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Black Hills – Paha Sapa de Christian Carlier

51zmPgYLCEL._SX195_.jpgRésumé : Au milieu du 19e siècle, aux États-Unis, l’avancée des colons blancs atteint la région des Black Hills et des grandes plaines. Le soir de ses fiançailles, la jeune Emma London, issue de la bourgeoisie de Chicago, est enlevée par une bande de Sioux Lakotas. Emmenée de force au village indien, Emma y restera prisonnière durant près de huit mois : huit mois de révolte et de confrontation avec ses ravisseurs, mais aussi de découverte d’un peuple paradoxalement attachant, au cœur duquel naîtra un improbable amour. Écartelée entre ses origines et une société qui la fascine, Emma va devoir choisir. Ce choix ne se fera pas sans danger…

~ Service presse 📱~

Je remercie les éditions plumes solidaires pour m’avoir proposé ce service presse via SimPlement. A la lecture du résumé, j’ai été attirée par la couverture et ce titre. C’est assez mystérieux. Je reste quand même frileuse lorsque je vois des sujets comme celui-ci : les colons blancs et les indiens. Ca risque de faire des étincelles et je ne savais pas si j’allais apprécié. Mais comme il faut un début à tout, je me suis lancée dans la lecture de ce roman qui fut fort intéressant.

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Un fond historique très plaisant
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Voici une culture qui m’a toujours donné envie de me plonger dans cette période de l’histoire. La culture des indiens d’Amérique a toujours été pour moi une source de curiosité insatiable. Ici, j’ai tout de suite été intriguée par le titre : Black Hills, littéralement « collines noires ». Olala, déjà, cette appellation me pousse à en savoir davantage sur ces fameuses Black Hills qui semblent regorger de secrets. Paha Sapa reste la traduction de « Black Hills » en Lakota. Voici ce que notre ami Wikipédia en dit : « Les Black Hills sont une chaîne de montagnes située dans la partie occidentale de l’État américain du Dakota du Sud. […] Le nom de Black Hills, traduit littéralement du Lakota, vient du fait qu’elles apparaissent sombres quand on les observe d’une certaine distance. Les Black Hills sont considérées comme sacrées par les Sioux Lakotas. […] La présence d’Amérindiens sur place semble attestée 7 000 ans avant l’ère chrétienne. Les Arikaras s’y seraient installés vers les années 1500, suivis par les Cheyennes, les Crows, les Kiowas et les Pawnees. Au xviiie siècle, les Lakotas arrivent de l’actuel Minnesota et en chassent les autres tribus, revendiquant cette terre, qu’ils surnomment HeSapa, les « montagnes noires », pour eux-mêmes. Les premiers colons trouvent l’expression Paha Sapa, les « collines noires », plus faciles à prononcer et réduisent ainsi ce qui était des montagnes en des collines.

J’ai beaucoup apprécié l’apport de la culture indienne dans ce roman. Il est vrai que j’en vois rarement dans mes lectures et c’est vraiment dommage. La thématique de la colonisation apparaît et des problèmes qu’elle engendre. Après ma lecture de ce roman, j’ai envie de me replonger dans une histoire qui propose le même cadre.

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Personnages et intrigue
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L’originalité, pour moi, se trouve dans le contexte historique et surtout dans la manière dont est traitée l’histoire. Le personnage d’Emma London est un personnage que j’ai apprécié parce qu’elle représente vraiment ce dont l’homme à le plus peur : l’inconnu et la différence.

C’est un personnage qui devient emblématique dans ce roman. Elle incarne vraiment une bivalence intéressante. Issue de la bourgeoisie, elle n’oublie pas d’où elle vient : entre révolte et confrontation, Emma est une jeune femme qui ne le laisse pas faire et qui affronte sa peur. Mais, d’un autre côté, elle est aussi cette femme qui apprend, qui essaye de comprendre et qui, pendant huit mois, se confronte à la culture indienne. J’ai énormément apprécié cela chez elle.

D’autres personnages viennent bercer l’intrigue. Que ce soit des visages pâles ou des indiens, ils sont nombreux et permettent vraiment d’installer le lecteur dans des communautés, on a vraiment des tribus et villages qui viennent se construire dans l’intrigue. J’adore !

L’intrigue nous met, parfois, quelques claques. En effet, souvent rattachés au terme de « sauvages », les indiens d’Amérique sont méconnus. L’intrigue nous permet de nous poser la question de savoir qui sont les vrais sauvages dans cette histoire. Les indiens, proches de la nature, avec une culture et des traditions qui leur sont propres ou les colonisateurs blancs qui détruisent tout sur leur passage pour une supériorité qui n’a pas lieu d’être ? J’ai beaucoup apprécié les réflexions que l’intrigue engendre.

Ce sont, donc, des personnages, venant des deux civilisations, qui s’affrontent. Colère, violence et rage sont de rigueur dans ce roman. On est vraiment à la croisée des chemins avec cette incompréhension grandissante entre ces peuples. Le personnage d’Emma va venir temporiser tout cela.

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La plume de l’auteur
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J’ai apprécié le fait que l’auteur ne vienne pas idéaliser les indiens. On les montre tels qu’ils sont. Avec leurs défauts, leurs qualités, leurs cultures et leurs traditions. On ne les victimise pas mais on ne les diabolise pas non plus. C’est un équilibre parfait qui se ressent lors de la lecture.

Les descriptions sont à couper le souffle. J’ai vraiment apprécié ces grandes étendues décrites avec soin et délicatesse. C’est très beau, cela permet de couper avec les scènes un peu plus violentes.

Roman qui se sépare en quatre parties reflétant des événements importants de la vie d’Emma, on voit toute son évolution à travers ces parties. C’est très intelligent. Ainsi, on a une sorte d’ordre chronologique en même temps que l’évolution d’Emma et cela apporte quelque chose au roman pour moi.

Le fait de mêler fiction et historique est intelligent. Cela atténue un peu la dure réalité de la guerre, de la violence et de tout ce que les hommes ont pu endurer au nom des territoires et de la vengeance.

Ce roman est une belle découverte. Ce n’est pas un coup de cœur pour moi à cause d’un démarrage un peu longuet pour moi. Si le style est plaisant, il a quand même fallu un petit temps d’adaptation pour moi.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • La culture des indiens d’Amérique mise en avant !
  • Le personnage d’Emma que j’ai adoré pour les valeurs qu’elle véhicule
  • Le fond historique mélangé à la fiction

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6

Le maître du Nil de Philippe Ward

maitredunil01.jpgRésumé : À onze ans, al-Hakim, devient calife d’al-Qahira. Son règne se montre à l’image de son caractère : humble autant que versatile et aussi sensible que meurtrier. Au fur et à mesure, le jeune garçon va se dégager de l’influence de ses vizirs, quitte à les assassiner. Grâce à Amr, le djinn qui veille sur sa famille depuis toujours et qui forge son esprit comme une arme, le calife va apprendre à manipuler son peuple et à piéger ses ennemis pour en faire autant d’exemples marquants. Pourtant, les luttes intestines vont toujours bon train, et, dans l’ombre, au grand jeu du pouvoir, tous les coups restent permis. Au milieu des complots, des créatures et des divinités qui font tout pour survivre, al-Hakim continue de grandir. Mais quel est son destin ? Mourir ou devenir un dieu ?

~ Service presse 📚 ~

Je remercie Philippe Ward pour l’envoi de son roman via la plateforme SimPlement. Roman qui me faisait de l’œil depuis quelques temps, Philippe Ward nous propose une plongée dans un pays que j’adorerai découvrir : l’Egypte. Mystérieux, dangereux et plein de secrets, ce pays regorge de mythes et légendes ainsi qu’une histoire intéressante et incroyable. Je n’ai pas su résister à l’appel de ce roman.

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Une période et un univers  intéressants
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Ce roman fourmille de bonnes idées. J’ai passé un très bon moment avec un roman historico-fantastique. L’auteur est très adroit dans la construction de l’intrigue. En effet, que cela soit avec les prénoms, les titres, les aventures qui pullulent dans le texte, Philippe Ward nous offre une intrigue fantastique qui frôle la réalité. La crédibilité des faits est très intéressante et l’on se retrouve vraiment avec une intrigue à laquelle on croit facilement.

Le roman se situe donc en Égypte à cheval entre le 1er et le 2nd millénaire. On est dans un récit historique vu la période dans laquelle on se retrouve mais aussi fantastique. Pourquoi ? Tout simplement par la présence des Djinns. Pour ceux qui ne connaissent pas, voici une petite définition : ce sont des créatures surnaturelles, issues des croyances païennes de l’Arabie préislamique. Ils sont en général invisibles, et peuvent prendre différentes formes (végétale, animale, ou anthropomorphe). Ils sont capables d’influencer spirituellement et mentalement le genre humain (contrôle psychique : possession), mais n’utilisent pas forcément ce pouvoir. On peut compter différents Djinns : les Efrits (djinns de feu qui peuplent les terres), les maritins qui sont les djinns qui vivent près des cours d’eau ainsi que les Sylphes qui sont les djinns munis d’ailes et qui peuplent les cieux.

Cette période est très intéressante. Je trouve que l’idée de base, bien que simple, reste très efficace. On se retrouve avec des complots, des trahisons, des envies de guerres, de meurtres. Le peuple égyptien et surtout les hommes à la tête du pays sont assez connus pour régler les problèmes assez rapidement et radicalement. En effet, on se retrouve avec des personnages qui n’ont pas peur de se débarrasser radicalement des problèmes ainsi que des gens.

L’apport historique est tout à fait fascinant, je ne peux que vous poussez à aller faire des recherches sur le calife Al-Hakim. C’est assez prenant d’aller faire ce genre de recherches pour moi, je me suis régalée.

Je tiens donc à saluer le travail de recherches historiques et géographiques qu’a dû faire l’auteur, c’est épatant. Cela nous permet d’avoir un ouvrage de qualité entre les mains.

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Les personnages et intrigue
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Il y a beaucoup de personnages. J’ai pris du temps pour tous pouvoir les reconnaître. Au départ, j’ai confondu beaucoup d’entre eux. C’est assez déroutant, je l’avoue. Notre personnage principal est Al-Hakim, fils du calife Al-Aziz qui règne sur Al-Qahira. Jeune homme surprenant qui n’est pas forcément le genre de personnages que j’affectionne. Dès le départ, Al-Hakim se trouve être un jeune homme cruel et sanguinaire, j’ai envie de vous dire qu’en grandissant, sa soif de sang et de violence ne s’arrête pas, au contraire, elle croit.

Beaucoup de personnages gravitent autour d’Al-Hakim. Des gens qui lui veulent du bien ou du mal mais aussi ceux qui veulent le pouvoir. Tout est réuni dans ce texte pour que l’on prenne conscience des dangers d’être calife et de devoir faire attention à tous ceux qui voudraient être calife à la place du calife. C’est assez prenant. On est dans un état constant de vigilance. C’est une lecture intense que nous propose l’auteur. J’ai apprécié ma lecture de ce roman.

Je ne vais pas prendre le temps de vous présenter tous les personnages. Ils sont nombreux et franchement, en parler, ne servirai qu’à vous gâcher une partie de l’intrigue. Je peux simplement vous dire que, si vous appréciez les romans qui proposent un fond historique et une intrigue pleine de rebondissements, de trahison et de guerre, c’est fait pour vous.

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Livre et plume de l’auteur
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Si la plume de l’auteur est très prenante et riche, il faut quand même que je souligne le fait que le livre est très beau. J’aime beaucoup la couverture qui met le lecteur dans le bain très rapidement. Cependant, la taille de police ne m’a pas convenue. C’est très petit, et franchement, pas forcément très agréable à lire. Cependant, je crois que c’est vraiment la seule chose que je peux reprocher à ce roman qui remplit bien son rôle et toutes ses promesses.

Ce n’est pas la première fois que j’ai un roman de l’auteur entre les mains et franchement, c’est un régal. On ressent très rapidement toute la culture et la richesse du savoir de Philippe Ward. C’est vraiment une très belle intrigue que l’on nous sert ici.

Pour moi, il est inutile de plus vous parler de l’intrigue parce que je trouve que le résumé le fait très bien.

3 bonnes raisons de lire le roman :

  • Un univers fantastico-historique que j’ai adoré !
  • Un panel de personnages riche et varié qui m’a énormément plu
  • Une plume que j’ai pris plaisir à retrouver pour sa richesse

notation

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Les secrets de Cloudesley de Hannah Richell

CVT_Les-secrets-de-Cloudesley_4513.jpgRésumé : 1955. On dit qu’au manoir de Cloudesley l’ennui n’existe pas. Pourtant, ce lieu de faste et de beauté, Lillian Oberon rêve de le fuir. À vingt-six ans, la jeune femme n’arrive plus à maintenir les apparences d’une vie heureuse aux côtés du séduisant magnat et collectionneur Charles Oberon. Qu’est-elle réellement pour lui ? Une œuvre de plus à contempler ou une femme à aimer ? Mais le jour où le destin place sur son chemin un peintre passionné, une autre vie semble possible… Soixante ans plus tard, de la splendide demeure ne reste qu’une bâtisse en ruines. De retour à Cloudesley pour veiller sur Lillian, sa grand-mère adorée, Maggie Oberon fait une promesse : sauver l’héritage familial. Mais comment affronter les créanciers ? Et, surtout, comment la jeune femme, aux prises avec ses erreurs passées, pourra-t-elle gérer seule le domaine ? Maggie ignore qu’entre les murs décrépis de la vieille maison se cache un trésor inestimable. Et un terrible secret, qui pèse sur elle et sur Lillian…

Dans le décor enchanteur d’une vieille demeure anglaise, Hannah Richell entremêle les voix de deux femmes pour conter une histoire de famille, mais aussi d’amour, pleine de passion et de drames. Un roman élégant qui ravira les fans de Daphné du Maurier et d’Eve Chase.

~ Service presse 📖~

Je remercie les éditions Belfond pour ce fabuleux envoi qui sera une de mes claques littéraires de l’année 2019. C’est souvent en fin d’année que je me prends des petites claques mais ici, elle a été génialissime. Je remercie aussi Sorbet-Kiwi pour cette première lecture commune qui m’a énormément plu ! ♥

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La demeure Cloudesley et ses secrets
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La demeure Cloudesley est un personnage à part entière dans ce roman. Il va m’être difficile de parler de cette œuvre rapidement, je vais donc prendre du temps, des lignes et promis, je vous fais un petit résumé en fin de chronique pour ceux qui n’ont pas le courage de me lire entièrement (je vous pardonne, les copains !).

Cloudesley est une demeure qui va vivre l’histoire et passer les années avec Lillian Oberon, l’une de nos personnages principaux. On va vivre dans cette demeure dans deux périodes : en 1955 avec Lillian, une jeune femme, même pas trentenaire et son mari Charles Oberon. Dans un second temps, on va y vivre soixante ans plus tard avec Maggie Oberon, qui va tout faire pour aider Lillian, sa grand-mère à vivre à Cloudesley le temps qui lui reste.

La maison va vivre, grandir, s’épanouir, être blessée au fil des années mais finalement, comme tout le monde sur terre, elle va vieillir et ça, on va le vivre aussi, en tant que lecteur. C’est très bien fait. La manière dont l’auteure nous parle de la maison la rend vivante et avec de nombreux secrets.

Cloudesley est la maison victorienne par excellence : elle respire les secrets, les nombreuses générations qui ont été présentes dans cette demeure, les souvenirs aussi et une vision de luxe pour les visiteurs.

Il y a de nombreux parallèles à faire entre les personnages, les lieux et tout ce qui va se passer en soixante ans mais on peut facilement souligner que Cloudesley est à l’image de Lillian aux yeux de Charles, son mari : une magnifique pièce de plus à ajouter à sa collection. Charles Oberon est un homme dur, froid et compliqué qui préfère la superficialité et la supériorité à une vie de famille simple et calme.

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Les personnages
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Je vous ai déjà parlé de Lillian, de Charles et de Maggie. Au fil des pages, on va aussi faire la rencontre d’Albie, le fils de Charles qui est aussi le beau fils de Lillian et le père de Maggie. Personnage attachant, il nous permet de comprendre certains aspects de sa personnalité. C’est, avec Lillian et Jack, les seuls personnages que l’on voit dans les deux périodes du roman. On suit un Albie enfant et un Albie adulte. Il a une relation très compliquée avec ce père qui fait peur et qui l’humilie dès qu’il le peut. Adulte, il sera un père loin d’être parfait mais qui essaye de combattre ces doutes et ces incertitudes qui font de lui le père médiocre qu’il est aux yeux de sa fille. On a beaucoup de mal à lui en vouloir parce que l’on sait ce qu’il a vécu durant son enfance.

Jack est un peintre qui va venir vivre quelques mois à Cloudesley pour pouvoir peindre une pièce de la maison. Charles voudrait exhiber cette pièce comme œuvre d’art. Jack finit par accepter et faire partie des membres qui vivent dans cette formidable demeure.

Avec ces personnages qui viennent de différents horizons, on se retrouve avec plusieurs visions de la vie que mène la famille Obéron : le peintre ne comprend pas comment on peut vivre ainsi, comme si notre vie ne nous appartenait pas. Lillian pensait qu’elle serait heureuse mais finalement se retrouve coincée dans cette maison sans l’amour d’un homme et Albie vit là, de temps en temps, avec pour seul soutient celui de sa belle-mère.

Maggie est un personnage que j’ai apprécié. C’est un petit bout de jeune femme qui a fait des erreurs, qui regrette et qui essaye de s’en sortir en n’oubliant pas les valeurs que sa grand-mère lui a inculquées. J’ai trouvé cela charmant. La relation grand-mère/petite-fille est très belle. Ces deux femmes se ressemblent et, finalement, peuvent peut-être faire les mêmes erreurs.

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Cadre, faune et flore
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Le cadre est tout à fait charmant. On est dans une petite ville anglaise typiquement décrite. La campagne, loin de la ville, une vie paisible. C’est vraiment le genre de lieux que j’apprécie. C’est très sympathique. On se sent bien dans ce cadre, dans cette vie avec Lillian qui va de désillusion en désillusion. On se sent proche d’elle, dans cette grande maison qui n’a pas le destin qu’elle mérite.

La campagne anglaise est très charmante et ajoute ce petit côté campagnard que j’apprécie retrouver dans mes lectures.

La faune et la flore sont aussi très importantes. Il y a des animaux : le chien de Charles, symbole du maître des lieux, les paons que Charles adore et que le reste du monde déteste et le renard. Finalement, ces trois animaux représentent tout ce que Charles ait : un riche maître d’une maison incroyable qui parade devant les gens et fait la roue pour que l’on voit ce qu’il a et ce qu’il est en apparence mais derrière cette couche de superficialité et ce masque, se cache un homme rusé et apeuré d’être remplacé.

La symbolique des animaux n’en reste pas là. Albie peut aussi être représenté par ce paon qui fait des bêtises d’enfants, qui montre qu’il existe aux autres mais qui, dès un bruit suspect, part en courant se cacher.

La flore est aussi présente tout au long du texte : on a une clairière, un bois mais aussi des champs à perte de vue. On est entouré d’un jardin magnifique et le peintre est un homme très proche de la nature.

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Entre passé et présent : une vie de secrets
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J’ai trouvé que ce pan de l’intrigue est celui que j’ai préféré. Les secrets de famille, les portes fermées, la crainte d’être vu complètement à nu et d’être jugé. Ah !! Ce roman nous fait passer un excellent moment de lecture. Il y a les secrets de Lillian, que l’on découvre tout au long du roman mais aussi ceux de Maggie qui prennent une place importante. La maison regorge de secrets, de portes fermées de tapisseries qui cachent des accès. C’est vraiment très prenant.

Je trouve que Hannah Richell est une auteure incroyable. La plume proposée est très intéressante et permet aux émotions d’être véhiculées de manière cohérente et très poétique.

On est dans un texte qui monte crescendo et qui nous propose une fin que j’ai grandement appréciée. Bravo.

En définitive, ce roman est donc un très joli coup de cœur tout en délicatesse et émotions. Il nous relate une histoire douce qui s’étale sur les années où les sentiments des personnages sont forts. Les personnages sont divers et variés et nous offrent des psychologies fines et détaillées.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Un univers que j’ai adoré !
  • Une relation grand-mère/petite-fille très belle.
  • Les secrets et cette formidable maison.

Mamie, si tu m’entends, je t’aime de tout mon coeur. Et cette chronique, elle est pour toi. On est tous avec toi. ♥ 

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Une sorcière à la cour de Philippe Madral

51Te8Xkyn0L._SX195_.jpgRésumé : « Si les hommes étaient plus aimants, ces prétendues sorcières n’existeraient pas. Ces malheureuses, que leurs époux battent, parfois jusqu’à la mort, n’est-il pas juste qu’elles cherchent à s’en défendre ? C’est la condition dans laquelle notre société tient les femmes qui provoque de telles aberrations criminelles. » 1678. Tandis que Louis XIV mène grand train à Saint-Germain et Versailles, Paris est frappé par les meurtres les plus abominables et la rumeur enfle : des empoisonneuses œuvrant pour le diable auraient infesté la ville. Lorsque le scandale gagne la cour, le roi ordonne à La Reynie, lieutenant général de police, de démanteler les officines et de punir les sorcières. À mesure qu’il enquête, ce dernier comprend que le roi est victime d’un complot. Mais surtout, il découvre que derrière ces actes diaboliques se cache une plus grande violence encore, subie par les femmes. Maintenues toute leur vie sous l’autorité d’un père, d’un frère ou d’un mari, ont-elles d’autre choix que le crime pour conquérir leur liberté ?  Dans cette enquête sulfureuse, Philippe Madral nous plonge au cœur d’une société en pleine mutation et revisite sous un jour complètement nouveau la célèbre affaire des Poisons, avec un souffle romanesque exceptionnel.

~ Service presse 📖 ~

Je remercie les éditions JC Lattès pour cet envoi. Je suis ravie d’être partenaire avec une nouvelle maison d’édition. Pour célébrer ce nouveau partenariat, j’ai décidé de jeter mon dévolu sur Une sorcière à la cour de Philippe Madral. Je remercie aussi Stéphanie, mon petit sorbet kiwi, pour tout ce qu’elle a fait pour moi. ♥

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La cour de Louis XIV
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Je ne cache absolument pas le fait que je suis une fan de cette période historique. J’ai toujours adoré le faste du château de Versailles et ce roi qui a gouverné la France d’une main de maître. Bons ou mauvais choix, peu m’importe. Ce n’est pas tant la politique qui me plait dans cette période, c’est plutôt les valeurs qu’incarne ce personnage et la cour qui l’entoure. Entre intrigue, complot, trahisons, amours et amitiés, on ne s’ennuie pas une seule minute !

S’il y a bien une affaire que j’apprécie plus que les autres dans le règne de Louis XIV, c’est bien l’affaire des poisons ! J’ai toujours adoré La Voisin, La Bosse et toutes celles qui ont bercés cette affaire. Lorsque j’ai vu ce roman, je n’ai pas pu résister et j’ai eu raison ! Quelle affaire, quelle histoire, quel roman !

On va suivre cette affaire via les yeux de notre cher Gabriel Nicolas de La Reynie qui est le premier Lieutenant Général de Paris. Il va être en charge de cette « affaire des poisons » qui mettra à mal les petites gens mais aussi les plus nobles, les plus proches du roi. Cette histoire va faire du bruit pendant plusieurs années.

On touche donc au personnel : on est dans l’intimité de Louis XIV : on discute avec Colbert et Louvois mais aussi avec la Monstespan et la Des Œillets. On va aussi dans les auberges, dans les petites rues noires de Paris où l’odeur est insupportable. J’approuve le choix de l’auteur : prendre La Reynie comme personnage principal de l’intrigue et de l’enquête est une idée de génie ! Qui de mieux placé que lui pour nous raconter les enquêtes ? Les interrogatoires ? Les mises à mort ? Les discussions personnelles avec le roi ? Les ministres ? Bref, vous l’aurez compris, on est dans le vif du sujet et j’ai adoré.

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Gabriel Nicolas de La Reynie ou l’honnêteté et la morale à l’état pur
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Voilà un homme qui a de sacrées valeurs et qui n’a pas peur de dire ce qu’il pense. Même au roi. Même si Louis XIV peut être exécrable, il sait qu’avec La Reynie, il n’aura pas de souci. Il déteste ces interrogatoires où la torture est reine : rien de bon ne sort de la bouche des suspects qui parlent sous le joug de la terreur de mourir noyé ou torturé. Gabriel Nicolas de La Reynie est un homme juste et moral. Il veut toujours comprendre et avoir la certitude des choses qu’il avance par des preuves physiques et non des aveux sous la torture. J’adore voir que dans cette période, il y a encore des gens qui ne profitent pas de leur pouvoir ni de leur situation.

Tout au long de la lecture, on vogue entre la vie professionnelle de ce personnage et sa vie privée : sa femme et ses enfants sont présents. On vit avec lui des dîners mondains, des dîners de famille, des moments volés qui humanisent encore plus le lieutenant général de Police.

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Le fond historique
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Philippe Madral fait fort ! Il suffit de jeter un œil à la bibliographie pour être scotché. Le travail en amont a dû être colossal. C’est très plaisant. Je tenais à féliciter l’auteur pour le roman de qualité qu’il nous offre et pour ses recherches pointilleuses pour nous offrir une enquête basée sur les mémoires de La Reynie, personnage souvent oublié dans les manuels d’histoire. Son rôle dans l’affaire des poisons est souvent notifié mais sans plus. Ici, on s’intéresse vraiment au personnage.

« A mesure que l’atmosphère de l’appartement autour de moi se faisait plus lourde et plus exaltée, je me sentais étrangement de plus en plus froid, à la limite du dégoût pour ceux qui m’entouraient. Je ne pouvais m’empêcher de bénir mes parents de m’avoir fait ainsi, peu propre aux excès, qu’ils soient enflammés ou dépressifs, et je me réjouissais de n’avoir jamais été sujet à ces passions dévorantes dont on est par définition l’escale et qui détruisent la plupart du temps ceux qui en sont les victimes. »

Le contexte historique est bien présent. Au-delà de l’intrigue des poisons, on se retrouve dans les villes de France où les gens crèvent de faim, où travailler est difficile. On parle des guerres, des conflits, de Guillaume d’Orange aussi. On a vraiment tout ce contexte historique qui se tisse autour de notre intrigue principale. Cela renforce encore un peu plus la véracité des propos avancés par l’auteur.

L’affaire des poisons va soulever une question importante : la place de la femme. En effet, tout au long de sa vie, la femme qui est née à cette époque est sous le joug d’un homme : son père pour commencer puis son mari. On la force à rester à la maison, à enfanter, à materner. Si cela n’est pas son destin, elle finit dans la rue à la merci d’hommes peu convenables et fréquentables. Une femme ne peut avoir de droit sur son corps ou son esprit. On se rend aussi rapidement compte qu’une fois au pouvoir, les femmes font tout pour y rester, on peut ainsi citer la fameuse Madame de Monstespan qui, avec son physique généreux et son esprit mordant, atteint des sommets en devenant la maitresse officielle du roi. On est aussi spectateur de sa descente aux enfers en étant répudiée après avoir pratiqué des messes noires pour garder l’amour du roi. Des femmes comme Mademoiselle de Fontange devient aussi une femme à abattre : devenue maitresse du roi, elle devient une femme qui regarde les gens moins riches qu’elle de haut, elle devient vindicative et méchante. Le pouvoir rend les gens fous.

On est encerclé par les sorcières mais aussi les diseuses de bonne aventure. La Bosse et La Voisin restent des noms tristement célèbres. Entre messes noires, arsenic, onguent, égorgements de nouveaux nés, elles deviennent les sorcières du règne de Louis XIV.

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La plume de l’auteur
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Je ne connaissais pas Philippe Madral ni sa plume, je suis ravie que cela soit chose faite ! C’est vraiment une plume agréable, qui maîtrise son sujet à la perfection. Pointilleuse et pleine de détails, on se retrouve vraiment dans une enquête historique qui est exceptionnelle. Bravo.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  • Une affaire spectaculaire, envoutante et pleine de rebondissements
  • Un voyage en plein cœur de la cour de Louis XIV
  • Une plume formidable

Je vous invite à visionner les épisodes de Secrets d’histoire et de l’ombre d’un doute qui parlent de ce sujet et des femmes de pouvoir à la cour.

5

8

Les dernières heures de Minette Walters

CVT_Les-Dernieres-heures_8289.jpgRésumé : Mois de juin de l’an 1348 : une épidémie monstrueuse s’abat sur le Dorset et décime peu à peu les habitants. Nobles et serfs meurent par milliers dans d’atroces souffrances. Quand la pestilence frappe Develish, Lady Anne a l’audace de nommer un esclave comme régisseur. Ensemble, ils décident de mettre le domaine en quarantaine pour le protéger. Bientôt, les stocks de vivres s’amenuisent et des tensions montent car l’isolement s’éternise. Les villageois craignent pour leur sécurité lorsqu’un événement terrible menace le fragile équilibre. Les gens de Develish sont en vie, mais pour combien de temps encore ? Et que découvriront-ils quand le temps sera venu pour eux de passer les douves ? Quand la grande dame du roman noir anglo-saxon s’attaque à la saga historique, elle nous offre le plus captivant et haletant des page-turners.

MINETTE WALTERS vit dans le Dorset. Aux Éditions Tobert Laffont sont entre autres parus Le Sang du renard – lauréat du plus prestigieux prix de la littérature policière anglaise, le Gold Dagger Award -, L’Ombre du caméléon et Dans la cave.

~ Service presse 📖~

Je remercie la Masse Critique Babelio pour ce très bel envoi. Lorsque j’ai reçu le roman, j’étais partagée entre bonheur et légère peur. Le roman est un gros pavé. C’est toujours délicat de se lancer dans des pavés ainsi. Si jamais cela ne plait pas, on se retrouve avec de looooongues heures de lecture qui n’avancent pas. Malheureusement, c’est ce qui s’est passé avec le roman de Minette Walters…

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La peste : le fond historique
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On plonge dans l’univers médiéval. Au 14ème siècle, plus précisément dans les années 1348. Une maladie qui décime hommes, femmes et enfants s’installe sur le Dorset. Un mot qui fait fuir tout le monde : la peste (bubonique je pense ici). On entre dans cette période tant maudite par les hommes ayant vécus à cette époque. Cette maladie n’épargne personne : petits et grands, riches et pauvres, hommes et femmes. Bref, personne n’est à l’abri de la peste.

Ce qui est bien dans ce roman c’est que tout le monde est remis sur un pied d’égalité le temps de l’épidémie. On se sert les coudes au mieux, on s’entraide entre serfs et seigneurs, bref, si le temps n’est pas le meilleur pour rester en vie, on en ressort quand même avec une impression d’humanité qui fait quand même chaud au cœur même si des tensions apparaissent, on se rend compte qu’on oublie vite les rangs et les codes dans ces moments-là.

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Le roman historique : si on jouait à pile ou face? 
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Avec un roman historique, généralement, on joue à pile ou face. Soit on aime, on plonge dans la période en question et dans l’univers proposé, soit c’est difficile, compliqué et on passe plusieurs semaines à lire quelques pages par-ci, par-là, parce qu’il est difficile de pénétrer dans l’intrigue. C’est exactement ce qui s’est passé ici pour moi. Les qualités de la plume sont indéniables mais malheureusement, pour moi, l’intrigue souffre de trop grandes longueurs, de personnages peu attachants et d’une lenteur incroyable. Je n’ai jamais mis autant de temps pour lire un roman historique.

Mis à part la peste qui sévit, rien d’historique n’est mentionné. J’ai trouvé dommage de ne pas avoir un fond médiéval plus riches autant dans la culture et les traditions que dans les événements marquants de cette époque. On est quand même en pleine guerre de cent ans et sur le territoire anglais. Dommage !

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Trois personnages principaux
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Il y a une multitude de personnages dans ce roman, forcément, puisqu’il s’agit d’une épidémie. Mais on va en suivre trois de manière plus régulière : Lady Anne, sa fille Lady Eleanor et Thaddeus, un serf qui est nommé régisseur durant ces temps compliqués.

Lady Anne est vertueuse, pleine de belles qualités, on penserait même qu’elle est sortie tout droit d’un film de Disney tant elle semble bonne et généreuse. Lady Eleanor est tout le contraire : elle est méchante, vindicative, bête, violente. Bref, si les deux personnages sont liés par le lien fort qui peut exister entre une mère et sa fille, elles sont aux antipodes l’une de l’autre. Thaddeus est un serf qui vient aider Lady Anne dans la protection du château : il est fort, beau, courageux et n’hésite pas à se sacrifier et à possiblement être touché par la peste pour récolter des vivres et que tous vivent au mieux.

L’auteure ne nous épargne pas la lutte acharnée des deux femmes à se disputer l’amour de Thaddeus. Thaddeus reste le personnage le plus intéressant par sa construction. Lady Anne est très sympathique mais bien trop caricaturée pour moi malheureusement, comme Lady Eleanor.

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L’intrigue historique et le quotidien de la vie au 14ème siècle
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L’intrigue n’a d’historique que l’appellation. Je suis navrée mais pour moi, ce n’est ni un roman historique, ni un page turner. On est à la limite du documentaire. On visite les lieux, on se balade dans le Dorset, on se rend compte du ravage que créé la peste mais voilà tout. On se retrouve vraiment dans une situation où l’on s’endort narrativement.

On suit Thaddeus au-delà de Devilish, la balade est agréable mais cela ne reste qu’une balade. On ne se bat pas, on ne complote pas, on ne perce pas de grand secret. La trame narrative principale ne m’a pas plu. C’est malheureux à dire mais finalement on se retrouve avec une impression de « toutes ces pages pour ça ? ». Ça n’arrive pas souvent mais j’ai eu l’impression de perdre mon temps.

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La plume de Minette Walters
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Je pense que c’est la plume qui m’a permis de rester dans le roman et de ne pas abandonner ma lecture. Même si la situation est statique (les gens sont enfermés dans le manoir de Develish), l’ennui y est mortel pour la lectrice que je suis. C’est un premier tome mais je ne pense pas me lancer dans la suite. J’ai trop peur de repartir dans des abysses dont j’aurais du mal à remonter.

La plume reste très agréable et pose les choses avec tact et beaucoup de précision. Je la découvrirai peut être dans un autre genre.

Vous l’aurez compris, ma lecture a été un fiasco total… Ca n’arrive pas souvent, mais quand ça arrive, ça fait mal.

2

14

1883 Express d’Orient de E.C Guyot

51AE0JXKDFL._SY346_.jpgRésumé : Octobre 1883. Quatresous s’embarque à bord de l’Express d’Orient, le tout nouveau train de grand luxe, tout juste inauguré par la Compagnie des Wagons-lits. Sa mission est aussi claire qu’elle est saugrenue : faire faire demi-tour aussi vite que possible à son employeur Monsieur Desmilliers et récupérer l’argent des billets, car les finances de la famille en dépendent. Mais à bord du train un passager décède, tout le monde a un secret, des murmures d’esprits et de monstres hantent les couloirs, et une menace rôde… Et qui sont ces voyageurs mystérieux, dans les compartiments du wagon de tête ? Pour Quatresous, un voyage vers l’inconnu va commencer dès le quai de la gare…

~ Service presse 📖 ~

Je remercie E.C Guyot pour l’envoi de son roman qui me faisait extrêmement envie. En effet, j’ai craqué, complètement, pour la couverture de ce roman. Folle du roman d’Agatha Christie, je voulais retrouver un roman qui mettait en scène un train digne de l’Orient Express, ce lieu si beau et symbolique. Est-ce que l’aventure était au rendez-vous ? Est-ce que j’ai lu avec avidité ce roman ? Est-ce que j’ai aimé ? La réponse tient en un mot, trois lettres, un cri : OUI. OUI, OUI, OUI !

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Quand l’historique se mêle au fantastique
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Voici un mélange des genres que j’apprécie beaucoup. En effet, on se retrouve avec une intrigue historique, puisque l’on est propulsé à la fin du 19ème siècle, mais aussi fantastique parce que l’auteure et le train nous réserve bien des surprises.

L’auteure a parfaitement su retranscrire l’ambiance et l’atmosphère que l’on peut retrouver dans les grands classiques du 19ème siècle. On est propulsé très rapidement dans cette ambiance feutrée et pleine de mystère.

Ce que j’ai énormément apprécié dans la construction de l’intrigue, c’est que l’auteure prend son temps, elle nous décrit des scènes majestueuses et délicates mais elle pose l’histoire sur plusieurs chapitres. Même si l’intrigue met un peu de temps à se mettre en route, il faut aussi souligner que le temps pris part l’auteure pour installer son intrigue permet au fantastique de s’installer tout doucement. Cela instaure une atmosphère particulière. L’orient express reprend du service mais, cette fois-ci, dans un autre contexte !

A ces deux genres vient se mêler une esquisse d’enquête faite par notre personnage principal Louis Quatresous. J’ai apprécié l’enquête en toile de fond, c’est très intéressant. Cela apporte une troisième dimension à notre lecture.

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Mon engouement pour cette lecture
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Comme vous le savez, les romans historiques sont un genre que j’affectionne beaucoup. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai des périodes, des lieux, des auteurs qui me marquent et franchement, l’Orient Express est le train le plus mythique (après le Poudlard Express) que j’ai rencontré dans mes lectures et j’ai été ravie de retrouver cette figure. Le train devient un personnage à part entière dans le roman de E.C Guyot. Il prend de la place et de l’intérêt dans cette histoire. C’est très sympathique, le temps d’un roman, ce fameux train reprend vie et cela fait plaisir à lire !

Ce que j’ai aussi grandement apprécié dans ce roman, ce sont les personnages ! Il y en a beaucoup, mais certains restent plus attachants que d’autres. Louis Quatresous est notre personnage préféré. Il voit sa vie basculer le jour où son patron décide de l’emmener avec lu à bord du train parce que sa femme n’a pas voulu le suivre.

Son patron reste un personnage très superficiel. Il veut se montrer dans le train pour qu’on le remarque, lui et sa richesse. Si Quatresous m’a énormément plu, je suis restée un peu de marbre face à son patron qui finalement reste un homme dont la superficialité égalise sa bêtise. Ici, ce n’est qu’une affaire de goût, bien entendu.

Il y a énormément de personnages dans ce roman. 1883 Express d’Orient fait partie de ces romans dont il est difficile de parler tant l’intrigue est dense et riche. Je ne veux pas vous spoiler. Je peux juste vous dire que si vous êtes fan de ce genre et que vous aimez l’aventure, ce roman est fait pour vous, cela ne fait aucun doute.

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La plume de l’auteure
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A l’image de l’intrigue, cette plume foisonne d’idées formidables. Elle est d’une richesse incroyable. Franchement, je suis sous le charme de la plume de E.C Guyot qui sera, je le pense sincèrement, une plume à suivre par la suite.

Si l’intrigue est savamment posée et imaginée, je suis aussi très heureuse de retrouver ce que j’affectionne le plus dans ce genre d’histoires : des personnages dont les traits physiques et moraux sont extrêmement bien dessinés et campés. Le patron de Quatresous est détestable parce qu’il est dessiné ainsi. Quatresous nous apparait un peu aventurier : la manière dont il se permet de parler à son employeur pourrait nous paraitre un peu cavalière. Cela ajoute un petit quelque chose à ce personnage assez attachant. Bref, vous le voyez, j’ai adoré les personnages proposés par l’auteure.

Cette plume nous propose aussi un sacré voyage géographique : on en prend plein la vue grâce à des descriptions détaillées et riches. Chaque chapitre est associée à une distance, d’une destination à une autre, on voyage au rythme de ce train qui nous embarque pour une formidable aventure.

Ce roman fait partie de mes meilleures découvertes de l’année 2019. J’ai eu raison de faire confiance à ce roman. Ce roman est une formidable surprise que je vous conseille fortement. Il est parfait pour la saison.

3 bonnes raisons de lire ce roman :

  •   Une intrigue qui mêle différents genres : enquête, historique, fantastique.
  •   Une plume qui associe suspense, humour mais aussi de belles valeurs.
  •   Le panel de personnages dont ressort Louis Quatresous.

notation

 

 

16

Casanova de Matteo Strukul

41eapQnb8dL._SX195_.jpgRésumé : Saurez-vous résister au plus grand séducteur et à la plus belle ville du monde ?1755, Venise. Après avoir parcouru l’Europe pendant dix ans, Giacomo Casanova revient enfin dans sa ville natale, si chère à son cœur. Acclamé par les habitants, l’enfant rebelle de la Sérénissime enchaîne les coups d’éclat et ne perd pas la moindre occasion de se faire remarquer. Notamment par la comtesse Margarethe von Steinberg qui lui lance un défi : séduire la jeune Francesca Erizzo avant qu’elle ne se marie. Un défi que le célèbre séducteur accepte comme un jeu… sauf qu’il n’a pas prévu les sentiments que la jeune fille éveillerait en lui, ni les manigances des hautes instances de la cité des Doges qui n’ont plus qu’un objectif : mettre Casanova aux fers avant qu’il pervertisse les mœurs vénitiennes.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie les éditions Michel Lafon pour l’envoi de ce roman ainsi que Camille qui est toujours présente pour répondre à mes questions. Merci beaucoup ! J’avoue que je n’ai pas cherché bien loin avant de faire la demande de ce service presse. C’est typiquement le genre de couverture que j’aime : mystérieuse, sublime et grâce à ce masque de mascarade, nous plongeons directement à Venise. Le titre évocateur nous propose de rencontrer un personnage que l’on connait : Casanova, le bourreau des cœurs.

~ Le mythe de Casanova ~

Expression devenue populaire, le personnage de Casanova est devenu un mythe. Cependant, Giacomo Casanova est un homme qui a réellement existé au 18ème siècle. Avant d’être considéré comme un séducteur par la gente féminine, il s’inscrit dans des activités comme la musique et l’écriture. Il laisse une œuvre littéraire intéressante et assez conséquente à la fin de sa vie.

Malheureusement pour lui, ou heureusement, cela dépend de la manière dont on se place dans cette histoire, il est considéré comme étant le prototype du « libertin des mœurs » par le clergé. Dès son plus jeune âge, il est un homme à femmes, il libère ses pulsions et tensions pour atteindre le paroxysme de l’érotisme avec ses conquêtes.

Voici donc un mythe que je ne connaissais pas forcément très bien, j’en attendais beaucoup et j’avoue que j’ai été un peu déçue par ma lecture. Je m’attendais à être surprise, bousculée sur mes certitudes sur ce personnage. Finalement, c’est un goût un peu amer que me laisse cette lecture. En effet, la surprise n’est pas là et mon étonnement sur ce personnage est plutôt négatif que positif.

~ Venise : la ville des amours par excellence ~

Je vais commencer par un point qui m’a énormément plu. Les décors et la ville de Venise. On sait que la ville de Venise est considérée comme étant la ville de tous les amours. Ici, on a une description parfaite de cette ville qui, finalement, ne l’est pas. En effet, on se retrouve avec une partie de la ville plutôt tranquille, on y vit paisiblement en couple ou en famille. Il y a aussi l’autre côté de cette ville, plus sombre, plus dangereuse entre les trahisons, les mésalliances et les mensonges. Les passions y sont libertines, érotiques. On y trouve aussi un côté secret. C’était très intéressant.

La manière dont l’auteur amène son personnage à évoluer dans ce genre de décors est tout bonnement incroyable. On a une impression assez intéressante : je me suis retrouvée dans des décors dignes d’Alexandre Dumas : combat de capes et d’épées, de complots pour assassiner les personnes hautement placées. Bref, on ne s’ennuie pas une seule seconde dans la ville de Venise.

~ Et si on parlait « personnages »  ~

Les personnages, parlons-en ! J’ai trouvé qu’il y en avait qui étaient très intéressants dans la manière dont ils ont été construits. Pleins de promesses, ils m’ont intriguée. Certains m’ont même déçue.

Commençons par Casanova. Giacomo revient après 10 ans d’errance. Pour se sauver, il a fui Venise, son passé est assez obscur mais on prend plaisir à découvrir ce qui s’est passé. Son retour sonne le glas pour certains : cet homme est un mystère, un poids, une menace. Il y a une atmosphère assez sombre qui s’émane de lui.

« Tout ce qu’il touchait devenait aussitôt mort et gémissements. Certes, le peuple l’aimait, les femmes étaient folles de lui, les cercles d’artistes et de lettrés le voyaient comme un rebelle, un antihéros, et donc un modèle. »

On sent vraiment l’homme menaçant tout au long du texte. Et j’avoue que de ce côté-là, j’ai été servie. C’est un homme dangereux et on s’en rend bien compte tout au long du texte. C’est un homme qui n’hésite pas à manigancer les pires complots pour obtenir ce qu’il désire.

Francesca est un personnage assez bien construit. Figure assumée, elle ne manque pas de courage et est décrite comme étant une femme forte, qui n’est pas l’objet du désir des hommes et qui sait dire non. Elle n’est pas considérée comme étant l’archétype de la femme facile et soumise à son mari. Bien au contraire ! Elle est l’objet d’une machination particulière : un pari entre la comtesse allemande Margarethe von Steinberg et Giacomo Casanova. J’avoue que déjà là, j’ai tiqué. Cette partie de l’intrigue n’est pas sans me rappeler Les liaisons dangereuses et le pari entre la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont.

Là où ça n’a pas collé pour moi, c’est le comportement de Francesca qui n’est pas du tout conforme au caractère que l’on nous décrit. Le fait que la femme (en général dans le texte) soit une sorte de kleenex qu’on balance dans le caniveau après utilisation ne m’a pas forcément plu. Je m’attendais à quelque chose de différent, qui viendrait un peu casser le mythe de ce rustre de Casanova. La place de la femme reste inférieure à celle de l’homme dans cette histoire et j’avoue que je n’ai pas été très réceptive à cette idée.

~ Un voyage ~

Ce qui sauve le roman à mes yeux, en plus des somptueux décors proposés par l’auteur, c’est le voyage historique. En effet, on voyage dans l’histoire, l’auteur prend le temps de planter des décors assez sympathiques et qui collent à la réalité du siècle dans lequel on évolue.

On nous explique certains conflits, certaines situations historiques et franchement, cela ajoute un côté réaliste à cette fiction.

~La plume de Matteo Strukul ~

J’ai apprécié une fiction autour d’un personnage historique que l’on ne connait peu voire pas du tout. Cela reste très crédible puisque l’auteur se cale sur des événements qui sont vraiment arrivés. J’ai apprécié ce côté.

L’auteur parvient à garder quelques secrets sur la fin. Finalement, on se rend compte que Casanova est un personnage apprécié par certains habitants et détesté par d’autres. Les complots pleuvent, les menaces de mort contre lui aussi mais il se bat jusqu’au bout pour comprendre ce qu’il en est.

La plume est vive, atypique et très sympathique à découvrir. J’ai adoré les décors et l’ambiance, un peu moins certains personnages mais dans l’ensemble, j’ai passé une lecture agréable mais pas transcendante.

3 raisons de découvrir ce roman

  • Le mythe de Casanova exploité
  • Le fond historique et les décors plantés
  • La plume de l’auteur assez sympathique

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