18

D’or et d’émeraude d’Eric Holstein

62098Résumé : Simon, 25 ans, arrive en Colombie sur les traces de ses ancêtres. Quatre cents ans plus tôt, Gonzalo Jiménez de Quesada pose, pour sa part, le pied sur l’Altiplano, la terre ancestrale des Indiens muiscas. Ils ne se connaissent pas et pourtant, leurs destins sont liés… Récit intime dans la Colombie d’aujourd’hui et d’hier, D’or et d’émeraude pose un regard décalé sur le monde, entre uchronie et utopie. Un livre d’une beauté rare, qui a reçu le prix Bob Morane à sa sortie. « Éric Holstein nous livre avec D’or et d’émeraude une belle et dense réflexion sur la façon dont le temps efface les petites histoires des hommes, pour en faire l’Histoire avec sa majuscule. » Culturopoing

~ Service presse 📖 ~

Je remercie chaleureusement les éditions Actu SF pour l’envoi de ce roman dans leur collection Helios. Helios est une collection que j’apprécie beaucoup puisqu’elle permet de rééditer les classiques de la SFFF. Depuis maintenant quelques temps, j’apprivoise ce vaste genre. J’avais envie de continuer mes découvertes avec d’or et d’émeraude d’Eric Holstein.

Entre utopie et uchronie, ce roman se veut percutant. Pour remettre tout le monde dans le bain, je vous rappelle ce qu’est une uchronie : c’est un récit d’évènements fictifs qui se basent sur un point de départ historique. Une utopie est un idéal social ou politique qui ne tient pas compte de la réalité. Ainsi, Eric Holstein nous propose un récit qui vogue entre les deux thématiques qui se rejoignent facilement.

Notre personnage principal, Simon est un jeune homme vivant en France mais qui veut découvrir ses racines. Ainsi, il débarque à Bogota, en Colombie pour marcher sur les traces de ses ancêtres mais aussi pour en savoir plus sur lui-même. Rapidement, quelque chose va le frapper et nous aussi par la même occasion : le choc des cultures. Entre la France et la Colombie, effectivement, il y a quelques écarts de richesses, de liberté mais surtout de cultures. C’est avec intelligence et dextérité que l’auteur nous montre ces différences. On se balade en Colombie, c’est assez intéressant et dépaysant. On sent que l’auteur connait bien son sujet. Avec Simon, on découvre les lieux qui ont bercés son enfance comme l’orphelinat. On est vraiment dans l’aspect personnel de cette histoire. Ce n’est pas le seul aspect mais je l’ai trouvé nécessaire et intéressant. En effet, cela permet au lecteur de ne pas se noyer dans la densité de l’intrigue qui arrive doucement.

Le point historique de ce roman se trouve dans les racines de Simon et dans le peuple dont il est issu : les Muiscas qui sont un peuple indien.  Qu’est ce qui fait tourner la tête des hommes ? L’or bien entend ainsi que les richesses en tout genre. Et pour parvenir à s’enrichir, rien n’est trop horrible. Violence, torture, mort… Ainsi, on fait aussi la rencontre de Gonzalo Jiménez de Quesada.

La narration nous propose de points de vue différents si on suit Simon dans sa quête identitaire, on suit aussi Gonzalo Jiménez de Quesada. C’est un explorateur espagnol qui, au nom de la couronne de Dieu, va tout faire pour récupérer les territoires indiens. La guerre des territoires ne se fait pas dans le calme et la gentillesse, vous devez vous en douter… On est vraiment dans une ambiance particulièrement sombre. Devant les meurtres en masse, les Muiscas n’ont pas d’autres choix que de résister à l’envahisseur… Je trouve que le contexte historique est très bien choisi. On ne le voit pas forcément tout le temps dans les lectures et cette aventure reste exotique et dépaysante.

On garde une vision très humaniste dans ce roman. On comprend bien que les Muiscas ne sont pas forcément contre les explorateurs. Il y a un profond respect et une volonté d’avoir une harmonie certaine au sein du peuple. J’ai apprécié retrouver cette vision du monde. J’ai aussi aimé le fait que l’on retrouve la magie dans cette histoire, c’est un savant mélange qui nous propose quelques rebondissements bienvenus dans cette intrigue.

La construction narrative est très intéressante. En effet, j’ai apprécié la manière dont les deux histoires finissent par se croiser. On est vraiment pris dans un tourbillon d’aventure entre le passé et le présent et franchement, c’est assez sympathique à lire.

Ma lecture n’est pas un coup de cœur, j’ai pris du temps à me plonger dans ce roman. Il y a quelques longueurs au départ. Cependant, une fois passées les cinquante premières pages environ, on se retrouve dans un univers intense et riche. Mis à part Simon que j’ai apprécié, j’avoue que je suis restée à distance des autres personnages (je pense que c’est aussi cela qui m’a ralentie dans ma lecture). Cependant, beaucoup d’idées sont bonnes, j’ai apprécié retrouver les thématiques et ce côté historique. La visée humaniste est assez bien construite aussi.

La plume de l’auteur nous propose un sacré voyage. Que ce soit dans le temps où dans des espaces géographiques différents, Eric Holstein nous envoie dans une autre réalité, un autre monde. J’ai adoré avancer péniblement dans la jungle lourde et humide. Le danger rode partout et c’est vraiment très appréciable. Le voyage est intense bien qu’il ne soit pas toujours facile.

En définitive, ce roman construit en trois parties distinctes nous propose une belle plongée au cœur de la Colombie du XVIème et du XXIème siècle. On notera la présence de l’aventure et de la magie au cœur de cette quête identitaire et de cette plongée au cœur d’un peuple indien. Bravo.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Un dépaysement savoureux
  • Une plume au service d’un récit intense
  • Un contexte géographique et historique que l’on ne voit que très peu dans nos lectures

notation 1

10

La vallée des carnutes de Jean-Pierre Deséchalliers

CVT_La-vallee-des-Carnutes_1531Résumé : La vie est douce en pays carnute en cette fin du second siècle avant notre ère, au centre de ce qui deviendra un jour la Gaule, le commerce des céréales y enrichit désormais plus que les batailles et les butins. Cette quiétude est brutalement troublée par une série de morts aux circonstances effrayantes. Quel animal est sorti des enfers, et pourquoi ? Le druide Andanatos, autorité judiciaire incontestée, va devoir comprendre et dénouer l’écheveau, tandis que les menaces s’accumulent de toute part sur la Celtique. À l’est, les hordes cimbres et teutonnes s’apprêtent à déferler sur les riches campagnes celtes, tandis qu’au nord, des tribus belges ont retrouvé le chemin des pillages. Le jeune seigneur Donotalos, missionné par les druides, voit dans tous ces événements l’occasion de sortir de cette paix qui l’ennuie et d’être digne de sa glorieuse lignée. Il y trouvera plus encore.

~ Service presse ~

Je remercie vivement Jean-Pierre Deséchalliers pour l’envoi de son roman via la plateforme SimPlement. Je me suis extasiée devant l’élégante simplicité de sa couverture. J’adore. C’est simple, beau et efficace. Sans prétention, la couverture est à l’image de ce roman. Elle nous invite à passer un bon moment et c’est exactement ce qui se passe. Si ce roman n’est pas un coup de cœur, j’y ai porté un intérêt particulier.

Nous sommes dans un roman historique qui s’inscrit dans une période que l’on ne croise pas si souvent que le siècle de Louis XIV ou les années de guerre mondiales. En effet, ici, nous atterrissons sur les terres qui deviendront la Gaule au 2ème siècle avant JC. Nous sommes bien loin du faste et de la splendeur du royaume de France comme nous le connaissons à travers les âges. Ici, on plonge directement dans l’univers historique des Carnutes. Cette période n’est pas sans nous rappeler nos deux fidèles amis gaulois fans de potion magique et de sangliers. J’avoue que cela fait du bien. En effet, c’est une période que je ne croise vraiment pas souvent dans mes lectures, du coup, je suis ravie d’avoir un peu de changement à me mettre sous la dent.

Ce qui frappe, dans un premier temps, c’est la multitude de personnages. On le sait dès le début puisque l’auteur nous met un petit index au début du roman pour que l’on puisse s’y retrouver plus facilement. Rapidement, j’ai remercié l’auteur d’avoir pensé à ce petit index. Les noms se ressemblent, les consonances. On ne sait plus qui est qui. J’avoue qu’il m’a fallu du temps pour entrer dans ma lecture et que, par moments, j’ai dû relire des passages pour être certaine de tout comprendre. L’index propose aussi de retrouver les noms des lieux, des personnages et de leurs fonctions. C’est plutôt sympathique.

L’ambiance reste pesante et mystérieuse. Quelle est la cause de cette ambiance ? Une créature rode. Elle effraye les populations. Rapidement décrite, j’ai eu l’impression d’avoir un chien des Baskerville version carnute. J’ai adoré ! Franchement, c’est plutôt sympathique comme sensation. On cherche le pourquoi du comment. Si cette créature n’est pas le seul élément de l’intrigue, on la retrouve quand même du début à la fin et c’est très prenant.

On suit les histoires de plusieurs personnages comme Donotalos qui sont remarquables mais le druide Andanatos reste mon préféré. J’ai beaucoup apprécié ce personnage. L’auteur nous propose aussi de plonger dans le quotidien des peuples carnutes. Il n’y a pas que les us et coutumes qu’on nous propose de découvrir, on découvre aussi le contexte politique dans lequel les peuples évoluent.  Il y a plusieurs points, comme la bête, des invasions, qui viennent bercer l’intrigue. Cela apporte beaucoup de dynamisme. Et franchement, c’est ce qu’il faut dans un roman qui se veut historique. On ne lâche pas le roman avant de l’avoir terminé. Que c’est bon !

La plume de l’auteur est épatante. Franchement, elle se hisse au niveau des plus grands noms que l’on peut lier aux romans ou biographies historiques. On sent réellement toute la passion que l’auteur peut avoir pour cette période historique. La plume est belle, délicate et tellement intéressante. Je peux que j’aurais pu lire un roman sur n’importe quel sujet avec une plume pareille.

En définitive, malgré le nombre incroyable de personnages proposés dans cette lecture, je reste agréablement surprise par cette lecture. En effet, j’avais un peu peur de me lancer par rapport au contexte historique. Cela me fait toujours peur : l’effet catalogue n’est jamais loin. C’est avec une incroyable finesse que Jean-Pierre Deséchalliers parvient à contourner tous les obstacles et les pièges du genre historique. En plus de cela, le contexte est plaisant car rare dans les lectures. Je félicite l’auteur pour son travail ainsi que la plume qui traduit de manière incroyable et intense sa passion pour cette période historique.

Je remercie une nouvelle fois Jean-Pierre Deséchalliers pour l’envoi de son roman ainsi que pour sa gentillesse et sa patience.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Un contexte historique plutôt rare dans les lectures.
  • Une plume incroyable qui impose un dynamisme incroyable.
  • Un index très utile

4

20

Les trois jours de Pompéi de Alberto Angela

téléchargement.jpgRésumé : Tout à la fois archéologue et homme de télévision, l’Italien Alberto Angela reprend la formule du « docufiction sur papier », qui a fait le succès d' »Empire » (Payot, 2016), pour nous offrir un reportage au coeur du quotidien de Pompéi durant les deux jours ayant précédé le réveil du Vésuve, en 79 de notre ère, puis pour nous décrire la colère destructrice du volcan dans un film catastrophe qui durera l’équivalent d »une troisième journée. Un livre d’histoire qui brise bien des idées reçues à partir des dernières découvertes scientifiques (la catastrophe aurait eu lieu à l’automne et non en août), mais qui possède aussi un tel souffle romanesque qu’on se croirait embarqués à bord d’un « Titanic » de l’Antiquité.

~ Service presse 🎧~

Je remercie chaleureusement l’équipe d’audio lib pour l’envoi de cette nouvelle découverte audio qui m’aura donné du fil à retordre mais qui, finalement, m’aura permis de passer un moment écoute assez intéressant malgré quelques petits bémols.

On plonge dans un univers historique intense. Les trois jours de Pompéi sont les trois jours avant l’éruption du Vésuve qui finira par tout ravager sur son passage. Pompéi est, finalement, bien méconnue de tous… Généralement, le peu d’informations que l’on à sur cette ville est lié à cette fameuse irruption volcanique. Alberto Angela (l’auteur) nous propose, à travers la voix de Thibault Montalembert de nous livrer plus d’informations sur la vie quotidienne de ces habitants à travers de longues heures d’écoute. Si j’ai apprécié en savoir plus sur les us et coutumes de cette région du monde à ce moment de l’Histoire, j’ai aussi eu de gros moments de latence dus au manque de rythme et d’action. Je ne m’attendais pas à avoir ce genre d’écoute.

Alberto Angela nous propose, à travers plusieurs personnages, de découvrir les différentes castes qui peuplent les villes près du Vésuve. Des esclaves aux nobles, l’auteur veut à tout prix montrer

Ce que j’ai apprécié, c’est ce mélange de fiction et de faits réels. On se doute que tout n’est pas vrai : certains personnages, certaines relations, certaines péripéties… Cependant, ces mises en scène servent de vraies explications sur la vie des habitants de cette région. Ainsi, on se balade dans les rues, on croise des gens. On va des choses les plus simples et habituelles comme la fabrication du pain mais aussi sa vente. Les lieux publics et privés en tout genre. On se balade vraiment dans les villes comme si on vivait avec les habitants. C’était assez intéressant.

Je pense, cependant, que c’est beaucoup trop long. Si notre aventure est jalonnée de péripéties en tout genre et que l’on reconnait des personnages comme Pline l’Ancien et Pline le Jeune, on se retrouve avec beaucoup trop d’informations. On est englué dans cet amas d’informations historiques et franchement pour moi ce n’est pas assez romancé. Quand on parle de « docufiction » je m’attendais à autre chose, quelque chose de moins formel, scolaire. De plus les nombreuses comparaisons à des éléments et lieux emblématiques d’aujourd’hui m’ont laissée perplexes. Ainsi on a des comparaisons qui introduisent la Silicon Valley ou encore Hollywood… Personnellement, même si je sais que cela permet à plus de lecteurs d’être impliqués dans leur lecture et découverte, moi, je passe complètement à côté. Ces comparaisons ne m’ont pas plu…

Le côté historique est franchement maitrisé, j’ai apprécié que l’archéologie ait sa place dans le texte. Maintenant, si je dois aller jusqu’au bout de ma pensée et de mon analyse, je pense que le côté un peu trop ronflant de la plume m’a ennuyée à certains moments. De plus, il y a beaucoup trop d’images littéraires à mon goût. J’adore les textes littéraires, les bons vieux classiques ou encore les romans contemporains qui proposent une vraie lecture littéraire. Ici, on se retrouve entre un texte qui donne l’impression de ne pas savoir quoi choisir : on vulgarise l’Histoire, les événements pour toucher un lectorat plus vaste d’un côté mais de l’autre, la plume pousse les lecteurs les moins attachés à la qualité de la plume littéraire à lâcher rapidement la lecture. On trouve aussi des phrases du style « il ne savait pas que son choix le mènerait à la mort » pullulent dans le texte. Bon, cela reste un choix personnel mais franchement, je déteste ça.  Qu’on se le dise clairement : si j’avais eu ce livre entre les mains, je l’aurais mis de côté. Avec l’écoute, c’est différent. C’est certainement ce point qui m’a le plus travaillé dans mon expérience.

En définitive, c’est une lecture vraiment mitigée que je vous présente aujourd’hui. J’ai apprécié le côté historique et d’en savoir plus sur la vie à Pompéi quelques jours avant l’éruption tristement célèbre. Si j’ai aimé me balader dans les rues et comprendre les us et coutumes de cette population, j’ai trouvé les informations trop denses. De plus, le style de l’auteur et le parti pris dans ce roman ne m’ont pas transportée plus que cela. J’ai trouvé le style trop riche et travaillé à certains moments et trop vulgarisant à d’autres.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Un univers historique méconnu
  • Une plongée dans les us et coutumes de la population
  • Une approche archéologique et historique sympathique

notation 2

10

Le village des secrets de Sylvie Lassalle

511EQ8upzyL._SX195_ (1).jpgRésumé : Après de longues années passées dans l’armée coloniale, Jules revient en 1912 dans son village provençal. Parti brusquement pour fuir une enfance misérable, ce fils de paysan réapparaît auréolé de ses galons d’adjudant. Son avenir semble tout tracé : renouer avec une vie campagnarde simple et se marier. Il se lie d’amitié avec Anna, une jeune photographe qui vient de la ville. La jeune femme s’est installée au village pour découvrir l’identité de son père et en apprendre davantage sur sa mère disparue. Alors que Jules aide la jeune femme à trouver des réponses, il est rattrapé par son propre passé dans les colonies. Entre trafics d’opium, usurpation d’identité, secrets et mensonges, Jules et Anna ne pourront compter que sur eux-mêmes pour percer les mystères du village et conquérir leur liberté.

~ Service presse 📖 ~

Je remercie chaleureusement Sylvie Lassalle pour m’avoir contactée il y a quelques semaines pour me proposer son roman. Je la félicite chaudement pour ce roman publié chez City Editions mais aussi pour ma lecture que j’ai grandement appréciée.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Jules au cœur de l’intrigue
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

On se retrouve à Vescaut, un joli petit village du Var qui respire les cigales et le soleil en cette période de l’été 1912. J’ai apprécié cette période historique. Généralement, on est entre les deux guerres ou après la deuxième. Ici, on se retrouve avant la première, le conflit mondial n’a pas encore éclaté.

On fait la rencontre de beaucoup de personnages. C’est un flux constant de personnages qui vont et viennent. C’est assez surprenant et très sympathique à découvrir. En effet, on est dans un mouvement perpétuel qui marque le rythme de lecture. On ne s’ennuie pas et les longueurs sont inexistantes dans ce roman, bon point pour l’auteure ! Le personnage de Jules est très sympathique. En effet, on se retrouve avec un personnage droit, honnête et assez charmant. On sent bien toutes les années de protocole militaire. C’est très intéressant. Je n’ai pas eu beaucoup d’histoires entre les mains avec un personnage qui a ce profil.

Cependant, l’histoire commence comme tant d’autres : on attend le retour de Jules, le valeureux soldat qui revient de 15 ans dans l’armée. Ce que j’ai apprécié, c’est ce point de vue masculin à la base. On suit Jules. La période d’absence est longue : en 15 ans, il s’en passe des choses ! On vogue donc entre les souvenirs de Jules et ce qu’il en est, maintenant. Il essuie les changements, les décès, les pertes au sein de sa famille et de son cercle d’amis. J’ai trouvé cela intéressant.

Le personnage de Jules marque aussi le fait que sa situation est difficile et compliquée. Il faut reprendre ses marques, les relations laissées en plan pour partir pendant 15 ans. Avec la mort de son père, Jules se place en homme de la famille maintenant. Il est aussi difficile pour sa mère et ses sœurs de laisser de la place à leur fils et frère. Après 15 ans d’absence, il faut réapprendre à se connaitre.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Vescaut : le village des secrets
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le village est, lui aussi, un personnage. Si les murs pouvaient parler… Ils en auraient des choses à nous dire ! Si les histoires familiales sont très présentes dans ce roman, on se retrouve avec beaucoup de secrets qui explosent et des situations assez épineuses. Cela ajoute un tel rythme au roman que je ne l’ai pas lâché avant d’avoir pris connaissance de la fin… Superbe idée. Plus les secrets éclatent, plus on commence à voir clair dans la situation. Franchement, lorsque je vous dis que l’habit ne fait pas le moine, vous seriez bien surpris ! L’auteure joue avec nos nerfs de manière si subtile… Mon dieu, j’ai adoré !

Je remercie l’auteure d’avoir indiqué les familles et les liens possibles entre toutes les familles du village. C’est très intelligent et cela permet au lecteur de ne pas être perdu. Il faut dire qu’il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnages. C’est peut être le seul point qui m’a fait passer à côté du coup de cœur, en effet, j’ai eu beaucoup de prénoms et de noms à retenir…

On est vraiment dans une histoire style « saga de l’été ». C’est vraiment intense.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Un fond historique très intéressant
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Si l’intrigue se passe à Vescaut, il nous arrive aussi de faire, via les souvenirs de Jules, un petit tour dans les colonies françaises. Il a vécu 15 ans dans cette ambiance militaire avec ses bons et ses mauvais côtés. On nous rappelle donc les horreurs de la guerre mais aussi la fraternité qu’il peut y avoir entre les soldats. C’est, finalement, une seconde famille pour Jules.

Si Jules n’espère pas s’attarder au village, puisqu’une nouvelle aventure l’attend à Toulon, il espère quand même pouvoir aider sa famille et prendre les bonnes décisions. Un autre pan de l’intrigue se dessine : la volonté de notre personnage principal à vouloir se marier. Ici encore, on va avoir une sorte de rythme binaire. On va découvrir plusieurs femmes dans cette histoire mais on va plutôt s’attarder sur deux : Camille & Anna. Camille, jeune femme du village qui y est très attachée et Anna, jeune photographe moderne qui regarde vers l’avenir et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Deux femmes radicalement opposées qui vont faire chavirer le cœur de notre cher Jules.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Plume et construction du récit
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

J’ai vraiment apprécié la plume de Sylvie Lassalle que je ne connaissais pas. Et franchement, on navigue entre le roman de terroir, le roman historique avec une touche de romance. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce genre de lecture. J’étais persuadée d’avoir une romance mais finalement, elle prend peu de place dans l’histoire. Elle reste présente mais par touches. C’est très sympathique et cela permet de donner une autre dimension à la lecture et de laisser à Jules la place centrale dans cette histoire. Je trouve cela très intelligent et original.

La plume de Sylvie Lassalle est pleine de bonnes intentions. En effet, les descriptions sont très belles et nous donnent envie de charger la voiture pour un petit road trip estival dans le Var. Pour connaitre la région, on s’y croirait. Le côté historique est très sympathique aussi et très bien amené.

On pourrait se dire que les thématiques sont trop différentes pour pouvoir être traitées ensemble dans l’histoire mais Sylvie Lassalle s’avère être redoutablement intelligente. Bravo !

En définitive, je vous propose une histoire dépaysante et charmante qui nous propose un bon moment de lecture.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Des décors très sympathiques.
  • Le mélange des genres et des thématiques qui nous donne quelque chose d’original à lire
  • Le personnage principal, Jules.

notation

6

Excessives ! Destins de femmes incroyables du 19ème siècle de Louise Ebel

514ogHh4dgL._SX336_BO1,204,203,200_.jpgRésumé : Hommage sous forme de portraits de sept femmes inspirantes, de modèles de non-soumission. Elles se prénomment Berthe, Henriette, Madeleine ou Geneviève, et on les disait excessives. Des salons cossus aux assommoirs de la Butte, ces sept femmes ont jeté leur exubérance à la face du monde, elles ont déchiré le papier avec leur plume passionnée, fait du beau leur pain quotidien et du caprice un art, et envoyé valser l’ordre établi. Elles ont posé des bombes, tailladé des fourrures, organisé des messes noires et semé les conquêtes. Tantôt misérables, tantôt incroyables, ces femmes ont tutoyé les sommets et oscillé avec panache – et un peu de nihilisme – entre grandeur et décadence, en partageant une même soif de devenir, une volupté du trop, un mépris du qu’en dira-t-on. En s’élevant contre une époque corsetée qui les maintenaient dans une incapacité, ces amazones ont été bien plus que des divas ou des excentriques, elles ont été de véritables pionnières de la libération des femmes. Elles l’ont simplement fait différemment, en peignant, en écrivant, en jouant et parfois juste en étant, et surtout en se permettant de voler aux hommes le feu sacré, celui de la création bien sûr, mais aussi celui de la liberté d’être. Voilà pourquoi, pour leurs excès, toutes ont été jugées. L’histoire a jugé leurs histoires anecdotiques, et ainsi, muses ou crampons, elles restent aujourd’hui prisonnières des notes de bas de pages des biographies de leurs illustres amants. Il est grand temps aujourd’hui de remettre en lumière les destins flamboyants de ces grandes funambules du réel qui, par leurs outrages, ont ouvert la voie aux héroïnes de notre temps. […]

~ Service presse ~

Je remercie Gilles Paris et son équipe ainsi que les éditions Favre pour l’envoi de ce livre.

Nous nous retrouvons pour une chronique sur un roman que j’ai pris plaisir à découvrir. En effet, j’étais fortement intéressée parce que l’auteure nous proposait de découvrir : sept portraits de femmes inspirantes qui ont été des modèles pour des générations et des générations.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Portraits de femmes
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Excessives, elles le sont toutes à leur manière. Elles se nomment : Geneviève Lantelme, comédienne tapageuse et colérique, connue pour ses frasques et sa mort digne d’un roman policier. Henriette Maillat, infatigable épistolière, muse et compagne d’écrivains célèbres, grande passionnée, de loin la plus touchante. Berthe de Courrière, lié à Henriette Maillat car elles ont toutes deux inspiré le même personnage d’un livre de Huysmans, sataniste, femme émancipée, éminence grise, aussi too much que brillante. Parfaite figure de la sorcière. Madeleine Deslandes, auteure à succès, dandy au féminin, qui a vécu sa vie entière comme une oeuvre d’art, avec tout ce que cela a d’extrême. Minna Schrader, femme de lettres et modèle d’artiste qui fut le paroxysme de la vie de Bohème, mais aussi anarchiste, avant comme Camille Claudel de passer ses trente dernières années en asile. Gisèle d’Estoc, féministe, journaliste et sculptrice, adepte du travestissement, duelliste et grand amour de Maupassant. La plus rebelle.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Ma lecture en quelques mots
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Il est difficile de parler de ce genre de livres. Je ne sais même pas si je peux appeler ça un roman. On est plutôt dans un documentaire pour moi. Un documentaire biographique pour être plus précise. Grâce à ces sept portraits, on se retrouve dans plusieurs sphères : la littérature, les arts mais aussi les lettres dans toutes leurs formes. On se retrouve vraiment dans une lecture plaisante que l’on a envie de découvrir par petites bouchées. Un portrait par jour pour ma part, c’est vraiment très intéressant.

J’ai beaucoup appris : sur les femmes présentées bien entendu mais aussi sur la société du 19ème siècle, la vision que l’on peut en avoir. Ces sept femmes, que je ne connaissais pas forcément m’ont permis d’appréhender les choses autrement.

Forcément, j’ai apprécié certains portraits plus que d’autres même si j’ai été globalement agréablement surprise. J’ai adoré Berthe et Geneviève : je les ai trouvées tellement extraverties et pleines de vie que j’ai lu leurs portraits d’une traite. C’était très intéressant.

Bien entendu, le problème avec ce genre de lecture, c’est un peu l’effet catalogue. Même si le contenu diffère selon les femmes, on est toujours dans le même rythme et cela peut des fois causer une petite indigestion. C’est pour cela que j’ai fait le choix de lire de temps en temps. J’ai pris plus de temps mais au moins, j’ai évité la panne de lecture !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Au sujet de la plume de Louise Ebel
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

C’est très accrocheur, j’ai vraiment apprécié découvrir ces sept femmes à travers la plume de l’auteure. Je trouve que le livre objet est très sympathique. Au texte de Louise Ebel s’ajoutent des photos, des illustrations et c’est très plaisant. Cela permet de faire des pauses dans la lecture et cela la rend encore plus sympathique. La plume de l’auteure est très agréable, on croule sous les anecdotes et les détails qui nourrissent le texte de manière intense.

En définitive, on passe un bon moment de lecture et de découvertes à travers ses sept portraits qui se trouvent être très intéressants. On est vraiment dans une spirale d’événements qui nous tiennent en haleine. Malgré quelques longueurs, on est attiré par le destin de ses sept femmes dans un siècle où la femme n’a pas forcément une très bonne place. J’ai apprécié découvrir ces femmes pleines de ressources.

3 bonnes raisons de lire ce livre :

  • En apprendre plus sur sept femmes dans le 19ème siècle.
  • Cela change des romans que l’on peut trouver dans nos PAL.
  • La plume de Louise Ebel qui est très accrocheuse.

notation 1

21

Le diable danse à Bleeding Heart Square d’Andrew Taylor

51zY+uNN1BL._SX210_Résumé : Dans la lignée de Testament à l’anglaise de Jonathan Coe, une relecture très moderne du roman d’atmosphère à la Agatha Christie, orchestrée avec une précision et une virtuosité diaboliques par le nouvel enfant chéri des lettres anglaises. 1934. Londres. Lydia Langstone fuit la haute société anglaise et un mari violent pour trouver refuge dans une petite pension de famille sise Bleeding Heart Square. Privée des privilèges que lui conférait son statut social, elle tente de renouer avec une vie plus modeste, plus indépendante aussi. Mais très vite Lydia se trouve confrontée à d’étranges événements. Qui est cet homme qui semble surveiller nuit et jour les allées et venues dans la maison ? Qu’est devenue Miss Penhow, l’ancienne propriétaire de la pension, mystérieusement disparue ? Pourquoi un journaliste, de retour des Indes, veut-il à tout prix la retrouver ? Enfin, qui envoie des morceaux de cœur en décomposition à Joseph Serridge, le dernier pensionnaire à avoir vu Miss Penhow vivante ? Selon la légende londonienne, le diable danse à Bleeding Heart Square, cette fois il serait plutôt tapi dans l’ombre, en silence, attendant son heure. Avec ce récit à la construction géniale, Andrew Taylor conjugue l’atmosphère si particulière des romans anglais et une efficacité toute moderne. Maître de la manipulation, il entraîne le lecteur dans un labyrinthe fabuleux, jusqu’à un retournement final totalement imprévisible. Une révélation !

~ Lecture détente ~

Je ne sors pas souvent les couteaux, ni la hache, ni la horde de paysans furieux armés jusqu’aux dents. Mais là, non ! Paaaaardon ??? On ose mettre que le roman est une relecture moderne d’atmosphèèèèère à la Agatha Christiiiiie ? Non. Impossible. Jamais de la vie.

J’ai envie de crier. Vous voyez pourquoi je crie au scandale quand je vois ce genre d’annonce ? « Digne de Stephen King », « comparé à Conan Doyle » ou encore « Le nouvel Oscar Wilde ». Ça met la barre tellement haute que la chuuuuute est encore plus difficile et douloureuse. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas étalée comme une crêpe.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Un thriller qui a du mal à démarrer
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je déteste être méchante, je déteste faire du mal aux auteurs. Mais franchement, la seule chose dont j’étais capable après ma lecture, c’est de remercier le seigneur d’être arrivée à la fin de ce roman. Il fait plus de 600 pages et franchement, c’était très long. Je n’ai jamais eu autant de mal à me mettre dans une lecture. Il a fallu attendre 400 pages environ pour que je prenne un rythme de lecture autre que celui que j’avais : c’est-à-dire 15/20 pages par jour. J’ai forcé un peu les choses en espérant ne pas provoquer une panne de lecture.

Je n’ai pas compris grand-chose dans ce roman. Je n’ai absolument pas compris les tenants et les aboutissants du bouquin. On nous fait tout un foin de ces cœurs pourris qui sont envoyés de manière anonyme à un des personnages du roman. Je m’attendais à quelque chose de fou, d’incroyable, de formidable… mais non. On se retrouve avec un final décevant et un fâcheux goût amer en bouche : « tout ça pour ça ».

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une intrigue qui ne m’a pas surprise plus que cela
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Le plus gros problème de ce roman, c’est le fait que c’est beaucoup trop long. C’est vraiment trop, trop, trop long. J’ai trouvé que l’on mettait trop de temps à faire le lien entre les différentes parties et intrigues dans ce roman.

On part d’un point central : la disparition de Miss Penhow. Chaque lettre débute un chapitre. Une lettre issue de son journal intime. On vit quelques bouts de sa vie avec elle : on se rend rapidement compte que quelque chose cloche jusqu’à ce que sa disparition. D’un autre côté, on fait la rencontre de Lydia Langstone : une jeune femme qui quitte son mari, le faste de sa maison et cette vie tranquille parce que la violence a atteint une telle hauteur dans son couple, qu’elle n’en peut plus.

Le personnage de Lydia était un personnage assez intéressant. Au départ, je l’ai trouvé pleine de courage. En effet, à cette époque de l’année, quitter son mari et envisager le divorce est quelque chose de fort et de courageux. Dans une société archaïque, elle est vue comme un paria. Même sa famille insiste pour qu’elle retourne auprès de ce mari violent mais elle résiste. Elle va trouver refuge chez son père à Bleeding Heart Square.

Si j’ai trouvé ce que l’auteur dessinait avec ce personnage est vite tombé à plat. Elle m’a rapidement ennuyé avec ses états d’âme. La femme forte qu’elle est se laisse submerger par les émotions trop souvent et trop longtemps. De plus, c’est bien beau d’être une femme forte mais si elle n’est pas accompagnée, elle ne sait rien faire de ses dix doigts.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
La plume de l’auteur
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

La comparaison aux plus grands auteurs britanniques n’est vraiment pas vraie ni utile. Je trouve que cela nuit au roman. Personnellement, j’en attendais énormément et finalement, cela est rapidement tombé à plat. Quel dommage !

La plume reste correcte mais rien de transcendant.

En définitive : je suis réellement déçue par ce roman. Cela faisait très longtemps que je n’ai pas eu une déception aussi cuisante sous les yeux. Je ne le conseille pas mais je serai ravie de discuter avec des gens qui l’ont lu.

2

12

Black Hills – Paha Sapa de Christian Carlier

51zmPgYLCEL._SX195_.jpgRésumé : Au milieu du 19e siècle, aux États-Unis, l’avancée des colons blancs atteint la région des Black Hills et des grandes plaines. Le soir de ses fiançailles, la jeune Emma London, issue de la bourgeoisie de Chicago, est enlevée par une bande de Sioux Lakotas. Emmenée de force au village indien, Emma y restera prisonnière durant près de huit mois : huit mois de révolte et de confrontation avec ses ravisseurs, mais aussi de découverte d’un peuple paradoxalement attachant, au cœur duquel naîtra un improbable amour. Écartelée entre ses origines et une société qui la fascine, Emma va devoir choisir. Ce choix ne se fera pas sans danger…

~ Service presse 📱~

Je remercie les éditions plumes solidaires pour m’avoir proposé ce service presse via SimPlement. A la lecture du résumé, j’ai été attirée par la couverture et ce titre. C’est assez mystérieux. Je reste quand même frileuse lorsque je vois des sujets comme celui-ci : les colons blancs et les indiens. Ca risque de faire des étincelles et je ne savais pas si j’allais apprécié. Mais comme il faut un début à tout, je me suis lancée dans la lecture de ce roman qui fut fort intéressant.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Un fond historique très plaisant
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Voici une culture qui m’a toujours donné envie de me plonger dans cette période de l’histoire. La culture des indiens d’Amérique a toujours été pour moi une source de curiosité insatiable. Ici, j’ai tout de suite été intriguée par le titre : Black Hills, littéralement « collines noires ». Olala, déjà, cette appellation me pousse à en savoir davantage sur ces fameuses Black Hills qui semblent regorger de secrets. Paha Sapa reste la traduction de « Black Hills » en Lakota. Voici ce que notre ami Wikipédia en dit : « Les Black Hills sont une chaîne de montagnes située dans la partie occidentale de l’État américain du Dakota du Sud. […] Le nom de Black Hills, traduit littéralement du Lakota, vient du fait qu’elles apparaissent sombres quand on les observe d’une certaine distance. Les Black Hills sont considérées comme sacrées par les Sioux Lakotas. […] La présence d’Amérindiens sur place semble attestée 7 000 ans avant l’ère chrétienne. Les Arikaras s’y seraient installés vers les années 1500, suivis par les Cheyennes, les Crows, les Kiowas et les Pawnees. Au xviiie siècle, les Lakotas arrivent de l’actuel Minnesota et en chassent les autres tribus, revendiquant cette terre, qu’ils surnomment HeSapa, les « montagnes noires », pour eux-mêmes. Les premiers colons trouvent l’expression Paha Sapa, les « collines noires », plus faciles à prononcer et réduisent ainsi ce qui était des montagnes en des collines.

J’ai beaucoup apprécié l’apport de la culture indienne dans ce roman. Il est vrai que j’en vois rarement dans mes lectures et c’est vraiment dommage. La thématique de la colonisation apparaît et des problèmes qu’elle engendre. Après ma lecture de ce roman, j’ai envie de me replonger dans une histoire qui propose le même cadre.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Personnages et intrigue
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

L’originalité, pour moi, se trouve dans le contexte historique et surtout dans la manière dont est traitée l’histoire. Le personnage d’Emma London est un personnage que j’ai apprécié parce qu’elle représente vraiment ce dont l’homme à le plus peur : l’inconnu et la différence.

C’est un personnage qui devient emblématique dans ce roman. Elle incarne vraiment une bivalence intéressante. Issue de la bourgeoisie, elle n’oublie pas d’où elle vient : entre révolte et confrontation, Emma est une jeune femme qui ne le laisse pas faire et qui affronte sa peur. Mais, d’un autre côté, elle est aussi cette femme qui apprend, qui essaye de comprendre et qui, pendant huit mois, se confronte à la culture indienne. J’ai énormément apprécié cela chez elle.

D’autres personnages viennent bercer l’intrigue. Que ce soit des visages pâles ou des indiens, ils sont nombreux et permettent vraiment d’installer le lecteur dans des communautés, on a vraiment des tribus et villages qui viennent se construire dans l’intrigue. J’adore !

L’intrigue nous met, parfois, quelques claques. En effet, souvent rattachés au terme de « sauvages », les indiens d’Amérique sont méconnus. L’intrigue nous permet de nous poser la question de savoir qui sont les vrais sauvages dans cette histoire. Les indiens, proches de la nature, avec une culture et des traditions qui leur sont propres ou les colonisateurs blancs qui détruisent tout sur leur passage pour une supériorité qui n’a pas lieu d’être ? J’ai beaucoup apprécié les réflexions que l’intrigue engendre.

Ce sont, donc, des personnages, venant des deux civilisations, qui s’affrontent. Colère, violence et rage sont de rigueur dans ce roman. On est vraiment à la croisée des chemins avec cette incompréhension grandissante entre ces peuples. Le personnage d’Emma va venir temporiser tout cela.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
La plume de l’auteur
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

J’ai apprécié le fait que l’auteur ne vienne pas idéaliser les indiens. On les montre tels qu’ils sont. Avec leurs défauts, leurs qualités, leurs cultures et leurs traditions. On ne les victimise pas mais on ne les diabolise pas non plus. C’est un équilibre parfait qui se ressent lors de la lecture.

Les descriptions sont à couper le souffle. J’ai vraiment apprécié ces grandes étendues décrites avec soin et délicatesse. C’est très beau, cela permet de couper avec les scènes un peu plus violentes.

Roman qui se sépare en quatre parties reflétant des événements importants de la vie d’Emma, on voit toute son évolution à travers ces parties. C’est très intelligent. Ainsi, on a une sorte d’ordre chronologique en même temps que l’évolution d’Emma et cela apporte quelque chose au roman pour moi.

Le fait de mêler fiction et historique est intelligent. Cela atténue un peu la dure réalité de la guerre, de la violence et de tout ce que les hommes ont pu endurer au nom des territoires et de la vengeance.

Ce roman est une belle découverte. Ce n’est pas un coup de cœur pour moi à cause d’un démarrage un peu longuet pour moi. Si le style est plaisant, il a quand même fallu un petit temps d’adaptation pour moi.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • La culture des indiens d’Amérique mise en avant !
  • Le personnage d’Emma que j’ai adoré pour les valeurs qu’elle véhicule
  • Le fond historique mélangé à la fiction

notation 1