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Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin

téléchargementRésumé : Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

~ Lecture détente 📖 ~

Je remercie chaleureusement ma Kathleen pour ce joli cadeau qu’il me tardait de découvrir. Ce roman m’intriguait beaucoup. La poésie du titre, cet acte si banal qu’est celui de changer l’eau des fleurs, cette couverture. Ce résumé. Je n’ai pas réfléchi une seule seconde, je l’ai mis sur ma liste de Noël et j’ai eu la chance de le recevoir. Ce mois-ci, j’ai pris le temps de le lire, de me plonger, le temps de deux soirées, dans le roman de Valérie Perrin. C’est aussi délicieux qu’un roman de Sophie Jomain, de Carène Ponte ou encore de Laure Manel.

Le problème avec ce genre de livre c’est qu’ils sont « victimes de leur succès » (et grand bien leur fasse !). On en mange à toutes les sauces et tout le temps. J’ai laissé un peu de temps couler pour éviter d’être abreuvée d’informations en tout genre. J’avais tellement entendu de bien sur ce roman qui est encensé par la critique et la presse que je m’attendais à me voir exploser en plein vol. Je n’ai pas explosé (ce qui n’est pas plus mal d’ailleurs). J’ai grandement apprécié ma lecture mais je n’ai pas ressenti ce que je pensais ressentir. C’est une lecture très appréciable qui, je suis certaine, un jour ou l’autre, aura sa place sur grand écran.

On fait la rencontre de Violette Toussaint, née Trenet. Voici une femme bien singulière que je vous propose de découvrir. Au dela d’être singulière, Violette est un personnage drôle, émouvant, qui sors des sentiers battus. Le roman se divise entre sa vie actuelle au cimetière et son passé avec son mari Philippe Toussaint (jamais on ne verra simplement « Philippe » dans le roman), sa vie d’avant avec les trains (gardienne qui s’occupe de lever et fermer les barrières) ainsi que ses beaux-parents. Violette est une enfant orpheline. Elle a appris la vie rapidement. On la voit changer : elle est plus calme, comme si elle avait appris à vitesse grand V la vie. On comprend rapidement qu’il y a quelque chose qui manque à son présent.

Violette est entourée : que ce soit dans son passé ou dans son présent, le monde gravite autour d’elle. Elle est d’abord avec son mari, Philippe Toussaint qui représente tout ce qu’un homme peut être négativement parlant : fainéant, manipulateur, trompeur. Bref, rien pour lui, cet homme-là. Ce que j’ai aimé, c’est cette distance qu’il y aura toujours entre Violette et Philippe Toussaint. Il n’y a pas d’amour entre eux, il n’y a que de la distance et une impression de « je suis avec toi parce que je n’ai pas mieux ». Au départ, si cela s’apparentait à de l’amour, Violette va vite déchanter et se retrouver seule.

Au cimetière, on tangue entre moments d’émotions et moments de tendresse. Entre rires et larmes, entre bonheurs et malheurs. Le cimetière prend vie grâce à Violette mais aussi à Nono, Elvis, Gaston, les trois frères de la maison funéraire mais aussi le curé du village. On relativise beaucoup dans ce roman, on apprend beaucoup d’éléments sur la vie de Violette mais aussi la vie en général. Roman profondément humain, il touche beaucoup de thématiques fortes.

Arrive Julien Seul, le fils d’Irène qui demande à ce que ses cendres reposent sur la tombe de Gabriel, un homme inconnu au bataillon dans le répertoire de Julie. C’est à travers les carnets de sa mère qu’une relation se tisse entre Irène et Gabriel mais ce sont aussi des moments que Julien partage avec Violette, cette femme fracassée par la vie.

Il n’y a pas à dire, j’ai beaucoup apprécié ce roman. Ce n’est pas un coup de cœur mais une très bonne lecture. La plume est juste magnifique. J’ai grandement apprécié la qualité de cette dernière. En revanche, j’avoue que le début a été compliqué. Je me suis demandée si j’allais arriver à finir ce roman puis, la machine s’est mise en route et je n’ai pas su m’arrêter avant d’avoir tourné la dernière page. C’est une lecture pleine d’émotions diverses. C’est touchant et bouleversant. La vie de Violette est pleine de douleur mais aussi de douceur. Une lettre peut tout changer aux mots mais aussi à l’histoire de cette gardienne de cimetière dont le rapport aux fleurs est magnifique. Là où j’ai eu le plus de mal, c’est avec l’histoire d’Irène et de Gabriel qui prend trop de place dans cette histoire à mon goût. Il y a eu quelques longueurs et je n’ai pas pris autant de plaisir à découvrir cette histoire que celle de Violette.

La plume est formidable. Elle est très poétique. J’ai eu un peu de mal avec les longues énumérations mais mis à part ce côté-là, j’ai vraiment beaucoup apprécié ce que j’ai lu.

En définitive, c’est un roman que je vous conseille de lire tant il parle de thématiques qui peuvent toucher beaucoup de monde. C’est avec un regard profondément humain que Valérie Perrin nous raconte l’histoire de Violette, cette femme qui a eu une vie bien remplie. A lire.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Voir la mort et le cimetière d’un autre œil
  • La vie de Violette avec des hauts et des bas
  • La plume de l’auteure, très belle et poétique.

notation

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La fille à ma place de Catherine Le Goff

519gW4+brRL._SX195_Résumé :  » Me noyer dans la masse, oublier qui je suis, humaine ou animale. Mouvement dans le mouvement, je me fonds dans la transe. Et au milieu du monde, à deux heures du matin, j’oublie que j’ai tué.  » Ainsi commence la cavale de Nin, dont la vie bascule en quelques minutes. L’acte qu’elle commet, faute d’avoir trop aimé, donne à sa vie une trajectoire inattendue. En danger, la voilà propulsée dans une fuite en France, en Italie et en Amérique ; elle y déploie des ressources insoupçonnées, brisant les secrets qui hantaient son passé. Dans sa fuite, elle s’adjoindra des alliés indéfectibles qui lui permettront de renaître à elle-même. Jalousie, peur de l’abandon, dédoublement de la personnalité, manipulation et changements d’identité, tels sont les thèmes de ce roman à suspense et plein d’émotions, qui nous sensibilise à nos possibles passages à l’acte. Identifier nos failles et tomber les masques demande du courage. Mais cela nous rend aussi plus humains et sereins. En montrant par la fiction comment chacun de nous peut un jour commettre un acte de folie, au gré des circonstances de la vie, l’auteure, psychologue et hypnothérapeute, nous apprend à mieux nous comprendre et à aider ceux que trop souvent on se contente de seulement condamner. La violence vient fréquemment de nos blocages affectifs.
Ce roman captive par sa tension et son intrigue. Il soulage également nos cœurs en nous encourageant à identifier les ressorts de notre sensibilité et panser nos blessures.

~ Service presse 📖 ~

Je remercie chaleureusement les éditions Favre ainsi que l’Agence Gilles Paris pour l’envoi de ce roman. Je vous le dis clairement, si j’ai craqué pour ce roman, c’est essentiellement pour la couverture que je trouve très belle. Le titre me plaisait beaucoup et je n’ai pas eu l’envie de résister, je n’ai donc pas résisté. Quand je l’ai reçu, j’ai jeté mon dévolu dessus. Pas très gros, ce roman a été lu rapidement et m’a proposé un moment de lecture agréable.

On fait la rencontre de Nin, une femme qui a tué. Elle a tué cette fille qui était l’amante de Jeff, son mari. Même si la relation entre Nin & Jeff ne tient plus qu’à un fil, Nin voit rouge et met un terme à cette relation adultérine de la pire manière qu’il soit… Elle tue cette femme et devient coupable de meurtre. La cavale est lancée, en même temps que l’intrigue.

Avec Nin, on va passer en revue sa vie, on va découvrir des pans de sa vie qu’elle a caché, des confessions, des souvenirs, des envies mais aussi ses craintes et ses doutes. A travers ses souvenirs et sa vie en cavale, on va faire la rencontre de son père, qu’elle connait sans connaitre après ces longues années d’absence, on fait aussi la rencontre d’autres personnages dont je tairai le nom et la place qu’ils ont dans l’intrigue pour ne pas trop vous en dire… Je pense que le résumé est assez gros et concis pour savoir ce qu’il en est sans que je doive en rajouter.

Le personnage de Nin est un personnage complexe. Je crois que je l’apprécie. Pour moi, elle est sur plusieurs fronts. Elle me plait à certains moments, elle me déplait à d’autres. Mais, globalement, c’est un personnage que j’ai apprécié même si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle a pu dire ou faire.

Roman psychologique, il est très bien écrit. La plume est magnifique et nous propose de vrais moments de poésie dans cette histoire. Franchement, j’ai été séduite par les mots. Ici, la seule chose qui m’a freinée dans ma lecture, c’est la rapidité des événements. En effet, le roman n’est pas bien long, il fait moins de 200 pages. Mais il se passe énormément de choses et les ellipses temporelles sont présentes. Je ne suis pas forcément fan de ça. En quelques pages, plus de 5 ans sont balayés rapidement et il m’a manqué de détails pour pouvoir être complètement immergée dans ma lecture.

Je reste quand même agréablement surprise. La lecture est facile et agréable. On est très souvent dans l’émotion avec les personnages de Catherine Le Goff. La fin nous réserve de belles surprises. C’est ça que j’attendais. Je me suis installée dans cette lecture en me disant « oui… On voit bien la fin arriver » puis finalement non ! C’est chouette ! Je trouve que la fin est très belle, poétique et bien faite.

Au cœur de ce roman se retrouvent des thématiques comme l’amour, l’amitié, la jalousie, le courage, la famille. Toutes ces thématiques sont amenées joliment et aident toujours Nin a progressé dans son interrogation tout au long du roman.

En définitive, avec ce roman court, intense où la psychologie est mise en avant, on ne s’ennuie pas. Il m’a manqué quelques détails pour pouvoir être pleinement satisfaite de ma lecture mais j’ai passé un agréable moment de lecture avec l’histoire racontée. La plume de Catherine Le Goff m’a beaucoup plu et touchée à plusieurs moments. Les personnages sont beaux, j’ai apprécié Nin et le voyage qu’elle fait. Le voyage est autant identitaire que géographique. On voyage entre la France, les Etats Unis mais aussi l’Italie. Tous les voyages sont porteurs d’événements marquants qui font avancer Nin dans la vie. Nin est un personnage que l’on comprend bien que ses choix restent discutables.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une quête identitaire et une interrogation profonde sur notre personnage principal
  • La plume de Catherine Le Goff
  • Le voyage proposé

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Gangster – l’envers du décor de Shifrinne

CVT_Gangster-LEnvers-du-decor_5520.jpgRésumé : Stéphane vit à Paris. A 28 ans, il appartient à la famille du caïd Lapaz et gère ses clubs de nuit, mais il est surtout au cœur des trafics et des décisions les plus secrètes de la famille. Machines à sous, rackets, cocaïne, le système rapporte des millions. Mais quand Assouni le Lyonnais entraîne Lapaz dans le meurtre d’un rival, Stéphane comprend qu’ils sont en danger. Derrière les établissements et les trafics, il réalise alors l’envers du décor. Dans un univers où les alliances se font et se défont au rythme des meurtres, il devra survivre dans ce qui deviendra la plus sanglante guerre des clans que le milieu du grand banditisme n’aura jamais connu. Malgré l’illusion de sa toute-puissance, le plus féroce des caïds peut être pris à revers par ceux qui ont été trahis. Plongée fulgurante dans l’univers impitoyable du grand banditisme français à travers Stéphane Saliseti, caïd parisien pris pour cible par un concurrent avide d’argent et de pouvoir.

~ Service presse📖 ~

Je sais, vous n’avez pas trop l’habitude de me trouver dans des univers comme celui-ci. Je vous l’avoue, j’étais la première surprise d’accepter. Je remercie ma copine Karen (Kaza De Papel) pour avoir donné mon nom. Je remercie aussi Shifrinne pour l’envoi de son roman.

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Un univers noir
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Oubliez un peu l’univers des contes que je vous présente quelques fois. Ici, on est dans la violence, la mort, la course au plus fort, à celui qui aura le plus de courage et de culot pour détrôner le roi. Roi de quoi ? Roi des réseaux de drogues et de tout ce qui peut être illicite.

On suit le personnage de Stéphane, un jeune homme de 28 ans qui est le bras droit de David Lapaz. Lapaz est connu pour avoir le bras long et un réseau de distribution des drogues.

Rapidement, l’auteur nous met dans le bain : violence, séduction, trahison et coups bas sont très présents dans le texte.

Je n’avais jamais lu de roman qui ont ce sujet-là au cœur de l’intrigue. C’est un roman très visuel que l’on nous propose. C’est vraiment intéressant. Je ne lirai pas ce genre tous les jours mais, le temps d’un instant, je me suis revue avec mon père et mon grand-père devant des films d’action mettant en scène des gangsters. Il y a du bruitage. Personnellement je ne suis pas fan mais cela ne m’a pas gênée pour autant (BOUM ! PLOP ! BOUM !)

J’avoue que l’univers proposé est assez sombre et l’on se retrouve à trembler à toutes les pages pour savoir qui sera le prochain.

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Les personnages
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Voilà un point qui m’a plu sur certains points et moins sur d’autres. Il y a un riche panel de personnages, cela ne fait aucun doute. Mais il y a aussi beaucoup de surnoms. Je me suis emmêlée les pinceaux très rapidement. J’ai dû relire certains passages pour ne pas faire d’amalgame et ne pas me tromper. Les surnoms sont souvent des appartenances à des endroits géographiques et culturelles ainsi : le marseillais, le gitan, l’algérien, le corse et bien d’autres font des apparitions dans le texte. J’ai dû faire les liens, les défaire et les refaire. Par moments, cela m’a retardée dans ma lecture.

Nous sommes dans un monde masculin à 100% j’aurais aimé être étonnée par une 74940245_1346660108837476_5830547361360773120_n.jpgprésence féminine forte. Oui, il y a des personnages secondaires féminins mais elles ne sont là que pour parader autour des hommes. Mathilde est la petite amie de Stéphane et Karima aide vers la fin du texte mais cela ne va pas au-delà. J’ai trouvé dommage d’avoir encore cette pensée archaïque dans le roman.

Sinon, j’ai trouvé que les personnages étaient sympathiques à suivre. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Stéphane qui est bien campé. C’est le seul auquel j’ai pris le risque de m’attacher.

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Intrigue, thématiques et plume
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J’ai décidé de parler de ces trois points en même temps, pour moi, ils sont indissociables. Le style de l’auteur reste très simple. Il n’y a pas de mots alambiqués dans le roman, pas de difficultés linguistiques. Ici, on se retrouve avec un roman d’action qui tient ses promesses à ce niveau : on ne s’ennuie pas. On est toujours dans l’action, dans la péripétie. Peut être un peu trop pour moi, certains épisodes m’ont semblés un peu forts pour l’intrigue. Je me suis retrouvée dans un épisode d’Alerte Cobra à quelques reprises. Si l’allusion me fait sourire, c’est parce que mon grand-père était fan de tout ça : les explosions, les flingues, les univers sombres. J’ai directement pensé à lui à plusieurs reprises.

Les thématiques abordées fonctionnent et même très bien ! On est dans l’univers de la drogue, des clubs de strip-tease, des grosses voitures, de la violence. Finalement, on se rend rapidement compte que la France se divise en régions. Une personne à la tête de chacune. Et là, arriver ce qui doit arriver : la course pour éliminer tous les hommes à la tête des régions : ainsi, Lyon, Paris, Marseille, le Var sont des régions fortes qu’il faut posséder. La cupidité et la volonté d’être supérieur restent les principaux éléments motivants pour les personnages principaux. Sauver sa peau pour certains, tuer pour d’autres.

L’histoire est entraînante, cela ne fait aucun doute. C’est entêtant, on est pris dans le tourbillon d’actions et cela permet de passer un bon moment de lecture. La plume est sympathique, fluide mais peut être encore un peu mécanique. Je pense surtout aux portraits dressés par l’auteur. On est dans un schéma qui ne nous quitte pas : présentation du personnage, description du personnage, quelques mots sur la personnalité et on passe au prochain. J’ai trouvé qu’il manquait un peu de fluidité dans ces passages. Sinon, les descriptions des paysages et des actions sont très bien écrites. On y croit aisément.

Pour un premier roman, c’est une lecture sans grosses embûches ! Bravo.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Un univers sombre bien tenu
  • Un personnage principal, Stéphane, que j’ai apprécié
  • Beaucoup d’action

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La maison du bord de mer de Larème Debbah

51AIMqk8VLL._SX195_.jpgRésumé : Deux femmes dont le destin va être bouleversé, par des secrets, des mensonges, des trahisons. Une disparition incompréhensible. Une réalité inconcevable. La vie peut nous paraître belle et sournoise, délicate et destructrice, exceptionnelle et tragique. Comment rester rationnel face à ces irruptions inattendues qui nous arrachent à nos êtres chers ? Comment réagir et donner un sens à ce que nous ne pouvons concevoir ? Comment apprendre à revivre, à sourire lorsque le pire s’abat sur nous ? Parce que dans le fond, la vie est belle, quoi qu’elle puisse nous réserver.

~ Service presse 📖 ~

Je remercie Larème Debbah pour la proposition faite via SimPlement. J’ai commencé la lecture du roman tôt ce matin, merci les insomnies, pour le terminer il y a quelques instants. C’est donc un avis à chaud sur cette lecture que je vous propose.

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Une histoire poignante
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Je vous avoue que je ne m’attendais pas du tout à ce que l’intrigue prenne cette tournure. En effet, en regardant la couverture de ce roman, je pensais vraiment débarquer dans une intrigue où les secrets seront énormes et venant de toutes parts. Des meurtres, une enquête, des personnages nombreux et tout ce qui fait un roman où le secret est roi.

Quand j’ai compris la tournure que prenait l’intrigue, j’ai pu appréhender un peu plus cette notion avec laquelle j’ai du mal dans mes lectures. Malheureusement, je ne peux pas vous en dire plus parce que ça spoilerai une bonne partie de l’histoire. Sachez juste que les émotions sont au rendez-vous et que vous allez être immergé dans un monde réaliste qui pourra vous rappeler des situations du quotidien.

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Les personnages
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On fait la rencontre de deux familles : d’un côté Alexandre, Rachel et leurs jumeaux Pierre & Jean. D’un autre Lucas, Chloé et leurs enfants Milo et Eliott. Ce sont deux familles que l’on va suivre de manière alternée dans le roman. Puis, doucement, on va comprendre ce qui les relie.

Il y a d’autres personnages qui sont présents dans l’histoire : les parents de Rachel : Bernard et Annie mais aussi Raphaël, Maël, Loïc, Gwenaëlle et bien d’autres encore qui viennent, à un moment ou à un autre de l’intrigue, prendre une place importante dans quelques chapitres.

J’ai apprécié le personnage d’Alexandre qui essaye de faire face à la disparition de Rachel, son épouse : Quoi ? Quand ? Comment ? Toutes ces questions tourbillonnent autour de nous. Jusqu’à ce que l’auteure se décide de nous mettre la réalité devant les yeux. Réalité que l’on accepte ou non. Personnellement, je ne comprends pas comment on peut faire ça mais cela reste un point de vue personnel qui ne concerne que moi.

On va vivre quelques mois avec ces personnages. On vit une histoire forte, une histoire vraie, une histoire qui met les nerfs à rude épreuve.

J’ai aussi apprécié le tempérament de Rachel qui ne lâche rien. Elle se retrouve face à des choix difficiles à faire et ses décisions restent très personnelles. Je n’ai pas forcément adhéré à toutes mais au moins, son avis est tranché.

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Intrigue et décors
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Je pense que c’est une lecture où il faut savoir ce qui nous tombe dessus. En effet, quand on est un lecteur comme moi, avec un petit cœur, je pense que c’est bien de connaitre les thématiques. C’était une lecture intense et intéressante mais, qu’on se le dise, elle m’a fait sortir de ma zone de confort.

Cependant, la lecture nous offre une possibilité de se questionner sur la vie en générale. Sur les futilités, les crises, les problèmes. Comment se sortir de situations compliquées ? Comment faire face ? On a toutes ces thématiques liées à la famille, à l’amour, à l’acceptation qui viennent se croiser pour nous offrir une histoire pleine de sensibilité et de pudeur.

On vogue entre Nice, Paris et la Bretagne (vous aviez peut-être deviné avec le prénom de certains personnages). La Bretagne nous offre une bouffée d’air frais après un passage plein de pollution de mauvaises ondes à Paris. Les décors sont saisissants et la maison du bord de mer prend vie dans ce roman. J’ai beaucoup apprécié cet endroit.

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La plume de Larème Debbah
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Comme je le dis ci-dessus, on fait la rencontre de personnages incroyables. L’intensité de l’intrigue est saisissante et nous propose de passer un temps de lecture ponctué de pudeur et de retenue. On est face à des thématiques dures qui pourront plaire à certains et pas à d’autres. Personnellement, ce n’est pas ce que je recherche dans mes lectures. Mais, il faut l’avouer, l’auteure est parvenue à me faire passer un moment de lecture intense. Bravo à elle.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • La Bretagne : cette bouffée d’air frais dans une lecture dense par les thématiques qu’elle aborde
  • Le personnage d’Alexandre qui a su me convaincre et me toucher
  • Des thématiques comme l’acceptation qui sont à souligner.

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Le mystère Henri Pick de David Foenkinos

imagesRésumé : En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination ? Récit d’une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu’un roman peut bouleverser l’existence de ses lecteurs.

~ Lecture détente 📖 ~

Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé d’une lecture détente. On se retrouve donc aujourd’hui avec le roman de David Foenkinos Le mystère Henri Pick, récemment sorti au cinéma et d’une boite à livres pour mon plus grand plaisir ! J’avoue que je n’étais pas forcément au courant de la sortie dans les salles même si j’ai dû le savoir à un moment de ma vie, je n’ai pas vu le film.

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Un entre deux
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Je ne sais pas quoi penser de ma lecture. C’était sympathique mais pas fou. C’est un petit roman qui se lit très rapidement. Même si cela a été une lecture agréable effectuée au mois d’août, je ne garde pas un souvenir net et précis, à ce jour. En effet, j’ai oublié pas mal de détails.

Je pense que je vais devoir lire un autre roman de l’auteur pour forger un avis un peu plus intense que celui que me laisse le mystère Henri Pick. Loin d’être mauvais, il a su me plaire suite à une intrigue originale, mais j’avoue qu’à part cette idée de refuge pour livres refusés par les éditeurs, la chasse au Henri Pick ne m’a pas forcément tenue en haleine.

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Mais qui est Henri Pick ?
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Lorsque Delphine, éditrice douée ayant une bonne place chez un éditeur parisien, fait un petit tour chez ses parents en Bretagne, cela est assez fou ! Delphine fait une sacrée trouvaille dans cette petite bibliothèque qui met en avant les livres refusés par les éditeurs. J’ai trouvé l’idée bonne, mais pas forcément hyper approfondie.

Le manuscrit est signé par Henri Pick. A partir de son nom, Delphine accompagnée de son conjoint qui est un écrivain qui a pris une grosse tuile éditoriale sur le coin de la tête, commencent à regrouper des informations pour savoir qui est ce fameux Henri Pick. Il est l’auteur du roman Les Dernières Heures d’une histoire d’amour relate de la fin d’une relation passionnelle amoureuse mais, en parallèle, nous propose de nous raconter la fin d’Alexandre Pouchkine, auteur russe, et sa lente agonie à la suite d’un duel à l’arme blanche en Russie.

J’ai apprécié les allusions à Pouchkine. C’est un auteur que j’ai déjà pu croiser, grâce à mon professeur de russe, mais aussi dans mes étagères. J’en garde le souvenir d’une plume belle mais chargée. Ce roman a su me rappeler de remettre le nez dans l’œuvre de cet auteur russe. De plus, la femme de Henri peut aussi être appelée « la dame de Pick » qui est un joli clin d’œil au roman de Pouchkine La dame de pique.

L’identité de Henri reste très mystérieuse. C’est un pizzaïolo sur Cruson qui est connu de ses voisins mais certainement pas pour être une plume sensible ou un poète en herbe. Sa femme et sa fille sont les premières surprises.

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Dans le flou
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C’est vraiment ce que je reproche principalement à ce roman. On reste dans le vague, je n’ai pas su m’identifier à ces personnages qui propose des caractères différents. Cependant, ces personnages ne proposent pas ce que je recherche dans un roman : des psychologies profondes et fouillées. On reste en surface.

Il en va de même pour les décors ! Quelle belle idée, une virée dans le Finistère, mais encore une fois, le manque de détails fait qu’on n’identifie pas les lieux. On se retrouve donc dans une sorte de brume, de clichés littéraires qui font que je n’ai pas apprécié la balade plus que cela. Tous ces petits détails manquants marquent le fait que je suis restée dans cet entre deux dont je vous parlais en début de chronique.

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La plume de David Foenkinos
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J’ai apprécié cette plume qui propose une aventure entre humour et sensibilité. Il nous expose ainsi son point de vue sur les éditeurs et le monde de l’édition. De ces gros monstres qui mangent les petits poissons. On se rend rapidement compte que certains prétendus dauphins sont, en réalité, des requins avançant masqués dans l’océan de l’édition. Grâce à notre couple de personnages principaux, on est du côté éditeur mais aussi du côté auteur.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une lecture agréable.
  • Une plume qui véhicule de belles thématiques
  • L’idée de base qui est assez originale

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Elle aura tes yeux d’Evelyne Guides

41oLi8ZLReL._SX195_.jpgRésumé : « Et c’est comme ça qu’en arrivant à son agence, elle le vit de loin monter dans sa voiture et s’éloigner. Elle ne lui connaissait aucun programme pourtant, elle s’en était assurée. Elle eut une drôle de sensation. Elle sentit que quelque chose n’allait pas. Elle se mit donc à le suivre en gardant ses distances » Elsa n’a qu’un souhait… être mère. Offrir à ses enfants la famille qu’elle n’a jamais eue. Le jour où elle rencontre Pierre elle sait tout de suite que ce sera lui. Sa vie a alors tout pour être parfaite. Jusqu’à ce qu’elle ouvre les yeux. Où s’arrête le mensonge? Jusqu’où doit-elle douter? Son amour a-t-il un jour existé? Est-il trop tard pour reculer?

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions B&O pour l’envoi de ce roman via Simplement. J’ai été très surprise et ravie de voir cette proposition prometteuse dans ma boîte à surprises (comme j’aime l’appeler ahah).  Malheureusement pour moi, ça ne peut pas réussir à tous les coups… et c’est ce qui s’est passé avec ce roman. Je suis un peu passée à côté de ma lecture.

~ Le temps qui passe ~

Le temps, je crois qu’il fut mon pire ennemi dans cette lecture. C’est beaucoup trop rapide. En effet, j’ai trouvé que tout se passait très vite et en 150 pages, on n’a pas le temps de respirer que toutes les catastrophes tombent sur la tête d’Elsa et de Pierre. En tant que lectrice, j’ai fait les gros yeux plus d’une fois. Cet enchaînement de péripéties n’a pas rendu crédible ce que j’avais sous les yeux.

~ Les personnages ~

On a plusieurs personnages qui se dessinent mais surtout quatre personnages que l’on voit plus : Elsa & Pierre ainsi que Louisa et Martin. Elsa est le personnage principal de cette histoire, c’est un personnage que j’ai apprécié pour son courage mais que j’ai trouvé un peu égoïste sur les bords. Cependant, l’évolution qui la traverse est assez spectaculaire et nous permet de passer un moment de lecture avec un personnage sympathique. Elle doute beaucoup d’elle, elle n’a pas confiance en elle et cela se ressent dans ses actes. Pierre est l’homme avec qui elle vit. Attachant, souriant et assez charmeur, c’est un personnage que j’aurais grandement apprécié s’il avait été plus développé. Il est intéressant dans l’intrigue mais un peu trop effacé pour moi. Louisa est la meilleure amie d’Elsa depuis son enfance, elle est très intelligente et prend les choses en main lorsque le bateau coule. C’est un personnage fort qui mène son petit monde vers le bon chemin. Martin est l’homme qui partage la vie de Louisa et qui va tout faire pour satisfaire les demandes de cette dernière. Ainsi, ce quatuor marque vraiment l’histoire.

Les relations qui se lient et se délient tout au long du roman sont intéressantes. L’auteure nous propose aussi de jolies leçons de vie dans ce roman. Ainsi, on peut découvrir qu’Elsa est prête à tout pour Pierre et inversement. Il ne faut jamais dire « jamais ». C’est aussi quelque chose qu’apprennent Elsa et Pierre ensemble.

La fin de l’intrigue laisse présager une suite. J’avoue que je suis assez curieuse de voir ce que l’auteure pourrait nous proposer.

~Plume et intrigue ~

Je le reconnais aisément, c’est une intrigue remplie de bonnes intentions mais qui n’est pas totalement aboutie pour moi. On comprend bien ce que l’auteure tente de nous faire comprendre à travers ses mots mais le message n’est pas parvenu totalement jusqu’à mes oreilles malheureusement.

J’en viens au point qui a été le plus compliqué pour moi à gérer : les maladresses stylistiques et les (trop) nombreuses fautes notamment les fautes d’accord et de conjugaison. Je ne jette pas la pierre, je suis certaine que je fais des fautes. Mais dans le texte, il y en a beaucoup. C’est, pour moi, le point faible de ce roman. Le texte semble justifié à certains endroits puis pas à d’autres, bref, j’ai trouvé que la mise en page n’était pas forcément très agréable pour le lecteur.

Il y a aussi quelques facilités du style l’annonce d’un flash-back : « flash back »/ […] « fin du flash back ». Ça m’a complètement déstabilisé dans ma lecture.

~ En définitive ~

Je pense que ce roman a le fond bon. C’est vraiment ce qui ressort de mon avis. Cependant, je pense que certains points devraient être retravaillés et développés pour plaire à un lectorat plus large. Les personnages sont sympathiques et permettent de découvrir une histoire où les thématiques abordées sont graves mais traitées avec naturel et respect. C’est très bien. Je pense aussi qu’une relecture pour chasser les fautes pourrait être sympathique.

Je suis persuadée que ce roman pourrait être accueilli à bras ouverts chez beaucoup d’entre vous !

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Des thématiques dures que tout le monde peut rencontrer dans la vie sont abordées de manière intelligente.
  • Des personnages intéressants, surtout Elsa qui montre un acharnement à avoir la plus belle vie possible.
  • Les relations qui se tissent entre les personnages.

3(2.75/5)

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Samuel Applegreen – La somme de ce que nous sommes d’Olivier Bron

31oz9bHYafL._SX195_.jpgRésumé : Comment réagiriez-vous s’il vous était donné de voir des couleurs sur la tête des gens ? Que ces couleurs se déploient et communiquent entre elles, échangent, cohabitent ou se pillent… Que feriez-vous de ce phénomène si vous vous rendiez compte qu’il vous permet de lire les intentions, bienveillantes ou néfastes, du monde qui vous entoure ? Nous étions trois à avoir été soumis à cette expérience, menée, je le précise, à notre insu. J’ai mis du temps à comprendre. Autant à pardonner. Ce que nous allions vivre bouleverserait jusqu’à la plus petite virgule de nos existences. Tout. Je vous raconte ?

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Olivier Bron d’avoir accédé à ma requête via SimPlement. En effet, j’avais repéré la jolie et poétique couverture du roman depuis quelques temps sur le site et j’avoue que j’ai fini par craquer.

~ Un roman sur les gens ~

Quelle originalité ! J’avoue que je reste sur les fesses tant je ne m’attendais pas à être ballottée dans tous les sens comme je l’ai été. Roman contemporain, on a un panel de personnages qui est si vaste et diversifié qu’il nous dépeint une véritable fresque sociale et humaine. On pourrait croire que le sujet principal reste le don que Samuel, Julien et Joséphine ont, mais pour moi, ce n’est pas du tout cela. Même si le côté fantastique du roman m’a beaucoup plu, l’interrogation philosophique que soulève le roman est tout à fait remarquable.

Grâce à nos trois personnages, on va pouvoir se poser des questions sur l’envie, le désir, les intentions mais aussi sur les différentes crises que peuvent traverser les hommes : l’adolescence, la crise identitaire, la recherche de soi. Bref, on va toucher à de vastes sujets d’interrogation et j’ai adoré le faire en compagnie de la plume d’Olivier Bron.

L’intrigue nous propose donc un choc des cultures, des sociétés mais aussi des niveaux sociaux. Nous sommes la somme de ce que nous sommes. C’est-à-dire que l’on est ce que la société fait de nous, dégage : des idées, des stéréotypes, des concepts, des convictions. Chacun apporte aux autres et prend aux autres. J’ai aimé l’idée.

~ Les personnages ~

On a beaucoup de personnages qui vont, qui viennent, qui repartent et qui reviennent, il y a un certain rythme qui s’installe avec toutes ces allées et venues.

On fait la rencontre de trois personnages que l’on va suivre plus particulièrement : Samuel, Julien et Joséphine. Ils sont tous les trois reliés par une seule chose : Optic Progress. Une entreprise qui leur permet d’arrondir les fins de mois en étant des cobayes. Jusqu’au jour où l’expérience va les mener tout droit dans un cauchemar : ils se réveillent avec un don (ou une malédiction selon la position que l’on prend) : ils voient des formes colorées au-dessus de la tête des gens. Les couleurs indiquent les humeurs, les émotions ou même les intentions des gens. C’est comme pouvoir lire dans les pensées mais en beaucoup plus évasif et intéressant.

Le roman nous propose donc de vivre une petite partie de la vie de ces trois personnages. La place que prend Samuel dans le roman est un peu plus importante que celle des deux autres. Cela marque une sorte de déséquilibre qui pousse quelque peu le lecteur à plus apprécier ce personnage. En effet, nous en savons beaucoup plus sur lui que sur les autres. Julien et Joséphine sont deux personnages sympathiques mais moins intéressants à mes yeux puisqu’ils donnent la sensation d’être moins développés par l’auteur.

J’avoue qu’Olivier Bron est plutôt bon dans l’exercice fantastico-philosophique. Trois humains, trois profils différents. Samuel est un comédien qui vivote. On le sait, se lancer dans ce genre de carrière peut être dangereux mais, des fois, ça paye ! On vit avec Samuel dans une vie plutôt bancale professionnellement parlant mais aussi sentimentalement puisque sa relation avec Ophélie est assez tremblotante par moments. On fait aussi la rencontre de Julien, un adolescent qui aime une fille d’une autre strate de la société. Il va devoir faire des choix. Joséphine est, elle, une mère qui traverse une crise identitaire assez intense.

Le lecteur peut aisément s’identifier à chacun des personnages tant ils traversent des périodes que l’on peut nous-même traverser.

~ Un roman à ne pas mettre entre toutes les mains ~

J’avoue qu’il faut quand même être un bon lecteur pour pouvoir lire ce roman. Avec son côté philosophique, la compréhension peut être un peu ardue par moments. Il faut aussi ajouter le fait qu’il y a des scènes érotiques assez présentes. J’ai trouvé que certaines n’étaient pas nécessaires et qu’elles n’ajoutaient rien à l’intrigue. Il y a une sorte de banalisation de l’acte sexuel dans l’intrigue.

~ Construction et plume ~

Olivier Bron nous propose un roman original et très intéressant finalement. Si ma lecture n’est pas un coup de cœur, elle reste une très bonne lecture.

Il nous offre une plume percutante qui arrive à rythmer l’intrigue. En parlant de rythme, le déséquilibre entre les personnages est assez marquant. Il y a aussi quelques longueurs dans les dialogues et dans la narration. Néanmoins, il faut aussi souligner les bons points : la visée philosophique est très sympathique. Elle propose une réelle réflexion sur l’homme et ce qu’il peut éprouver. C’est très intense. Elle nous offre un autre regard sur le monde, les gens et leur fonctionnement. C’est très intéressant.

En définitive, Samuel Applegreen est un roman que j’ai aimé pour sa richesse et son originalité. On nous propose un panel de personnages très intéressant qui permet au lecteur d’avoir plusieurs perspectives. La réflexion philosophique est aussi très intéressante dans cette fresque sociale.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une intrigue très originale et très recherchée.
  • Une touche de fantastique qui se mélange à la modernité et à la philosophie.
  • Samuel, un personnage que j’ai adoré.

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