8

L’obscène oiseau de la nuit de José Donoso

41tW21-fI3L._SX195_.jpgRésumé : Mais qu’y faire ? On dit que plus rien n’est comme dans le temps. Pourtant, cette Maison reste semblable à elle-même, avec cette persistance des choses inutiles. Maintrnant, il n’y a plus que trois sœurs là où toute une congrégation veillait autrefois sur la commodité des pénitents, pour que leur âme pût voler sans entraves matérielles vers les plus pures régions de l’extase.

Sur les terres de la Chimba, au Chili, une Maison de sorcières, d’accoucheuses, de pleureuses. Un narrateur fou, polymorphe, insaisissable. Un monde hallucinatoire, vertigineux, fascinant.

Déconstruisant tous les codes de la narration, José Donoso, figure de proue du nouveau roman latino-américain dans les années 1960/1970, joue avec les esthétiques et sublime la mort, la vieillesse et le monstrueux pour donner à voir une autre réalité, comme une fenêtre ouverte sur nos terreurs inconscientes.

Citée par le journal El Mundo comme l’un des meilleurs romans hispanophones du 20ème siècle, une curiosité virtuose, qu’on lit comme on entre dans un foudroyant délire.

~ Service presse 📚 ~

Je remercie une nouvelle fois la maison d’édition Belfond pour l’envoi de son roman. J’ai été ravie de pouvoir me plonger dans un univers intéressant remis au goût du jour par la collection vintage. Classique de la littérature hispanophone du 20ème siècle, j’ai pu découvrir l’univers de José Donoso ainsi que sa plume. Je ressors de cette lecture échevelée, j’ai du mal à reprendre mon souffle. C’est le genre de roman qu’il faut lire plusieurs fois pour en comprendre le plus possible. Véritable classique de la littérature, j’ai eu un peu de mal à mettre le pied à l’étrier. Une seule question m’a assaillie tout au long du roman : mais dans quoi je me suis embarquée ?

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Les normes et les codes du beau mis à mal
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

On va essayer de ne pas rentrer dans le domaine du questionnement philosophique mais ici, le beau comme on peut se le définir prend un virage à 180°. C’est vraiment spectaculaire. Déjà en tant qu’individu, on n’a pas tous la même définition du beau. Mais ici, José Donoso nous propose d’immerger dans un monde où la monstruosité, la déformation et la folie sont « normaux ». J’entends par là que la normalité (un être normalement constitué d’un point de vue scientifique et humain) est pointée du doigt. Ainsi, un des personnages difformes et rejeté par sa famille se voit devenir quelqu’un de beau dans un village créé de toutes pièces par son père pour le protéger de la méchanceté du monde. Mais qui devient cruel quand on pense être le plus beau et le plus équilibré de la terre ? Je vous le donne dans le mille.

On est dans un monde où toutes nos conceptions de la vie sont mises à mal. On reconstruit tout. C’est plutôt un exercice compliqué dans le sens où, malheureusement, qu’on le veuille ou non, nous sommes habitués à certaines normes. Ici, les yeux du lecteur doivent s’acclimater à quelque chose de « bizarre » ou encore d’ « étrange » parce que ce n’est pas que l’on a d’habitude sous le nez. Cette partie-là de l’histoire m’a  beaucoup plu. On est vraiment dans quelque chose de nouveau, qui nous bouscule et qui nous force à concevoir et à penser autrement.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Le nouveau roman : qu’est-ce que c’est ?
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

J’ai apprécié retrouver le nouveau roman dans une lecture qui sort du cadre scolaire. Notion compliquée et simple à la fois, c’est mon copain Wikipédia qui vient vous l’expliquer en quelques lignes.

Le nouveau roman vient rejeter plusieurs notions :

Le rejet du personnage : Que le roman puisse prétendre créer et faire connaître un « personnage » cohérent, dans toutes ses dimensions, de sa naissance à sa mort, paraît aberrant aux Nouveaux Romanciers.

Le rejet du point de vue omniscient : Le point de vue « surplombant » d’un narrateur tout-puissant et omniscient est énergiquement rejeté ; le narrateur, souvent multiple, parfois indécidable, ne peut donner qu’un point de vue partiel, et partial.

Il y a aussi le rejet de l’intrigue et de toute forme de réalisme. Je vous invite à aller voir de vous-même. Vous comprendrez ainsi aisément que l’auteur inscrit totalement son roman dans ce genre précis.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Intrigue, plume et narration
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Ici, c’est vraiment un exercice littéraire fouillé qui pourrait rendre hommage à ce livre. Personnellement, je ne peux pas dire que la lecture de ce roman soit un coup de cœur, en effet, on se retrouve vraiment dans un endroit exotique et pleins de mystères : même les personnages ont cette part de bizarrerie (sans parler de physique) dans leurs comportements. On ne sait pas trop où l’auteur veut nous emmener. Je ne sais pas comment expliquer mon avis sur le roman. Je pense que l’auteur peut être satisfait !

J’ai beaucoup pensé à Blas de Roblès durant ma lecture. J’ai surtout pensé à Là où les tigres sont chez eux. C’est exotique à souhait autant dans les décors que dans la manière de traiter le sujet. On reste vraiment dans l’aventure étrange. On se demande vraiment ce que peut être ce roman.

Notre Narrateur, El Mudito est un personnage bien singulier : déformé, sourd et muet, il nous offre une possibilité de nous infiltrer dans son esprit, dans sa folie. Personnage aussi important que notre narrateur, la Maison : un dédale de pièces, de couloirs où l’on se perd facilement. El Mudito y travaille.

Le résumé nous parle de polymorphisme et franchement, c’est carrément ça. Le « je » devient un « nous » qui passe au « tu » puis au « ils » bref, on est dans un enchevêtrement de réalités qui n’ont qu’un point commun : les pensées du personnage principal. C’est fouillé, innovent mais complètement fou. C’est un risque à prendre quand on écrit un roman aussi révolutionnaire : on perd le lecteur. C’est certainement une volonté de la part de l’auteur mais franchement, il a bien réussi son coup, j’étais complètement perdue.

A un moment, j’ai pris le parti de faire le vide dans mon esprit, de chasser toutes mes appréhensions sur le roman et c’est là que je suis enfin partie au Chili pour vivre cette expérience. Elle n’est pas de tout repos mais franchement intéressante.

Pour pouvoir clairement parler de ce roman, il faudrait le lire. Cependant, je tiens à le dire tout de suite, ce n’est pas un roman à mettre entre toutes les mains des lecteurs. Si je n’avais pas déjà fait l’expérience d’un roman OVNI en cours de littérature, j’aurais certainement abandonnée ma lecture : c’est dense, fou et follement intelligent. Ca part dans tous les sens, au rythme des conversations et des souvenirs de notre narrateur.

3 bonnes raisons de lire le roman :

  • Des personnages hors normes dans tous les sens du terme
  • Un univers complètement inattendu et innovant
  • Un roman OVNI qui fait partie des classiques du 20ème siècle.

3

12

Comme une gazelle apprivoisée de Barbara Pym

41JDJoaIu7L._SX195_.jpgRésumé : Les demoiselles Bede, deux sœurs d’âge moyen et de caractères opposés, ne vivent que pour les intrigues de leur paroisse de campagne. Harriet, douillette, élégante et irrésistiblement gaie, a une passion : s’occuper des nouveaux vicaires, surtout s’ils sont jeunes, pâles et minces. Sa sœur Belinda, plus timide, se désintéresse de la mode, et cultive depuis trente ans une sage dévotion pour l’archidiacre Hoccleve. Un vieux comte italien, Ricardo Bianco, demande régulièrement la main de Harriet, qui elle, sollicite son avis sur des problèmes de jardinage. Soudain, ces vies paisibles vont être troublées par l’arrivée d’un célèbre bibliothécaire, Nathaniel Mold, et d’un évêque africain, Théodore Grote. Ils se mettent à fréquenter la maison des deux sœurs avec une assiduité inquiétante… La reine de la comédie douce-amère britannique est, ici, au sommet de son art. 

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman qui signe ma deuxième découverte dans cette chouette collection qu’est « les romans vintage » après avoir lu le messager, je me suis plongée dans l’univers de Comme une gazelle apprivoisée de Barbara Pym.

Un roman anglais

Encore un ! Je suis vraiment très heureuse de croiser sur mon chemin des romans anglais écrits par des auteurs de renom (que je ne connais pas) ! Ici, rien qu’à la couverture, j’ai craqué. On parle ensuite de vieilles filles : les demoiselles Bede qui passent leurs temps à boire du thé et à cancaner sur ce qui se passe dans leur village.

Harriet et Belinda, un duo de sœurs détonnant

Je pense que je n’ai jamais vu deux sœurs aussi radicalement opposées : en effet, si Harriet part à la chasse aux jeunes vicaires, Belinda se moque complètement de la mode et des nouveaux arrivants : elle n’a d’yeux que pour l’archidiacre Hoccleve. Ainsi, tout au long du roman, on vit, on lit et on rit de ces multiples demandes en mariage que les sœurs prennent un certain plaisir à décliner.

Elles sont drôles, des fois, à leurs dépens, ce roman ne manque pas de piquant grâce aux deux psychologies de ces deux personnages. Si Barbara Pym m’était encore inconnue, je suis vraiment heureuse d’avoir croisé sur mon chemin cette plume typiquement anglaise. Jeux de mots et jeux d’esprits sont au rendez-vous !

La vie d’un village

Quel dépaysement pour moi. Franchement, je me suis revue flâner dans les petits villages anglais aux mamies fouinant aux fenêtres. C’était excellent ! Barbara Pym, grâce à sa plume mais aussi à ses personnages, parvient à nous faire vivre dans ce village le temps d’une lecture. Ainsi, on se rend rapidement compte de l’importance des personnages secondaires.

La vie d’un village se fait de quelques façons : la vie, les relations entre villageois, les visiteurs qui s’y perdent mais surtout… LES RAGOTS ! Les ragots viennent bercer ces longues journées d’été ou d’hiver, au printemps, ils sont un bon prétexte pour s’inviter chez les sœurs Bede pour le thé. En automne, ils rythment la vie des feuilles qui tombent… Bref, c’est le sujet qui est au rendez-vous !

Un œil particulier sur le mariage

J’avoue que, à moins d’un an du mien, l’avis de Barbara Pym sur le mariage m’a fichu un coup… Ahah ! Non sérieusement, l’image du mariage a bien changé depuis l’écriture de ce roman. Pour Harriet et Belinda, dire oui à l’institution que représente le mariage, c’est mettre un frein à sa liberté, se laisser diriger par un homme et dire adieu à leur petit coin de paradis. Ainsi, en refusant, elles restent des femmes avec leur liberté, leurs idées et aucun homme pour leur dicter leurs faits et gestes.

La plume de Barbara Pym

Comme je vous l’ai déjà dit ci-dessus, je ne connaissais pas la plume de Barbara Pym. Je suis ravie d’avoir pu la découvrir ! Entre tasse de thé et intrigue de village, j’ai adoré découvrir cette plume qui retranscrit vraiment la vie dans un village anglais. Les stéréotypes ne sont pas très présents : pour moi, les jardins à l’anglaise, les personnes aux fenêtres, l’art de servir le thé ne sont pas des stéréotypes mais une manière de vivre. Barbara Pym les retranscrit parfaitement. Ainsi, nous avons un roman rempli de charme à l’anglais. Malgré les quelques longueurs, j’y ai trouvé mon compte !

Les – :

  • Quelques longueurs au départ, il faut passer les premiers chapitres pour apprécier pleinement la qualité de l’ouvrage.

Les + :

  • Les sœurs Harriet et Belinda
  • Le charme des villages anglais merveilleusement retranscrit.
  • La découverte de la plume de Barbara Pym
  • La culture anglaise soulignée par ici.
  • Le parti pris de l’auteure sur la question du mariage et de la liberté de la femme.

4

13

Le messager de Leslie Poles Hartley

51d3v2wi5ZL._SX195_Résumé : Il faisait très chaud cet été-là et tous les spectateurs du grand film de Losey garderont à jamais le souvenir de tous ces personnages engoncés dans cette campagne anglaise torride. Le lecteur du beau roman de Leslie Hartley (1895-1972) s’apercevra avec une surprise vite muée en délectation, que le grand cinéaste a illustré page après page cette triste et dramatique histoire d’amour, manquent les yeux de Julie Christie, mais reste le récit pudique, subtil et prenant d’un  » Bildung roman  » qui aurait pu séduire Stevenson comme Henry James.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman que j’ai pris plaisir à découvrir dans la collection Vintage des éditions. Je trouve cela très sympathique comme pratique. Ainsi, on peut se replonger facilement dans des romans classiques. C’est une idée très sympathique.

Un roman sur la différence

Ce roman traite de différentes thématiques mais celle de la différence n’est pas à négliger bien au contraire. La différence est présente à plusieurs niveaux : elle se voit entre les deux amis Léon et Marc puisqu’ils ne viennent pas de la même strate sociale mais aussi entre deux jeunes personnes qui tombent amoureuses.

On fait la rencontre de Léon et de Marc. Marc est un jeune homme de l’aristocratie anglaise. Léon est son ami qui lui, ne connait pas le faste de la noblesse anglaise de cette époque. Léon devient rapidement le messager naïf d’une histoire d’amour entre la sœur de Marc et Ted, un jeune homme de ferme.

J’ai mis du temps à écrire ma chronique. Cela fait une semaine que je suis dessus. J’avoue que d’habitude, je suis plutôt du genre à apprécier ce contexte historique et géographique mais ici, cela n’a pas pris comme je l’aurais souhaité. Je suis passée un peu à côté. Finalement, je n’ai pas grand-chose à dire sur le roman…

Un roman purement anglais

On se retrouve vraiment dans un contexte que j’adore : l’aristocratie anglaise. La noblesse anglaise et ses étiquettes ! Il y a tellement à dire là-dessus. C’est vraiment ce que j’ai apprécié dans ce roman. L’ambiance et la pudeur de cette aristocratie anglaise qui est parfois injuste.

Les plumes anglaises se reconnaissent… Enfin, je le sens tout de suite. Ici, on est en plein dedans. Descriptions, drame familiaux, plume mordante et efficace, bref, c’est vraiment la plume et le style anglais qui ont sauvés ma lecture.

L’intrigue reste simple et agréable mais pas de quoi fouetter un chat. On est vraiment dans un roman dans lequel je ne me suis pas trouvée à l’aise, je suis restée spectatrice dans cette histoire, je n’ai pas su partager l’histoire avec les personnages. Je pense que cela est dû au fait que, dès le départ, j’ai eu du mal à me lancer dans la lecture. J’ai trouvé les premiers chapitres trop longs.

Les personnages

Léon m’a beaucoup plu, sa naïveté est assez drôle et apporte son lot de péripéties. Sans le vouloir il devient le spectateur et le messager d’une romance interdite entre la sœur de Marc et d’un fermier du village. Si Léon m’a plu, les autres personnages sont un peu ternes pour moi.

En définitive, le roman ne m’a pas déplu à 100% mais ce n’est pas non plus un coup de cœur. Je pense que je ne garderai pas en mémoire cette lecture très longtemps. Cependant, j’ai vu qu’il y avait des adaptations cinématographiques… Pourquoi pas ne pas essayer ? 😉

Les – :

  • Un début trop long
  • Un roman qui ne m’a pas déplu mais qui ne m’a pas plu non plus…
  • Quelques personnages trop ternes

Les + :

  • Le cadre géographique et historique
  • L’ambiance de l’aristocratie anglaise de l’époque
  • Un roman purement anglais, style que j’adore
  • La différence entre riches et pauvres qui est un incontournable des classiques !

3

28

Orgueil et préjugés – Jane Austen

téléchargement (1)Résumé : Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage : l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

Mon avis : Je remercie mon amie Dilshad pour l’envoi de ce roman dans notre précédent SWAP. Je suis heureuse d’avoir pu mettre le nez dans le célèbre roman de Jane Austen. J’ai eu la chance et l’occasion de pouvoir lire d’autres romans de Jane Austen mais pas celui-ci.

J’avoue que la couverture est assez surprenante. Cependant, je l’aime bien, je la trouve belle et raffinée. C’est assez sympathique. On est dans une période de mascarade, de bien « se faire voir » pour tirer le meilleur parti pour s’en vanter, voir ses enfants vivre dans la richesse, bref, la couverture en dit long, c’est sympathique comme tout.

Qui ne connait pas la très belle histoire d’amour d’Elizabeth Bennett et de Monsieur Darcy ? Je pense que c’est le personnage masculin que l’on adore toutes non ? Je ne fais pas exception à la règle puisque c’est l’un de mes personnages préférés. En fait, Elizabeth et Monsieur Darcy est un couple que je trouve merveilleux.

La famille d’Elizabeth est haute en couleur : chez les Bennett, on a cinq filles ! Les deux plus vieilles sont adorables. J’ai adoré leur relation, leur complicité, cependant, j’avoue que les trois plus jeunes ne m’ont fait ni chaud ni froid. Madame Bennett est le personnage le plus agaçant que j’ai connu je crois. Cela est probablement fait exprès pour montrer les valeurs différentes entre les personnages, les familles mais elle m’a rapidement fatiguée ! Elle ne voit que le meilleur parti, le plus d’argent possible. Elle ne se rend pas compte que son caractère et son comportement sont nocifs pour ses filles puisqu’elles sont rapidement tournées au ridicule.

J’ai, en revanche, beaucoup apprécié les personnages masculins : Monsieur Bennett, Monsieur Bingley et Monsieur Darcy. Ils sont tous dans la retenue et je trouve que Elizabeth et sa grande sœur ont le tempérament de leur père. Elles sont douces, calmes, vives et très intelligentes. C’est vraiment très agréable d’avoir des personnages principaux masculins qui viennent équilibrés la folie hormonale des femmes.

J’ai aussi apprécié le caractère d’Elizabeth. Même si elle sait que le comportement de sa famille dérange, elle n’oublie pas d’où elle vient. Elle a des valeurs et ne fera pas de courbettes aux gens qu’elle n’apprécie pas. C’est assez surprenant pour l’époque d’avoir un personnage principal si fort mais c’est ce qui fait la force et le dynamisme des romans de Jane Austen. C’est un personnage qui n’a pas sa langue dans sa poche, elle est intelligente et ne se laisse pas marcher sur les pieds par la « haute société ».

Ici, on a un parallèle entre les valeurs et les pensées de la haute société et de la population moins aisée. J’ai apprécié ceci.

La plume de Jane Austen fait partie de l’une de mes préférées. Je ne pense pas qu’il soit utile de vous vanter les mérites de ce classique de la littérature qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie.

Les – :

  • Les personnages féminins : surtout Madame Bennett. Même si son rôle est important, ce personnage m’a fait lever les yeux au ciel.

Les + :

  • Le couple Darcy/Bennett
  • La plume de Jane Austen.
  • Le décor de l’époque que j’ai apprécié.
  • Les personnages masculins haut en couleurs.
  • La manière dont Elizabeth parvient à trouver un compromis entre les deux strates de la société.

155801df381f3fd - Copie155801df381f3fd - Copie155801df381f3fd - Copie155801df381f3fd - Copie155801df381f3fd - Copie

20

Belle – Robin McKinley

belle-597124-250-400Résumé: Belle était loin d’être aussi jolie que ses sœurs. A quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné, elle en fut réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village au fond des bois. Tous auraient pu vivre ainsi, heureux d’une existence loin du luxe et des lumières de la ville, mais le destin s’acharna une fois encore sur eux. Quand son père revint au foyer avec l’histoire d’un château magique et de la terrible promesse qu’il avait dû faire à la Bête qui y vivait, Belle partit de son plein gré affronter le monstre et sa question sans cesse répétée : « Belle, voulez-vous… ? » Ceci est son histoire… une histoire d’amour et de rêve.

Mon avis: L’histoire ne change pas du conte que l’on connait. L’intrigue de base reste la même.

 Belle et sa famille partent à la campagne après la faillite de son père. C’est une famille mono-parentale : trois soeurs différentes mais très unies. Elles aident leur père, la maison, elles se font tant bien que mal à la vie de campagne. Elles passent d’un environnement riche, avec des domestiques à une vie précaire, rustique. Grâce est mariée et à deux enfants. Espérance est dans l’attente depuis trois ans de son fiancé disparu en mère et il y a Belle. Belle est la plus jeune, la plus simple : elle a toujours le nez dans un livre, apprend les langues. Elle est proche des animaux. Elle n’est pas très jolie mais très intelligente, douce et compréhensive. Elle travaille dur pour la ferme avec sa famille. Elle a un sens de l’honneur : elle part vivre chez la bête pour que sa famille vive correctement, sans être ennuyée.

Au fil du roman, on voit l’évolution de cette famille qui a tout perdu. Elle refait surface petit à petit grâce aux talents du mari de Grace qui est forgeron. Au travail de la famille, unie mais aussi grâce aux cadeaux de la Bête. La famille vit correctement parce que la Bête veille sur elle.

Le personnage de la Bête reste effrayant au début. Elle a un caractère effroyable par moment. Mais il se montre hospitalier avec son invitée/prisonnière Belle. Tous les soirs après le repas, il lui pose toujours la même question : « Voulez-vous m’épouser? »

La relation entre les deux personnages s’améliore de jour en jour. En effet, les premiers jours sont compliqués, Belle se sent prise au piège de ce château, de cette Bête mais les deux finissent par s’apprivoiser. On passe de la peur à la crainte puis au doute pour passer à l’acceptation de cette situation puis à la camaraderie pour passer à l’amitié puis enfin à l’amour. On lit une belle complicité entre ces deux personnages, j’ai beaucoup aimé lire cette complicité naissante.

Les décors sont somptueux. Ils sont bien sur enchantés. Tout est beau et tout finit par reprendre vit autour d’eux grâce à Belle et à son amour des animaux, sa douceur et sa joie de vivre. Les oiseaux qui avait désertés le château reviennent peu à peu et son cheval qui avait peur de la Bête, s’acclimate tant bien que mal ! Le château est magique, les pièces bougent, on ne peut pas se perdre. Il suffit de demander ce que l’on veut pour l’obtenir.

Il y a des présences qui aident Belle dans son quotidien et qui la chouchoute comme il se doit. Elle est parée des plus belles robes, des plus beau habits. Même si elle n’aime pas ça, elle est comme une reine dans l’enceinte de ce château. Ces aides sont invisibles mais très gentilles. La bibliothèque est une pièce centrale dans ce roman, en effet, Belle est enchantée par ces romans qui viennent de partout et même du futur! C’est surtout dans cette pièce que les deux amis s’apprivoisent.

La Bête accepte qu’elle aille prévenir sa soeur de ne pas se marier avec un homme du village. Son fiancé est vivant et il faut que Belle prévienne Espérance. Une fois au coeur de sa famille, elle est heureuse mais sent que quelque chose ne va pas. Elle va comprendre au bout de quelques jours qu’elle aime la Bête et qu’elle lui manque.

Cette réécriture de conte est courte, belle et efficace. J’ai passé un très bon moment avec ce roman. Robin McKinley a une très belle plume, une poésie certaine dans ses descriptions qui font rêver les lecteurs. Le château est magnifique sous sa plume. On apprécie les personnages et les décors.

Il reste un de mes contes préférés et j’aime à penser que l’amour est toujours vainqueur! Et puis… Cette couverture est magnifique!

Ma note : 19/20

4

Sur la route – J. Kerouac

9782070367665-e1351243795880

Me revoilà avec une chronique sur le très connu roman « sur la route » de Jack Kerouac.

Quatrième de couverture: Un gars de l’Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j’aurais avec lui, j’allais entendre l’appel d’une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse ; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi comme copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d’hôpital, qu’est-ce que cela pouvait me foutre? J’étais un jeune écrivain et je me sentais des ailes. Quelque part sur le chemin je savais qu’il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare

Mon Avis : Je qualifierai ce roman de roman qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie.
Vous devinerez que Sur la route est un plongeon dans un Road Trip

Roman précurseur de la « Beat Generation » (Kerouac fut le premier a employé ce terme) « Le sens du mot beat est incertain : il peut signifier « battu », « vaincu » ou « battement » (par allusion au jazz), ou encore exprimer la « béatitude ». On retrouve cette racine dans beatnik (nik, gars) ; beatpeut s’employer seul comme adjectif. Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Gregory Corso, Lawrence Ferlinghetti, jeunes écrivains groupés à San Francisco en 1950, se baptisèrent eux-mêmes la Beat generation, la génération vaincue, la génération du tempo. » (merci Wikipédia!). Sur la route est un classique a lire tout simplement. Pour se faire sa propre idée.

Beaucoup de gens m’en ont dit du bien, j’ai donc testé et malheureusement je n’ai pas apprécié. Je n’ai pas détesté non plus mais cela reste une lecture assez moyenne pour moi. Lecture assez fastidieuse dans l’ensemble.

J’ai quand même pu apprécié certains points. La portée du texte dans un premier temps. C’est un chemin de vie, Kerouac nous raconte une vie, sa vie ? Certainement. Ce roman a sans aucun doute une portée autobiographique, elle touche beaucoup de gens et surtout de jeunes.
Livre frais qui respire la jeunesse. C’est un questionnement personnel de la vie, on ressent beaucoup d’émotions et on entre dans une sorte de délire assez sympathique.
Autre point que j’ai pu apprécié c’est la présence du « ras le bol vis à vis de toutes les formes et de toutes les conventions ». Nous sommes dans la période de la Beat Generation et j’ai cru sentir une forme de révolution à travers les mots de Kerouac.
Grâce au langage utilisé, à l’utilisation de la première personne du singulier, beaucoup de monde peut s’identifier aux personnages.

Pour ce qui est du reste, e n’ai pas forcément adhérer.
Je vous parlais justement du style de l’auteur, je n’ai pas du tout adhéré!!!!!! De même que pour l’attrape coeur de Sallinger, j’ai trouvé l’écriture justement trop orale. Une vulgarisation des mots qui est sensée nous faire nous sentir proche des mots et des personnages, ça a eu l’effet inverse sur moi..! J’ai perdu beaucoup d’intensité à cause de ce point.
Sur la route est un roman « autobiographique », il raconte une longue aventure : C’EST UN PAVE! Et quand l’histoire ne nous emballe pas forcément, il est fort compliqué de ne pas hurler en voyant ce livre de 600 pages.

En bref: J’ai beaucoup apprécié le fait que l’on retrouve la période de La Beat Generation en toile de fond. Mais je n’ai pas su passer au dessus du style de l’auteur. L’aventure du personnage principal (Salvatore) et de ses amis n’a pas été grandiose pour moi. J’espère qu’elle le sera un peu plus pour vous.

Sur la route reste un classique qu’il faut avoir lu. Vivre ses émotions en lisant est quelque chose d’incroyable!

Ma note 12/20

Lu pour « la littérature fait son cinéma »!

Challenge La littérature fait son cinéma 2013. (1) jpg

6

Pierre et Jean – G. De Maupassant

2975953279_1_3_lEp1tTuc

Une lecture commune du mois de Septembre que j’ai lu avec Noémie (les lectures de Bibliophile). J’ai aussi lu ce livre dans le cadre du Challenge XIXème !

Nous avons donc lu Pierre et Jean de Guy de Maupassant. J’ai lu quelques nouvelles de lui. Et j’aime beaucoup son style qui se lit très très facilement. Il est beau et très agréable.

Quatrième de couverture: Pierre, médecin, ne comprend pas pourquoi un ami de sa famille a légué sa fortune à Jean, son frère cadet. Au terme d’une véritable enquête policière, il mettra au jour un terrible secret.

Mon avis: J’étais contente de découvrir le quatrième roman de Maupassant. Mais j’ai vite été freiné. Stoppée net dans ma lecture. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire. J’ai réussi au bout d’une centaine de pages. (Il en fait 177 vous pouvez donc constater que c’est à la fin que j’étais enfin dans l’histoire).

On traite ici d’un sujet qui est assez tabou au siècle de Maupassant. C’est donc avec surprise que j’ai lu l’histoire qui se déployait sous mes yeux. Je ne pensait pas qu’on aurait trouver une histoire pareille dans un Maupassant. En même temps après avoir lu Flaubert, j’aurais pu m’en douter mais bon.

J’ai beaucoup apprécié Jean. Qui hérite mais qui n’y peut rien. Il va donc devoir faire face à un frère jaloux et en colère, Pierre. Médecin qui voit sa vie exploser sous ses yeux. Des mystères et des non dits vont finir par poser des problèmes dans cette famille.

J’ai trouvé que la fin manquait cruellement de quelque chose! Je n’y ai RIEN trouvé. Je me suis dit « Mais c’est quoi cette fin?! » J’ai été un peu déçue de ma lecture. Malgré le plaisir que j’ai eu a retrouver Maupassant, Pierre et Jean ne m’a pas beaucoup convaincue.

Pour conclure, j’ai été un peu déçue de l’histoire qui ne m’a pas transporté mais qui avait tout pour me plaire. Une fin décevante. Mais toujours le même plaisir de retrouver le style de mon cher Maupassant.

Ma note : 12/20

6cue    large