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Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas

41iFuUtXEFL._SX307_BO1,204,203,200_Résumé : Aux trois gentilshommes mousquetaires Athos, Porthos et Aramis, toujours prêts à en découdre avec les gardes du Cardinal de Richelieu, s’associe le jeune gascon d’Artagnan fraîchement débarqué de sa province avec pour ambition de servir le roi Louis XIII. Engagé dans le corps des mousquetaires, d’Artagnan s’éprend de l’angélique Constance Bonacieux. En lutte contre la duplicité et l’intrigue politique, les quatre compagnons trouveront en face d’eux une jeune anglaise démoniaque et très belle, Milady, la redoutable espionne du Cardinal. D’Artagnan seul échappe à ses agents. Mais rapportera-t-il à temps à la Reine de France, Anne d’Autriche, les ferrets qu’elle a remis à son amant, le duc de Buckingham ? Chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas et modèle de roman historique, « Les trois mousquetaires » demeure un des livres les plus lus dans le monde entier.

~ Lecture détente 📖 ~

Roman d’aventures, de cape et d’épées par excellence, il était temps pour moi de vous parler de ma lecture (qui devait être commune avec Kathleen mais qui, malheureusement, n’a pas eu le temps de la faire) que j’ai terminée il y a quelques mois maintenant.

J’aime beaucoup les romans classiques. J’avais terriblement envie de me plonger dans celui-ci depuis très longtemps. Ce que j’apprécie de la part des éditeurs, c’est le fait que les romans classiques sont à petit prix. Ainsi, on peut se procurer des œuvres classiques intéressantes (comme celle-ci mais aussi les liaisons dangereuses par exemple) pour quelques euros. C’est génial !

Athos, Porthos, Aramis & D’Artagnan sont les mousquetaires les plus célèbres de la littérature. D’Artagnan ayant aussi fait plusieurs fois apparition dans l’Histoire de France, c’est avec quelques repères historiques que l’on se lance dans notre lecture. Les trois mousquetaires est un roman d’aventures qu’il faut lire. J’ai adoré faire la rencontre de ses mousquetaires en guerre contre Richelieu. Ce roi, peu soucieux, finalement, des histoires de guerre et des complots qui se trament derrière lui et la couronne de France. Richelieu est un cardinal que j’ai toujours détesté. Il ne sait pas rester à sa place et finalement tire les ficelles de cette monarchie qui reste son plus grand but dans sa vie. Le pouvoir fait tourner la tête de tout le monde.

Athos, Porthos et Aramis est un trio masculin fort. J’ai adoré les trois personnages même si j’ai un petit faible pour Aramis, cet homme de foi que parvient à équilibrer sa vie entre religion et justice. Que serait un roman d’aventure sans une histoire d’amour ? Milady est la femme fatale par excellence. C’est un personnage bivalent qui s’adapte à toutes les situations. Milady est un personnage vénal qui ne recule devant rien pour arriver à ses propres fins. Trahisons, manipulations et complots sont au rendez-vous avec ces personnages ! On peut aussi penser à Constance, jeune femme qui va parvenir à calmer D’Artagnan et à faire battre son cœur.

D’Artagnan a été, dès les premières pages, le personnage avec lequel j’ai eu le plus de mal. Sur de lui et très arrogant, c’est un personnage pivot dans cette histoire, il apporte un vent de fraicheur dans ce trio qui semble s’ennuyer. Cependant, je n’ai pas su l’apprécier. Ce petit gascon, aussi courageux soit-il, m’a tapée sur le système très rapidement. Il est intrépide, à soif d’aventures mais ne se rend pas forcément compte des situations dans lesquelles il se met.

Au-delà de l’aventure qui nous attend entre la France et l’Angleterre, entre les personnages historiques, on se retrouve avec une intrigue sur fond historique et politique. J’ai aimé ce côté historique qui nous apporte quelque chose d’intéressant. Des figures intéressantes viennent s’ajouter aux personnages mentionnés ci-dessus : la Reine de France, le duc de Buckingham. Bref, on vit une aventure que j’ai vraiment appréciée.

Ce roman n’est pas une lecture parfaite. J’ai eu un peu de mal à me mettre dans le bain. En effet, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de digressions. J’ai eu du mal à me concentrer et à comprendre comment l’auteur fonctionnait. Même si le back ground historique est intéressant, j’avoue que j’ai eu rapidement ma dose de ce côté-là. Il faut aussi dire que les notes de bas de pages sont très nombreuses et énormes. J’ai vite été dépassée par cet aspect-là et j’ai dû, quand même faire une pause dans ma lecture pour éviter de faire une overdose. Finalement, on perd rapidement le fil de l’histoire principale si on ne fait pas attention.

La beauté de la plume d’Alexandre Dumas n’est pas à discuter. On trouve énormément de charme et de poésie dans cette plume qui rend le roman dynamique et fluide. On nous sert un roman d’aventure exquis malgré les longueurs dues aux digressions et aux explications historiques.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Un classique à dévorer ! Un roman de capes et d’épée bien plus profond que ce que l’on pouvait penser.
  • Des thématiques politiques et sociétales.
  • Une plume formidable qui n’a plus à faire ses preuves.

4

9

L’obscène oiseau de la nuit de José Donoso

41tW21-fI3L._SX195_.jpgRésumé : Mais qu’y faire ? On dit que plus rien n’est comme dans le temps. Pourtant, cette Maison reste semblable à elle-même, avec cette persistance des choses inutiles. Maintrnant, il n’y a plus que trois sœurs là où toute une congrégation veillait autrefois sur la commodité des pénitents, pour que leur âme pût voler sans entraves matérielles vers les plus pures régions de l’extase.

Sur les terres de la Chimba, au Chili, une Maison de sorcières, d’accoucheuses, de pleureuses. Un narrateur fou, polymorphe, insaisissable. Un monde hallucinatoire, vertigineux, fascinant.

Déconstruisant tous les codes de la narration, José Donoso, figure de proue du nouveau roman latino-américain dans les années 1960/1970, joue avec les esthétiques et sublime la mort, la vieillesse et le monstrueux pour donner à voir une autre réalité, comme une fenêtre ouverte sur nos terreurs inconscientes.

Citée par le journal El Mundo comme l’un des meilleurs romans hispanophones du 20ème siècle, une curiosité virtuose, qu’on lit comme on entre dans un foudroyant délire.

~ Service presse 📚 ~

Je remercie une nouvelle fois la maison d’édition Belfond pour l’envoi de son roman. J’ai été ravie de pouvoir me plonger dans un univers intéressant remis au goût du jour par la collection vintage. Classique de la littérature hispanophone du 20ème siècle, j’ai pu découvrir l’univers de José Donoso ainsi que sa plume. Je ressors de cette lecture échevelée, j’ai du mal à reprendre mon souffle. C’est le genre de roman qu’il faut lire plusieurs fois pour en comprendre le plus possible. Véritable classique de la littérature, j’ai eu un peu de mal à mettre le pied à l’étrier. Une seule question m’a assaillie tout au long du roman : mais dans quoi je me suis embarquée ?

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Les normes et les codes du beau mis à mal
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On va essayer de ne pas rentrer dans le domaine du questionnement philosophique mais ici, le beau comme on peut se le définir prend un virage à 180°. C’est vraiment spectaculaire. Déjà en tant qu’individu, on n’a pas tous la même définition du beau. Mais ici, José Donoso nous propose d’immerger dans un monde où la monstruosité, la déformation et la folie sont « normaux ». J’entends par là que la normalité (un être normalement constitué d’un point de vue scientifique et humain) est pointée du doigt. Ainsi, un des personnages difformes et rejeté par sa famille se voit devenir quelqu’un de beau dans un village créé de toutes pièces par son père pour le protéger de la méchanceté du monde. Mais qui devient cruel quand on pense être le plus beau et le plus équilibré de la terre ? Je vous le donne dans le mille.

On est dans un monde où toutes nos conceptions de la vie sont mises à mal. On reconstruit tout. C’est plutôt un exercice compliqué dans le sens où, malheureusement, qu’on le veuille ou non, nous sommes habitués à certaines normes. Ici, les yeux du lecteur doivent s’acclimater à quelque chose de « bizarre » ou encore d’ « étrange » parce que ce n’est pas que l’on a d’habitude sous le nez. Cette partie-là de l’histoire m’a  beaucoup plu. On est vraiment dans quelque chose de nouveau, qui nous bouscule et qui nous force à concevoir et à penser autrement.

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Le nouveau roman : qu’est-ce que c’est ?
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J’ai apprécié retrouver le nouveau roman dans une lecture qui sort du cadre scolaire. Notion compliquée et simple à la fois, c’est mon copain Wikipédia qui vient vous l’expliquer en quelques lignes.

Le nouveau roman vient rejeter plusieurs notions :

Le rejet du personnage : Que le roman puisse prétendre créer et faire connaître un « personnage » cohérent, dans toutes ses dimensions, de sa naissance à sa mort, paraît aberrant aux Nouveaux Romanciers.

Le rejet du point de vue omniscient : Le point de vue « surplombant » d’un narrateur tout-puissant et omniscient est énergiquement rejeté ; le narrateur, souvent multiple, parfois indécidable, ne peut donner qu’un point de vue partiel, et partial.

Il y a aussi le rejet de l’intrigue et de toute forme de réalisme. Je vous invite à aller voir de vous-même. Vous comprendrez ainsi aisément que l’auteur inscrit totalement son roman dans ce genre précis.

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Intrigue, plume et narration
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Ici, c’est vraiment un exercice littéraire fouillé qui pourrait rendre hommage à ce livre. Personnellement, je ne peux pas dire que la lecture de ce roman soit un coup de cœur, en effet, on se retrouve vraiment dans un endroit exotique et pleins de mystères : même les personnages ont cette part de bizarrerie (sans parler de physique) dans leurs comportements. On ne sait pas trop où l’auteur veut nous emmener. Je ne sais pas comment expliquer mon avis sur le roman. Je pense que l’auteur peut être satisfait !

J’ai beaucoup pensé à Blas de Roblès durant ma lecture. J’ai surtout pensé à Là où les tigres sont chez eux. C’est exotique à souhait autant dans les décors que dans la manière de traiter le sujet. On reste vraiment dans l’aventure étrange. On se demande vraiment ce que peut être ce roman.

Notre Narrateur, El Mudito est un personnage bien singulier : déformé, sourd et muet, il nous offre une possibilité de nous infiltrer dans son esprit, dans sa folie. Personnage aussi important que notre narrateur, la Maison : un dédale de pièces, de couloirs où l’on se perd facilement. El Mudito y travaille.

Le résumé nous parle de polymorphisme et franchement, c’est carrément ça. Le « je » devient un « nous » qui passe au « tu » puis au « ils » bref, on est dans un enchevêtrement de réalités qui n’ont qu’un point commun : les pensées du personnage principal. C’est fouillé, innovent mais complètement fou. C’est un risque à prendre quand on écrit un roman aussi révolutionnaire : on perd le lecteur. C’est certainement une volonté de la part de l’auteur mais franchement, il a bien réussi son coup, j’étais complètement perdue.

A un moment, j’ai pris le parti de faire le vide dans mon esprit, de chasser toutes mes appréhensions sur le roman et c’est là que je suis enfin partie au Chili pour vivre cette expérience. Elle n’est pas de tout repos mais franchement intéressante.

Pour pouvoir clairement parler de ce roman, il faudrait le lire. Cependant, je tiens à le dire tout de suite, ce n’est pas un roman à mettre entre toutes les mains des lecteurs. Si je n’avais pas déjà fait l’expérience d’un roman OVNI en cours de littérature, j’aurais certainement abandonnée ma lecture : c’est dense, fou et follement intelligent. Ca part dans tous les sens, au rythme des conversations et des souvenirs de notre narrateur.

3 bonnes raisons de lire le roman :

  • Des personnages hors normes dans tous les sens du terme
  • Un univers complètement inattendu et innovant
  • Un roman OVNI qui fait partie des classiques du 20ème siècle.

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Comme une gazelle apprivoisée de Barbara Pym

41JDJoaIu7L._SX195_.jpgRésumé : Les demoiselles Bede, deux sœurs d’âge moyen et de caractères opposés, ne vivent que pour les intrigues de leur paroisse de campagne. Harriet, douillette, élégante et irrésistiblement gaie, a une passion : s’occuper des nouveaux vicaires, surtout s’ils sont jeunes, pâles et minces. Sa sœur Belinda, plus timide, se désintéresse de la mode, et cultive depuis trente ans une sage dévotion pour l’archidiacre Hoccleve. Un vieux comte italien, Ricardo Bianco, demande régulièrement la main de Harriet, qui elle, sollicite son avis sur des problèmes de jardinage. Soudain, ces vies paisibles vont être troublées par l’arrivée d’un célèbre bibliothécaire, Nathaniel Mold, et d’un évêque africain, Théodore Grote. Ils se mettent à fréquenter la maison des deux sœurs avec une assiduité inquiétante… La reine de la comédie douce-amère britannique est, ici, au sommet de son art. 

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman qui signe ma deuxième découverte dans cette chouette collection qu’est « les romans vintage » après avoir lu le messager, je me suis plongée dans l’univers de Comme une gazelle apprivoisée de Barbara Pym.

Un roman anglais

Encore un ! Je suis vraiment très heureuse de croiser sur mon chemin des romans anglais écrits par des auteurs de renom (que je ne connais pas) ! Ici, rien qu’à la couverture, j’ai craqué. On parle ensuite de vieilles filles : les demoiselles Bede qui passent leurs temps à boire du thé et à cancaner sur ce qui se passe dans leur village.

Harriet et Belinda, un duo de sœurs détonnant

Je pense que je n’ai jamais vu deux sœurs aussi radicalement opposées : en effet, si Harriet part à la chasse aux jeunes vicaires, Belinda se moque complètement de la mode et des nouveaux arrivants : elle n’a d’yeux que pour l’archidiacre Hoccleve. Ainsi, tout au long du roman, on vit, on lit et on rit de ces multiples demandes en mariage que les sœurs prennent un certain plaisir à décliner.

Elles sont drôles, des fois, à leurs dépens, ce roman ne manque pas de piquant grâce aux deux psychologies de ces deux personnages. Si Barbara Pym m’était encore inconnue, je suis vraiment heureuse d’avoir croisé sur mon chemin cette plume typiquement anglaise. Jeux de mots et jeux d’esprits sont au rendez-vous !

La vie d’un village

Quel dépaysement pour moi. Franchement, je me suis revue flâner dans les petits villages anglais aux mamies fouinant aux fenêtres. C’était excellent ! Barbara Pym, grâce à sa plume mais aussi à ses personnages, parvient à nous faire vivre dans ce village le temps d’une lecture. Ainsi, on se rend rapidement compte de l’importance des personnages secondaires.

La vie d’un village se fait de quelques façons : la vie, les relations entre villageois, les visiteurs qui s’y perdent mais surtout… LES RAGOTS ! Les ragots viennent bercer ces longues journées d’été ou d’hiver, au printemps, ils sont un bon prétexte pour s’inviter chez les sœurs Bede pour le thé. En automne, ils rythment la vie des feuilles qui tombent… Bref, c’est le sujet qui est au rendez-vous !

Un œil particulier sur le mariage

J’avoue que, à moins d’un an du mien, l’avis de Barbara Pym sur le mariage m’a fichu un coup… Ahah ! Non sérieusement, l’image du mariage a bien changé depuis l’écriture de ce roman. Pour Harriet et Belinda, dire oui à l’institution que représente le mariage, c’est mettre un frein à sa liberté, se laisser diriger par un homme et dire adieu à leur petit coin de paradis. Ainsi, en refusant, elles restent des femmes avec leur liberté, leurs idées et aucun homme pour leur dicter leurs faits et gestes.

La plume de Barbara Pym

Comme je vous l’ai déjà dit ci-dessus, je ne connaissais pas la plume de Barbara Pym. Je suis ravie d’avoir pu la découvrir ! Entre tasse de thé et intrigue de village, j’ai adoré découvrir cette plume qui retranscrit vraiment la vie dans un village anglais. Les stéréotypes ne sont pas très présents : pour moi, les jardins à l’anglaise, les personnes aux fenêtres, l’art de servir le thé ne sont pas des stéréotypes mais une manière de vivre. Barbara Pym les retranscrit parfaitement. Ainsi, nous avons un roman rempli de charme à l’anglais. Malgré les quelques longueurs, j’y ai trouvé mon compte !

Les – :

  • Quelques longueurs au départ, il faut passer les premiers chapitres pour apprécier pleinement la qualité de l’ouvrage.

Les + :

  • Les sœurs Harriet et Belinda
  • Le charme des villages anglais merveilleusement retranscrit.
  • La découverte de la plume de Barbara Pym
  • La culture anglaise soulignée par ici.
  • Le parti pris de l’auteure sur la question du mariage et de la liberté de la femme.

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Le messager de Leslie Poles Hartley

51d3v2wi5ZL._SX195_Résumé : Il faisait très chaud cet été-là et tous les spectateurs du grand film de Losey garderont à jamais le souvenir de tous ces personnages engoncés dans cette campagne anglaise torride. Le lecteur du beau roman de Leslie Hartley (1895-1972) s’apercevra avec une surprise vite muée en délectation, que le grand cinéaste a illustré page après page cette triste et dramatique histoire d’amour, manquent les yeux de Julie Christie, mais reste le récit pudique, subtil et prenant d’un  » Bildung roman  » qui aurait pu séduire Stevenson comme Henry James.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman que j’ai pris plaisir à découvrir dans la collection Vintage des éditions. Je trouve cela très sympathique comme pratique. Ainsi, on peut se replonger facilement dans des romans classiques. C’est une idée très sympathique.

Un roman sur la différence

Ce roman traite de différentes thématiques mais celle de la différence n’est pas à négliger bien au contraire. La différence est présente à plusieurs niveaux : elle se voit entre les deux amis Léon et Marc puisqu’ils ne viennent pas de la même strate sociale mais aussi entre deux jeunes personnes qui tombent amoureuses.

On fait la rencontre de Léon et de Marc. Marc est un jeune homme de l’aristocratie anglaise. Léon est son ami qui lui, ne connait pas le faste de la noblesse anglaise de cette époque. Léon devient rapidement le messager naïf d’une histoire d’amour entre la sœur de Marc et Ted, un jeune homme de ferme.

J’ai mis du temps à écrire ma chronique. Cela fait une semaine que je suis dessus. J’avoue que d’habitude, je suis plutôt du genre à apprécier ce contexte historique et géographique mais ici, cela n’a pas pris comme je l’aurais souhaité. Je suis passée un peu à côté. Finalement, je n’ai pas grand-chose à dire sur le roman…

Un roman purement anglais

On se retrouve vraiment dans un contexte que j’adore : l’aristocratie anglaise. La noblesse anglaise et ses étiquettes ! Il y a tellement à dire là-dessus. C’est vraiment ce que j’ai apprécié dans ce roman. L’ambiance et la pudeur de cette aristocratie anglaise qui est parfois injuste.

Les plumes anglaises se reconnaissent… Enfin, je le sens tout de suite. Ici, on est en plein dedans. Descriptions, drame familiaux, plume mordante et efficace, bref, c’est vraiment la plume et le style anglais qui ont sauvés ma lecture.

L’intrigue reste simple et agréable mais pas de quoi fouetter un chat. On est vraiment dans un roman dans lequel je ne me suis pas trouvée à l’aise, je suis restée spectatrice dans cette histoire, je n’ai pas su partager l’histoire avec les personnages. Je pense que cela est dû au fait que, dès le départ, j’ai eu du mal à me lancer dans la lecture. J’ai trouvé les premiers chapitres trop longs.

Les personnages

Léon m’a beaucoup plu, sa naïveté est assez drôle et apporte son lot de péripéties. Sans le vouloir il devient le spectateur et le messager d’une romance interdite entre la sœur de Marc et d’un fermier du village. Si Léon m’a plu, les autres personnages sont un peu ternes pour moi.

En définitive, le roman ne m’a pas déplu à 100% mais ce n’est pas non plus un coup de cœur. Je pense que je ne garderai pas en mémoire cette lecture très longtemps. Cependant, j’ai vu qu’il y avait des adaptations cinématographiques… Pourquoi pas ne pas essayer ? 😉

Les – :

  • Un début trop long
  • Un roman qui ne m’a pas déplu mais qui ne m’a pas plu non plus…
  • Quelques personnages trop ternes

Les + :

  • Le cadre géographique et historique
  • L’ambiance de l’aristocratie anglaise de l’époque
  • Un roman purement anglais, style que j’adore
  • La différence entre riches et pauvres qui est un incontournable des classiques !

3

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Orgueil et préjugés – Jane Austen

téléchargement (1)Résumé : Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage : l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe.

Mon avis : Je remercie mon amie Dilshad pour l’envoi de ce roman dans notre précédent SWAP. Je suis heureuse d’avoir pu mettre le nez dans le célèbre roman de Jane Austen. J’ai eu la chance et l’occasion de pouvoir lire d’autres romans de Jane Austen mais pas celui-ci.

J’avoue que la couverture est assez surprenante. Cependant, je l’aime bien, je la trouve belle et raffinée. C’est assez sympathique. On est dans une période de mascarade, de bien « se faire voir » pour tirer le meilleur parti pour s’en vanter, voir ses enfants vivre dans la richesse, bref, la couverture en dit long, c’est sympathique comme tout.

Qui ne connait pas la très belle histoire d’amour d’Elizabeth Bennett et de Monsieur Darcy ? Je pense que c’est le personnage masculin que l’on adore toutes non ? Je ne fais pas exception à la règle puisque c’est l’un de mes personnages préférés. En fait, Elizabeth et Monsieur Darcy est un couple que je trouve merveilleux.

La famille d’Elizabeth est haute en couleur : chez les Bennett, on a cinq filles ! Les deux plus vieilles sont adorables. J’ai adoré leur relation, leur complicité, cependant, j’avoue que les trois plus jeunes ne m’ont fait ni chaud ni froid. Madame Bennett est le personnage le plus agaçant que j’ai connu je crois. Cela est probablement fait exprès pour montrer les valeurs différentes entre les personnages, les familles mais elle m’a rapidement fatiguée ! Elle ne voit que le meilleur parti, le plus d’argent possible. Elle ne se rend pas compte que son caractère et son comportement sont nocifs pour ses filles puisqu’elles sont rapidement tournées au ridicule.

J’ai, en revanche, beaucoup apprécié les personnages masculins : Monsieur Bennett, Monsieur Bingley et Monsieur Darcy. Ils sont tous dans la retenue et je trouve que Elizabeth et sa grande sœur ont le tempérament de leur père. Elles sont douces, calmes, vives et très intelligentes. C’est vraiment très agréable d’avoir des personnages principaux masculins qui viennent équilibrés la folie hormonale des femmes.

J’ai aussi apprécié le caractère d’Elizabeth. Même si elle sait que le comportement de sa famille dérange, elle n’oublie pas d’où elle vient. Elle a des valeurs et ne fera pas de courbettes aux gens qu’elle n’apprécie pas. C’est assez surprenant pour l’époque d’avoir un personnage principal si fort mais c’est ce qui fait la force et le dynamisme des romans de Jane Austen. C’est un personnage qui n’a pas sa langue dans sa poche, elle est intelligente et ne se laisse pas marcher sur les pieds par la « haute société ».

Ici, on a un parallèle entre les valeurs et les pensées de la haute société et de la population moins aisée. J’ai apprécié ceci.

La plume de Jane Austen fait partie de l’une de mes préférées. Je ne pense pas qu’il soit utile de vous vanter les mérites de ce classique de la littérature qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie.

Les – :

  • Les personnages féminins : surtout Madame Bennett. Même si son rôle est important, ce personnage m’a fait lever les yeux au ciel.

Les + :

  • Le couple Darcy/Bennett
  • La plume de Jane Austen.
  • Le décor de l’époque que j’ai apprécié.
  • Les personnages masculins haut en couleurs.
  • La manière dont Elizabeth parvient à trouver un compromis entre les deux strates de la société.

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Belle – Robin McKinley

belle-597124-250-400Résumé: Belle était loin d’être aussi jolie que ses sœurs. A quoi bon ? Aux soirées mondaines, aux robes somptueuses, elle préférait les chevaux et les auteurs anciens. Quand son père se trouva ruiné, elle en fut réduite à aller avec sa famille habiter une pauvre maison, dans un village au fond des bois. Tous auraient pu vivre ainsi, heureux d’une existence loin du luxe et des lumières de la ville, mais le destin s’acharna une fois encore sur eux. Quand son père revint au foyer avec l’histoire d’un château magique et de la terrible promesse qu’il avait dû faire à la Bête qui y vivait, Belle partit de son plein gré affronter le monstre et sa question sans cesse répétée : « Belle, voulez-vous… ? » Ceci est son histoire… une histoire d’amour et de rêve.

Mon avis: L’histoire ne change pas du conte que l’on connait. L’intrigue de base reste la même.

 Belle et sa famille partent à la campagne après la faillite de son père. C’est une famille mono-parentale : trois soeurs différentes mais très unies. Elles aident leur père, la maison, elles se font tant bien que mal à la vie de campagne. Elles passent d’un environnement riche, avec des domestiques à une vie précaire, rustique. Grâce est mariée et à deux enfants. Espérance est dans l’attente depuis trois ans de son fiancé disparu en mère et il y a Belle. Belle est la plus jeune, la plus simple : elle a toujours le nez dans un livre, apprend les langues. Elle est proche des animaux. Elle n’est pas très jolie mais très intelligente, douce et compréhensive. Elle travaille dur pour la ferme avec sa famille. Elle a un sens de l’honneur : elle part vivre chez la bête pour que sa famille vive correctement, sans être ennuyée.

Au fil du roman, on voit l’évolution de cette famille qui a tout perdu. Elle refait surface petit à petit grâce aux talents du mari de Grace qui est forgeron. Au travail de la famille, unie mais aussi grâce aux cadeaux de la Bête. La famille vit correctement parce que la Bête veille sur elle.

Le personnage de la Bête reste effrayant au début. Elle a un caractère effroyable par moment. Mais il se montre hospitalier avec son invitée/prisonnière Belle. Tous les soirs après le repas, il lui pose toujours la même question : « Voulez-vous m’épouser? »

La relation entre les deux personnages s’améliore de jour en jour. En effet, les premiers jours sont compliqués, Belle se sent prise au piège de ce château, de cette Bête mais les deux finissent par s’apprivoiser. On passe de la peur à la crainte puis au doute pour passer à l’acceptation de cette situation puis à la camaraderie pour passer à l’amitié puis enfin à l’amour. On lit une belle complicité entre ces deux personnages, j’ai beaucoup aimé lire cette complicité naissante.

Les décors sont somptueux. Ils sont bien sur enchantés. Tout est beau et tout finit par reprendre vit autour d’eux grâce à Belle et à son amour des animaux, sa douceur et sa joie de vivre. Les oiseaux qui avait désertés le château reviennent peu à peu et son cheval qui avait peur de la Bête, s’acclimate tant bien que mal ! Le château est magique, les pièces bougent, on ne peut pas se perdre. Il suffit de demander ce que l’on veut pour l’obtenir.

Il y a des présences qui aident Belle dans son quotidien et qui la chouchoute comme il se doit. Elle est parée des plus belles robes, des plus beau habits. Même si elle n’aime pas ça, elle est comme une reine dans l’enceinte de ce château. Ces aides sont invisibles mais très gentilles. La bibliothèque est une pièce centrale dans ce roman, en effet, Belle est enchantée par ces romans qui viennent de partout et même du futur! C’est surtout dans cette pièce que les deux amis s’apprivoisent.

La Bête accepte qu’elle aille prévenir sa soeur de ne pas se marier avec un homme du village. Son fiancé est vivant et il faut que Belle prévienne Espérance. Une fois au coeur de sa famille, elle est heureuse mais sent que quelque chose ne va pas. Elle va comprendre au bout de quelques jours qu’elle aime la Bête et qu’elle lui manque.

Cette réécriture de conte est courte, belle et efficace. J’ai passé un très bon moment avec ce roman. Robin McKinley a une très belle plume, une poésie certaine dans ses descriptions qui font rêver les lecteurs. Le château est magnifique sous sa plume. On apprécie les personnages et les décors.

Il reste un de mes contes préférés et j’aime à penser que l’amour est toujours vainqueur! Et puis… Cette couverture est magnifique!

Ma note : 19/20

4

Sur la route – J. Kerouac

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Me revoilà avec une chronique sur le très connu roman « sur la route » de Jack Kerouac.

Quatrième de couverture: Un gars de l’Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j’aurais avec lui, j’allais entendre l’appel d’une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse ; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi comme copain et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d’hôpital, qu’est-ce que cela pouvait me foutre? J’étais un jeune écrivain et je me sentais des ailes. Quelque part sur le chemin je savais qu’il y aurait des filles, des visions, tout, quoi ; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare

Mon Avis : Je qualifierai ce roman de roman qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie.
Vous devinerez que Sur la route est un plongeon dans un Road Trip

Roman précurseur de la « Beat Generation » (Kerouac fut le premier a employé ce terme) « Le sens du mot beat est incertain : il peut signifier « battu », « vaincu » ou « battement » (par allusion au jazz), ou encore exprimer la « béatitude ». On retrouve cette racine dans beatnik (nik, gars) ; beatpeut s’employer seul comme adjectif. Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Gregory Corso, Lawrence Ferlinghetti, jeunes écrivains groupés à San Francisco en 1950, se baptisèrent eux-mêmes la Beat generation, la génération vaincue, la génération du tempo. » (merci Wikipédia!). Sur la route est un classique a lire tout simplement. Pour se faire sa propre idée.

Beaucoup de gens m’en ont dit du bien, j’ai donc testé et malheureusement je n’ai pas apprécié. Je n’ai pas détesté non plus mais cela reste une lecture assez moyenne pour moi. Lecture assez fastidieuse dans l’ensemble.

J’ai quand même pu apprécié certains points. La portée du texte dans un premier temps. C’est un chemin de vie, Kerouac nous raconte une vie, sa vie ? Certainement. Ce roman a sans aucun doute une portée autobiographique, elle touche beaucoup de gens et surtout de jeunes.
Livre frais qui respire la jeunesse. C’est un questionnement personnel de la vie, on ressent beaucoup d’émotions et on entre dans une sorte de délire assez sympathique.
Autre point que j’ai pu apprécié c’est la présence du « ras le bol vis à vis de toutes les formes et de toutes les conventions ». Nous sommes dans la période de la Beat Generation et j’ai cru sentir une forme de révolution à travers les mots de Kerouac.
Grâce au langage utilisé, à l’utilisation de la première personne du singulier, beaucoup de monde peut s’identifier aux personnages.

Pour ce qui est du reste, e n’ai pas forcément adhérer.
Je vous parlais justement du style de l’auteur, je n’ai pas du tout adhéré!!!!!! De même que pour l’attrape coeur de Sallinger, j’ai trouvé l’écriture justement trop orale. Une vulgarisation des mots qui est sensée nous faire nous sentir proche des mots et des personnages, ça a eu l’effet inverse sur moi..! J’ai perdu beaucoup d’intensité à cause de ce point.
Sur la route est un roman « autobiographique », il raconte une longue aventure : C’EST UN PAVE! Et quand l’histoire ne nous emballe pas forcément, il est fort compliqué de ne pas hurler en voyant ce livre de 600 pages.

En bref: J’ai beaucoup apprécié le fait que l’on retrouve la période de La Beat Generation en toile de fond. Mais je n’ai pas su passer au dessus du style de l’auteur. L’aventure du personnage principal (Salvatore) et de ses amis n’a pas été grandiose pour moi. J’espère qu’elle le sera un peu plus pour vous.

Sur la route reste un classique qu’il faut avoir lu. Vivre ses émotions en lisant est quelque chose d’incroyable!

Ma note 12/20

Lu pour « la littérature fait son cinéma »!

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Pierre et Jean – G. De Maupassant

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Une lecture commune du mois de Septembre que j’ai lu avec Noémie (les lectures de Bibliophile). J’ai aussi lu ce livre dans le cadre du Challenge XIXème !

Nous avons donc lu Pierre et Jean de Guy de Maupassant. J’ai lu quelques nouvelles de lui. Et j’aime beaucoup son style qui se lit très très facilement. Il est beau et très agréable.

Quatrième de couverture: Pierre, médecin, ne comprend pas pourquoi un ami de sa famille a légué sa fortune à Jean, son frère cadet. Au terme d’une véritable enquête policière, il mettra au jour un terrible secret.

Mon avis: J’étais contente de découvrir le quatrième roman de Maupassant. Mais j’ai vite été freiné. Stoppée net dans ma lecture. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire. J’ai réussi au bout d’une centaine de pages. (Il en fait 177 vous pouvez donc constater que c’est à la fin que j’étais enfin dans l’histoire).

On traite ici d’un sujet qui est assez tabou au siècle de Maupassant. C’est donc avec surprise que j’ai lu l’histoire qui se déployait sous mes yeux. Je ne pensait pas qu’on aurait trouver une histoire pareille dans un Maupassant. En même temps après avoir lu Flaubert, j’aurais pu m’en douter mais bon.

J’ai beaucoup apprécié Jean. Qui hérite mais qui n’y peut rien. Il va donc devoir faire face à un frère jaloux et en colère, Pierre. Médecin qui voit sa vie exploser sous ses yeux. Des mystères et des non dits vont finir par poser des problèmes dans cette famille.

J’ai trouvé que la fin manquait cruellement de quelque chose! Je n’y ai RIEN trouvé. Je me suis dit « Mais c’est quoi cette fin?! » J’ai été un peu déçue de ma lecture. Malgré le plaisir que j’ai eu a retrouver Maupassant, Pierre et Jean ne m’a pas beaucoup convaincue.

Pour conclure, j’ai été un peu déçue de l’histoire qui ne m’a pas transporté mais qui avait tout pour me plaire. Une fin décevante. Mais toujours le même plaisir de retrouver le style de mon cher Maupassant.

Ma note : 12/20

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Antigone – J. Anouilh

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Voici la chronique d’Antigone de Jean Anouilh. J’ai pu redécouvrir le mythe que je préfère grâce au challenge « Haut en couleurs » et au rendez-vous que j’ai mis en place avec ma partenaire. « Les choix de Culture, you and me » s’est arrêté sur cet ouvrage, petit et rapide à lire.

Quatrième de couverture: Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d’Antigone. Fille d’Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d’enterrer le corps de son frère Polynice. Présentée sous l’Occupation, en 1944, l’Antigone d’Anouilh met en scène l’absolu d’un personnage en révolte face au pouvoir, à l’injustice et à la médiocrité.

Mon avis: J’ai pris beaucoup de plaisir (en attendant que mon médecin daigne me prendre en consultation) à redécouvrir le mythe d’Antigone qui reste un de mes préférés.

Antigone est pour moi une héroïne magnifique. Elle n’est pas d’une réelle beauté. Mais elle est belle à sa manière. Elle décide de tout envoyer balader même sa vie. Elle a une volonté incroyable. C’est un bel exemple de prise de conscience et de risque par la même occasion.

Elle est vraiment prête à tout et à se battre pour défendre ses convictions. C’est une belle leçon de vie! Elle préfère mourir la tête haute que de fermer les yeux sur ce qui est un crime pour elle. Elle affronte la vie, son roi, son Oncle.

L’histoire est très belle. Elle veut enterrer son frère qui est mort en lâche. Créon, roi & oncle d’Antigone ne veut pas en entendre parler. Mais elle ne lâche rien. Têtue comme un âne, elle ne renoncera à rien pour traiter son frère convenablement même dans la mort.

Une héroïne qui se bat pour ses convictions et ses croyances. Un mythe qui se révèle être intemporel. Une belle leçon de vie.

Ma note: 16/20

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Madame Bovary – Gustave Flaubert

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A l’occasion de deux challenges, je me suis lancée dans une lecture folle ! Celle de Madame Bovary de notre cher Gustave Flaubert.

Résumé : Madame Bovary Une jeune femme romanesque qui s’était construit un monde romantiquement rêvé tente d’échapper – dans un vertige grandissant – à l’ennui de sa province, à la médiocrité de son mariage et à la platitude de sa vie. Mais quand Flaubert publie Madame Bovary, en 1857, toute la nouveauté du roman réside dans le contraste entre un art si hautement accompli et la peinture d’un univers si ordinaire. « Ce n’était plus du roman comme l’avaient fait les plus grands », dira Maupassant : « C’était la vie elle-même apparue. On eût dit que les personnages se dressaient sous les yeux en tournant les pages, que les paysages se déroulaient avec leurs tristesses et leur gaieté, leurs odeurs, leur charme, que les objets aussi surgissaient devant le lecteur à mesure que les évoquait une puissance invisible, cachée on ne sait où. »

Mon avis : Le premier mot qui me vient à l’esprit c’est « ennui ». Moi qui adore la littérature « classique » j’ai été incroyablement déçue par cette lecture.

Les personnages sont tous aussi ennuyant et très peu attachant. J’ai eu mal au cœur pour Charles Bovary qui est peu être le seul personnage pour qui j’ai pu ressentir ça. Maltraité par sa femme, moralement parlant, elle ne voit en lui que l’ennui et l’idiotie alors qu’il fait tout pour la rendre heureuse. Charles est médecin, il est bon et généreux avec ses patients. Je trouve que ce personnage est le seul point « positif’ du livre. Il incarne le naturel, l’homme qui peut faire des erreurs mais qui est prêt à tout pour se racheter et faire de son petit monde une bulle de bonheur qui est bien trop souvent percé par sa femme.
La mère de Charles elle, endosse terriblement bien son rôle stéréotypé de belle-mère et aussi celui de mère. Elle ne cesse pas d’ennuyer sa belle-fille et fait bien évidemment dès qu’elle le peut l’éloge de son chéri d’enfant.
Même si le père de Emma Bovary est un homme gentil et reconnaissant envers Charles, je ne peux pas dire la même chose d’Emma. Ce personnage m’a agacé au plus au point ! Je sais que certains d’entre vous ont adoré moi ça n’est pas du tout passé. Elle est égoïste, se plaint de ce qu’elle n’a pas et rêve d’une vie meilleure alors qu’elle a quand même une vie relativement belle pour l’époque !

Flaubert est un grand auteur qui n’a jamais fait mon bonheur. Même si certains de ses livres sont passables pour moi. Madame Bovary reste très dur à lire. Il traite de beaucoup de sujets dans son roman : l’adultère, l’amour, la religion, l’argent et l’art.

Les descriptions ne sont pas sans nous rappeler la taille et la consistance de celles de notre cher bon vieux Zola. Même si j’aime beaucoup Zola et ses descriptions qui n’en finissent plus, ici, j’ai un peu souffert. J’étouffais avec toutes ces descriptions.

Nous avons a faire au récit de la désillusion totale d’une femme sur sa propre vie. Vivant dans ses livres, elle est amèrement déçue par sa vie. Elle reproche tout ce que son mari fait que se soit dans la vie ou pour la rendre heureuse. Entre égoïsme, amants et crises de nerfs, Emma est une femme corrompue, triste et dépressive.

Je pense que le livre aurait été meilleur pour moi si justement, son caractère n’avait pas été aussi lourd et ennuyant. Aucun trait de caractère ne me correspondait, j’ai eu beaucoup de mal à me mettre dans la peau du personnage enfin de tous les personnages. Ca doit être la raison pour laquelle j’ai eu du mal à lire et à me projeter dans l’histoire. Je n’y ai trouvé que peu d’intérêt.

Même si Flaubert nous décrit la vie d’une femme de son époque, je vous avouerai que je ne suis pas trop d’accord avec sa description. Je ne pense pas que toutes les femmes étaient comme elle, ou alors, elles étaient vraiment toutes malheureuses. De plus, je trouve que ce livre est bien trop stéréotypé !! Que ce soit au niveau des personnages ou de la tournure que prend le roman, j’ai l’impression d’avoir vécu ma lecture dans un tourbillon de stéréotypes.

C’est bien malheureux mais je n’ai pas beaucoup de choses positives à dire sur ce livre.
Vous l’avez certainement compris : je n’ai pas du tout apprécié Madame Bovary. Gardant espoir jusqu’au dernier mot de la dernière page que mon intérêt pour se livre fasse surface. Ce qui n’a pas été le cas.
Apparemment, j’ai pu lire sur d’autres blogs qu’avec cette oeuvre soit on adore, soit on déteste… Bon ben je partage l’avis des gens qui détestent bien que ce soit un mot fort, je vais plutôt dire qu’il n’était pas à mon goût et que je n’ai trouvé aucune raison de l’apprécier.

Ma note : 06/20  (je tiens à préciser que la notation des romans que je lis sont mes notes. Elles reflètent MON avis.)

Lu dans le cadre des challenges « les monstrueux de la PAL » et  » la bibliothèque classique de la dépêche »

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Northanger Abbey – Jane Austen

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Bonjour mes p’tits clous

Une nouvelle chronique. Une lecture commune avec Pretty Lizzy !

Northanger abbey trainait depuis un petit mois dans ma bibliothèque. J’ai donc décidé de le lire pendant mes vacances.

Résumé :  La jeune Catherine Morland rencontre à Bath le captivant Henry Tilney qui l’invite à séjourner à l’abbaye de Northanger, propriété de son père. Une idylle se développe entre Catherine et Henry, et la confrontation de leurs points de vue sur l’histoire et le monde amène la jeune femme à gagner en maturité. Un roman d’apprentissage et un tableau des moeurs de la gentry de Bath.

Mon avis : J’ai eu un peu de mal à me mettre dans ma lecture… Je ne sais pas si c’était parce que je lisais sur la plage ou quoi mais les vingt premières pages ont été dures. Et puis … Et puis j’ai commencé a apprécié le personnage de Catherine ! Et celui de Monsieur Tilney ! J’ai lu le livre en quelques jours. Et j’ai vraiment apprécié.

Le personnage de Catherine est présentée d’une manière toute particulière ! En effet, dès les premières lignes Jane Austen nous parle de son héroïne qui est bien différente des autres, une héroïne qui est une fille décrite comme banale, pas plus belle qu’une autre, ni plus intelligente. Ce côté « normal » qu’Austen nous propose peut paraître un peu étrange, voire ennuyant. Mais après s’y être habitué, on y prend goût et l’on apprécie.

Nous avons un panel de personnages, qui sont bien différents. Isabelle, la jolie fille qui paraît brillante et tout savoir. Comme son frère Monsieur Thorpe. Eleanor qui incarne la pureté et l’amitié sincère. Et bien d’autres encore. Je dois vous avouer qu’Eleanor reste un personnage que j’apprécie beaucoup parce que je me suis retrouvée dans ce personnage, peut-être même plus que dans celui de Catherine.

Dans son roman, Madame Austen met en place la question du conflit des classes sociales mais aussi celui de la superficialité.
J’apprécie aussi les différents avis que Jane Austen nous donne tout au long du roman. Celui qui m’a le plus marqué est celui sur la question du roman !

Nous saluons donc une écriture magnifique et fluide ! Une légèreté sans pareille. Les prises de positions sont assez présentes. Celle qui me vient en tête tout de suite est la prise de position sur le roman qui m’a fait sourire. Pour ma part, c’est le roman le plus moderne que Madame Austen a pu écrire !

Je termine avec quelques questions pour Pretty Lizzy :

– Quel personnage t’a le plus marqué ? Celui qui t’as le plus déplu ?
– Est-ce que Northanger Abbey est un des romans de Jane Austen que tu préfères ? Si non, lequel est ton préféré ?
– Es-tu plus John Thorpe ? Ou Henry Tilney ?
– As-tu mis du temps à te mettre dans cette lecture, ou au contraire, a-t-elle été facile?

Les questions de Pretty Lizzy :

– Que penses-tu du parti pris de Catherine pour les romans? (lorsqu’elle dit que c’est le meilleur genre qui existe). Je suis plutôt d’accord. Le roman est le meilleur genre qui existe justement parce qu’on peut y trouver tous les genres.
– Qu’est-ce qui fait, selon toi, un bon roman?  Ce qui fait un bon roman, à mes yeux … Un style frais, qui se lit facilement. Un peu d’humour. Des personnages attachants et une trame qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.
– Penses-tu que l’argent doive contribuer de manière évidente à l’union de deux jeunes gens? L’argent ne fait pas le bonheur comme dirait l’autre mais moi j’ajoute toujours qu’il y contribue. On ne peu pas vivre d’amour et d’eau fraîche. Donc, je dirai que l’argent est important. MAIS pas de manière évidente cela va de soi. J’entends par la qu’il ne faut pas non plus avoir une richesse a ne plus savoir qu’en faire. Mais c’est vrai qu’il est toujours mieux d’avoir un certain confort et ne pas être angoissé de ne pas savoir si l’on va avoir de quoi vivre le lendemain. J’ajouterai que les mariages d’argent m’écœurent.
– Appuies-tu le comportement d’Isabelle? Absolument pas! Ce personnage incarne tout ce que je déteste. La lâcheté, la superficialité. Elle fait ses coups en douce. Dès la première fois où j’ai lu son nom … J’ai pas pu la voir en peinture 😉
– Catherine craque totalement pour Northanger Abbey. Quelle demeure te ferais craquer, toi ? J’ai hésité à te poser la question! Ahah! J’aime beaucoup les grandes maisons victorienne. Là où il y a de la place pour tout le monde. Où les gens découvrent par eux mêmes les secrets de la maison. Une vieille maison à retaper, j’aimerai beaucoup. Sinon, je me vois bien habité dans un château, avec une grande bibliothèque, un grand jardin avec pleins d’arbres et un hamac. J’ai le même engouement pour les vieilles demeures ! J’aime beaucoup visiter les châteaux, les maisons d’auteurs connus. Celle de J.J Rousseau à Chambéry est magnifique d’ailleurs.

Merci pour tes questions ! 🙂

Ma note : 16/20

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Le portrait de Dorian Gray – Oscar Wilde.

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Dans l’effervescence du concours, j’ai oublié de faire quelques chroniques. J’ai une petite heure devant moi, je vais essayer d’en faire le plus possible.

Je vous présente THE BOOK. Celui que je prendrai si ma maison prenait feu et il est top 1 des livres à prendre si je pars sur une île déserte: Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde qui est comme vous avez pu le deviner un de mes auteurs fétiches.

Résumé :

 » L’expression était d’une cruauté atroce. là, son âme même, émergeant de la toile, le dévisageait, et l’appelait à son tribunal. »

Devant son portrait, oeuvre d’un de ses amis, Dorian Gray, jeune homme d’une immense fortune et d’une exceptionnelle beauté, fait le voeux de rester tel qu’il est peint, tendis que son image vieillira à sa place. Exaucé par une intervention magique et fatale, Dorian cède alors à tout ses caprices et à toutes ses folies. Dans les quartiers élégants de Londres, et les bouges du port, sous le masque de sa beauté intacte, il mène une vie de débauche et de crime. Esthète, monstre, dandy, il a décidé de faire sa vie une oeuvre d’art. Une vie qui ressemble à celle d’Oscar Wilde, que la société victorienne lui fit payer en le condamnant aux travaux forcés..

Mon avis : Il y a des livres comme celui ci qui transperce l’âme et qui reste dans la tête quoi qu’il arrive. C’est un livre qui a beaucoup de valeur à mes yeux: mon tout premier livre en anglais.

 Tranchant de vérité en confrontant deux philosophies complètement différentes d’un coté l’épicurisme ( il s’agit de vivre l’instant présent sans se soucier du reste POUR ABRÉGER, l’épicurisme est une doctrine bien plus profonde que ça ) et de l’autre coté nous avons une philosophie bien plus terre à terre en pensant au lendemain et au respect de sa propre vie et celle des autres.
Pris entre deux feux, Dorian représente la beauté, l’innocence, la naïveté et l’indécision. En penchant vers l’épicurisme, Wilde nous décrit une lente descente aux enfers qui mène a une vie de débauche. Ou l’on est bien évidemment seul. Et qui fini, par tellement nous peser que la folie s’installe doucement en nous.

J’ai beaucoup aimé la descente « aux enfers » de Dorian. On voit se dérouler une vie normale qui finit par partir totalement en cacahuète. La beauté et l’ivresse de la jeunesse ne font pas tout.

En bref, j’ai adoré ce livre, un véritable coup de coeur. Je salue donc ici l’écriture de Wilde qui est parfaite! Une belle histoire et une grande leçon de vie.

Je vous conseille vivement ce livre. [ En VO il est vraiment facile à lire pour ceux que ça intéresse 😉 ]

Ma note : 20/20. Sans hésitation.

Bisous, bisous.

Sat’