprendre chaque point de vue sur cette histoire et ce problème. Belle idée !

Un roman sur le couple

Bon, bien entendu il n’y a pas que cela dans le roman. Mais j’ai trouvé que le couple était la thématique principale du texte. Je ne vous parle pas de petite amourette ici. Non, c’est plus que cela : le grand amour ! Les sentiments ne suffisent pas. J’ai apprécié la manière dont Joanne Richoux traite cet aspect-là dans son roman. En effet, on parle de maturité, de sentiments mais aussi d’acceptation de soi et de l’autre. J’ai apprécié le fait que l’on ne pense pas Viviane et Jérôme en tant que couple uniquement. On pense aussi à l’individu qui s’oublie souvent dans un couple. On pense pour deux et plus forcément pour soi. L’amour et la construction d’un couple c’est avant tout un équilibre qui peut être mis à rude épreuve. J’ai trouvé que cette notion était ultra bien traitée dans ce roman qui, encore une fois, souligne le talent indiscutable de Joanne Richoux.

La plume de Joanne Richoux

Quel délice ! Franchement, Joanne Richoux a facilement sa place dans l’étagère spéciale de ma bibliothèque. Celle des auteurs dont je lis les romans sans faire attention au résumé. Rien que le nom me dit ce que je sais par avance : ça va déchirer ! Celui-ci ne fait pas exception à la règle. C’est un roman poignant que j’ai apprécié découvrir. Le voyage est saisissant de réalisme et les personnages sont vivants. Bref, la plume de Joanne Richoux fait partie des incontournables ! Bravo.

Les – :

  • Ce roman est un coup de cœur particulier. J’avoue que je ne pensais pas qu’il aurait autant d’impact sur moi. Belle surprise !

Les + :

  • Le voyage
  • Le trio de personnages
  • La notion du couple et la manière dont elle est traitée.
  • La plume de Joanne Richoux

5

16

Toi, Pauline de Janine Boissard

41959aS8LRL._SX195_.jpgRésumé : Et revoilà Pauline, dont on fête aujourd’hui les dix-neuf ans. Son rêve de toujours ? Ecrire. Mais où trouvera-t-elle la confiance qui lui manque pour se lancer ? Dans les bras de Paul, son nouvel amour, et comme elle artiste blessé. Quant à l’inspiration, elle la trouvera au sein même de sa famille. Dans l’héroïsme de Claire, prenant la défense d’une grand-mère attaquée par des voyous dans le RER. Dans l’incroyable et courageux combat de Cécile, volant au secours d’une amie de collège victime de harcèlement. Et dans le cœur brisé de celle que tous croyaient si forte : Bernadette. C’est tout ça, La Marette.

Toi, Pauline est la suite (et la fin) des Quatre filles du docteur Moreau, nouvelle version de L’esprit de famille qui valut à Janine Boissard un immense succès.

Mon avis : Je remercie les éditions Fayard ainsi que Gilles Paris pour l’envoi de ce roman en service presse. J’avais eu la chance de lire Les quatre filles du docteur Moreau il y a quelques mois et j’étais ravie de retrouver Pauline (oui, le prénom fait beaucoup ! J) ainsi que sa famille.

Une plongée au cœur d’une famille très sympathique

C’était comme si j’avais quitté la Marette hier. Franchement, j’ai apprécié passer un nouveau moment au sein de cette famille. On comprend rapidement que c’est Pauline qui est le personnage principal de cette histoire. Cependant, j’ai trouvé qu’on manquait un peu de nouvelles des autres : j’ai trouvé dommage d’avoir la famille en retrait. J’ai apprécié suivre les aventures de Pauline mais j’ai trouvé que la grand-mère était un peu absente, ainsi que Béa et les personnages secondaires qui sont en retrait. Claire est présente de temps à autres, moins que les autres à mon goût. C’est dommage. Sinon, ma lecture a été très agréable.

Pauline, un personnage en constante évolution

Pauline est dans une situation particulière : elle est perdue. Entre son premier amour qui refait surface, sa volonté de devenir écrivaine ainsi que sa famille, ses études et tout le reste, Pauline est en constante interrogation.

Ce que j’ai aimé chez Pauline ainsi que chez tous les personnages, c’est le fait que tout est respectueux. On n’a pas une vulgarité dans le roman, tout est fait dans le respect et la volonté de ne pas blesser l’autre. Bref, j’ai trouvé ça chouette.

La famille Moreau

Quelle famille ! J’ai adoré les retrouver parce que je trouve que ma famille ressemble un peu à cette dernière. Pas tant dans la constitution de la famille mais par l’ambiance souvent joyeuse qui réside dans cette famille. On rit, on se prend le bec, on vit au rythme des événements qui éclosent dans le texte. On se rend compte que la famille, ce n’est pas toujours simple. Chacun essaye d’y trouver sa place et cela n’est pas toujours évident. C’est bien vrai ! Venant d’une famille nombreuse, par moments, certains prennent trop de place dans la vie privée des autres et cela devient problématique. Je ne peux que comprendre ce que Pauline traverse.

La plume de Janine Boissard

Ce n’est pas le premier roman de l’auteure que je découvre. J’avais déjà pu découvrir La lanterne des morts ainsi que les quatre filles du docteur Moreau. La plume est toujours aussi entrainante, l’univers très sympathique. Ce qui est bien c’est que la crédibilité des faits est totale. Janine Boissard écrit sur la vie des gens, sur la vie réelle, sur le quotidien des gens. C’est vraiment très intéressant.

Les – :

  • Certains personnages trop effacés par rapport à d’autres

Les + :

  • La plume de Janine Boissard
  • Le personnage de Pauline que j’ai adoré retrouver. C’est un personnage auquel j’ai su m’identifier.
  • Une immersion formidable dans une sacrée famille !

4

Retrouvez mon avis sur le premier tome ! 

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L’ivresse des libellules de Laure Manel

413wTaRlYaL._SX308_BO1,204,203,200_Résumé : Quatre couples d’amis dans la quarantaine décident de s’octroyer des vacances sans enfants dans une villa de rêve. Mais l’ambiance qui se voulait insouciante et idyllique ne tarde pas à se charger d’électricité. La faute aux caractères (et petites névroses) de chacun, aux modes de vie différents, à l’usure et la routine qui guettent les amoureux quand s’invite le quotidien, et à des parents qui ont oublié ce qu’était leur vie lorsqu’ils ne l’étaient pas encore… Quand débarque une jeune et jolie célibataire, le groupe est plus que jamais au bord de l’implosion. ON NE BADINE PAS AVEC L’AMOUR

Mon avis : Je remercie les éditions Michel Lafon ainsi que Camille pour l’envoi de ce roman qui m’a énormément plu. Je l’ai lu hier et franchement, c’est une excellente découverte.

Le roman et ses personnages

J’adore ce genre de roman qui propose une parenthèse dans la vie quotidienne. Ces vacances ont, en surface, l’air génial. Cependant, des petits soucis et tracas quotidiens vont venir mettre des petits grains de sable dans l’engrenage !

L’intrigue tient debout grâce aux personnages : on fait la rencontre de quatre couple : Sybil & Alex, Caroline & Sébastien, Emilie & Vincent ainsi que Claire & Jérôme. Huit personnages très différents les uns des autres ! On fait aussi la rencontre de Valentine qui marquera le tournant du roman. J’ai trouvé l’idée géniale.

Ce que l’auteure maîtrise extrêmement bien son sujet c’est qu’elle traite les personnages et non les couples. En effet, dans une relation on a tendance à parler des deux personnes sans forcément les dissocier. Ici, Laure Manel prend le temps de nous expliquer, de nous raconter l’histoire personnelle des personnages. J’ai trouvé ça fin et très beau.

J’avoue, j’ai eu mes petits préférés : Claire et Jérôme. C’est ceux à qui j’ai pu le plus m’identifier. Les personnages de Sybil et d’Emilie m’ont rapidement ennuyée dans le sens où j’ai trouvé leurs comportements vraiment exécrables. Je les ai trouvées égoïstes mais cela n’est qu’une affaire de goût. Je pense que de cette manière, on est propulsé dans ce groupe d’amis où tout n’est pas rose tous les jours. On apprend à composer avec les autres.

Le couple au cœur de la tempête

Ce roman est un questionnement intense sur le couple. L’amour, la place qu’il prend dans la vie mais aussi les moments de flottement, les incompréhensions. Bref, ce roman est une ode à l’amour et à l’amitié qui est présente quand le premier n’est pas au beau fixe. On retrouve aussi la question de l’adultère, des enfants : la volonté d’en avoir ou pas. En plus de cette thématique du couple, on retrouve celle de la crise de la quarantaine. Je pense qu’elle se schématise différemment selon les personnages. Si j’ai trouvé Emilie attachante avec ses complexes, sa crise a fait voler en éclat ce que je pensais d’elle.

L’intrigue en elle-même

J’ai énormément apprécié ce roman pour la diversité des thématiques apportées et la manière dont elles sont traitées. En effet, j’ai trouvé remarquable de nous offrir un cadre aussi magnifique, spectaculaire et chicissime pour nous raconter une histoire d’amis et d’amour qui volent en éclat ou, au contraire, qui sont sublimées. Bref, j’ai aimé cette dualité, rien n’est noir ou blanc, on aperçoit du blanc, du noir mais aussi du gris. Laure Manel nous souligne ici ce qu’est la vie : des moments de bonheur mais aussi des moments plus durs qu’il faut surmonter.

La plume de Laure Manel

La qualité de ce roman se trouve dans l’intelligence de l’intrigue mais aussi dans la beauté de la plume. J’ai conscience que l’auteure n’en est pas à son premier livre mais moi, je la découvre avec ce titre. J’ai trouvé la couverture très belle ainsi que le résumé très séduisant.

J’ai trouvé les psychologies des personnages très détaillées et très différentes les unes des autres. Chaque personnage à ses points faibles et ses points forts qui sont soulignés justement par les mots de l’auteure. Je suis sous le charme de cette plume qui a su me faire voyager en quelques heures. Véritable page turner, ce roman est une véritable découverte pour moi et un très beau coup de cœur. Je ne peux que vous pousser à le lire.

Les – :

  • Absolument rien, je suis comblée par ce roman qui sent bon l’été ! Attention aux orages quand même 😉

Les + :

  • L’amour sous toutes les coutures possibles.
  • La plume de Laure Manel qui est une véritable révélation pour moi, je lirai ses autres romans à coup sûr !
  • L’intrigue que j’ai trouvée intéressante.
  • Le panel de personnages mis à disposition du lecteur.

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La trilogie psychiatrique – James Osmont

couv62733362.jpgRésumé : Aucun d’eux ne l’a choisi. Certains l’ont subi ou provoqué, lui ont prêté allégeance, y ont finalement pris goût… Mais le Mal, solitaire et tout-puissant, trace sa route et anime ses pantins. Desseins mystérieux, atours inattendus, voies impénétrables ; il rôde et patiente dans le noir. Tant et tant, il tente et torture, sème la mort et le désarroi, se joue bruyamment de la condition des Hommes, de leurs faiblesses et de leurs bas instincts. Regis, Sandrine, Dolores, et tous les autres, se débattent, s’y noient… Ou bien s’en libéreront-ils, peut-être ? Et quel sera alors le prix à payer pour ces âmes turbulentes, égarées dans un grand bal fou ?

Mon avis : Je remercie Les éditions Nouvelle Bibliothèque pour l’envoi de cette trilogie. J’apprécie énormément l’équipe qui s’occupe et chouchoute les partenaires. Je suis vraiment sous le charme de ce que l’on peut nous proposer au niveau des lectures. C’est vraiment très intéressant de voir la diversité : adulte / enfant mais aussi la diversité des genres. J’avoue que la trilogie psychiatrique est percutante.

Un univers incroyable

Comment vous parler de ce roman sans en dire trop ? C’est un exercice difficile ! En effet, on a une trilogie assez incroyable. On est dans des décors que je n’ai pas l’habitude de côtoyer. On baigne dans la folie d’un hôpital psychiatrique. C’est sombre, percutant et intense. Je ne pensais pas pouvoir correctement m’épanouir en m’asseyant avec tous ces fous mais James Osmont est parvenu à me charmer avec ses mots ! Je vous avoue que ce n’est pas un coup de cœur mais c’est certainement à cause de mes goûts personnels livresques. C’est très sombre, comme je vous l’ai dit au-dessus, et par moments, j’ai eu du mal à trouver une bulle d’air pour sortir un peu de cette oppression.

Des personnages principaux surprenant

On a des personnages principaux physiques et humains (d’ailleurs, les trois tomes s’appellent Régis, Sandrine et Dolorès). J’ai trouvé ces trois prénoms assez intéressants ainsi que les étymologies : Régis qui signifie « le régisseur » on peut certainement souligner le combat interne entre le Mal et la personne. Celle qui veut régir sa vie et qui n’y parvient pas forcément tout le temps. Sandrine peut avoir une double signification « celle qui protège les hommes », « celle qui repousse » : on a encore une fois une lutte interne dans l’étymologie. On protège et repousse en même temps. On a une impression de lucidité épisodique. Dolores reste le personnage au prénom le plus évocateur : «  douleur ». On a donc trois personnages qui se partage cette trilogie : le régisseur, celle qui protège/repousse et celle qui est pleine de douleur. Je trouvais ces étymologies intéressantes puisqu’elles illustrent parfaitement le sujet du roman.

Deux personnages sont aussi très importants. Si importants que l’on peut parler de personnification. Laissez-moi vous présenter le Mal et la Folie. J’ai été soufflée par la précision et la justesse des mots.

L’intrigue

On nous propose un voyage particulier dans cette trilogie. Les déplacements géographiques ne sont pas forcément les mouvements auxquels on peut penser. Ici, on parle plutôt de l’errance psychique. On erre dans les recoins de l’esprit. L’auteur traite la folie sous toutes les coutures. Comme le laisse présager l’étymologie des noms, les trois tomes se complètent. Ma curiosité piquée au vif, j’ai vite l’intégralité. J’ai apprécié ma découverte. Je ne pense pas dire que ce soit un roman destiné à tous les publics. On ne parle pas d’amour, d’amitié, des fondements de la vie. On nous parle simplement du déroulement de la vie, des incidents, des possibilités de l’âme et de l’esprit. Purée, c’est une vraie claque.

Les arts au service de la trilogie

Inutile de croire que les personnages sont comme dans les films : personne ne peint en groupe sur des toiles blanches. Non, ici, c’est bien plus profond que cela. On a plusieurs formes d’arts qui viennent bercer l’intrigue : on a des peintures (qui font peur, non, ne pas lire cela avant de dormir !), mais aussi la musique en toile de fond. J’ai apprécié cela. La manière dont l’auteur utilise les arts pour décrire et dépeindre ses romans, c’est saisissant et assez poétique.

La plume de James Osmont

Je pense que c’est LA force du roman. En effet, j’ai été subjuguée par la plume de James Osmont. On se retrouve dans un tourbillon de mots, de références et de figures de style. C’est une plume qui vient, sournoisement, vous prendre les sens pour ne plus lâcher les mots de l’auteur avant la fin. C’est incroyable comme l’esprit humain peut se jouer de nous. Avec les références connues, l’auteur parvient à réveiller la curiosité du lecteur qui sait de quoi on parle. C’est assez sympathique. Il n’y a rien d’arrogant dans la plume de James Osmont. On se sent bien, étrangement, dans cette trilogie et finalement, bien seul lorsque l’on ferme cette trilogie.

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire un lien entre le travail de James Osmont et celui de Modiano. On a toujours cette petite musique tout au long de l’oeuvre. De plus, on se retrouve avec un univers qui n’est pas complètement noir : en effet, le sujet est sombre mais l’écriture et les mots de l’auteur viennent flouer l’univers. On se retrouve dans un brouillard constant qui nous laissent, par moments, quelques passages de lucidité. Une idée qui met en exergue la place de la folie chez l’homme.

Si vous aimez les romans forts, sombres, qui vous poussent dans vos questionnements internes et personnels. Tous les sujets abordés sont intéressants et la plume intelligente.

Les – :

  • Par moments, des passages un peu trop sombres pour moi.

Les + :

  • Des personnages qui sont excellents et très bien construits.
  • La plume de l’auteur qui est LA force de cette trilogie.
  • L’intrigue, très bien construite.
  • Les arts présents dans l’histoire.

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Spiral(e) – David Bauquet

50808875_10205603390079785_4696154440158150656_n.jpgRésumé : Spiral est étudiant à Paris. Parce qu’il croit avoir commis un homicide, il fuit sans savoir où aller. Une femme qu’il ne connaît pas décide de lui venir en aide, et l’envoie en Normandie chez son frère. Chez Joe. Ce dernier est un quadra qui prend la vie comme elle vient. Il a des amis pittoresques : un cuistot anarchiste au langage fleuri ; un chauffeur de taxi qui n’aime pas son métier ; la femme d’un notaire qui deal du shit… Et Joe rêve d’Amérique depuis toujours. Il roule en Cadillac, écoute de la country, mais il n’a jamais trouvé le bon prétexte pour s’envoler vers l’autre continent. Spiral respire à pleins poumons ces vacances improvisées, et finit par voir en Joe un grand frère qu’il n’a jamais eu. Avec sa rencontre inopinée d’une trapéziste américaine en tournée dans la région, et à l’aide d’un trèfle à quatre feuilles, Spiral va secrètement bouleverser la vie de Joe.

Mon avis : Je remercie les éditions Nouvelle Bibliothèque ainsi qu’Emma pour l’envoi de ce service de presse. Je vais prendre le temps et quelques lignes pour exprimer ma gratitude. Je remercie donc Frédéric Frère pour le temps qu’il m’a consacré la semaine dernière. Cinq minutes, ce n’est rien dans une vie. Cependant, prendre cinq minutes pour me remercier et me féliciter, c’est autre chose et pour moi cela représente énormément. Alors, à mon tour de remercie l’équipe des éditions Nouvelle Bibliothèque pour le travail formidable qu’elle fait et merci pour sa confiance.

Spiral, un anti-héros incroyable.

Nous faisons la rencontre de Benjamin que l’on appelle aussi Spiral. C’est un personnage très original. Déjà, par son surnom. En effet, par définition, le mot « spirale » est une courbe qui tourne autour d’un axe ou d’un point, forme un enroulement dans l’espace. Donc, on a déjà cette impression circulaire, on tourne en rond, on rumine, on se retrouve dans une sorte de tourbillon de poisse et de quiproquo. Le trèfle sur la couverture représente la chance et la distance que l’on constate représente le chemin qu’il reste à parcourir pour qu’il puisse en jouir.

Je vous avoue que pour le coup, le personnage principal ne m’a pas forcément inspiré au départ. Il ne prend pas forcément beaucoup de décisions. Il donne l’impression de vouloir agir seulement quand il est face au mur et qu’il ne peut pas faire autrement. Il se laisse aller, au rythme de la vie et prend la vie comme elle vient. Il n’a pas forcément d’avis ni d’envie. C’est assez surprenant. J’avoue que sur le coup, je n’ai pas compris où voulait en venir l’auteur mais plus j’ai avancé dans ma lecture, plus j’ai senti la nette évolution de Spiral.

Un roman initiatique.

La comparaison peut être un peu hasardeuse pour certains mais j’ai pensé à Candide de Voltaire tout au long du roman. On part avec un personnage un peu fade, naïf qui part pour apprendre, pour comprendre comment fonctionne le monde. Toutes les interactions ne sont pas positives mais Spiral apprend. J’ai apprécié ce côté « apprentissage » dans ce roman. En effet, les personnages secondaires sont du côté du bien ou du mal (si je peux m’exprimer ainsi) mais Spiral trouve à chacun fois une leçon à tirer des événements qu’il trouve sur sa route. Ce que j’ai aussi apprécié, ce sont les thématiques abordées : amitiés, amour, famille, mais aussi trahison, drogues et manipulation. Même si on les rencontre depuis la nuit des temps, elles sont toujours efficaces.

La plume de l’auteur.

Ce qui rend ce tourbillon de malchance supportable et cette chute qui nous file un mal de crâne, c’est la plume de l’auteur. En plus d’être poétique, la plume est bourrée d’humour. Il y a une majesté incroyable qui se dégage des mots de David Bauquet qui permet au lecteur de se perdre dans cette intrigue très intéressante. J’ai adoré ce mouvement circulaire, cette tempête que Spiral traverse pour au final trouver quelque chose de bon au bout du tunnel. Le lecteur se sent apaisé par les mots et le sens de l’intrigue. La plume de David Bauquet est comme une bulle d’air qui nous permet de respirer face à la vie de Benjamin qui est loin d’être facile.

Les – :

  • Le temps que j’ai mis à apprécier le personnage de Benjamin.

Les + :

  • Un roman initiatique riche et intense.
  • Une intrigue très bien ficelée.
  • Une plume poétique et majestueuse.
  • Des personnages secondaires particulièrement bien étudiés et utilisés.

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My absolute darling – Gabriel Tallent

CVT_My-Absolute-darling_7668.jpgRésumé : À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.
My Absolute Darling a été le livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis.
Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.

My absolute Darling est une plongée dans les tréfonds de l’humanité, un livre âpre et salutaire à la fois dont on ne ressort pas indemne. Avec une agilité et une sensibilité rare, Marie Bouvet se fond au cœur d’une Amérique hostile pour nous livrer une prouesse remarquable.

Mon avis : Je remercie Pauline ainsi que l’équipe de chez Audiolib pour l’envoi de ce roman. Je vous avoue que j’ai dû prendre du temps pour écrire ma chronique. J’ai bien laissé une bonne semaine entre la fin de mon écoute et aujourd’hui.

J’ai fait la rencontre de Julia/Turtle /Croquette Alveston. Une jeune fille que la vie n’a pas épargnée. On suit son histoire dans ce roman. C’est un roman hyper réaliste mais aussi très sombre. Cette petite m’a touché au fond du cœur. Elle a une relation particulière avec son père Martin, qui à force de la critiquer, l’insulter, la violenter, parvient à faire ce qu’il veut de cette petite. Martin est un beau parleur qui pense tout savoir sur tout et qui pense avoir la science infuse. Il ne laisse aucune chance à ce qu’il ne valide pas.

Julia a la chance de pouvoir compter sur son papi. C’est une relation forte que son père n’apprécie pas. Par jalousie, il fera tout pour les séparer.

L’histoire est aussi très forte. Cependant, il y a quelque chose qui m’a dérangé. J’ai mis du temps avant de comprendre ce que c’était mais je pense que c’est le réalisme de cette histoire. Je pense que j’ai pris Turtle sous mon aile, j’ai eu envie de vomir plus d’une fois avec ce qu’elle vit à travers ce roman.

Cependant, la fin du roman m’a bien plu. J’ai apprécié le fait que Turtle ait pris les choses en main. C’était vraiment très beau et fort.

J’ai aussi apprécié les personnages secondaires qui sont une sorte de prise de conscience pour Turtle. Ce qu’elle vit chez elle n’est pas normal, ce n’est pas sain et elle s’en rend compte par les relations qu’elle noue avec Jacob, Brett et les autres.

Martin est une saleté. Il n’hésite pas à faire mal pour faire peur et mettre en garde. Les mots nous mettent des claques. Je me suis surprise à être révoltée plus d’une fois.

Turtle se révèle être une jeune fille forte. Plus d’une fois elle nous montre qu’elle a grandi plus vite que les jeunes filles de son âge parce qu’elle n’a pas forcément eu d’enfance. On lui a volé son innocence. J’ai vraiment apprécié ce personnage intelligent : c’est une jeune fille qui ne se laisse pas faire malgré les coups. Elle profite de la vie comme elle le peut et s’interroge sur tout.

La plume de Gabriel Tallent est vraiment très belle. Le réalisme avec lequel il décrit la vie de Turtle est saisissant et dérangeant. Cette plume rend notre lecture bouleversante. J’ai apprécié les balades avec Turtle, les paysages sont saisissants. J’ai apprécié le dépaysement.

Les – :

  • La réalité dépeinte. C’est un coup de poing en plein visage. Je pense que c’était un peu « trop » pour mon petit cœur.

Les + :

  • Le personnage de Turtle. C’est une beauté. Elle est pure et intelligente.
  • Les personnages secondaires que j’ai apprécié découvrir. C’est une sorte de bouffée d’air frais dans la vie de Turtle.
  • La relation entre Turtle et son grand père.
  • La plume de l’auteur.

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Le legs de Philippe Henry

48356073_10205410205930302_4387488893079912448_n.jpgRésumé : « Ils ont toujours prononcé mon prénom comme si j’étais espagnol. Ils disaient « Ron ». Pas une fois ils ne se sont demandé d’où venait ce prénom. Jon, c’est le diminutif de Jonathan. Jonathan, c’est un prénom juif. Je suis juif. Ma mère était juive. Grand-père était juif. » 

Mais cet héritage-là, Jon n’en veut pas. Il ne veut pas de cette douleur qui lui vient du passé. Il donnerait tant pour que ne retombe pas sur ses épaules cette mission absurde que lui a assignée son grand père, aux derniers souffles de sa vie. Il voudrait vivre comme tous les autres jeunes de son âge. Comme la petite Marie, comme Gilles. La vie est si douce avec eux. Mais peut-il continuer comme avant, comme s’il ne savait pas ?

Mon avis : Je remercie chaleureusement les éditions Nouvelle Bibliothèque (surtout Emma pour sa gentillesse, son écoute et sa patience). Après le coup de cœur que fut Grand Froid de Cyril Carrere, j’avais hâte de voir ce qu’Emma m’avait proposé de lire.

Je me suis retrouvée avec un roman court (environ 130 pages) qui nous met tout de suite le pied à l’étrier. Même si cette lecture ne fut pas un coup de cœur, je reste quand même séduite par ce que j’ai lu.

On fait la rencontre d’une famille : Gilles, Marie les enfants et Luc et Claire qui sont les parents. Historiquement parlant, nous sommes quelques années après la seconde guerre mondiale. On sent encore que les gens sont marqués par cet épisode. On est dans une sorte d’entre-deux : les parents se souviennent pour l’avoir vécu mais les enfants n’ont que ce qu’on peut leur dire pour se faire une image de cette guerre si dévastatrice.

Dans la famille, Luc a fait la guerre. Personne ne parle de cette période qu’ils n’ont pas vécu ensemble et qui semble être très douloureuse pour Luc.

Jon, un enfant qui se lie rapidement d’amitié avec les enfants Gilles et Marie va finir par intégrer leur famille après la mort de son grand-père, unique membre de sa famille encore vivant.

Ce que j’ai apprécié dans ce roman c’est la force des mots, l’intelligence de la répartition du texte et la manière dont l’auteur nous amène les choses sur les pages.

Jon est un personnage charismatique que l’on a envie de prendre sous son aile. Personnellement, je me suis rapidement interrogée sur son cas trop mystérieux pour être net.

La lecture de ce roman m’a rappelé Le cinquième enfant de Doris Lessing. Cette personne qui prend place dans votre famille, qui s’immisce dans votre intimité et qui finit par mettre une ombre sur le tableau de cette famille parfaite. Jon ressemble à Ben et même si ce n’est pas le même genre de personnage, il y a une part monstrueuse en lui qui va faire basculer cette famille.

Le legs ici se trouve dans le secret. Un secret que Jon garde et que l’on découvre par petites touches dans le roman. C’est fort, intelligent et très bien écrit ! J’ai franchement été séduite par l’intrigue.

Le seul point « négatif » que je peux trouver c’est le fait que le roman soit court. J’ai du mal avec ce format. J’ai envie d’en savoir plus. J’aurais aimé en savoir plus sur l’histoire de Luc durant la guerre par exemple. Mais aussi sur le personnage de Jon et sur sa relation avec son grand-père.

Le schéma narratif est intéressant : on se retrouve avec la même histoire vue par les 5 membres de cette famille. À chaque vision, on avance quelque peu. On comprend rapidement que Jon met la famille mal à l’aise qui ne se sent plus aussi sereine qu’avant. Ils ont peur des disputes, des changements d’humeur de Jon. Bref, l’atmosphère est pesante. On sent que cela peut exploser d’une minute à l’autre. J’adore !

Dès le départ, j’ai été séduite par la plume de l’auteur. Les mots, les mots, les mots ! Dès le départ, j’ai aimé les images utilisées par l’auteur. L’enfermement du bonheur dans la voiture par exemple. C’est avec douceur et poésie que l’auteur nous narre cette histoire.

Lorsque le rideau se lève sur le secret de Jon, j’étais scotchée. J’ai adoré ce legs, ce titre qui nous suit jusqu’à la fin.

Les – :

  • Un roman trop court, j’en veux encore !

Les + :

  • La plume poétique et magnifique de l’auteur.
  • L’intrigue rondement menée.
  • La période historique qui est marquante.

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La guerre des patates – Céline Theeuws

41pJJ1m1m+L._SX195_.jpgRésumé : Grenaille est un village déserté. Les villageois ont peu à peu rejoint les villes, les commerces ont fermé et le maire ne sait plus que faire pour redonner vie à son hameau. Les familles Gros et Petit vivent non loin du centre-ville. Ces paysans cultivent la pomme de terre depuis des générations. La terre de la famille Gros n’est pas aussi fertile que celle de la famille Petit. Étienne Gros essaie depuis des années de produire autant de pommes de terre que son voisin. En vain. Son exploitation est au bord de la faillite. Quand un beau jour…Ce fermier va malgré lui faire une découverte extraordinaire pour sauver son exploitation. Il va créer une pomme de terre hors du commun. Cette découverte va bouleverser la vie du village, va aiguiser les appétits, mais aussi la jalousie. Quelles sont les propriétés de cette pomme de terre qui fera tourner toutes les têtes ? Ce fermier va-t-il réussir à s’en sortir ? Une chose est certaine, il fera effectivement une découverte extraordinaire, mais peut-être pas celle que l’on croit. C’est un roman. Un roman surprenant. Écrit dans un style parfois déroutant. Avec des personnages hauts en couleur et une bonne dose d’humour. Un chemin pour trouver la clé du bonheur.

Mon avis : Je remercie Céline pour l’envoi de son roman en service presse. J’ai déjà pu lire deux romans de cette auteure et à chaque fois, je me régale. Ici, il ne m’a pas fallu plus qu’une histoire de patate pour fondre de nouveau pour ce style si percutant.

Je vous avoue que Céline m’a contacté en « avant-première » (Ah oui, Céline me fait croire que je suis une VIP !^^), j’ai été séduite par le teaser proposé. Je ne suis pas allée plus loin dans mes recherches, je ne voulais pas me gâcher la surprise. J’ai découvert ce roman à l’aveuglette, je n’ai pas lu le résumé, je n’avais que la couverture pour me faire à l’idée de ce que je pourrais potentiellement avoir dans les mains. Quelle belle idée j’ai eu là !

On fait la rencontre des deux familles : les Gros et les Petit. Une famille dont tous les prénoms commencent par E et l’autre par F, même nombre de même, même caractéristiques. Une famille excelle dans la vente des patates, l’autre a du mal à garder la tête hors de l’eau. Jusqu’à ce que le fermier invente une patate magique qui va donner un sacré coup de fouet au village de Grenaille. Franchement, je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir de la découverte de cette intrigue très originale. Je m’attendais à tout sauf à ça ! Qu’est-ce que j’ai ri.

Ce que j’ai apprécié par-dessus tout c’est retrouver la plume de Céline. Mon dieu, si je pouvais je me marierai avec les mots de Céline. Quelle douceur, quelle excellence, quel bonheur !!!! J’ai tellement été transporté dans l’histoire. Les mots sont toujours justes, poétiques, beaux. Franchement… Céline mérite tellement de trouver son lectorat. C’est un pur bonheur littéraire Vous savez que je ne parle pas souvent de découverte « littéraire » pour moi, seuls les auteurs classiques et les excellents auteurs dont la plume est merveilleuse sont qualifiés de « littéraires ». Ici, j’y vais les yeux fermés.

Les personnages sont tous très différents. Les psychologies sont détaillées, bien travaillées. On se prend rapidement de sympathie pour tous les personnages qu’on nous présente. Ils sont hauts en couleur.

Même si ce n’est pas mon histoire préférée de Céline, ce roman reste une découverte incroyable qui m’a fait rire, qui m’a fait passer une soirée merveilleuse.

Je ne le dis pas souvent mais : merci Céline d’avoir mis ce roman sur ma route.

Les – :

  • Aucun point négatif pour moi. Coup de total.

Les + :

  • Des personnages incroyables. Les psychologies détaillées m’ont séduite.
  • L’intrigue originale et drôle qui permet de passer un moment de lecture qui sort de l’ordinaire.
  • La bonne humeur qui se dégage de ce roman.
  • La plume de Céline qui fait de ses romans des œuvres littéraires.

Pour découvrir mes autres avis, c’est par ici.

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Le meurtre du commandeur : Livres 1 & 2 – Haruki Murakami

Livre 1 : Une idée apparaît.

Résumé : Peut-être un jour serais-je capable de faire le portrait du rien. De la même façon qu’un peintre avait été capable de dessiner Le Meurtre du Commandeur. Mais il me faudrait du temps avant d’y parvenir. Je devais faire du temps mon allié. Quand sa femme lui a annoncé qu’elle voulait divorcer, le narrateur, un jeune peintre en panne d’inspiration, a voyagé seul à travers le Japon. Et puis, il s’est installé dans la montagne dans une maison isolée, ancienne propriété d’un artiste de génie, Tomohiko Amada. Un jour, le narrateur reçoit une proposition alléchante : faire le portrait de Wataru Menshiki, un riche homme d’affaires. Tandis que celui-ci pose comme modèle, le narrateur a du mal à se concentrer. Quelque chose chez Menshiki résiste à la représentation. Une nuit, il découvre un tableau dans le grenier, une œuvre d’une grande violence, le meurtre d’un vieillard, comme tirée du Don Giovanni de Mozart. C’est Le Meurtre du Commandeur. Cette peinture obsède le narrateur. Et des choses étranges se produisent, comme si un autre monde s’était entrouvert. À qui se confier ? À Menshiki ? Mais peut-il vraiment lui faire confiance ? 

Livre 2 : La métaphore se déplace.

Résumé : Alors que jusque-là je marchais normalement sur ce que je pensais être mon propre chemin, voilà que soudain celui-ci a disparu sous mes pas, et c’est comme si j’avançais simplement dans un espace vide sans connaître de direction, sans plus aucune sensation.
Une jeune fille a disparu. Une jeune fille dont le narrateur avait entrepris de faire le portrait. Une jeune fille aux yeux comme une flamme gelée. Une jeune fille qui l’intrigue et qui pourrait être liée à Menshiki. Il va rendre visite au vieux peintre Tomohiko Amada. Là, dans la chambre d’hôpital, apparaît le Commandeur. Le Commandeur est prêt à offrir sa vie pour que la jeune fille soit retrouvée. Il faut faire revivre la scène du tableau, le Commandeur doit être poignardé.  Le narrateur lui plante un couteau dans le cœur. Une trappe s’ouvre dans un coin de la chambre. Un personnage étrange en surgit, qui l’invite à entrer dans le passage souterrain. Le début d’un périple qui va conduire le narrateur au-devant des forces du mal… 

Mon avis : Je remercie les éditions Belfond et principalement le secteur étranger pour l’envoi de ces deux romans en service presse. Quelle belle surprise dans ma boite aux lettres ! Je peux déjà vous dire que les romans sont magnifiques. Ce sont de beaux objets qui ont ravis mon petit cœur de lectrice.

Un ami, il y a quelques années déjà, m’avait offert un roman de Murakami. Je vous avoue que je n’ai pas encore mis le nez dedans. C’est donc un saut dans l’inconnu que j’ai fait avec ce service presse. Je suis vraiment très heureuse d’avoir découvert l’univers de Murakami ainsi que sa plume. Quelle beauté ! Quelle densité !

Voilà une œuvre qui effleure la philosophie. On est dans un questionnement sur l’art. C’est intense, beau, on a envie d’en savoir plus. C’est très prenant. Je vous avoue que les débuts ont été difficiles parce que c’est dense. C’est un univers qui fourmille de petits détails et cela change de ce que j’ai l’habitude de lire habituellement mais quel pied ! Malgré cette petite longueur dès le départ, j’ai pris un plaisir intense à découvrir la plume de l’un des maîtres de la littérature.

On fait la rencontre d’un homme bien particulier. Fraîchement divorcé, il décide d’aller habiter dans la maison d’un grand peintre japonais. C’est un homme mystérieux, plus qu’original, il est assez particulier à déchiffrer. C’est un peintre qui devient rapidement portraitiste. J’ai pris plaisir à découvrir cet homme, ses mystères et ses secrets. Cependant, la chose qui le caractérise le plus, c’est sa solitude. En effet, on ressent cette solitude mais elle n’est pas forcément négative : on apprécie le silence, la réflexion. Personnellement, j’y étais.

Menshiki est un personnage très important pour l’histoire et pour le narrateur. En effet, ce voisin un peu fou va aider notre narrateur à retrouver cette étincelle artistique qui lui manquait depuis quelques temps. Le divorce de notre personnage principal force cette rencontre. Elle est à l’image du panel de personnages et de l’univers que l’on découvre : c’est une rencontre originale et pleine de mystère.

On touche des sujets assez sympathique : la Création, l’Art, l’Amour…  Et bien d’autres sujets vous attendent encore dans ces deux tomes. J’ai apprécié la présence de la musique classique. C’est aussi une quête identitaire : le narrateur essaye de se trouver, de trouver sa voie. C’est très prenant. La présence du passé et du présent est aussi à souligner. Ce que l’on peut souligner dans cette notion de passé présent, c’est la volonté de l’auteur à nous montrer que ce que nous avons pu faire dans notre passé à forcément une incidence sur notre présent. Ainsi, on se rend compte que l’on apprend de ses erreurs. J’ai apprécié ceci.

L’intrigue est assez expliquée dans les résumés pour que je vous en reparle. Je peux juste vous affirmer que cette histoire est belle, dense et pleine d’originalité. C’est percutant. Je pense que j’ai été bouleversée par cette histoire parce que la plume est magnifique. Elle est pleine de douceur, de beauté, de poésie. On s’installe confortablement dans cette histoire.

Le meurtre du commandeur est la peinture qui va remettre en question l’art de notre narrateur et lui permettre de voir un esprit. On voyage entre la réalité et le fantastique.

Je ne peux que vous dire de vous plonger dans ces deux romans. C’est une œuvre excellente.

Les – :

  • Quelques longueurs, surtout dans le premier roman. C’est certainement le fait de devoir poser le décor. Au moins, on ressent la solitude.

Les + :

  • J’ai découvert un auteur incroyable. J’ai bien envie de retenter l’expérience.
  • La plume magnifique qui nous fait voyager entre passé et présent mais aussi entre réalité et fiction.
  • La présence de notions comme l’Art, la peinture, l’amour et la musique.
  • Le panel de personnages énigmatique.

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Le chien qui souriait en repensant à sa vie – Lorenzo Morello

le-chien-qui-souriait-en-repensant-a-sa-vie.jpgRésumé : C’est vrai qu’un chien qui sourit en repensant à sa vie, ça peut sembler bizarre. Mais ne vous fiez pas trop vite aux apparences ! Tenez, moi par exemple, couché dans la salle d’attente du vétérinaire où prendra bientôt fin cette exaltante existence et malgré des douleurs à l’abdomen que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi, eh bien, je souris. En repensant à cette vie et à la précédente, à la carrière d’architecte qu’il m’a fallu abandonner pour celle, non moins prestigieuse, de chien de compagnie. Je souris en repensant à Martine, mon épouse devenue maîtresse. Surtout, je souris en repensant à Hugues, mon enfant pour qui, à défaut d’être un bon père, j’aurai été un bon chien.

Mon avis : Je remercie les éditions Poussière de Lune pour l’envoi de ce roman en service presse. Je suis heureuse d’avoir pu découvrir un roman de cette maison d’édition qui me faisait de l’œil depuis un moment. Les échanges sont gentils et chaleureux. Je me suis sentie très bien accueillie et cela fait un bien fou (oui, pour moi, il est important de le souligner).

J’ai donc fait une expérience de lecture avec ce roman qui me fait sortir de ma zone de confort. La couverture est sympathique mais ne nous aide pas forcément à comprendre ce qui peut nous attendre dans ce roman. Le résumé nous en dit un peu plus : on fait la rencontre d’un homme qui se tue dans un accident de voiture et qui se voit réincarné en chien.

Cela reste vague mais curieusement, j’ai été intriguée. Comment l’auteur peut s’en sortir11817149_1602012066727001_4484996094056945926_n avec une intrigue aussi simple ? La raison est évidente après la lecture : avec une bonne dose d’humour et de folie. C’est assez surprenant parce que d’habitude, j’ai du mal avec les romans dit « humoristiques » simplement parce que cela ne me fait pas rire du tout. Mais ici, même si je n’ai pas ri à gorge déployée, j’ai souri plusieurs fois.

Je vous avoue que lorsque j’ai refermé le roman, je ne pouvais pas dire tout de suite mon avis. C’était une belle lecture mais il m’a manqué un petit quelque chose pour que cela soit un coup de cœur. Je garderai l’histoire en tête un bon moment, cependant, je pense que le côté humoristique prend un peu trop le dessus pour moi et cela a fait que j’y ai plus ou moins cru à certains moments.

Le hasard fait bien les choses … En effet, quelle surprise de voir que ce père et mari décédé depuis plus d’un an retrouve sa famille en étant le toutou de la maison. Cela lui permet de garder un œil sur son fils Hugues et de voir comment sa veuve s’en sort sans lui.

C’est une belle histoire qui nous promet une belle lecture. On vit des épisodes assez surprenants avec ce chien. Le refuge, la SPA, la maison de Roger & Odette. Bref, on ne s’ennuie pas !

J’ai apprécié cette lecture. La plume de Lorenzo Morello est très sympathique, elle nous fait passer un moment de lecture assez agréable. On ne se prend pas la tête et l’intrigue prend un tournant qui nous rend curieux de savoir la suite. C’est intéressant.

Ce roman n’est pas forcément à prendre au sérieux. C’est un moment de détente incroyable, je n’ai pas vu les pages passer. Si jamais vous avez une panne de lecture ou simplement l’envie de lire un roman drôle, je ne peux que vous le conseiller.

Les – :

  • Un côté humoristique un peu trop présent.

Les + :

  • Un personnage principal pas comme les autres.
  • Une plume très sympathique à découvrir et à lire.
  • Une lecture sans prise de tête ! C’est agréable pour faire une pause.

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Le défilé des glaces – Nathalie Brunal

51zSEJldi6L.jpgRésumé : Rappelez-vous ! Dans le 1er tome, Anna et Roger sont mêlés à une sombre histoire survenue lors d’une tragique fête des fraises en Bretagne. Alors qu’ils retrouvent leur petit nid douillet parisien, voilà que Roger doit abandonner sa belle afin de seconder son directeur lors d’un gala de charité, organisé à Courchevel. Mais Anna le rejoint et tout va déraper encore ! Elle assiste d’ailleurs à la soirée en charmante compagnie, au grand dam de Roger. Fidèle à elle-même, elle va pimenter la semaine et exaspérer ce pauvre Roger qui n’aura pas le temps de s’ennuyer ! Et quand en plus, la malchance et la jalousie s’en mêlent, rien ne va plus ! Vous avez aimé une tragique fête des fraises ? Vous aimerez forcément ce deuxième opus, où l’on retrouve nos deux protagonistes attachants et déjantés !!

Mon avis : Je remercie Nathalie Brunal pour l’envoi de sa trilogie en service presse. Je reste sur les fesses. Vraiment, je ne sais pas comment ni pourquoi mais… Ce deuxième tome est lu depuis longtemps et il est passé à la trappe des chroniques. J’ai dû oublier de le noter et voilà le résultat ! C’est donc six mois après la chronique du premier tome La tragique fête des fraises que je vous parle du défilé des glaces. Je tenais donc à m’excuser auprès de Nathalie pour le temps et aussi à la remercier pour sa patience… Promis, la chronique du troisième tome ne va pas être aussi longue dans la durée…

Nous retrouvons, pour notre plus grand plaisir, Anna & Roger. C’est un couple d’amoureux complètement différent de ce que l’on peut voir habituellement. Vous savez à quel point j’aime quand ce n’est pas ordinaire à la condition que les personnages soient bien maitrisés. Ici, je n’ai pas eu à me plaindre ! J’ai passé un bon moment de lecture.

Ce que j’aime avec les romans de Nathalie Brunal c’est qu’ils sont parfaits pour des petits moments de plaisir. On se plait bien dans les histoires proposées et cela se lit bien et rapidement. C’est parfait pour faire une petite pause entre deux grosses lectures.

On retrouve notre couple d’amoureux chez eux. Roger doit laisser Anna pour seconder son patron lors d’un gala de charité. Anna décide de le rejoindre mais rien ne va se passer comme prévu : entre quiproquo, jalousie et malchance sont au programme.

Le résumé est assez tentant pour passer un moment de détente. Le couple est assez bien fait. On ne s’ennuie pas, les bêtises d’Anna énervent Roger mais celui-ci tient bon. J’ai trouvé la psychologie sympathique pour ce qui est des personnages. Ce couple ne se ressemble pas et cela donne quelque chose de détonant.

Si j’ai apprécié ce couple qui vient bousculer nos habitudes, je vous avoue que j’ai eu un peu de mal à démarrer ma lecture. Rien de grave en soi mais je n’ai pas été surprise. Pour moi, il y avait un peu trop de détails et de répétitions dans l’intrigue. Même si cette dernière n’est pas ennuyante, je n’ai pas été surprise plus que cela. C’est dommage parce qu’on avait de bons éléments.

Rassurez-vous, ce n’est pas une déception, loin de là. Il m’a simplement manqué un petit quelque chose pour passer de « bonne lecture » à « superbe lecture ».

Je reste curieuse de savoir comment va se terminer cette trilogie. Je pense me plonger dans cette lecture le mois prochain, ou décembre grand maximum. Je verrai quand j’ai le temps de le caser dans mon programme.

Les – :

  • Quelques longueurs dues aux répétitions et détails trop présents pour moi.
  • Une intrigue sans surprise.

Les + :

  • La plume de Nathalie Brunal que j’ai apprécié retrouver.
  • Le couple Anna/Roger qui nous permet de passer un bon moment de lecture.
  • Les péripéties rencontrées dans ce second tome.

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Nomade des mers : Le tour du monde des innovations low-tech – Corentin de Chatelperron

514rf97ZzlL._SX375_BO1,204,203,200_.jpgRésumé : Parcourir le monde  en autonomie et dans le respect de l’environnement, c’est le défi lancé par le jeune ingénieur Corentin de Chatelperron, en embarquant pour trois ans à bord du  Nomade des Mers ! Ce tour du monde en catamaran a pour but de repérer, à chaque escale du voyage, les plus ingénieuses des  low-tech, ces systèmes D accessibles et économiques, faciles à fabriquer et à réparer partout. Corentin en est convaincu  : ces inventions, simples et durables, ont un véritable potentiel  pour faire face aux grands enjeux écologiques du XXIe  siècle, tels que l’accès à l’eau potable, la lutte contre la déforestation ou le réchauffement climatique. Avec ce livre, revivez ce périple extraordinaire, découvrez les inventions les plus incroyables et apprenez même à les construire grâce à des fiches techniques très détaillées. Du Maroc au Brésil, de la Thaïlande à l’Indonésie en passant par le Cap-Vert ou Madagascar, embarquez, vous aussi, pour un tour du monde des innovations  low-tech !

Mon avis : Je remercie chaleureusement Gilles Paris et son équipe pour leur efficacité. C’est toujours un plaisir de travailler avec eux. Cela fait des années maintenant que j’ai la chance de pouvoir les côtoyer et c’est une équipe très sympathique. Je remercie aussi les éditions E/P/A pour ce premier partenariat que j’ai beaucoup apprécié.

Vous savez – ou peut-être pas – (je ne m’étale pas sur le sujet alors qu’il le faudrait peut-être plus) mais je me sens extrêmement concernée par la pollution et l’état dans lequel on met notre planète. Les gestes simples du quotidien sont entrés dans mes habitudes. J’aimerai laisser une terre belle et propre à mes enfants.

C’est donc avec plaisir et curiosité que j’ai demandé cet ouvrage en service presse. C’était une découverte fortement intéressante et franchement, je pense que tout le monde devrait l’avoir entre les mains. Ca remettrait les idées en place à certains.

On fait un beau voyage avec Corentin Chatelperron qui est un jeune ingénieur qui ne manque pas d’idée. Le but de cet ouvrage ? Montrer que l’on peut voyager partout dans le monde en respectant la nature et de manière écologie.

Le voyage dure trois ans, à bord du « nomade des mers ». C’est un bateau qui va vite devenir une seconde maison. Franchement, je m’y serai crue. C’est très intéressant. On fait la découverte d’inventions et innovations incroyables auxquelles jamais je n’aurais songé.

A travers ces innovations et inventions, on prend conscience que l’on peut se débrouiller facilement et à moindre cout. Pas besoin de dépenser des milliers d’euros pour traverser le monde en bateau.

A travers ce magnifique livre objet, on rencontre du monde. Des gens différents, des coutumes et traditions différentes qui m’ont fait rêver. J’ai vraiment trouvé que cet ouvrage était un bel aparté dans mes lectures.

C’est un livre qui fait du bien. Il est beau, il est plein d’illustrations et de belles idées. J’ai ressenti une bouffée d’espoir en refermant cet ouvrage. En effet, arrivera-t-on un jour à tous être d’accord ? Parviendrons-nous à polluer moins ? A être économique, écologique et à ne plus gaspiller ? En tout cas, ce roman me donne vraiment envie d’y croire.

On devrait vraiment tous l’avoir entre les mains : ce livre est une petite claque qui fait du bien. J’y étais, vraiment. C’est une très belle idée.

Les – :

  • J’ai lu cet ouvrage en plusieurs fois pour ne pas avoir d’indigestion. Il est assez conséquent.

Les + :

  • Un livre actuel. Il se lit et regarde facilement.
  • De belles innovations et inventions qui prouvent que tout est possible.
  • L’écologie, le monde et ses différentes cultures ainsi que la nature sont mis en avant, c’est top !
  • Les jolies illustrations.

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La dame du deuxième – Nora Samir

CVT_la-dame-du-deuxieme_4555Résumé : La vie semble soudainement sourire à Mélissandre. Une place in extremis aux Beaux-Arts et un appart luxueux dans un immeuble haussmannien à Paris. Son bonheur est troublé par une voisine au comportement étrange. Au fil du temps, percer le mystère de cette énigmatique « Dame du 2ème » va devenir une véritable obsession pour la jeune femme. Va-t-elle réussir à la croiser un jour, à lui parler, et peut être à découvrir son secret ?

Mon avis : Je remercie sincèrement Nora Samir de m’avoir contacté pour la lecture de sa nouvelle. En effet, via Simplement.pro, j’ai pu découvrir la nouvelle la dame du deuxième qu’elle proposait.

C’est une lecture étrange que j’ai fait. Je reconnais les bonnes intentions de l’auteure, cependant, je suis passée à côté de ma lecture. J’ai relevé des points positifs mais beaucoup de choses incohérentes aussi malheureusement.

Le résumé est tentant, alléchant, plein de promesses. Je reconnais que l’intrigue est bien trouvée. C’était une bonne idée.

On fait la rencontre de Mélissandre. Un personnage que j’ai beaucoup apprécié. Elle est étudiante aux Beaux-Arts à Paris. Elle est une jeune femme tourmentée, abandonnée plusieurs fois : par sa mère, son amie, ses parents. Elle traîne une tristesse avec elle depuis toutes ces années. C’est un personnage que j’ai aimé découvrir.

Les personnages secondaires sont sympathiques aussi. J’ai apprécié Madame Armand, la concierge, avec qui Mélissandre noue une relation amicale que j’ai grandement appréciée. J’ai aussi aimé Grizzli, le petit chat d’une voisine de Mélissandre. J’ai aimé le fait que l’auteure souligne l’importance de la présence des animaux dans la vie des humains. Ils sont une source de réconfort et de joie et c’était bien de le dire.

Ce qui fait que je suis passée à côté de cette nouvelle ce sont les fautes d’orthographe, les incohérences, les maladresses dans les expressions. Il y a un souci au niveau de la ponctuation, des majuscules. La plume est trop « parlée » pour moi. J’ai eu l’impression que l’on retranscrivait une discussion comme on peut en avoir une au comptoir d’un bar. C’est trop « naturel » : la plume ne m’a pas séduite plus que cela.

De plus, même si le format « nouvelle » marque aussi une rapidité extrême, j’ai trouvé qu’ici tout allait trop vite : en quelques pages, Mélissandre rencontre un homme, se fait jeter par celui-ci et tente de se suicider… Waouh… On passe à côté de beaucoup de choses à cause de cette rapidité : Melchior fait un passage express dans la vie de la jeune fille, j’aurais aimé avoir plus de détails parce que, pour moi, ce personnage ne sert à rien à part faire du mal. Dommage.

De plus, je trouve dommage de ne pas avoir mis plus que cela l’accent sur cette obsession dont on nous parle dans le roman. Même s’il y a des interrogations et quelques recherches par rapport à « la dame du deuxième », je n’ai pas trouvé l’expression de l’obsession comme je la recherchais.

C’est dommage. Je pense que cette nouvelle mériterait d’être retravaillée de fond en comble. L’idée est bonne mais il y a des petites choses à revoir dans la syntaxe, la structure et l’orthographe de cette dernière. On a une intrigue qui peut être explosive en étant reprise : malheureusement, on comprend bien vite qui est la dame du deuxième… J’aurais aimé plus de surprises.

C’est toujours délicat pour moi de parler d’un roman ou d’une nouvelle ainsi. Je reconnais la volonté de l’auteure à vouloir nous transporter. Il y a de bonnes choses tout de même.

Les – :

  • De gros problèmes d’orthographe, de syntaxe et d’expressions linguistiques.
  • Une rapidité trop extrême qui marque le manque de crédibilité.
  • Une fin sans surprise.
  • Une plume qui mérite d’être retravaillée.

Les + :

  • Les personnages de Mélissandre et de Madame Armand ainsi que la relation qu’elles tissent au fil du temps.
  • Le petit Grizzli et la cause défendue derrière cette petite boule de poil.
  • Une bonne idée dans l’intrigue qui mériterait d’être reformulée.

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(Bon, j’ai pas encore le truc mais je mets 2 tasses et demi) 

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Les jours de silence – Phillip Lewis

CVT_Les-jours-de-silence_9097.jpgRésumé : Appalaches, années 1950 à 2000. Alors qu’il s’était promis de ne jamais revenir dans son village natal, Henry Aster, bientôt père et apprenti écrivain décide de retourner vers le foyer familial et sa mère vieillissante…Installé avec sa femme et leurs enfants dans une maison superbe mais maudite, il tente d’écrire le roman de sa vie. Le décès de sa mère l’anéantit. Son fils tentera de lui redonner goût à la vie mais il disparaît avec son manuscrit. Bouleversé par le départ de son père, Henry Jr s’enfuit à son tour à la recherche de celui-ci… « À sa façon, Les Jours de silence offre le plaisir des romans d’autrefois, ce mélange d’intimité et d’ampleur, et cette certitude que les familles sont des destinées à part entière. La prose, si joliment détaillée, est de celle qui vous emporte dans le récit… Voilà un roman qui porte la marque d’un indéniable talent. » The New York Times

Mon avis : Je remercie chaleureusement les éditions Belfond avec qui je suis devenue partenaire. J’étais vraiment choquée mais très heureuse par cette belle nouvelle. Je commence ce partenariat avec le roman « les jours de silence » de Phillip Lewis. Je suis heureuse d’avoir pu découvrir ce roman ainsi que cette plume que je ne connaissais pas.

Comme vous le savez, si vous me suivez, j’ai essuyé une sacrée panne de lecture. Plus ou moins dix jours sans savoir enchainer plus de dix pages… C’était vraiment très ennuyant ! J’avais envie mais lorsque j’ouvrais le roman… Pas moyen de lire. Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé mais seigneur, que c’est ennuyant !

J’ai donc attendu un peu avant d’ouvrir ce roman. J’avais peur de passé complètement à côté de ma lecture. J’ai commencé ma lecture avec une petite appréhension mais tout s’est bien passé. J’ai passé un moment de lecture assez sympathique qui m’a permis de m’évader dans les Appalaches. C’est une région du monde que je ne connaissais que de nom. Impossible pour moi de la situer (oui, j’ai un niveau terriblement nul en géographie) ou de vous en parler. Ce roman m’a rendu curieuse, j’ai un peu fouiller sur le net et franchement, c’est une région magnifique !

Parlons un peu de ma lecture. Même si j’ai passé un bon moment de lecture, il y a un moment pivot dans ce roman qui marque un essoufflement. C’est donc une lecture que j’ai aimé mais qui ne fera pas partie de mon top ce mois-ci.

Henry Junior est le narrateur de cette histoire. On se retrouve donc ici avec un homme qui nous raconte l’histoire de son grand-père, de son père et par extension sa propre histoire. Henry Senior est un homme qui aime lire, le paria de sa ville puisque lire est un défaut. C’est quelque chose d’étrange qui ne fait pas partie du quotidien de la population. On se retrouve donc avec une famille au père atypique qui remet tout en cause dans la manière d’élever sa famille.

Le manoir qu’ils habitent est chargé d’histoire. On soulèvera le fait qu’il soit marqué par le fait qu’une famille entière y a trouvé la mort. Lorsque Henry Senior trouve la mort, la famille surprise et à l’agonie souffre en silence. On assiste au déchirement d’une famille qui ne partage plus rien. On fait donc alors le rapprochement avec le titre « les jours de silence ». C’est vraiment dommage parce que c’est la mort d’Henry qui marque ce pivot dans le texte et qui fait que le roman s’essouffle. Avec la disparition de ce personnage, une touche de je-ne-sais-quoi s’envole avec et rend le roman un peu plus lourd, moins digeste. On sent une longueur qui va s’étirer jusqu’à la fin du roman.

L’idée est bonne. Je ne regrette pas ma lecture. La notion de deuil soulevée ici est intense, lourde, on voit bien qu’ils ne parviennent pas à reprendre le dessus sur cette douleur intense qui ne semble pas s’estomper. J’ai apprécié la manière dont l’auteur traite de cette notion.

La plume de Phillip Lewis est belle. Je ne la connaissais pas mais je retenterai l’aventure, c’est certain. Si vous aimez les histoires de famille, les endroits chargés d’histoire et les grands espaces, je ne peux que vous recommander ce roman qui saura vous plaire.

Les – :

  • Le deuil qui marque un essoufflement dans le roman.
  • La disparition d’Henry Senior qui fait disparaître quelque chose dans l’intrigue et dans l’intensité du roman.

Les + :

  • Henry Junior qui est un personnage que j’ai apprécié.
  • La plume de Phillip Lewis que j’ai aimé. Elle est pleine de délicatesse et de poésie.
  • L’espace géographique décrit dans ce roman qui m’a fait voyager.

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La daronne – Hannelore Cayre

9782367626789-001-T.jpegRésumé : « Alors que j’entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e DPJ. — Comme ça on se verra plus souvent, m’a-t-il dit, réjoui, en m’annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination. J’étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n’étais qu’une simple traductrice-interprète judiciaire et je n’avais pas encore une tonne deux de shit dans ma cave. » Comment, lorsqu’on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l’existence… qu’on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l’eau… qu’on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d’heures d’écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir… on en arrive à franchir la ligne jaune ? Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d’un Go Fast et on le fait l’âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt… disons… un détachement joyeux. Et on devient la Daronne.

Mon avis : Je remercie Pauline et Audio Lib pour l’envoi de ce service presse. C’est une histoire qui prête à sourire puisqu’il s’agit d’une erreur. Je ne m’étais pas positionnée pour écouter ce roman. Ce fut donc une surprise générale de voir ce roman dans mon enveloppe (que j’attends toujours avec énormément d’impatience, mes virées voiture sont beaucoup plus chouettes avec mes livres audio, c’est vraiment top !)

Vous connaissez l’adage « métro – boulot – dodo » ? Ici, on est plutôt dans le mode « pleurer – boulot – dodo ». On fait la rencontre d’une femme de 50 ans environ. Elle travaille pour la justice. Elle écoute, pendant de longues heures des conversations interminables pour les retranscrire. C’est un métier qui est lassant mais elle doit faire face à l’institut qui prend soin de sa mère malade, à ses filles qui sont loin d’elle et à ce compagnon qui fait triste figure face à son mari décédé.

Même si la couverture du roman est assez sombre, il y a une bonne dose d’humour dans ce roman. Décalé et subtil, il pourra plaire à grand nombre d’entre vous.

La situation cocasse qui se dessine sous nos yeux est assez simple : la Daronne prend place lors d’une sordide histoire de drogue. J’ai beaucoup apprécié l’ironie que l’on rencontre tout au long du roman.

La Daronne est un personnage que j’ai beaucoup apprécié. Elle est différente. Elle a un regard assez surprenant sur la vie. Elle qui a œuvré pour le bien, pour la justice, pour la morale, se retrouve dans une situation périlleuse, à vendre du cannabis à toutes les petites frappes de son quartier en vivant sous le même toit que son fiancé qui travaille dans la police.

Je vous avoue que lorsque j’ai lu le résumé, j’ai eu peur. Ce n’est pas forcément le genre de lecture que j’apprécie particulièrement. La couverture porte à confusion : c’est une histoire qui se lit ou s’écoute vite. On est vite emporté par cette histoire qui ne nous laisse pas indifférent.

On a, face à nous, une plume incroyablement intelligente : elle est bourrée d’humour comme j’ai déjà pu le souligner mais aussi d’originalité qui donne à ce roman un côté décalé que j’ai énormément apprécié.

La Daronne est un roman prisé et on comprend vite pourquoi ! En plus d’être en marge de ce que l’on peut habituellement lire sur les histoires de drogue, c’est une histoire actuelle qui nous permet d’avoir un œil différent sur la société. On soulève donc le problème des EHPAD et de leur prix qui vous fait sortir les yeux de la tête, qui nous force à prendre de lourdes décisions qui peuvent avoir de graves conséquences sur nos vies. On parle aussi de drogue, forcément mais aussi de la routine des gens, des vies qui se croisent mais ne se touchent jamais. De cette routine envahissante qui nous pousse à regarder ailleurs, bref, je ne peux que vous le conseiller.

Je ne suis même pas certaine d’avoir la capacité de le classer dans un genre tellement je ne suis pas habituée à lire des histoires comme celle-ci.

Les – :

  • Une couverture qui ne rend pas forcément justice à l’histoire. Je pense qu’un lectorat comme moi pourrait passer à côté de ce roman à cause de cela.

Les + :

  • La Daronne, un personnage haut en couleur.
  • L’intrigue qui mêle drame, humour et actualité.
  • L’œil vif de l’auteure sur la société.
  • L’humour et l’ironie présents dans ce texte.

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Je suis un des leurs – David Ruiz Martin

60361997_2279046562141856_8699508012403916800_n.jpgRésumé : Lorsque Raúl Pontes, journaliste désabusé et mal dans sa peau, apprend l’existence d’un grand-père passé pour mort depuis trente ans, son sang ne fait qu’un tour. Qui est cet homme et pourquoi a-t-il disparu aussi longtemps ? Persuadé que ce nouveau coup est l’oeuvre de ses soeurs et de son irresponsable mère, un seul choix s’offre alors à lui : celui de pousser la porte de ce passé occulte. Horacio, ce grand-père au comportement amer lui demande alors une faveur étrange : retrouver son amour il y a plus de soixante-dix-ans, lors de la guerre civile espagnole. C’est sceptique que, finalement, Raúl accepte, ignorant que c’est un pan entier de sa propre histoire qu’il s’apprête à déterrer. Ses indices le mèneront jusque dans les rues bondées de la capitale espagnole, en plein coeur du Madrid historique et de sa ferveur perpétuelle… …mais le pousseront, aussi, bien plus loin, aux limites de l’insoutenable, où se mêlent les oeuvres d’amour et de mort d’une guerre civile injuste et fratricide. Lancé sur les traces de cet amour impossible, Raúl ignore que cette plongée fulgurante dans ce pays rongé par le souvenir ébranlera ses convictions et les fondements mêmes de sa propre existence.

~ Edit : ce roman a été publié en maison d’édition. Il sort le 15 mai 2019. Félicitations à David Martin pour cette belle aventure qu’il signe avec les éditions Nouvelle Bibliothèque. Le texte a été revu et corrigé. Bref, il n’y a plus de raison de ne pas foncer! ~ 

Mon avis : Je remercie vivement David pour l’envoi de son dernier roman. J’avais déjà pu tester la plume de David Ruiz Martin à travers son roman « Que les murs nous gardent ». J’avais bien apprécié ma découverte qui fut un presque coup de cœur. C’est donc avec envie et entrain que je me suis lancée dans cette lecture.

Ce roman est sous le signe des rencontres entre générations. On vogue entre passé et présent entre la vie de Raul et celle de son grand-père. C’est une rencontre touchante qui nous fait voyager entre les périodes : entre la Seconde Guerre mondiale et le présent dans lequel vit Raul.

Raul est un personnage que j’ai apprécié malgré sa singularité : c’est un personnage très attachant. En effet, on se retrouve face à un homme perdu, désabusé. Il donne l’impression d’avoir perdu le fil de sa vie. Il erre dans sa vie comme une âme en peine. J’ai tout de suite eu l’envie de le prendre sous mon aile.

On fait la rencontre du grand père de Raul en même temps que lui. En effet, il vient d’apprendre son existence. C’est vraiment une belle idée. En plus d’avoir une quête identitaire dans ce roman, on se retrouve face à une famille qui est sur le bord de l’explosion : secrets de famille en tout genre et animosité sont présents dans ce roman. J’ai beaucoup apprécié ce mélange.

Si j’avais apprécié la plume de David Ruiz Martin dans le premier roman que j’ai u de lui, ici, j’ai fondu pour elle. David a mis la barre très haute : en effet, c’est plein de subtilité, de douceur, de beauté. Quelle belle évolution ! Je suis sous le charme de cette plume très réaliste qui nous plonge dans une Espagne blessée, ravagée, on s’y croirait.

En effet, on plonge dans le passé de l’Espagne. On a plutôt tendance à oublier le passé des pays dans lesquels on ne vit pas. Ici, on se prend une grosse claque : on vit la désolation, les malheurs, la dureté de ces moments difficiles vécus aux différentes périodes de l’histoire.

Franchement, ce roman est un coup de cœur pour moi. Il est différent. C’est un coup de cœur différent : un qui fait mal mais qui fait du bien en même temps. C’est assez surprenant et prenant comme lecture. La plume de David vient sublimer tout cela. C’est un roman qui vous ravage la tête et le cœur.

Les – :

  • Aucun point négatif pour moi : coup de cœur total !

Les + :

  • Le voyage entre le passé et le présent.
  • Le personnage de Raul.
  • Le mélange entre les secrets de famille et la crise identitaire que traverse notre personnage principal.
  • La merveilleuse plume de David Ruiz Martin.

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