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La trilogie psychiatrique – James Osmont

couv62733362.jpgRésumé : Aucun d’eux ne l’a choisi. Certains l’ont subi ou provoqué, lui ont prêté allégeance, y ont finalement pris goût… Mais le Mal, solitaire et tout-puissant, trace sa route et anime ses pantins. Desseins mystérieux, atours inattendus, voies impénétrables ; il rôde et patiente dans le noir. Tant et tant, il tente et torture, sème la mort et le désarroi, se joue bruyamment de la condition des Hommes, de leurs faiblesses et de leurs bas instincts. Regis, Sandrine, Dolores, et tous les autres, se débattent, s’y noient… Ou bien s’en libéreront-ils, peut-être ? Et quel sera alors le prix à payer pour ces âmes turbulentes, égarées dans un grand bal fou ?

Mon avis : Je remercie Les éditions Nouvelle Bibliothèque pour l’envoi de cette trilogie. J’apprécie énormément l’équipe qui s’occupe et chouchoute les partenaires. Je suis vraiment sous le charme de ce que l’on peut nous proposer au niveau des lectures. C’est vraiment très intéressant de voir la diversité : adulte / enfant mais aussi la diversité des genres. J’avoue que la trilogie psychiatrique est percutante.

Un univers incroyable

Comment vous parler de ce roman sans en dire trop ? C’est un exercice difficile ! En effet, on a une trilogie assez incroyable. On est dans des décors que je n’ai pas l’habitude de côtoyer. On baigne dans la folie d’un hôpital psychiatrique. C’est sombre, percutant et intense. Je ne pensais pas pouvoir correctement m’épanouir en m’asseyant avec tous ces fous mais James Osmont est parvenu à me charmer avec ses mots ! Je vous avoue que ce n’est pas un coup de cœur mais c’est certainement à cause de mes goûts personnels livresques. C’est très sombre, comme je vous l’ai dit au-dessus, et par moments, j’ai eu du mal à trouver une bulle d’air pour sortir un peu de cette oppression.

Des personnages principaux surprenant

On a des personnages principaux physiques et humains (d’ailleurs, les trois tomes s’appellent Régis, Sandrine et Dolorès). J’ai trouvé ces trois prénoms assez intéressants ainsi que les étymologies : Régis qui signifie « le régisseur » on peut certainement souligner le combat interne entre le Mal et la personne. Celle qui veut régir sa vie et qui n’y parvient pas forcément tout le temps. Sandrine peut avoir une double signification « celle qui protège les hommes », « celle qui repousse » : on a encore une fois une lutte interne dans l’étymologie. On protège et repousse en même temps. On a une impression de lucidité épisodique. Dolores reste le personnage au prénom le plus évocateur : «  douleur ». On a donc trois personnages qui se partage cette trilogie : le régisseur, celle qui protège/repousse et celle qui est pleine de douleur. Je trouvais ces étymologies intéressantes puisqu’elles illustrent parfaitement le sujet du roman.

Deux personnages sont aussi très importants. Si importants que l’on peut parler de personnification. Laissez-moi vous présenter le Mal et la Folie. J’ai été soufflée par la précision et la justesse des mots.

L’intrigue

On nous propose un voyage particulier dans cette trilogie. Les déplacements géographiques ne sont pas forcément les mouvements auxquels on peut penser. Ici, on parle plutôt de l’errance psychique. On erre dans les recoins de l’esprit. L’auteur traite la folie sous toutes les coutures. Comme le laisse présager l’étymologie des noms, les trois tomes se complètent. Ma curiosité piquée au vif, j’ai vite l’intégralité. J’ai apprécié ma découverte. Je ne pense pas dire que ce soit un roman destiné à tous les publics. On ne parle pas d’amour, d’amitié, des fondements de la vie. On nous parle simplement du déroulement de la vie, des incidents, des possibilités de l’âme et de l’esprit. Purée, c’est une vraie claque.

Les arts au service de la trilogie

Inutile de croire que les personnages sont comme dans les films : personne ne peint en groupe sur des toiles blanches. Non, ici, c’est bien plus profond que cela. On a plusieurs formes d’arts qui viennent bercer l’intrigue : on a des peintures (qui font peur, non, ne pas lire cela avant de dormir !), mais aussi la musique en toile de fond. J’ai apprécié cela. La manière dont l’auteur utilise les arts pour décrire et dépeindre ses romans, c’est saisissant et assez poétique.

La plume de James Osmont

Je pense que c’est LA force du roman. En effet, j’ai été subjuguée par la plume de James Osmont. On se retrouve dans un tourbillon de mots, de références et de figures de style. C’est une plume qui vient, sournoisement, vous prendre les sens pour ne plus lâcher les mots de l’auteur avant la fin. C’est incroyable comme l’esprit humain peut se jouer de nous. Avec les références connues, l’auteur parvient à réveiller la curiosité du lecteur qui sait de quoi on parle. C’est assez sympathique. Il n’y a rien d’arrogant dans la plume de James Osmont. On se sent bien, étrangement, dans cette trilogie et finalement, bien seul lorsque l’on ferme cette trilogie.

Je n’ai pas pu m’empêcher de faire un lien entre le travail de James Osmont et celui de Modiano. On a toujours cette petite musique tout au long de l’oeuvre. De plus, on se retrouve avec un univers qui n’est pas complètement noir : en effet, le sujet est sombre mais l’écriture et les mots de l’auteur viennent flouer l’univers. On se retrouve dans un brouillard constant qui nous laissent, par moments, quelques passages de lucidité. Une idée qui met en exergue la place de la folie chez l’homme.

Si vous aimez les romans forts, sombres, qui vous poussent dans vos questionnements internes et personnels. Tous les sujets abordés sont intéressants et la plume intelligente.

Les – :

  • Par moments, des passages un peu trop sombres pour moi.

Les + :

  • Des personnages qui sont excellents et très bien construits.
  • La plume de l’auteur qui est LA force de cette trilogie.
  • L’intrigue, très bien construite.
  • Les arts présents dans l’histoire.

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Spiral(e) – David Bauquet

50808875_10205603390079785_4696154440158150656_n.jpgRésumé : Spiral est étudiant à Paris. Parce qu’il croit avoir commis un homicide, il fuit sans savoir où aller. Une femme qu’il ne connaît pas décide de lui venir en aide, et l’envoie en Normandie chez son frère. Chez Joe. Ce dernier est un quadra qui prend la vie comme elle vient. Il a des amis pittoresques : un cuistot anarchiste au langage fleuri ; un chauffeur de taxi qui n’aime pas son métier ; la femme d’un notaire qui deal du shit… Et Joe rêve d’Amérique depuis toujours. Il roule en Cadillac, écoute de la country, mais il n’a jamais trouvé le bon prétexte pour s’envoler vers l’autre continent. Spiral respire à pleins poumons ces vacances improvisées, et finit par voir en Joe un grand frère qu’il n’a jamais eu. Avec sa rencontre inopinée d’une trapéziste américaine en tournée dans la région, et à l’aide d’un trèfle à quatre feuilles, Spiral va secrètement bouleverser la vie de Joe.

Mon avis : Je remercie les éditions Nouvelle Bibliothèque ainsi qu’Emma pour l’envoi de ce service de presse. Je vais prendre le temps et quelques lignes pour exprimer ma gratitude. Je remercie donc Frédéric Frère pour le temps qu’il m’a consacré la semaine dernière. Cinq minutes, ce n’est rien dans une vie. Cependant, prendre cinq minutes pour me remercier et me féliciter, c’est autre chose et pour moi cela représente énormément. Alors, à mon tour de remercie l’équipe des éditions Nouvelle Bibliothèque pour le travail formidable qu’elle fait et merci pour sa confiance.

Spiral, un anti-héros incroyable.

Nous faisons la rencontre de Benjamin que l’on appelle aussi Spiral. C’est un personnage très original. Déjà, par son surnom. En effet, par définition, le mot « spirale » est une courbe qui tourne autour d’un axe ou d’un point, forme un enroulement dans l’espace. Donc, on a déjà cette impression circulaire, on tourne en rond, on rumine, on se retrouve dans une sorte de tourbillon de poisse et de quiproquo. Le trèfle sur la couverture représente la chance et la distance que l’on constate représente le chemin qu’il reste à parcourir pour qu’il puisse en jouir.

Je vous avoue que pour le coup, le personnage principal ne m’a pas forcément inspiré au départ. Il ne prend pas forcément beaucoup de décisions. Il donne l’impression de vouloir agir seulement quand il est face au mur et qu’il ne peut pas faire autrement. Il se laisse aller, au rythme de la vie et prend la vie comme elle vient. Il n’a pas forcément d’avis ni d’envie. C’est assez surprenant. J’avoue que sur le coup, je n’ai pas compris où voulait en venir l’auteur mais plus j’ai avancé dans ma lecture, plus j’ai senti la nette évolution de Spiral.

Un roman initiatique.

La comparaison peut être un peu hasardeuse pour certains mais j’ai pensé à Candide de Voltaire tout au long du roman. On part avec un personnage un peu fade, naïf qui part pour apprendre, pour comprendre comment fonctionne le monde. Toutes les interactions ne sont pas positives mais Spiral apprend. J’ai apprécié ce côté « apprentissage » dans ce roman. En effet, les personnages secondaires sont du côté du bien ou du mal (si je peux m’exprimer ainsi) mais Spiral trouve à chacun fois une leçon à tirer des événements qu’il trouve sur sa route. Ce que j’ai aussi apprécié, ce sont les thématiques abordées : amitiés, amour, famille, mais aussi trahison, drogues et manipulation. Même si on les rencontre depuis la nuit des temps, elles sont toujours efficaces.

La plume de l’auteur.

Ce qui rend ce tourbillon de malchance supportable et cette chute qui nous file un mal de crâne, c’est la plume de l’auteur. En plus d’être poétique, la plume est bourrée d’humour. Il y a une majesté incroyable qui se dégage des mots de David Bauquet qui permet au lecteur de se perdre dans cette intrigue très intéressante. J’ai adoré ce mouvement circulaire, cette tempête que Spiral traverse pour au final trouver quelque chose de bon au bout du tunnel. Le lecteur se sent apaisé par les mots et le sens de l’intrigue. La plume de David Bauquet est comme une bulle d’air qui nous permet de respirer face à la vie de Benjamin qui est loin d’être facile.

Les – :

  • Le temps que j’ai mis à apprécier le personnage de Benjamin.

Les + :

  • Un roman initiatique riche et intense.
  • Une intrigue très bien ficelée.
  • Une plume poétique et majestueuse.
  • Des personnages secondaires particulièrement bien étudiés et utilisés.

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My absolute darling – Gabriel Tallent

CVT_My-Absolute-darling_7668.jpgRésumé : À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie.
My Absolute Darling a été le livre phénomène de l’année 2017 aux États-Unis.
Ce roman inoubliable sur le combat d’une jeune fille pour devenir elle-même et sauver son âme marque la naissance d’un nouvel auteur au talent prodigieux.

My absolute Darling est une plongée dans les tréfonds de l’humanité, un livre âpre et salutaire à la fois dont on ne ressort pas indemne. Avec une agilité et une sensibilité rare, Marie Bouvet se fond au cœur d’une Amérique hostile pour nous livrer une prouesse remarquable.

Mon avis : Je remercie Pauline ainsi que l’équipe de chez Audiolib pour l’envoi de ce roman. Je vous avoue que j’ai dû prendre du temps pour écrire ma chronique. J’ai bien laissé une bonne semaine entre la fin de mon écoute et aujourd’hui.

J’ai fait la rencontre de Julia/Turtle /Croquette Alveston. Une jeune fille que la vie n’a pas épargnée. On suit son histoire dans ce roman. C’est un roman hyper réaliste mais aussi très sombre. Cette petite m’a touché au fond du cœur. Elle a une relation particulière avec son père Martin, qui à force de la critiquer, l’insulter, la violenter, parvient à faire ce qu’il veut de cette petite. Martin est un beau parleur qui pense tout savoir sur tout et qui pense avoir la science infuse. Il ne laisse aucune chance à ce qu’il ne valide pas.

Julia a la chance de pouvoir compter sur son papi. C’est une relation forte que son père n’apprécie pas. Par jalousie, il fera tout pour les séparer.

L’histoire est aussi très forte. Cependant, il y a quelque chose qui m’a dérangé. J’ai mis du temps avant de comprendre ce que c’était mais je pense que c’est le réalisme de cette histoire. Je pense que j’ai pris Turtle sous mon aile, j’ai eu envie de vomir plus d’une fois avec ce qu’elle vit à travers ce roman.

Cependant, la fin du roman m’a bien plu. J’ai apprécié le fait que Turtle ait pris les choses en main. C’était vraiment très beau et fort.

J’ai aussi apprécié les personnages secondaires qui sont une sorte de prise de conscience pour Turtle. Ce qu’elle vit chez elle n’est pas normal, ce n’est pas sain et elle s’en rend compte par les relations qu’elle noue avec Jacob, Brett et les autres.

Martin est une saleté. Il n’hésite pas à faire mal pour faire peur et mettre en garde. Les mots nous mettent des claques. Je me suis surprise à être révoltée plus d’une fois.

Turtle se révèle être une jeune fille forte. Plus d’une fois elle nous montre qu’elle a grandi plus vite que les jeunes filles de son âge parce qu’elle n’a pas forcément eu d’enfance. On lui a volé son innocence. J’ai vraiment apprécié ce personnage intelligent : c’est une jeune fille qui ne se laisse pas faire malgré les coups. Elle profite de la vie comme elle le peut et s’interroge sur tout.

La plume de Gabriel Tallent est vraiment très belle. Le réalisme avec lequel il décrit la vie de Turtle est saisissant et dérangeant. Cette plume rend notre lecture bouleversante. J’ai apprécié les balades avec Turtle, les paysages sont saisissants. J’ai apprécié le dépaysement.

Les – :

  • La réalité dépeinte. C’est un coup de poing en plein visage. Je pense que c’était un peu « trop » pour mon petit cœur.

Les + :

  • Le personnage de Turtle. C’est une beauté. Elle est pure et intelligente.
  • Les personnages secondaires que j’ai apprécié découvrir. C’est une sorte de bouffée d’air frais dans la vie de Turtle.
  • La relation entre Turtle et son grand père.
  • La plume de l’auteur.

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Le legs de Philippe Henry

48356073_10205410205930302_4387488893079912448_n.jpgRésumé : « Ils ont toujours prononcé mon prénom comme si j’étais espagnol. Ils disaient « Ron ». Pas une fois ils ne se sont demandé d’où venait ce prénom. Jon, c’est le diminutif de Jonathan. Jonathan, c’est un prénom juif. Je suis juif. Ma mère était juive. Grand-père était juif. » 

Mais cet héritage-là, Jon n’en veut pas. Il ne veut pas de cette douleur qui lui vient du passé. Il donnerait tant pour que ne retombe pas sur ses épaules cette mission absurde que lui a assignée son grand père, aux derniers souffles de sa vie. Il voudrait vivre comme tous les autres jeunes de son âge. Comme la petite Marie, comme Gilles. La vie est si douce avec eux. Mais peut-il continuer comme avant, comme s’il ne savait pas ?

Mon avis : Je remercie chaleureusement les éditions Nouvelle Bibliothèque (surtout Emma pour sa gentillesse, son écoute et sa patience). Après le coup de cœur que fut Grand Froid de Cyril Carrere, j’avais hâte de voir ce qu’Emma m’avait proposé de lire.

Je me suis retrouvée avec un roman court (environ 130 pages) qui nous met tout de suite le pied à l’étrier. Même si cette lecture ne fut pas un coup de cœur, je reste quand même séduite par ce que j’ai lu.

On fait la rencontre d’une famille : Gilles, Marie les enfants et Luc et Claire qui sont les parents. Historiquement parlant, nous sommes quelques années après la seconde guerre mondiale. On sent encore que les gens sont marqués par cet épisode. On est dans une sorte d’entre-deux : les parents se souviennent pour l’avoir vécu mais les enfants n’ont que ce qu’on peut leur dire pour se faire une image de cette guerre si dévastatrice.

Dans la famille, Luc a fait la guerre. Personne ne parle de cette période qu’ils n’ont pas vécu ensemble et qui semble être très douloureuse pour Luc.

Jon, un enfant qui se lie rapidement d’amitié avec les enfants Gilles et Marie va finir par intégrer leur famille après la mort de son grand-père, unique membre de sa famille encore vivant.

Ce que j’ai apprécié dans ce roman c’est la force des mots, l’intelligence de la répartition du texte et la manière dont l’auteur nous amène les choses sur les pages.

Jon est un personnage charismatique que l’on a envie de prendre sous son aile. Personnellement, je me suis rapidement interrogée sur son cas trop mystérieux pour être net.

La lecture de ce roman m’a rappelé Le cinquième enfant de Doris Lessing. Cette personne qui prend place dans votre famille, qui s’immisce dans votre intimité et qui finit par mettre une ombre sur le tableau de cette famille parfaite. Jon ressemble à Ben et même si ce n’est pas le même genre de personnage, il y a une part monstrueuse en lui qui va faire basculer cette famille.

Le legs ici se trouve dans le secret. Un secret que Jon garde et que l’on découvre par petites touches dans le roman. C’est fort, intelligent et très bien écrit ! J’ai franchement été séduite par l’intrigue.

Le seul point « négatif » que je peux trouver c’est le fait que le roman soit court. J’ai du mal avec ce format. J’ai envie d’en savoir plus. J’aurais aimé en savoir plus sur l’histoire de Luc durant la guerre par exemple. Mais aussi sur le personnage de Jon et sur sa relation avec son grand-père.

Le schéma narratif est intéressant : on se retrouve avec la même histoire vue par les 5 membres de cette famille. À chaque vision, on avance quelque peu. On comprend rapidement que Jon met la famille mal à l’aise qui ne se sent plus aussi sereine qu’avant. Ils ont peur des disputes, des changements d’humeur de Jon. Bref, l’atmosphère est pesante. On sent que cela peut exploser d’une minute à l’autre. J’adore !

Dès le départ, j’ai été séduite par la plume de l’auteur. Les mots, les mots, les mots ! Dès le départ, j’ai aimé les images utilisées par l’auteur. L’enfermement du bonheur dans la voiture par exemple. C’est avec douceur et poésie que l’auteur nous narre cette histoire.

Lorsque le rideau se lève sur le secret de Jon, j’étais scotchée. J’ai adoré ce legs, ce titre qui nous suit jusqu’à la fin.

Les – :

  • Un roman trop court, j’en veux encore !

Les + :

  • La plume poétique et magnifique de l’auteur.
  • L’intrigue rondement menée.
  • La période historique qui est marquante.

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La guerre des patates – Céline Theeuws

41pJJ1m1m+L._SX195_.jpgRésumé : Grenaille est un village déserté. Les villageois ont peu à peu rejoint les villes, les commerces ont fermé et le maire ne sait plus que faire pour redonner vie à son hameau. Les familles Gros et Petit vivent non loin du centre-ville. Ces paysans cultivent la pomme de terre depuis des générations. La terre de la famille Gros n’est pas aussi fertile que celle de la famille Petit. Étienne Gros essaie depuis des années de produire autant de pommes de terre que son voisin. En vain. Son exploitation est au bord de la faillite. Quand un beau jour…Ce fermier va malgré lui faire une découverte extraordinaire pour sauver son exploitation. Il va créer une pomme de terre hors du commun. Cette découverte va bouleverser la vie du village, va aiguiser les appétits, mais aussi la jalousie. Quelles sont les propriétés de cette pomme de terre qui fera tourner toutes les têtes ? Ce fermier va-t-il réussir à s’en sortir ? Une chose est certaine, il fera effectivement une découverte extraordinaire, mais peut-être pas celle que l’on croit. C’est un roman. Un roman surprenant. Écrit dans un style parfois déroutant. Avec des personnages hauts en couleur et une bonne dose d’humour. Un chemin pour trouver la clé du bonheur.

Mon avis : Je remercie Céline pour l’envoi de son roman en service presse. J’ai déjà pu lire deux romans de cette auteure et à chaque fois, je me régale. Ici, il ne m’a pas fallu plus qu’une histoire de patate pour fondre de nouveau pour ce style si percutant.

Je vous avoue que Céline m’a contacté en « avant-première » (Ah oui, Céline me fait croire que je suis une VIP !^^), j’ai été séduite par le teaser proposé. Je ne suis pas allée plus loin dans mes recherches, je ne voulais pas me gâcher la surprise. J’ai découvert ce roman à l’aveuglette, je n’ai pas lu le résumé, je n’avais que la couverture pour me faire à l’idée de ce que je pourrais potentiellement avoir dans les mains. Quelle belle idée j’ai eu là !

On fait la rencontre des deux familles : les Gros et les Petit. Une famille dont tous les prénoms commencent par E et l’autre par F, même nombre de même, même caractéristiques. Une famille excelle dans la vente des patates, l’autre a du mal à garder la tête hors de l’eau. Jusqu’à ce que le fermier invente une patate magique qui va donner un sacré coup de fouet au village de Grenaille. Franchement, je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir de la découverte de cette intrigue très originale. Je m’attendais à tout sauf à ça ! Qu’est-ce que j’ai ri.

Ce que j’ai apprécié par-dessus tout c’est retrouver la plume de Céline. Mon dieu, si je pouvais je me marierai avec les mots de Céline. Quelle douceur, quelle excellence, quel bonheur !!!! J’ai tellement été transporté dans l’histoire. Les mots sont toujours justes, poétiques, beaux. Franchement… Céline mérite tellement de trouver son lectorat. C’est un pur bonheur littéraire Vous savez que je ne parle pas souvent de découverte « littéraire » pour moi, seuls les auteurs classiques et les excellents auteurs dont la plume est merveilleuse sont qualifiés de « littéraires ». Ici, j’y vais les yeux fermés.

Les personnages sont tous très différents. Les psychologies sont détaillées, bien travaillées. On se prend rapidement de sympathie pour tous les personnages qu’on nous présente. Ils sont hauts en couleur.

Même si ce n’est pas mon histoire préférée de Céline, ce roman reste une découverte incroyable qui m’a fait rire, qui m’a fait passer une soirée merveilleuse.

Je ne le dis pas souvent mais : merci Céline d’avoir mis ce roman sur ma route.

Les – :

  • Aucun point négatif pour moi. Coup de total.

Les + :

  • Des personnages incroyables. Les psychologies détaillées m’ont séduite.
  • L’intrigue originale et drôle qui permet de passer un moment de lecture qui sort de l’ordinaire.
  • La bonne humeur qui se dégage de ce roman.
  • La plume de Céline qui fait de ses romans des œuvres littéraires.

Pour découvrir mes autres avis, c’est par ici.

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Le meurtre du commandeur : Livres 1 & 2 – Haruki Murakami

Livre 1 : Une idée apparaît.

Résumé : Peut-être un jour serais-je capable de faire le portrait du rien. De la même façon qu’un peintre avait été capable de dessiner Le Meurtre du Commandeur. Mais il me faudrait du temps avant d’y parvenir. Je devais faire du temps mon allié. Quand sa femme lui a annoncé qu’elle voulait divorcer, le narrateur, un jeune peintre en panne d’inspiration, a voyagé seul à travers le Japon. Et puis, il s’est installé dans la montagne dans une maison isolée, ancienne propriété d’un artiste de génie, Tomohiko Amada. Un jour, le narrateur reçoit une proposition alléchante : faire le portrait de Wataru Menshiki, un riche homme d’affaires. Tandis que celui-ci pose comme modèle, le narrateur a du mal à se concentrer. Quelque chose chez Menshiki résiste à la représentation. Une nuit, il découvre un tableau dans le grenier, une œuvre d’une grande violence, le meurtre d’un vieillard, comme tirée du Don Giovanni de Mozart. C’est Le Meurtre du Commandeur. Cette peinture obsède le narrateur. Et des choses étranges se produisent, comme si un autre monde s’était entrouvert. À qui se confier ? À Menshiki ? Mais peut-il vraiment lui faire confiance ? 

Livre 2 : La métaphore se déplace.

Résumé : Alors que jusque-là je marchais normalement sur ce que je pensais être mon propre chemin, voilà que soudain celui-ci a disparu sous mes pas, et c’est comme si j’avançais simplement dans un espace vide sans connaître de direction, sans plus aucune sensation.
Une jeune fille a disparu. Une jeune fille dont le narrateur avait entrepris de faire le portrait. Une jeune fille aux yeux comme une flamme gelée. Une jeune fille qui l’intrigue et qui pourrait être liée à Menshiki. Il va rendre visite au vieux peintre Tomohiko Amada. Là, dans la chambre d’hôpital, apparaît le Commandeur. Le Commandeur est prêt à offrir sa vie pour que la jeune fille soit retrouvée. Il faut faire revivre la scène du tableau, le Commandeur doit être poignardé.  Le narrateur lui plante un couteau dans le cœur. Une trappe s’ouvre dans un coin de la chambre. Un personnage étrange en surgit, qui l’invite à entrer dans le passage souterrain. Le début d’un périple qui va conduire le narrateur au-devant des forces du mal… 

Mon avis : Je remercie les éditions Belfond et principalement le secteur étranger pour l’envoi de ces deux romans en service presse. Quelle belle surprise dans ma boite aux lettres ! Je peux déjà vous dire que les romans sont magnifiques. Ce sont de beaux objets qui ont ravis mon petit cœur de lectrice.

Un ami, il y a quelques années déjà, m’avait offert un roman de Murakami. Je vous avoue que je n’ai pas encore mis le nez dedans. C’est donc un saut dans l’inconnu que j’ai fait avec ce service presse. Je suis vraiment très heureuse d’avoir découvert l’univers de Murakami ainsi que sa plume. Quelle beauté ! Quelle densité !

Voilà une œuvre qui effleure la philosophie. On est dans un questionnement sur l’art. C’est intense, beau, on a envie d’en savoir plus. C’est très prenant. Je vous avoue que les débuts ont été difficiles parce que c’est dense. C’est un univers qui fourmille de petits détails et cela change de ce que j’ai l’habitude de lire habituellement mais quel pied ! Malgré cette petite longueur dès le départ, j’ai pris un plaisir intense à découvrir la plume de l’un des maîtres de la littérature.

On fait la rencontre d’un homme bien particulier. Fraîchement divorcé, il décide d’aller habiter dans la maison d’un grand peintre japonais. C’est un homme mystérieux, plus qu’original, il est assez particulier à déchiffrer. C’est un peintre qui devient rapidement portraitiste. J’ai pris plaisir à découvrir cet homme, ses mystères et ses secrets. Cependant, la chose qui le caractérise le plus, c’est sa solitude. En effet, on ressent cette solitude mais elle n’est pas forcément négative : on apprécie le silence, la réflexion. Personnellement, j’y étais.

Menshiki est un personnage très important pour l’histoire et pour le narrateur. En effet, ce voisin un peu fou va aider notre narrateur à retrouver cette étincelle artistique qui lui manquait depuis quelques temps. Le divorce de notre personnage principal force cette rencontre. Elle est à l’image du panel de personnages et de l’univers que l’on découvre : c’est une rencontre originale et pleine de mystère.

On touche des sujets assez sympathique : la Création, l’Art, l’Amour…  Et bien d’autres sujets vous attendent encore dans ces deux tomes. J’ai apprécié la présence de la musique classique. C’est aussi une quête identitaire : le narrateur essaye de se trouver, de trouver sa voie. C’est très prenant. La présence du passé et du présent est aussi à souligner. Ce que l’on peut souligner dans cette notion de passé présent, c’est la volonté de l’auteur à nous montrer que ce que nous avons pu faire dans notre passé à forcément une incidence sur notre présent. Ainsi, on se rend compte que l’on apprend de ses erreurs. J’ai apprécié ceci.

L’intrigue est assez expliquée dans les résumés pour que je vous en reparle. Je peux juste vous affirmer que cette histoire est belle, dense et pleine d’originalité. C’est percutant. Je pense que j’ai été bouleversée par cette histoire parce que la plume est magnifique. Elle est pleine de douceur, de beauté, de poésie. On s’installe confortablement dans cette histoire.

Le meurtre du commandeur est la peinture qui va remettre en question l’art de notre narrateur et lui permettre de voir un esprit. On voyage entre la réalité et le fantastique.

Je ne peux que vous dire de vous plonger dans ces deux romans. C’est une œuvre excellente.

Les – :

  • Quelques longueurs, surtout dans le premier roman. C’est certainement le fait de devoir poser le décor. Au moins, on ressent la solitude.

Les + :

  • J’ai découvert un auteur incroyable. J’ai bien envie de retenter l’expérience.
  • La plume magnifique qui nous fait voyager entre passé et présent mais aussi entre réalité et fiction.
  • La présence de notions comme l’Art, la peinture, l’amour et la musique.
  • Le panel de personnages énigmatique.

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Le chien qui souriait en repensant à sa vie – Lorenzo Morello

le-chien-qui-souriait-en-repensant-a-sa-vie.jpgRésumé : C’est vrai qu’un chien qui sourit en repensant à sa vie, ça peut sembler bizarre. Mais ne vous fiez pas trop vite aux apparences ! Tenez, moi par exemple, couché dans la salle d’attente du vétérinaire où prendra bientôt fin cette exaltante existence et malgré des douleurs à l’abdomen que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi, eh bien, je souris. En repensant à cette vie et à la précédente, à la carrière d’architecte qu’il m’a fallu abandonner pour celle, non moins prestigieuse, de chien de compagnie. Je souris en repensant à Martine, mon épouse devenue maîtresse. Surtout, je souris en repensant à Hugues, mon enfant pour qui, à défaut d’être un bon père, j’aurai été un bon chien.

Mon avis : Je remercie les éditions Poussière de Lune pour l’envoi de ce roman en service presse. Je suis heureuse d’avoir pu découvrir un roman de cette maison d’édition qui me faisait de l’œil depuis un moment. Les échanges sont gentils et chaleureux. Je me suis sentie très bien accueillie et cela fait un bien fou (oui, pour moi, il est important de le souligner).

J’ai donc fait une expérience de lecture avec ce roman qui me fait sortir de ma zone de confort. La couverture est sympathique mais ne nous aide pas forcément à comprendre ce qui peut nous attendre dans ce roman. Le résumé nous en dit un peu plus : on fait la rencontre d’un homme qui se tue dans un accident de voiture et qui se voit réincarné en chien.

Cela reste vague mais curieusement, j’ai été intriguée. Comment l’auteur peut s’en sortir11817149_1602012066727001_4484996094056945926_n avec une intrigue aussi simple ? La raison est évidente après la lecture : avec une bonne dose d’humour et de folie. C’est assez surprenant parce que d’habitude, j’ai du mal avec les romans dit « humoristiques » simplement parce que cela ne me fait pas rire du tout. Mais ici, même si je n’ai pas ri à gorge déployée, j’ai souri plusieurs fois.

Je vous avoue que lorsque j’ai refermé le roman, je ne pouvais pas dire tout de suite mon avis. C’était une belle lecture mais il m’a manqué un petit quelque chose pour que cela soit un coup de cœur. Je garderai l’histoire en tête un bon moment, cependant, je pense que le côté humoristique prend un peu trop le dessus pour moi et cela a fait que j’y ai plus ou moins cru à certains moments.

Le hasard fait bien les choses … En effet, quelle surprise de voir que ce père et mari décédé depuis plus d’un an retrouve sa famille en étant le toutou de la maison. Cela lui permet de garder un œil sur son fils Hugues et de voir comment sa veuve s’en sort sans lui.

C’est une belle histoire qui nous promet une belle lecture. On vit des épisodes assez surprenants avec ce chien. Le refuge, la SPA, la maison de Roger & Odette. Bref, on ne s’ennuie pas !

J’ai apprécié cette lecture. La plume de Lorenzo Morello est très sympathique, elle nous fait passer un moment de lecture assez agréable. On ne se prend pas la tête et l’intrigue prend un tournant qui nous rend curieux de savoir la suite. C’est intéressant.

Ce roman n’est pas forcément à prendre au sérieux. C’est un moment de détente incroyable, je n’ai pas vu les pages passer. Si jamais vous avez une panne de lecture ou simplement l’envie de lire un roman drôle, je ne peux que vous le conseiller.

Les – :

  • Un côté humoristique un peu trop présent.

Les + :

  • Un personnage principal pas comme les autres.
  • Une plume très sympathique à découvrir et à lire.
  • Une lecture sans prise de tête ! C’est agréable pour faire une pause.

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