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Peu importe de Julie Marini

41I8vdMEJEL.jpgRésumé : Sébastien a toujours vécu dans l’ombre de sa sœur. Marion est prioritaire, il ne peut rien lui refuser, après tout c’est elle qui est malade. Alors quand elle lui demande de rencontrer ce garçon dont elle est tombée amoureuse pour qu’il se rapproche de lui, Sébastien hésite. Il éprouve des difficultés à créer des liens avec les autres. Et ce n’est pas ce mec si souriant qui va changer les choses. Pourtant, Yannick, grâce à sa bonne humeur et sa persistance parvient petit à petit à percer la carapace du jeune homme et pour la première fois de sa vie, Sébastien pense à lui en premier.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Julie Marini qui m’a gentiment contactée via SimPlement pour me proposer la lecture de son roman. Une romance M/M qui me tentait bien avec cette couverture assez mystérieuse.

~ Les personnages ~

Lecture belle et pleine d’émotions, on déboule dans la vie de Sébastien. Séb est un jeune homme qui a toujours vécu dans l’ombre de la maladie de sa sœur Marion. En effet, atteinte d’une grande maladie, elle a besoin de beaucoup d’attention. Sébastien accepte, par amour pour sa sœur, de devoir se débrouiller par lui-même et de ne pas forcément devoir compter sur ses parents bien trop occuper à surveiller leur fille.

Forcément, Sébastien devient un garçon calme, qui a tendance à s’effacer, même au lycée. Il a son ami Loïc et ça lui convient bien. Il a du mal à s’ouvrir aux autres et n’a pas forcément l’envie d’aller vers les autres. Si la famille a une grande place dans la vie de Sébastien, il y a aussi Loïc, son meilleur ami depuis toujours. Leur relation est très sympathique à lire, elle permet d’aérer un peu le texte et de rendre l’histoire un peu plus légère, plus banale.

Loïc est un jeune homme aux antipodes de Sébastien, il drague tout ce qui bouge et n’a pas peur d’amuser la galerie. Marion, la sœur de Sébastien est un personnage que j’ai aussi apprécié pour sa volonté à montrer qu’elle est une jeune femme avant d’être une jeune malade. La relation qu’elle entretient avec son frère est très belle, ils sont très proches et forcément Sébastien est très protecteur envers elle.

~ L’amour plus fort que tout ~

Je crois qu’il n’y a pas de sentiment plus fort que l’amour sur cette terre. Le roman de Julie Marini exprime bien cette idée pour moi.

« Banalité », j’aurais bien aimé que le problème de Sébastien fasse partie de la banalité. En fait, j’aurais apprécié que l’angoisse de Sébastien n’en soit pas une. L’homosexualité est toujours difficile à affronter. C’est vraiment quelque chose qui me révulse. Aujourd’hui, encore, des enfants sont mis dehors du foyer parce qu’ils sont homosexuels. Aujourd’hui, encore, certains se font tabasser dans la rue parce qu’ils n’ont pas la liberté d’aimer la personne qu’ils souhaitent. Mais MERDE ! J’aimerai qu’un jour, un hétéro se fasse tabasser parce qu’il aime une fille. On verrait un peu comment la société réagirait. Je trouve ça tellement révoltant. Enfin, bref.

Finalement, l’amour va vaincre les doutes, les craintes et les appréhensions de Sébastien. Une fois que Yannick va arriver et chambouler sa vie, il va voir sa vie changer. C’est une chose que j’ai appréciée lire. C’était très beau, très frais et ça fait du bien au cœur !

« Il voulait le protéger de tout, de l’esprit étroit de ses parents, de la crainte de perdre sa sœur, des embûches que la vie mettrait sur son chemin. Si seulement, il en avait les moyens, il accomplirait l’impossible pour lui, rien que pour le voir sourire. »

~ Une intrigue intéressante ~

J’ai apprécié la manière dont l’auteure a choisi de construire son roman. On est sur deux temps : une sur le passé : les débuts de la relation entre Yannick et Sébastien (les années lycées) et une autre sur le moment présent (des années plus tard).

On aborde beaucoup de thématiques : la trahison des parents, le regard des autres sur l’homosexualité, la jalousie mais aussi l’amitié, l’amour, le pardon,  la parentalité et la difficulté à accepter la différence. J’ai trouvé tout cela intéressant.

La romance est présente, forcément, mais elle n’est pas de trop. En effet, c’est quelque chose que j’apprécie. La romance entre les deux jeunes hommes est noyée dans un flot d’autres thématiques. C’est super ! Franchement, pour ceux et celles qui sont encore frileux.ses par rapport aux romances F/F ou M/M, je ne peux que vous conseiller ce roman. Rien de maladroit n’est présent, rien n’est de trop. Effectivement, il y a des scènes érotiques mais cela reste tranquille. On n’est pas dans la surenchère de sexe et ces scènes se fondent aussi bien dans l’intrigue. L’auteure a vraiment gérer ce point-là.

La seule chose que j’ai trouvée dommage, c’est le manque de musique dans ce roman. En effet, Sébastien écoute beaucoup de musique mais il arrive à percer dans ce milieu et finalement, on n’a pas beaucoup de choses à dire sur cela. C’est dommage. Il semble que l’inspiration fasse défaut à Sébastien à un moment, une panne musicale mais finalement, c’est dommage de ne pas en savoir plus.

~ La plume de l’auteure ~

J’ai encore fait une sympathique découverte avec ce roman. Je ne connaissais pas la plume de Julie Marini et je vous avoue que j’ai passé un moment agréable en compagnie de Sébastien, Marion, Loïc, Yannick et tout le reste de la bande.

Les chapitres sont courts, ça donne beaucoup de rythme à l’intrigue. On veut savoir comment va se terminer cette histoire.

L’histoire nous touche, forcément. Un premier amour, c’est toujours beau. On est pris dans un tourbillon d’émotions qui sont très belles. On oscille entre la peur, la joie, l’espoir de jours meilleurs, la tristesse. On parvient à vivre tout cela avec les personnages grâce à cette plume qui retranscrit très bien toutes les émotions que peuvent vivre les lycéens.

~ Le mot de la fin ~

C’est tout en douceur que Julie Marini nous propose de découvrir une romance très sympathique. C’est une lecture qui est rapide (177 pages sur ma liseuse) et franchement, on ne voit pas le temps passer tant on se plait à découvrir tout ce qui tourne autour de Sébastien.

On fait la rencontre d’un duo qui se complète bien, qui est très beau et que l’on apprécie voir évoluer à travers les pages du roman.

Je conseille vivement à tous les fans de romance

3 raisons de lire ce roman :

  • Un regard plein d’émotion sur l’homosexualité et les difficultés rencontrées à ce sujet
  • Un panel de personnages que j’ai apprécié découvrir
  • Une plume très sympathique

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Jolis, jolis monstres de Julien Dufresne- Lamy

41plCzDufOL._SX195_.jpgRésumé : Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter. Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme. Les plus jolis monstres du monde. Au début des années sida, James est l’une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l’amie fidèle des clubs kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l’humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé. Sur trois décennies, Jolis jolis monstres aborde avec finesse et fantaisie la culture drag, le voguing et la scène ballroom dans un grand théâtre du genre et de l’identité. Au cœur d’une Amérique toujours plus fermée et idéologique, ce roman tendre mais bruyant est une ode à la beauté, à la fête et à la différence. Une prise de parole essentielle. 

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie l’auteur et les éditions Belfond pour l’envoi de ce roman (dédicacé, s’il vous plait) en service presse. C’est toujours un plaisir de recevoir les romans de Julien Dufresne Lamy.

~ La culture drag-queen ~

Je pense que commencer par un petit point culture pourrait être sympathique. Histoire que l’on démarre tous sur la même longueur d’onde. Wikipédia nous propose un article complet. Si jamais vous êtes intéressés, n’hésitez pas à cliquer par ici. « Une drag queen est une personne – homme ou femme, bien que les hommes restent majoritaires et plus connus- construisant une identité féminine volontairement basée sur des archétypes de façon temporaire, le temps d’un jeu de rôle […] Comme tout travestissement, le fait de s’habiller en drag queen n’est une indication ni sur l’orientation sexuelle de la personne concernée, ni sur sa véritable identité de genre ; une drag queen n’est pas forcément une personne transsexuelle. »

~ Un roman sur la différence et l’acceptation ~

De jolis messages sont portés dans ce roman. On fait la rencontre de beaucoup de personnages mais surtout de James Gilmore, dit Lady Prudence. James est un personnage que j’ai énormément apprécié tant il est porteur de messages que j’adore.

Rapidement, on se rend compte que Lady Prudence fait partie de lui. Ce n’est pas qu’un artifice le temps d’un karaoké. Elle fait partie de lui. Lady Prudence est un personnage qui l’incarne mais qui le représente. Tout au long du roman, James nous raconte sa vie, trente années chargées de souvenirs bons comme mauvais, ses espoirs, ses désillusions. A travers les yeux de James, on se retrouve à avoir un œil neuf sur la culture drag-queen.

James nous montre, dès le départ que les drag-queens sont un sujet tabou. C’est quelque chose dont on ne parle pas, qu’on cache et finalement, ce roman nous prouve à quel point la société est loin du compte. Ce roman est tellement fort et intéressant, c’est un livre qu’il faut lire. Récemment paru, il est d’un des ouvrages contemporains qu’il faut avoir dans ses étagères.

« Nous sommes un secret enfermé dans une boîte qu’il ne faut surtout pas ouvrir ». 

~ La société et la différence ~

Aïe… Gros sujet qui pique. Encore de nos jours, je ne comprends pas que l’on ne puisse pas accepter les couleurs de peau différentes, les orientations sexuelles, les transformations permanentes ou non. C’est toujours difficile pour moi d’en parler sans avoir envie de secouer les gens.

James nous ramène à la réalité de la vie rapidement. On se prend des claques, on se fait bousculer.

On est dans une intrigue où l’on peut rencontrer des noms qui ne nous sont pas inconnus comme Madonna. Ils ne font que passer dans l’intrigue mais cela a le mérite d’ancrer dans notre esprit la réalité de ce qui se passe ici.

On a une communauté qui se dessine au fil des pages et des lignes. On se sent embarqué dans ce tulle, ces faux cils, ce maquillage à outrance. On a envie d’aller sur le podium avec Lady Prudence et de chausser ces talons hauts vertigineux. On veut en savoir plus. C’est ce que le roman nous propose ici. Evidemment, il y a la critique de la société à travers ce roman, mais c’est plus que cela.

On a vraiment une sensation de devoir « faire le tri ». Il y a des drag-queens qui font ça pour travailler, pour s’exprimer. Après tout, cela reste de l’art. L’expression du corps fait ses preuves et rapidement, on se retrouve avec des personnages dont c’est leur métier. Puis, il y a les autres : les extravagants, les exigeantes, les caricatures des drag-queens. Ceux qui fichent tout en l’air et qui décrédibilisent ceux qui ne font pas cela pour les mêmes raisons. Malheureusement, dans notre société, on a plutôt gardé en tête l’image de ces extravagances et de ces caricatures. C’est pour cela que je propose de lire ce roman. Il nous apprend énormément de chose.

~ Les bons et les mauvais côtés ~

L’auteur prend le pari de nous montrer autre chose que les strass, les paillettes, le spectacle. Il y a aussi des moments où les personnages doutent, pleurent et sont tristes. On nous parle du Sida, de la violence, de l’incompréhension. La volonté de vouloir vivre sa vie sans avoir le poids du regard de l’autre sur le dos.

Lady Prudence nous prend littéralement par la main et raconte à Victor, jeune hétérosexuel qui cherche sa voie et son personnage de drag-queens tout ce qu’il a vu durant ses trente années. Les amitiés perdues, les meurtres, la folie du SIDA. Bref, rien ne nous est épargné. Il y a les bons et les mauvais côtés. Le lecteur est pendu à ses lèvres. Les anecdotes proposées durant la lecture vont que les personnages deviennent des êtres à part entière. Les psychologies sont finement détaillées et riches en détails. C’est très intéressant. Lady Prudence prend autant de poids que les célébrités qui foulent les tapis rouges.

~ Plume et syntaxe ~

Plus qu’un roman de « la sortie littéraire », Jolis, jolis monstres est un roman qui pousse le lecteur à s’interroger sur sa manière d’appréhender des thématiques dans la vie et de se questionner sur la manière de se faire de faux jugements sur cette dite thématique. Sans la juger, je me rends compte que mes connaissances sur la culture drag-queen était bien pauvre et que j’ai bien envie d’en savoir plus.

Roman intense, roman des cœurs, celui-ci puise sa force des psychologies tellement différentes et abondantes qu’il nous propose. Plume au service de l’homme, de l’humain et de l’amour, elle est forte. Je pense que c’est le roman de l’auteur que je préfère le plus tant il m’a ouvert les yeux sur une culture que je connaissais peu.

3 raisons de lire ce roman

  • Une culture méconnue mise en avant.
  • Une plume au service de l’humain
  • Des personnages sublimes

4

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Les Mackintosh – Tome 1 : Un secret à travers le temps de Julia Dauge

51Z472EFO3L._SY346_.jpgRésumé : Depuis longtemps, Laetitia rêve de découvrir l’Ecosse. Quand elle entreprend enfin le voyage, cette jeune étudiante, orpheline, adepte des sports de combat est loin de se douter qu’il l’emmènera aussi loin ; jusque dans les bras de Darren, ce beau chef guerrier highlander, au XVIe siècle ! Dès qu’il aperçoit cette belle inconnue, Darren, laird du clan MacKintosh, est subjugué. En même temps, il est abasourdi. Comment cette délicieuse créature, aux origines obscures et aux expressions si étranges, peut-elle être si effrontée dans ses manières ? Et que dire de ses tendances à jurer et à se battre aussi bien que ses guerriers ?

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie évidence éditions pour l’envoi de ce roman et plus particulièrement Jennifer qui est toujours charmante, souriante et dynamique.

~ Entre modernité et période historique ~

Voilà deux notions que je vais pouvoir traiter sur plusieurs points. Je vous parle déjà de mon choix de lecture. Pourquoi ce titre ? Je vous avoue que c’est principalement pour le nom de l’auteure. J’ai adoré découvrir Love and hope, une saga contemporaine qui m’a beaucoup plu de la même auteure publiée dans une autre maison d’édition. J’avais donc envie de voir ce que pouvait donner cette plume dans un tout autre style. Bien que le genre de la romance soit commun aux deux œuvres, la période historique, les mœurs et la culture sont eux bien différents.

Deuxièmement, j’ai trouvé que les passages, dans ce premier tome, entre le passé (16ème siècle de mémoire) et les années dans lesquelles nous vivons (2014/2015, là aussi de mémoire) sont assez sympathiques. J’avoue que ce qui me fait perdre beaucoup de temps dans ce genre-là, c’est l’acclimatation à l’époque, aux modes de vie des highlanders ainsi qu’aux mœurs et aux coutumes. C’est une période historique que je ne connais qu’à travers Outlander donc j’avais un peu peur de m’y perdre.

~ Parlons personnages  ~

On fait la rencontre de Laetitia, dit Lilou (j’ai eu du mal à m’y faire tant la ressemblance entre les prénoms ne prête pas à les associer à une même personne, bref !). Laetitia est une jeune femme jolie, intéressante et intelligente. Sans parents, elle vit comme elle le peut en se construisant sa propre famille : ses amis qui sont très présents pour elle. Cette petite bande m’a beaucoup plu. Laetitia a deux passions dans la vie : les romances historiques de type Harlequin (oh hé, baissez les yeux tout de suite, on a tous déjà lu un roman de ce genre) et l’Ecosse. Ne sachant pas forcément pourquoi ni comment, Laetitia rêve d’aller là-bas, de se balader dans les paysages écossais et de parler la langue. Après des années de travail, elle a économisé assez pour se payer son voyage de rêve. Ainsi, nous la suivons dans son périple qui l’emmènera bien plus loin de son domicile que prévu.

J’ai apprécié ce personnage. Laetitia est pleine de ressources et ne se laisse pas marcher dessus et encore moins par les hommes. Férue de sports de combat, elle se débat et met quelques coups bien placés à une bande de mecs en tartan. Non mais ! J’ai aimé ce côté ultra moderne dans une époque encore très misogyne.

Cela nous donne des scènes assez spectaculaires dont celle-ci qui m’a beaucoup plu.

« Il s’approcha donc d’elle, dans le but de la recouvrir. Il essaya de chasser son excitation de son regard, mais étant donné le regard qu’elle lui retourna, il supposa qu’il avait lamentablement échoué. Alors qu’il était quasiment collé à elle, il leva la main avec l’intention de lui caresser la joue pour la rassurer. […] Avant qu’il n’ait pu finir sa phrase, la jeune femme se transforma en une seconde en furie. Elle parvint, par il ne sait quel miracle, à lui décocher un coup de genou entre les jambes qui lui coupa net le souffle. Il n’avait jamais ressenti une telle douleur. Il eut l’impression que ses bijoux de famille remontaient jusque dans sa gorge pour se protéger de cette terrible créature. Une réaction instinctive le fit se pencher en avant. Grave erreur ! La diablesse en profita alors pour lui asséner… un magistral coup de boule en pleine tête. »

Bien entendu, Darren, le beau Darren fait aussi. Franchement, c’est un personnage sympathique, un peu bourru qui finit par, forcément tomber amoureux de la jeune et jolie Laetitia. Il fait partie du clan Mackintosh.

On en apprend beaucoup sur eux. Mais un petit point m’a chiffonnée. En effet, on a vraiment une sorte de dichotomie entre le bien et le mal : d’un côté les Mackintosh, ce clan que l’on connait comme étant bon, bénéfique et qui offre des ressources et une vie tranquille aux membres du clan et d’un autre côté, le clan des Anderson : les méchants. J’ai trouvé cela un peu facile.

~ Intrigue et impression de déjà-vu ~

Malheureusement, vous l’aurez facilement compris, ma lecture n’a pas été de tout repos. Bien que la plume est assez fluide, j’ai eu beaucoup de mal à lire ce premier tome. Durant ma lecture, j’ai eu quelques incertitudes. Je pense qu’il y a (au moins) un anachronisme. Je n’en suis pas certaine mais après quelques recherches, il semble que le passage au calendrier grégorien en écosse se fait au 18ème siècle alors qu’un personnage donne la date à Laetitia en annonçant qu’on est en 1500 et des poussières… En soi, ce n’est pas hyper dérangeant mais j’avoue que j’ai tiqué à ma lecture.

J’ai aussi trouvé que dans cette intrigue, il y avait beaucoup de différences de langage. Effectivement, on peut expliquer ça par le fait que notre héroïne ne vient pas de cette époque mais j’ai pu rencontrer des jolis noms d’oiseau que j’aurais préféré ne pas lire.

L’impression de déjà-vu se marque par le fait que j’ai déjà lu Outlander de Diana Gabaldon et que forcément, il est très compliqué de ne pas faire de rapprochement entre ces deux histoires. On a le même principe : une fille d’une époque certaine tombe dans une époque qui n’est pas la sienne mais celle des Highlander. Si l’intrigue était sympathique, j’ai trouvé que le côté historique est complètement passé à la trappe. Malheureusement, je pense que c’est le plus gros point qui fait que mon retour reste mitigé sur ce premier tome. En effet, on est vraiment dans une romance érotique. Oui, lecteurs et lectrices qui n’apprécient pas les scènes de sexe, passez votre chemin parce qu’il y en a un paquet dans ce roman. Dommage qu’il n’y ait pas plus de descriptions des lieux, pour moi, je suis un peu passée à côté de ma lecture car je n’ai pas su m’imprégner de l’ambiance du roman.

Cependant, j’ai apprécié la légende proposée en début de roman, je l’ai trouvé très jolie et poétique.

Attention ! En aucun cas, je ne parle de plagiat! 

~ La plume de Julie Dauge ~

J’étais très curieuse de voir si l’auteure allait pouvoir renouveler son exploit avec Love and Hope. Je pense que c’est une affaire de goût et d’intrigue. En effet, la plume est toujours aussi acérée et juste. C’est simplement que pour moi, la magie n’a pas opéré.

3 raisons de lire ce roman :

  • Une romance historique parfaite pour les lecteurs fan de ce genre
  • Une légende intéressante et sympathique
  • Un personnage principal féminin fort

3

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Dernier virage avant la nuit d’Isabelle Mourguet

dernier-virage-avant-la-nuit.jpgRésumé : Un matin, à la Presqu’île, tranquille ville de bord de mer, une femme est retrouvée égorgée devant sa maison. Elle est nue. Toutes ses affaires ont disparu, et la scène de crime ne comporte aucune trace. Les lieutenants de police Paul Amsler et Solène Milhaud ont bien peu d’éléments pour démarrer leur enquête. Des témoins parlent d’un homme mystérieux qui suit la victime dans le centre-ville. Alors qu’une deuxième femme est assassinée, on identifie un suspect : un marginal installé dans les terres désertiques du continent. Il s’avère difficile de le faire parler. Mais au gré de ce qu’il révèle et ne révèle pas, un scénario bien plus glaçant que ce que les flics avaient imaginé va se dessiner…

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Salem et Isabelle Mourguet pour l’envoi de ce roman. J’étais heureuse de retrouver une nouvelle plume et une nouvelle intrigue pour un nouveau moment de lecture livresque. J’ai passé un moment de lecture sympathique.

~ Un polar ~

J’ai fait la rencontre d’une intrigue sympathique. Un polar, un roman assez noir, un roman efficace qui a su me sortir en partie de ma zone de confort. En effet, si les personnages divers ont été psychologiquement bien dessinés et bien campés, je n’ai pas été tant surprise que cela part la révélation du coupable. J’avais deviné une bonne moitié de l’intrigue. Cela n’a pas affecté mon engouement pour ce roman.

Les meurtres sont sanglants, ça fait froid dans le dos. Franchement, j’ai aimé la manière dont l’auteure s’y prend pour amener les différentes victimes dans l’intrigue. Le meurtrier fait tourner en bourrique l’équipe de police qui essaye de stopper l’hémorragie qu’ont formée ces meurtres.

« Solène se demanda s’il était possible que le tueur ait l’inconscience de suivre sa prochaine victime dans le centre-ville alors qu’il se savait recherché. Paul aurait dit que non …Pourtant de telles choses s’étaient déjà produites. Parfois les assassins ont des comportements irrationnels, prenant des risques inconsidérés, comme s’ils souhaitaient obscurément être arrêtés. A moins que leurs pulsions ne soient si irrépressibles… »

~ Les personnages & l’intrigue ~

Il est temps de vous avouer quelque chose… Ayant lu ce roman il y a une dizaine de jours, j’ai déjà oublié les noms et prénoms des personnages. Rien à voir avec la qualité du roman mais parce que, premièrement, j’ai une mémoire de poisson rouge, deuxièmement, je lis énormément donc les personnages se mélangent un peu dans mon esprit et troisièmement parce qu’ici, il y en a eu énormément ! Beaucoup de personnages dont certains ne m’ont pas forcément convaincus mais d’autres m’ont beaucoup plu.

On fait la rencontre de Paul Amsler et de Solène Milhaut, deux membres de la police qui viennent de prendre sur la tête une enquête assez particulière. Une série de meurtres barbares sévit dans la région et met la ville en ébullition. Paul et Solène vont retourner ciel et terre pour pouvoir comprendre et trouver qui est le coupable.

Plus d’une fois, l’auteure va venir semer le doute dans l’esprit des lecteurs. En effet, elle met sur notre chemin des fausses pistes, des personnages secondaires qui ne sont là que pour flouer l’enquête et les hypothèses du lecteur. On a des profils de personnages très intéressants pour un lecteur et pour le genre proposé. J’avais deux personnages dans ma ligne de mire personnellement.

L’intrigue va prendre plusieurs directions, ce qui va nous permettre d’avoir un narrateur externe qui va nous proposer différents environnements dans lesquels on va évoluer. Ainsi, on va vivre la descente aux enfers d’un couple (Franck & Fortune) avec un enfant qui vont passer de leur appartement en ville à un mobil home, vivant avec des personnes rejetées de la société pour leurs situations et ce qu’ils représentent. J’ai beaucoup apprécié le personnage de Fortune qui malheureusement porte très mal son nom : complètement fauchés, la solution finale est de partir, de s’effacer de la société avec son fils et son mari. C’est un personnage complexe qui m’a séduit. Sur la fin, elle m’a laissée pantoise.

On va aussi suivre l’enquête policière, on cherche avec la police qui aurait pu faire ça ? Égorger des femmes, les déshabiller et les laisser sur le pas de leurs portes.

On a quelques pages sur le point de vue du meurtrier. J’ai trouvé cette idée assez sympathique, cela ajoute un peu de mordant à l’histoire que l’on lit.

Ce que j’ai apprécié, c’est le fait qu’il y ait toujours un petit lien entre les différents chapitres. On passe des chapitres sur Franck et Fortune, par exemple, en partant dans les familles touchées par un meurtre en retrouvant un personnage qui se trouve dans l’entourage de Franck & Fortune. L’enquête policière fait de l’équipe d’investigateurs connait le personnage d’Arthur. Arthur est un personnage simplet, qui se met dans des situations incroyables et dangereuses, il vit dans le terrain vague où évoluent Franck & Fortune mais on le retrouve aussi dans d’autres chapitres.

Ainsi, tout finit par se relier. On se retrouve dans une intrigue où les différents points de vue finissent par tous se réunir pour que le lecteur puisse comprendre cette enquête. C’était vraiment une très bonne lecture.

~ La plume de l’auteure ~

C’est une très bonne surprise. Franchement, j’ai beaucoup apprécié ce petit livre qui se lit très bien. J’ai mis mon nez dedans pour m’imprégner des premières pages… C’est ça ! J’ai avalé les 200 premières pages d’un coup. C’était très prenant.

J’ai trouvé que l’auteure avait fait un travail formidable sur la psychologie des personnages et sur l’intrigue. Le point de vue externe est très bien choisi et l’intrigue se tient très bien. Je ne connaissais ni la plume, ni l’auteure, ni la maison d’édition mais je me pencherai de nouveau sur les trois points sans aucune hésitation.

3 raisons de lire ce roman

  • Un panel de personnages fouillé
  • Une intrigue savamment montée
  • Une lecture prenante

4

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Comme le premier mouvement de l’hiver de Virginie Vauthier

51oEt9C98YL._SX195_.jpgRésumé : Elise Nogard, une jeune femme de trente ans, revient de Normandie où elle a passé les fêtes de Noël en famille. Dans le train du retour vers Paris, elle rencontre Raphaëlle Lefebvre, normande elle aussi, avec qui elle sympathise. Une histoire d’amitié naît entre ces deux femmes qui se complètent. Elise est réservée, rêveuse et raisonnable ; Raphaëlle, excentrique, provocatrice et entreprenante. Son arrivée dans la vie d’Elise la chamboule. Elle change. D’abord par ses tenues vestimentaires, puis par l’assurance qu’elle gagne, et le grain de folie qu’elle peut mettre dans sa vie. Pourtant, Raphaëlle est parfois mystérieuse. Son comportement semble étrange à certains moments. Elise est persuadée que son amie a un passé douloureux et elle se donne tous les moyens pour la mettre en confiance. Elise la présente aux personnes qui lui sont chères et l’intègre à son quotidien. Sa vie en sera transformée.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Virginie Vauthier pour l’envoi de ce roman. Il est resté quelques temps dans ma liseuse parce que ma mémoire de moineau a encore frappé. En effet, en ouvrant ma tablette et en fouillant pour faire le point sur mes lectures restantes, j’ai trouvé ce roman. Et franchement, j’étais vraiment en alerte totale : Qui ? Quand ? Comment ? ENCOOOORE ! Non Pauline, non ! J’ai réparé mon erreur le plus vite et vous propose donc de vous livrer mon avis sur le roman de Virginie Vauthier.

~ Un thriller ? ~

Je vous avoue tout de suite que ma lecture n’a pas été de tout repos. Même si elle s’est lue rapidement, il y a eu quelques couacs. On peut commencer par l’aspect du genre. En effet, l’auteure parle de thriller. Honnêtement, je ne suis pas convaincue qu’il s’agisse d’un thriller ou alors voici une forme de thriller que je ne connaissais pas.

Je n’arrive même à classer ce roman qui est un roman noir, c’est certain mais il me manque quelques aspects du thriller pour dire que ce roman peut en faire partie. L’auteure nous raconte une histoire intéressante mais pas un thriller, enfin pas pour moi.

Je n’ai, malheureusement, pas ressenti cette ambiance pesante et lourde propre aux thrillers. Oui, j’ai bien senti que quelque chose de pas net se dessine mais pas quelque chose qui m’a fait frissonner. Si l’intention est là, malheureusement, cela m’a laissé une impression mitigée.

~ Personnages ~

Finalement, on n’a pas beaucoup de personnages puisqu’il s’agit d’une rencontre qui va venir bouleverser le quotidien d’une personne. On fait la rencontre d’Elise Nogard, une trentenaire qui vit à Paris mais qui se rend en Normandie pour passer du temps dans sa région d’origine. Elle fait la rencontre de Raphaëlle, une jeune femme sympathique avec qui elle va rapidement se lier d’amitié. Elle va, tout aussi rapidement, intégrer cette fille dans son quotidien.

Sans le vouloir, Elise fait entrer le loup la bergerie. Elise présente Raphaëlle a ses différents amis. Seulement, le problème arrive après : Raphaëlle est changeante, son caractère est particulièrement ambigu. Elle passe du rire aux larmes, elle est excentrique et assez dangereuse. A son contact, Elise commence à changer, elle si calme et réservée devient extravagante, change sa garde-robe et devient plus « fofolle ».

J’ai beaucoup apprécié le personnage de Brice. Brice est l’ami d’Elise. Ils ont fait leurs études universitaires ensemble. Cependant, malgré l’effervescence de la nouvelle venue dans la vie de son amie, Brice ne la sent pas cette Raphaëlle, elle est trop bizarre, trop mystérieuse. Elle cache forcément quelque chose.

On entre très facilement dans la vie d’Elise et franchement, j’ai trouvé cela assez simple. L’intrigue n’est pas originale pour moi. On assiste à un moment de la vie d’Elise qui finit par trouver le comportement de Raphaëlle un peu suspect.

~ L’intrigue ~

Comme je le dis ci-dessus, pour moi, cela a manqué d’un petit quelque chose pour que ma lecture passe de sympathique à géniale. Il manque de peps dans cette histoire. Il est difficile d’évoluer originalement dans ce genre d’intrigue, cependant, j’avoue que n’avoir qu’un point de vue n’a pas aidé à ce que je puisse adhérer totalement à ce que j’avais sous les yeux.

En effet, on sent la naïveté du personnage principal. Le fait de ne lire cette histoire qu’à travers ses yeux fait que l’on devine rapidement l’aboutissement de l’intrigue, dommage ! Je pense qu’ajouter différents points de vue aurait pu être une bonne idée mais cela ne reste que mon avis.

Facilement, on sent que Raphaëlle a un gros souci d’ordre psychologique et va devenir dangereuse. C’est dommage pour le lecteur de deviner la suite de l’intrigue parce qu’il y a des idées assez sympathiques dans ce roman. J’aurais aussi peut être un peu forcée sur les psychologies des personnages et surtout sur celle de notre principale intéressée.

~ La plume de l’auteure ~

C’est l’un des points positifs de ma lecture. J’ai découvert une plume sympathique qui m’a permis de faire une lecture rapide et fluide d’un texte qui ne m’a pas permis de m’épanouir totalement dans ma lecture. C’est plutôt surprenant d’ailleurs d’avoir tenu à finir ce roman pour cette jolie plume et aussi, bien entendu, pour savoir ce qui allait se passer.

~ Le mot de la fin ~

Comme vous avez dû le comprendre, cette lecture reste assez mitigée pour moi. Il y a du bon et du moins bon. L’idée de base est assez sympathique : une rencontre qui bouleverse la vie. Cependant, je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agisse d’un thriller. C’est une lecture  qui se laisse rapidement et facilement lire mais qui, malheureusement, ne me restera pas en mémoire indéfiniment. La plume est très intéressante et je pense que je pourrais me laisser tenter par une autre découverte livresque.

3 raisons de découvrir ce roman :

  • Une rencontre qui ne laisse pas le lecteur indifférent
  • Une plume sympathique
  • Le personnage de Brice

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L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman

bm_10227_aj_m_9218.jpgRésumé : Nobody Owens est un petit garçon parfaitement normal. Ou plutôt, il serait parfaitement normal s’il n’avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange ni vivant ni mort, et ami intime d’une sorcière brulée vive autrefois. Mais quelqu’un va attirer Nobody au-delà de l’enceinte protectrice du cimetière : le meurtrier qui cherche à l’éliminer depuis qu’il est bébé. Si tu savais, Nobody, comme le monde des vivants est dangereux…

~ Lecture détente / lecture commune ~

Mon avis : Je remercie Kathleen de m’avoir permis de rentrer dans son antre… Ouais ! Non, c’est trop bizarre ! Merci à Wolkaiw et à son antre d’avoir fait cette lecture commune avec moi. En effet, je l’ai forcée à l’achat sur une brocante. « Prend le ! Je l’ai aussi on pourra faire une lecture commune ». Franchement, la couverture est sublime ! Je m’en serai voulu de ne pas l’avoir forcée 😀

~ Un petit gars pas comme les autres ~

La singularité du personnage principal est assez forte. Nobody est un petit garçon qui échappe de peu à un tueur venant d’une confrérie qui s’appelle « les Jack ».

Bon déjà, petit point, j’ai cherché pendant quelques minutes et relu le texte pour voir où on faisait mention d’un Jack Russell ! Mais non ! Il n’y a pas de chien ! C’est le nom du méchant ! Premier fou rire en dégustant des frites avec Kathleen lors de notre briefing.

Bref, reprenons notre présentation Nobody – Bod – est recueilli par des morts. En quelques secondes, un couple décide de prendre le nourrisson sous leurs ailes et lui permettre de fuir une mort imminente promise par Jack (peut être pouvons-nous penser à un lien avec Jack l’éventreur ? Possible mais, mis à part le goût du meurtre et le nom, on ne peut pas plus l’associer à l’éventreur qu’à Sparrow).

Bod grandit donc au sein d’un cimetière. Accompagnés de morts qui sillonnent les allées du cimetière une fois la nuit venue. Au fil des chapitres, on fait la rencontre de personnages qui vont, qui viennent ou qui restent le temps de la lecture. Ainsi, Bod va énormément apprendre avec ses professeurs-cadavres mais aussi au côté de Silas qui n’est, finalement, ni mort ni vivant.

Bod est un personnage que j’ai apprécié malgré quelques petites choses qui m’ont fait tiquer. En effet, il vit avec des personnages qui ont tous vécus à des époques différentes et qui ont eu des vies différentes. Ainsi, il pense, parle et réfléchis comme un adulte et non comme un enfant. Si, sur certains points, le jeune Nobody se montre naïf, d’un autre côté, il n’a pas l’innocence que l’on peut lier naturellement à un enfant. Certaines de ses réflexions m’ont parues un peu trop adultes pour être crédibles.

~ Une imagination débordante ~

On dédramatise énormément l’aspect nocturne. Le deuil, la morte, la perte sont vraiment vus d’un œil bienveillant qui permet aux adolescents de ne pas avoir une lecture trop lourde ni trop triste. C’est vraiment une belle idée.

On a de sacrées belles aventures qui sont très originales et qui sortent de l’ordinaire. En effet, Neil Gaiman nous propose de faire la rencontre de personnages sympathiques comme une sorcière sans pierre tombale, mais aussi d’un événement qui suspend le temps : une danse macabre, les premiers pas de Bod dans la vie des mortels. Bref, l’auteur a une imagination incroyable qui séduit les lecteurs très rapidement.

~ Structure du roman et livre objet ~

Dans un premier temps, il faut se l’avouer, cette couverture est magnifique. Je la trouve superbe (celle de Kathleen a des tâches suspectes derrière… Une sorte de marron qui, espérons-le, est la trace d’une tasse de café renversé…). L’intérieur est tout aussi beau, vraiment, il s’agit là d’un livre objet magnifique. Il y a de très jolies illustrations qui viennent ponctuer notre découverte du monde de Nobody.

Le roman se scinde en huit gros chapitres. A chaque chapitre, un épisode de la vie de Bod avec des personnages que l’on retrouve par parcimonie dans les autres chapitres. A chaque chapitre, une leçon d’apprise pour notre jeune Bod. Le roman est bourré de leçon de morales très intéressantes qui permettent à notre personnage principal de grandir, de réfléchir et de devenir la personne qu’il souhaite.

~ Relations et personnages secondaires ~

S’il y a bien un personnage que j’ai adoré rencontré, c’est Silas. Finalement, c’est un personnage très attachant malgré les distances qu’il essaye de mettre entre le lecteur et lui mais aussi entre lui et Bod. Il est là pour l’aider, mais il est en mission, ne pas s’attacher semble être quelque chose d’important pour lui. Cependant, on voit rapidement qu’il y a un lien étroit entre les deux hommes. Il devient, rapidement et finalement, plus une figure paternelle pour Bod que le père-cadavre qui l’a recueilli pour moi.

Silas est un personnage profond qui n’hésite pas à aider, secouer et essayer de comprendre Nobody pour l’aider à s’en sortir au mieux dans la vie.

« – Et alors ? Ce n’est jamais que la mort. C’est vrai, quoi, tous mes meilleurs amis sont morts.
– Oui. (Silas hésita). Ils le sont. Et ils en ont, pour la plupart, terminé avec le monde. Pas toi Tu es en vie, Bod. Cela veut dire que tu disposes d’un potentiel infini. Tu peux tout faire, tout fabriquer, tout rêver. Si u changes le monde, le monde changera. Le potentiel. Une fois que tu es mort, c’est terminé. Fini. Tu as fait ce que tu as fait, rêvé ton rêve, écrit ton nom. Tu peux être enterré ici, tu peux même te déplacer. Mais ce potentiel n’existe plus. »

~Dans l’entre deux ~

On sent bien que Nobody est coincé entre les morts et la vie. Entre sa famille et sa volonté de vouloir changer le monde. Rapidement, Nobody est en proie au doute et doit vivre des expériences pour prendre une décision : rester ou partir. La facilité ou l’aventure. Le regret ou la prise de risques. C’est une odyssée intéressante que nous propose ici l’auteur. C’est un voyage initiatique qui pousse un petit garçon à comprendre d’où il vient et qui il est. C’est vraiment un super roman pour les adolescents.

~ L’univers de Neil Gaiman ~

Ce roman me faisait de l’œil et il m’a beaucoup plu. Il y a beaucoup d’aspects que j’ai appréciés découvrir. Notamment cette capacité à rassembler un lectorat large grâce à une plume universelle et des thématiques qui parlent à tout le monde.

Je relirai cette plume sans hésitation.

Encore merci à Kathleen ♥ (PS: la prochaine lecture, on se fera une lecture de ton âge. Je dois avoir du 14/15 ans dans mes étagères :D)

3 raisons de lire ce roman :

  • Un personnage principal très intéressant.
  • Avoir un pied dans le fantastique et un autre dans la réalité
  • Le livre, la plume et les illustrations.

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Grégoire et le vieux libraire de Marc Roger

téléchargement (1).jpgRésumé : Ancien libraire, monsieur Picquier s’est vu contraint de déménager 3 000 volumes dans son petit chez-lui. Oui mais voilà, il ne peut plus profiter seul de sa passion, puisque la maladie de Parkinson l’empêche de lire, et va donc devoir demander de l’aide à l’apprenti-cuisinier Grégoire, qui va découvrir avec ce vieux maître les joies de la lecture.

~ Service presse ~

Mon avis : Je remercie Pauline et les éditions Audio Lib pour l’envoi de ce service presse que j’ai pris plaisir à découvrir.

~ Relations ~

Voilà une thématique qui a une grande place, pour moi, dans ce roman. Mon écoute a été bercée par les différentes rencontres et relations qui se tissent dans cette intrigue. On fait la rencontre de Grégoire, un jeune homme qui travaille dans une maison de retraite. D’abord dans les cuisines, puis dans la laverie, rapidement, il devient la coqueluche des personnes âgées étant devenu un lecteur. Lorsque Grégoire fait la rencontre de Monsieur Picquier, Grégoire ne sait pas le virage que va prendre sa vie : il va tisser une relation incroyable avec ce vieil homme loufoque mais tellement érudit. Monsieur Picquier va apprendre à Grégoire à apprécier les livres, les mots, la diction, la place de la voix. Grégoire va devenir lecteur pour cet ancien libraire qui ne sait plus tenir de livres à cause de la maladie de Parkinson qui le ronge.

J’ai souri, ri franchement avec ce duo amical très surprenant ! Un vieux et un jeune qui refont la vie à coup de lectures, de discussions et d’avis bien tranchés. Tous deux très différents, ils sont très attachants. Grégoire devient les yeux, les bras, les jambes de cet homme qui se voit diminuer. Il l’aide à trouver sa voie, à aimer les livres, c’est un échange de bons procédés qui m’a beaucoup plu.

Grégoire fait aussi la rencontre d’autres pensionnaires qui se perdent dans ses mots, dans ses lectures qui leur font oublier leurs douleurs, leurs solitudes pour un joli moment tous ensemble. Ainsi, Grégoire, en plus d’être l’ami des personnes âgées, se prend d’amitié pour certains de ses collègues et tombe sous le charme de Dialika, une jolie infirmière avec qui il va vivre une belle histoire.

Les relations peuvent être humaines mais aussi matérielles. Je pense à monsieur Picquier et à ses livres. C’était tellement un joli moment d’écoute que je vous partage ces quelques lignes :

« Mes livres et mes archives sont à la fois ma garde, mes épouses et mes soldats, et en brûlant, leurs cendres mélangées aux miennes pourront servir d’engrais à un arbre, qui sait ? L’audace serait qu’on me disperse dans une usine à papier ! »

Les relations sont toutes très différentes, amour, haine, amitié, professionnelles, personnelles, tout y est pour que le lecteur s’épanouisse dans la lecture.

~ Vivre en étant âgé, une vérité difficile à ingérer ~

Autant pour les aidants que pour les aidés, c’est difficile de laisser une personne dans une maison de retraite. C’est vrai que c’est une thématique actuelle : prix cher, manque de personnel, mauvais traitements, on est frileux quand on quitte cet établissement. En plus de cette idée, c’est mon travail : je fais partie d’une équipe qui permet aux personnes âgées de rester chez elles le plus longtemps possible. L’aide à domicile est un sujet vaste et sérieux. Je profite donc de cette chronique pour saluer le travail de toutes les aides-soignantes, auxiliaires de vie et infirmières, en structure ou non, il faut le vivre pour le croire, ce travail est très fatigant.

Dialika est un personnage qui vient du Sénégal dans le roman et je voulais partager avec vous ce morceau du texte qui m’a beaucoup plu :

« Quand je lui pose la question, Dialika m’avoue être choquée par le sort qui nous est réservé quand on ne sert plus à rien dans notre société soi-disant avancée. Cette façon que nous avons de réunir nos anciens hors de la vie du village, du quartier où se trouvent leurs attaches matérielles et humaines, de les parquer hors-sol comme nous faisons, et surtout notre façon d’exploiter la fin de vie en créant des services comme on gère des produits. Pas un instant elle n’imagine vieillir en France. »

~L’intrigue, les personnages et la plume de Marc Roger ~

J’ai adoré découvrir cette nouvelle plume que j’ai beaucoup appréciée. En effet, Marc Roger tient une intrigue très sympathique. Bien que sérieuse, on se retrouve avec beaucoup de moments de rire, de tendresse et d’affection profonde. Les Bleuets est une grande famille et Grégoire semble tisser autour de lui un réseau de personnes âgées toutes aussi attendrissantes. Célestine m’a beaucoup plu, monsieur Picquier aussi.

Grégoire m’a touchée en plein cœur. Ce personnage est touchant : jeune homme de dix-neuf ans un peu perdu dans cette vie où sa mère ne lui parle pas plus que cela, il peine à avancer. Sans diplôme, trainé dans la boue à l’école, ce jeune homme déteste la lecture tant cela lui rappelle les humiliations scolaires. Avec monsieur Picquier il va rapidement apprendre à lire différemment, prendre plaisir à découvrir les mots et les œuvres d’auteurs singuliers et célèbres.

C’est un livre qu’il faut lire tant il est libérateur. Terminé les fausses idées sur les gâteux des maisons de retraite. Les Bleuets tremblent, rigolent, swinguent ! Radio Bleuet se met en place, le temps de quelques pages, j’ai tellement ri, j’ai tellement pris conscience que les personnes âgées veulent encore rire, s’occuper, s’amuser !

Les dialogues entre les personnages sont très rigolos aussi. Monsieur Picquier apprend à Grégoire à prendre la bonne intonation, son souffle alors que Grégoire apprend à Monsieur Picquier ce qu’est un selfie. Beaucoup de situations similaires bercent le récit et l’intrigue.

Il y a un franc-parler certain dans la plume de Marc Roger. Ainsi Monsieur Picquier n’a pas peur d’utiliser des mots comme « couilles », « baiser » et bien d’autres mots fleuris de la sorte. J’ai apprécié ce système qui creuse encore plus le fossé entre nos idées reçues sur les personnes âgées et ce qu’elles sont réellement.

Ainsi, on se rend rapidement compte qu’une personne âgée n’est pas seulement une personne qui attend dans le couloir de la mort. Non, c’est bien plus que cela. C’est une personne qui a une histoire, un passé, des moments de joie, de tristesse et beaucoup de choses à dire. J’ai trouvé cela saisissant. C’était bien de le rappeler pour les personnes qui peuvent oublier cela.

~Le mot de la fin ~

C’est donc une histoire sympathique que je vous propose de découvrir ici. Le côté intergénérationnel est très plaisant et permet de mieux comprendre le désarroi des personnes qui vivent en maison de retraite : la solitude et la tristesse qui peuvent bien souvent les envahir.

Seul petit bémol pour moi dans cette histoire, c’est le manque d’informations sur l’après. En effet, je pense qu’un petit épilogue m’aurait beaucoup plu. J’ai eu une impression de trop peu finalement, la fin est trop tranchante pour moi.

« C’est quoi cette société, toute cette technicité, si l’on n’est pas foutus ni capables de se tenir la main quand on a peur comme on a peur quand il s’agit de mourir ? Y’a pas de diplôme pour ça. »

3 raisons de découvrir ce roman

  • Des relations intergénérationnelles très belles et qui portent à sourire. Mention spéciale pour Grégoire et Monsieur Picquier
  • Un regard sur le livre, le mot et les écrivains très intéressant
  • Les stéréotypes brisés sur les personnes âgées ! J’ai adoré !

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